Autisme et pseudo-science médicale irresponsable

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En 1998, le Docteur Andrew Wakefield publia dans le British Medical Journal une étude totalement frauduleuse sur les liens entre l’autisme et le vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole. Cette étude fut reprise à la lettre par les journalistes et il en résulta une campagne anti-vaccination massive. Il est en effet très efficace de répandre la terreur auprès de la population mais les conséquences peuvent être catastrophiques. Pour les pseudo-scientifiques du genre Wakefield, l’autisme est du pain-béni car la presse de caniveau à sensation et les réseaux sociaux sont un support parfait pour que les individus, le plus souvent totalement ignorants, s’auto-persuadent que tel ou tel produit chimique, tel ou tel environnement sont des facteurs favorisant l’autisme … à se demander si le changement climatique et les aurores boréales ne sont pas aussi favorables à l’apparition de ce trouble psychique.

Une nouvelle étude, encore une du même genre, sur les liens entre l’autisme et l’utilisation d’anti-dépresseurs durant la grossesse a fait la une des journaux il y a quelques jours (voir le lien). Brièvement cette étude sans aucune signification statistique portant sur 145456 grossesses montra que pour 22 enfants souffrant d’autisme à l’âge de 3 ans sur un total de 32 une corrélation avait pu être établie avec l’utilisation par la mère d’anti-dépresseurs au cours des deuxième et troisième trimestres de grossesse, et pas n’importe quels antidépresseurs, seulement ceux inhibant la recapture de la sérotonine. Le représentant le plus connu de cette famille de produits est le Prozac, un antidépresseur très populaire. Quid des 145434 autres enfants ? Autant dire que les résultats de cette étude sont totalement dénués de signification car il s’agit tout simplement du « bruit de fond statistique » qui a été manipulé dans le seul but de faire ressortir un lien de causalité qui n’existe évidemment pas entre antidépresseur durant la grossesse et autisme.

Les travaux dirigés par Anick Bérard de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine ont été mis immédiatement en doute par un juge fédéral américain qui avait déjà condamné le manque de rigueur scientifique d’une étude liant le Zoloft (sertraline) de Pfizer à des malformations foetales. Le Zoloft est aussi un antidépresseur ayant le même mode d’action que le Prozac. Toujours est-il que la polémique s’amplifie d’autant plus irrationnellement que le Docteur Bérard se complait à recevoir les parents d’enfants autistes et de préparer leur dossier afin qu’ils déposent une plainte contre les laboratoires pharmaceutiques si la mère a eu la mauvaise idée de prendre un antidépresseur durant sa grossesse. Il y a comme un relent de conflit d’intérêt. Mais quand cette personne amalgame les effets de la thalidomide et des anti-dépresseurs, on en arrive à de l’authentique mauvaise science comme malheureusement dans bien d’autres domaines n’ayant rien à voir avec la médecine ou la pharmacie …

Liens : Wired et JAMA, doi : 10.1001/jamapediatrics.2015.3356

Effet placebo ou méthode Coué ?

Au cours des essais cliniques de validation d’un médicament les protocoles sont très stricts et conduits en double aveugle. Les sujets étudiés, souvent des volontaires rémunérés, et les expérimentateurs ignorent s’il s’agit de la molécule chimique ou d’un placebo. Tout est codé et ce n’est qu’à la fin de l’essai que les statisticiens découvrent qui a été traité et par quoi. Quand il s’agit d’essais objectifs, par exemple la disparition d’une tumeur ou la modification d’une formule sanguine, les réponses sont claires et non contestables mais quand l’essai est subjectif car accompagné d’un questionnaire auquel le sujet doit répondre, les choses peuvent vite devenir compliquées et à la limite impossibles à interpréter. C’est presque toujours le cas lors des études sur les effets secondaires que peuvent avoir de nouvelles molécules en cours d’étude et qui sont par définition inconnus et laissés à l’appréciation du sujet. La situation est d’autant plus alarmante qu’il est notoirement connu que les laboratoires pharmaceutiques ont pour mauvaise habitude d’ignorer les effets secondaires subjectifs et de ne faire apparaître que les résultats objectifs. Les exemples d’effets secondaires des placebo abondent ! Un article publié dans le journal Pain (douleur en anglais, voir le lien) a décrit les effets adverses des placebo dans 73 essais cliniques relatifs à trois classes de médicaments anti-migraines. Tout le problème résidait dans la quantification de l’effet adverse. Une autre étude portant sur 600 patients et la validation de trois médicaments différents anti-allergie montra que plus d’un patient sur 4 ayant reçu le placebo ressentait des démangeaisons, des malaises et des maux de tête. Ce type d’observation a conduit les autorités de santé britanniques à reconsidérer les effets de l’homéopathie et, stupeur et tremblements, les petites billes de glucose contenant des fractions de fifrelins de composés souvent non identifiés (et non identifiables) produisaient des effets adverses tout aussi indésirables que les même petites billes contenant 100 % de glucose. C’est d’ailleurs à la suite de la révélation de ces résultats que les traitements homéopathiques ne sont plus remboursés en Grande-Bretagne. Quand on en arrive aux statines on est en droit d’être sceptique. Les statines ont un effet avéré sur les personnes présentant un taux anormalement élevé de cholestérol et les effets adverses bien connus de ces produits sont ressentis par ces patients sous traitement de statines. Ces médicaments n’ont qu’un effet très mineur et à peine significatif sur les personnes dont le taux est considéré comme normal. Un taux de cholestérol total est considéré comme normal s’il se situe autour de 2 grammes par litre mais les normes, établies par on ne sait pas trop qui, indiquent qu’un taux de 2,4 grammes par litre est dangereux et quasiment pathologique. La différence n’est que de 20 % et subir les effets secondaires indésirables des statines pour atteindre une réduction aussi dérisoire ne justifie en rien la prise de ces médicaments. Or les fabricants de statines ont soigneusement omis de décrire dans le détail comment l’ampleur des effets secondaires étaient évaluée et quel était le réel bénéfice de la prise de statines en regard de ces effets secondaires. Bref, un flou artistique qui ne devrait pas avoir lieu d’être. Comme l’indique l’article paru dans PlosOne (voir le lien) la situation de flou est pire encore avec certains antidépresseurs et anti-asthme. C’est tellement peu clair qu’on de demande finalement si ces spécialités ont un effet réel et si, pire encore, elles ne sont pas mises sur le marché pour faire vendre d’autres médicaments atténuant leurs effets secondaires. Avec une manipulation évidente des « normes » relatives aux analyses sanguines et d’urine, on se trouve donc devant ce que l’on peut appeler le miracle de l’industrie pharmaceutique !

