La CIA distribue les décorations

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L’espion en chef Mike Pompeo a remis la médaille d’honneur « George Tenet » de la CIA au Prince Mohammed bin Naif Abdulaziz Al-Saud pour sa contribution à la lutte anti-terroriste. On n’est pas le 1er Avril, ce n’est pas une blague … ni une fausse nouvelle. Pour les curieux Tenet fut directeur de la CIA de 1997 à 2004.

Sans commentaire.

Du rififi à Washington

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J’ai été interpellé par un article du Washington Post de ce vendredi (hier). Alors que dimanche les USA célèbreront le quinzième anniversaire de la destruction des Twin towers du WTC de New-York par des équipes de terroristes suicidaires financés par l’Arabie Saoudite (?), le Sénat américain a envoyé ce vendredi 9 septembre une note à la Maison-Blanche l’informant que les familles des victimes peuvent poursuivre le Royaume saoudien afin que justice soit faite sur ce crime. Le souci est qu’une telle décision risque de ternir les « bonnes » relations entre Washington et Riyad et mettre à mal les échanges commerciaux entre les deux pays, entendez l’Arabie achète avec des « pétro-dollars » des armements en tous genres au complexe militaro-industriel américain.

Les avocats, prêts à organiser une class-action spectaculaire (car il y a gros à gagner avec plus de 2500 plaignants) considèrent que la politique de la Maison-Blanche est une politique de faux-culs. Pourquoi les USA poursuivent des Etats qui sont pour le moins innocents sous prétexte qu’ils hébergent des terroristes comme Julian Assange ou qu’ils rançonnent des banques qui ont commercé en dollars alors que cette monnaie est utilisée partout dans le monde pour les règlement commerciaux, à commencer pour le pétrole saoudien.

Le Sénat a voté à l’unanimité cette décision et la Chambre des Représentants, à l’heure où j’ai écrit ce billet, devrait faire de même. Il y a donc toutes les chances pour qu’un veto de la Maison-Blanche soit rejeté par les deux chambres qui sont toutes deux à majorité républicaine. Ça fait désordre en ces temps d’intense campagne électorale américaine. La candidate Hitlery Clinton, dont la campagne électorale est largement financée par des intérêts financiers moyen-orientaux via la Fondation Clinton dont le niveau de corruption n’a pas d’égal dans le monde, se trouve appartenir au camp démocrate. Un veto d’Obama risque bien de brouiller les cartes au profit du candidat républicain. Et pendant ce temps-là resurgit la théorie du complot relative au 9/11, vraiment les USA, du moins le monde politique de ce pays, est devenu un nid de corruption jamais atteint auparavant, même Noriega était un enfant de choeur en regard de ce qui se passe à Washington. Mais ce n’est pas tout, les valets serviles de la Maison-Blanche comme le Président Hollande, capitaine de pédalo de son état au large de la Promenade des Anglais à Nice, a tout simplement interdit que soient diffusées les prises de vue des caméras de surveillance lors de l’attaque au camion le 14 juillet dernier. N’y aurait-il pas quelques similitudes dans ces évènements ? Affaire à suivre …

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Source : Washington Post, 9 septembre 2016, 11h45 et inspiré d’un article de Paul Craig Roberts sur son blog

Quand Nixon vendit l’âme des Américains au clan Saoud

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En vertu de la loi sur la liberté de l’information (Freedom-of-Information-Act) Bloomberg a obtenu l’accès à des documents mettant en lumière la dépendance financière des USA vis-à-vis de l’Arabie Saoudite et ça fait froid dans le dos. Remontons un peu dans le temps …

En 1967, la Guerre des 6 jours permit à Israël d’annexer les hauteurs du Golan et le Sinaï ayant mis en déroute les armées égyptienne et syrienne. L’abcès des réfugiés palestiniens venait d’être créé. Les pays arabes préparèrent une revanche qui se concrétisa par la guerre du Yom Kippour qui dura officiellement du 6 au 25 octobre 1973. L’Egypte récupérera le Sinaï mais la majeure partie du Golan restera sous l’occupation des forces israéliennes. Ce qui passa totalement inaperçu après l’embargo pétrolier décidé et organisé par l’Arabie Saoudite et les autres pays arabes membres de l’OPEP dès le 8 octobre 1973 qui eut pour résultat une pénurie généralisée d’essence et un quadruplement du prix du pétrole fut l’accord secret signé entre Richard Nixon et le Roi Fayçal d’Arabie. Nixon avait déjà provoqué la désolidarisation du dollar par rapport à l’or car les finances américaines étaient catastrophiques, il n’eut pas d’autre choix que d’imposer une sorte de diktat à l’Arabie Saoudite en l’obligeant à recycler les pétrodollars dans l’économie américaine sous forme de bons du trésor plutôt que d’utiliser tant le pétrole que les pétrodollars comme armes de dissuasion. Fayçal, qui était un homme méfiant, exigea de Nixon le plus absolu secret au cours des tractations qui aboutirent à cet accord tacite entre les USA et l’Arabie Saoudite qui est resté ignoré du public et a fortiori des médias pendant plus de 40 ans.

