Olkiluoto et la fin programmée de l’industrie nucléaire française

Le branchement au réseau électrique d’Olkiluoto encore repoussé : c’est un véritable feuilleton de mauvaise facture que réserve cette centrale électro-nucléaire d’Olkiluoto 3 en Finlande. TVO (Teollisuuden Voima Oyj) vient de recevoir une note d’Areva NP lui signifiant que finalement le réacteur EPR de conception franco-allemande ne serait que très probablement connecté au réseau qu’en mai 2019, si tout va bien … La dernière notification de ce genre date de septembre 2014 et prévoyait un raccordement vers la fin de l’année 2018. TVO a manifesté son profond mécontentement au sujet de ce nouveau délai et il a ajouté que la restructuration du secteur nucléaire français ne devait en aucun cas compromettre cette dernière annonce.

Pour les non-spécialistes, un réacteur nucléaire est d’abord testé à froid et la pression de l’ensemble de la structure et des équipements connexes est augmentée progressivement jusqu’à atteindre une valeur supérieure à celle d’un fonctionnement en exploitation de routine. Il s’agit de « timbrer » l’équipement. La deuxième étape consiste à réaliser les mêmes essais « à chaud » avec une source de chaleur qui n’est pas encore le combustible à base d’uranium faiblement enrichi. Des anomalies non répertoriées « à froid » peuvent apparaître dans ces conditions. Puis le réacteur est chargé avec du combustible. Il s’agit du troisième volet de ces essais qui permet de vérifier toute une série de détecteurs et de valider le bon fonctionnement de l’ensemble jusqu’au stade final qui est la mise en température nominale par la fission, un processus également progressif. Je résume mais c’est à peu près ainsi que les choses se passent.

Les essais à froid ont été effectués en juin de cette année 2017 à Olkiluoto et les essais à chaud sont programmés pour la fin de cette année. Le contrat de fourniture clé-en-main de cette installation a été signé en 2003, une éternité, et la mise en exploitation était programmée pour l’année 2009 ! TVO a déposé une plainte auprès de la Commission Européenne afin de désapprouver l’aide de 4,5 milliards d’euros de l’Etat français apportée à Areva lors de sa restructuration, craignant que le chantier d’Olkiluoto soit remis en question. La dite commission a bien spécifié, à la demande de la Finlande, qu’il était hors de question que le projet pâtisse de cette restructuration. Il n’en reste pas moins que l’énervement du gouvernement finlandais est parfaitement justifié.

Bien que les autorités politiques se défendent de considérer qu’elles ont « refilé la patate chaude » à EDF qui a absorbé de facto Areva NP c’est tout de même le cas. Les 4 milliards d’euros étant l’objet d’un litige entre TVO et Areva seront-ils pris en charge par le gouvernement français ou par EDF ? La réponse est simple : ce sont les contribuables français qui paieront avec leur facture d’électricité, cela ne fait aucun doute car EDF c’est l’Etat ! Et l’Etat c’est moi comme doit certainement le penser Macron qui, secondé par son ministricule de la transition énergétique renouvelable va devoir se dépêtrer dans ce dossier particulièrement savoureux mais très amer car il révèle la fin programmée de l’industrie nucléaire française. Pendant ce temps-là EDF dépense des milliards, contraint et forcé par le gouvernement gauchiste et écolo, pour installer des moulins à vent un peu partout ainsi que des hydroliennes, la dernière lubie de ces illuminés de l’église de scientologie climatique. À qui va profiter le crime, nul ne le sait précisément mais Olkiluoto et donc Areva NP, après Alstom tout simplement démantelé, le gouvernement français a tout fait pour mettre à genoux l’industrie nucléaire française, jadis un fleuron de technologie respecté dans le monde entier. Quel gâchis …

Note : source partielle et illustration World Nuclear News. L’illustration résume l’ensemble du propos de ce billet.