Source : Badpharma

http://www.painjournalonline.com/article/S0304-3959(09)00399-6/abstract

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001526#pmed-1001526-t004

Tous shootés au Prozac !

Les Français sont les premiers consommateurs d’antidépresseurs dans le monde, c’est bien connu, et ils ont de bonnes raisons de déprimer et de faire en sorte que leur sort s’adoucisse avec ces petites pilules colorées qui n’ont qu’un seul but : leur donner l’impression que la vie est toute rose. Ce n’est pourtant pas vraiment le cas, tous les voyants concernant l’avenir à court terme de la France sont soit oranges soit carrément rouges et comme il n’y a aucune raison à l’horizon de manifester quelque optimisme alors ces petites pilules sont d’un grand secours pour garder le moral. Je me demande même si secrètement le capitaine de pédalo n’en ingurgite pas une bonne poignée tous les soirs, maintenant qu’il doit surveiller ses pulsions d’extraverti et s’occuper avant tout des intérêts évanescents de la France.

Mais s’administrer des antidépresseurs, avec le consentement de son médecin qui au passage vous aura prescrit dans la foulée une bolée d’arrêt de travail – c’est mieux pour supporter ces saloperies – n’est pas sans risque surtout quand l’horizon est tellement sinistre qu’on a tendance à doubler les doses ! Plus on prend des antidépresseurs plus on se sent déprimé et c’est ce qui ressort d’une étude réalisée en Nouvelle-Zélande sur 1829 personnes usant et abusant de diazépines variées genre Prozac, de Tranxène ou d’autres poisons dont on devient aussi rapidement dépendant qu’avec la cocaïne ou la morphine, c’est dire en quelques mots la gravité de la situation. Le traitement de la dépression et de l’anxiété a pris de telles proportions que par exemple en France presque une personne majeure sur dix est sous antidépresseurs ! Mais par pudeur on n’en parle pas à son entourage familial ou professionnel si tant est qu’on est encore capable d’aller travailler … Il y a tellement de bonnes raisons de se droguer qu’on n’hésite plus et ce d’autant mieux que ces drogues (douces?) sont remboursées par les impôts qu’on paye ! Mais l’aspect complètement incongru est que cette utilisation intempestive d’antidépresseurs est souvent la cause du montant des impôts qu’on paye, montant qui va continuer à augmenter avec la consommation d’antidépresseurs.

J’arrête, vous allez déprimer en me lisant. Et pourtant, prendre des antidépresseurs est loin d’être anodin, cette étude est bien claire dans ses résultats : quand on prend ce genre de truc on prend du poids et on a des nausées (85 % des cas), on envisage le suicide (50 % des cas), on éprouve des difficultés à faire l’amour ou tout simplement avoir envie de faire l’amour (62 % des cas) ce qui entre nous n’arrange pas la situation bien au contraire, on ne réagit plus aux émotions, en d’autres termes on devient apathique (60%), on ne se sent plus soi-même, en d’autres termes on est à l’ouest (52%), on n’a plus de réactivité positive (42%), on n’en a plus rien à foutre de son entourage (39%) et enfin on a tendance à se replier sur soi (55%) mais malgré tout, et paradoxalement, 82 % de ces personnes interrogées (visiblement dans un état second) déclarent (j’ai bien écrit 82%) que leur traitement les aide à combattre leur dépression.

Il y a vraiment des questions sérieuses à se poser avant de commencer à s’empoisonner même si on ne croit ni aux promesses du ministre des finances ni à celles du ministre du budget ni encore moins à celles du ministre de l’affaissement déconstructif qui prévoit de rouvrir des mines pour envoyer tous les récalcitrants politiques et idéologiques au charbon, au lithium et aux terres rares, on n’a qu’à bien se tenir et surtout être à tout instant politiquement correct (comme disait Lénine).

Les antidépresseurs ont encore de beaux jours devant eux si on considère l’état de délabrement de la France qui, comme le répète H16, est un pays foutu !

Source (scientifique) : University of Liverpool press release agrémentée d’une interprétation toute personnelle.