L’inconnue, puisque de savants montages ont permis tout au long des années passées de dissimuler l’afflux de pétrodollars sur le sol américain, est le montant exact de dette américaine que détient l’Arabie Saoudite.

Les bons du trésor américain spécifiquement détenus par l’Arabie Saoudite sont masqués par un ingénieux système qui ne ventile pas en détail la part de dette détenue par les pays arabes exportateurs de pétrole. Pour l’Arabie Saoudite seule il est question de 120 milliards de dollars mais quand il y a quelques jours le Congrès américain a approuvé une loi autorisant les tribunaux américains à poursuivre en justice l’Arabie Saoudite considérée comme possible coupable d’avoir organisé les attentats du 11 septembre, la situation s’est brusquement tendue entre les USA et ce pays. Immédiatement le gouvernement saoudien a menacé les USA de leur rembourser 750 milliards de dollars de bons du trésor ! On est donc loin de cette estimation officielle :

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La chute des cours du pétrole a exacerbé la nervosité des Saoudiens qui se trouvent confrontés à une crise intérieure sans précédent malgré l’injection de 111 milliards de dollars dans les finances du Royaume et c’est la raison pour laquelle la famille royale tente vendre une partie de Saudi Aramco (voir un précédent billet à propos d’Aramco sur ce blog). L’idée de Nixon de faire en sorte que les pétrodollars soient recyclés sur le sol américain a donc créé une interdépendance malsaine entre deux pays qui n’ont aucune affinité culturelle et la situation pourrait exploser brutalement si se surajoutaient maintenant des troubles sociaux graves. Dans un pays où tout ou presque est gratuit, instaurer quelques petites taxes pour aider à boucler un budget chancelant risque de mettre le feu aux barils de poudre. C’est alors que le Royaume pourrait bien réclamer le remboursement d’une partie substantielle des bons du trésor américain qu’il détient avec comme grave conséquence une déstabilisation du système financier mondial.

J’ajouterai que c’est peut-être pour cette raison que les Chinois ont décidé d’acheter du pétrole à la Russie contre des renminbi (CN¥) qui seront peut-être eux aussi recyclés sur le sol chinois sous forme de bons du trésor …

Source et illustrations : Bloomberg

La gigantesque arnaque saoudienne

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Qui n’a pas entendu parler d’Aramco s’en mordra les doigts dans dix ans, trente ans peut-être, car sa caisse de retraite aura été prise au piège. Le gouvernement saoudien, ou plutôt le clan de la famille Saoud, veut que l’économie du pays de 28 millions d’habitants (sans compter les travailleurs immigrés) se diversifie dans une économie moderne qui soit à terme moins dépendante du pétrole. Le bouillant Mohammed bin Salman, pour financer ce projet à l’horizon 2030, a décidé de lancer une IPO pour Aramco, la compagnie pétrolière nationale qui exploite, transforme et vend le pétrole et ses produits dérivés. Une IPO est une offre publique initiale d’actions en bourse ou « introduction en bourse » et le Prince héritier, ministre du pétrole et de l’industrie, veut ainsi lever des fonds pour financer ses projets tous azimuts.

Il s’agit de privatiser un infime partie d’Aramco, à peine 5 % du capital. Là où le bât blesse, si on peut dire les choses ainsi, c’est l’estimation du capital de cette société employant 65000 personnes, possédant les champs pétrolifères, les raffineries et les unités de pétrochimie qui y sont associées. En calculant le montant de l’IPO on arrive, selon les analystes financiers occidentaux à une capitalisation virtuelle d’Aramco comprise entre 2000 et 4000 milliards de dollars. Oui ! Vous avez bien lu : l’IPO est destinée à lever 200 milliards de dollars de cash pour financer de grands projets de diversification industrielle dans un pays où les deux tiers d’une population mal éduquée, prisonnière d’un wahhabisme extrémiste et habituée à vivre de la rente pétrolière a moins de 30 ans. On se demande bien dans ces conditions comment les projets pharaoniques du Prince Salman pourront voir le jour sinon en ouvrant toutes grandes les portes à l’immigration …

C’est exactement l’inverse qui se produit en ce moment : l’Arabie Saoudite n’a pas daigné accueillir le moindre réfugié sur son territoire, toute contente de les laisser partir vers l’Europe pour se former à l’islam radical dans des centres de prière financés par le pétrole saoudien. Ce ne sont pas quelques centaines de milliers de travailleurs étrangers réduits à l’état d’esclaves en provenance du Bangladesh, de Malaisie ou d’Indonésie qui permettront de réaliser ces projets.

Les investisseurs se posent donc de véritables questions sur l’opportunité d’investir dans Aramco. Quels sont les biens tangibles et les capacités de création de richesse d’Aramco ? Un question que doit se poser un investisseur lucide et prudent. La capitalisation boursière fictive d’Aramco serait basée sur le volume des réserves de pétrole et de gaz des champs d’hydrocarbures géants tels que celui de Shaybah par exemple. Mais quels sont le volume et la valeur de ces réserves ? Personne n’en sait rien ! C’est un secret d’Etat jalousement occulté. Or quand à l’évidence Aramco a commencé à injecter de l’eau de mer dans certains sites de production pour « faire remonter » le pétrole n’importe quel investisseur est en droit de se poser de réelles questions sur ces soit-disant réserves immenses et donc sur l’opportunité d’investir dans Aramco dont le siège se trouve à Dhahran à quelques centaines de mètres du premier puits de pétrole exploité en 1938.

Un autre paramètre inconnu est le prix du baril de pétrole et son évolution à moyen terme. Quel sera ce prix en 2030 ? Bien malin celui qui peut répondre à cette question et une telle inconnue n’est pas très rassurante pour les investisseurs. Le projet saoudien est donc soit une vue de l’esprit de la famille Saoud, soit une grosse arnaque, ce qui revient strictement au même …

Source et illustration : Financial Times

Info : La France et les Droits de l’Homme

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Le président de la République française, François Hollande, a décoré le 4 mars 2016, Mohammad Ben Nayef, prince héritier d’Arabie saoudite, de la Légion d’honneur.

Ancien ministre de l’Intérieur, le prince Mohammed —qui a fait interner des milliers d’opposants sans jugement— a la réputation d’être particulièrement dur, quoique moins corrompu que la plupart des dirigeants de son pays. Il est réputé avoir mis de l’ordre parmi les groupes jihadistes. Depuis février 2014, il gère le dossier syrien, dont le soutien aux groupes armés y compris Daesh.

L’Élysée s’est abstenu d’annoncer cette remise de décoration et de communiquer à son sujet. L’événement n’est connu que depuis sa divulgation par Riyad.

http://www.voltairenet.org/article190631.html


 

Hydrocarbures contre carbohydrates

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Au milieu des années 80 l’Arabie Saoudite s’est lancée dans un vaste programme agricole au nord-ouest de la péninsule en utilisant à outrance la nappe aquifère fossile datant de la fin de la grande glaciation du Würm. La production de blé avait rapidement atteint de tels sommets que le pays était devenu un exportateur important de cette céréale satisfaisant les besoins des pays alentour, Koweit, Emirats Unis, Qatar, Bahrain, Oman et Yémen. Aujourd’hui les derniers champs circulaires (800 mètres de diamètre) ont presque tous disparu car il est devenu urgentissime de préserver l’aquifère sous-jacent. Ce ne sont pas les quelques gouttes d’eau ou flocons de neige (réchauffement climatique oblige) qui tombent sur les montagnes frontalières de la Jordanie et de l’Irak qui pourront ré-alimenter cette nappe profonde. En 2016 l’Arabie Saoudite devra importer 100 % du blé dont elle a besoin (4,5 millions de tonnes), la production domestique de blé déclinant depuis près de dix ans.

Fort heureusement pour le Royaume il y a encore du pétrole et quand on sait que la moitié du pétrole pompé est brûlée sur place pour produire de l’électricité qui alimente notamment les conditionneurs d’air et des usines de dessalage d’eau de mer, pourquoi alors arrêter la culture céréalière brutalement. Tout simplement parce qu’il n’existe aucun aqueduc pour transporter l’eau dans la vallée perdue au milieu des dunes de sable entre Al Jawf et Al Qurayyat presque aussi étendue que le Liban. Il n’y a en effet que des dunes de sable et des collines rocheuses escarpées tout autour de cette vallée.

De plus les Saoudiens commencent à injecter de l’eau de mer dans les nappes de pétrole pour forcer la production (il ne faut pas trop le dire car les réserves d’hydrocarbures du Royaume sont top-secrêtes, la CIA est très vigilante sur ce point). Ce pays s’est acheminé vers une situation totalement ubuesque. Seuls travaillent quasiment comme des esclaves les immigrés sans aucun statut social. Les réserves fossiles d’eau du nord-ouest ont été pillées pour satisfaire une espèce de fierté nationale ridicule, les champs pétrolifères seraient-ils aussi en voie d’épuisement, du moins certains d’entre eux ? Triste avenir pour l’un des pays du monde les plus « riches » mais aussi le plus pollueur par habitant !

Source : Bloomberg, illustration capture d’écran Google Earth

Billet d’humeur politique : accords nucléaires avec l’Iran

Finalement cet accord sur le nucléaire iranien est le reflet de trois tendances. D’abord la nécessité pour la communauté internationale d’accepter la collaboration de l’Iran pour combattre l’Etat Islamique. Téhéran avait déjà déclaré sont intention de combattre ces barbares majoritairement sunnites qui menacent l’Iran chiite. La position en ce qui concerne le Yémen et l’Arabie Saoudite va donc être revue, ce dernier pays étant le principal pourvoyeur de fonds de l’EI et les « rebelles » yéménites sont de leur côté financés par l’Iran. Serait-ce un premier pas dans l’évolution de la politique américaine ?

Si tel est le cas le deuxième point ayant conduit à l’accord est naturellement le business et ce point n’a jamais été absent des pensées des négociateurs car l’Iran est un pays développé aux ressources humaines et minérales immenses et tant les Européens que les Américains ont pris en considération ce dernier point. Il faut ajouter que le retour (officiel) de l’Iran sur le marché pétrolier va accentuer la chute du prix du baril ce qui ne sera pas du tout une mauvaise nouvelle pour les économies moroses de l’Europe, mais c’est une autre histoire …

Le troisième point est une mise à l’écart d’Israël de la scène politique. Même si les dirigeants politiques iraniens ont proféré des menaces à l’encontre d’Israël, le Premier Ministre iranien actuel est plutôt modéré et le fait que personne n’ignore qu’Israël dispose d’un armement nucléaire – entre parenthèses grâce à une collaboration technologique étroite avec la France – n’a pas non plus échappé aux négociateurs. Personne n’ignore qu’Israël dispose d’au moins une centaine de bombes et de vecteurs capables d’atteindre Téhéran, mais les Américains ne les laisseront pas se livrer à leurs délires agressifs surtout que l’Iran est maintenant en passe de devenir un partenaire commercial important dans la région et également un partenaire stratégique pour combattre l’Etat Islamique.

Au final cet accord va redistribuer les cartes dans tout le Moyen-Orient. De facto l’Arabie Saoudite va être mise aussi à l’écart, Assad en Syrie et le Hesbolla au Liban vont coopérer avec les nations ennemies de l’EI c’est-à-dire le bloc occidental et la Russie, alliée de la Syrie et de l’Iran. Peut-être bien que sans s’en douter, ergotant pour quelques kilos d’uranium 235 hautement enrichi pour produire du technétium, les négociateurs ont dénoué le gigantesque embrouillamini moyen-oriental en accueillant l’Iran à leurs côtés. Les aboiements de Netanyaou n’y feront rien : business d’abord, alliance contre l’EI ensuite et finalement marginalisation d’Israël et reconsidération de la position internationale vis-à-vis de l’Arabie Saoudite et aussi (et surtout) de la Russie. Peut-être qu’Obama, qui ne peut pas voir en peinture le Premier Ministre israélien, sera décoré d’une deuxième prix Nobel de la paix. Mais au fait pourquoi a-t-il déjà été nobélisé ? Et aussi pourquoi l’Allemagne s’est-elle immiscée dans ces négociations puisqu’elle n’est pas (officiellement) une « puissance nucléaire » ?