La pilule anti-SIDA, c’est mieux que le latex !

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La population afro-américaine est toujours dévastée par le HIV puisque les statistiques montrent que 44 % des cas de SIDA déclarés le sont pour la population noire alors que celle-ci représente seulement 12 % de la population des USA, en d’autres termes les femmes afro-américaines ont 20 fois plus de chance de contracter le SIDA que leurs contre-parties d’origine européenne ou hispanique. C’est le résultat d’une combinaison de facteurs comme la pauvreté, l’infidélité conjugale et aussi et surtout le grand nombre de personnes qui ignorent tout simplement qu’elles sont porteuses du virus avec une charge virale les rendant contagieuses. Comme beaucoup de femmes consultent régulièrement leur gynécologue, cette dernière personne procède dans la plupart des cas à des tests de dépistage du HIV mais dans un couple, l’idéal serait naturellement que l’homme se soumette à de tels tests surtout quand la femme désire un enfant.

Dans ce genre de situation, le cas de l’homme séropositif contraint le couple à se protéger avec des préservatifs mais ce n’est pas vraiment indiqué si la femme désire un enfant, avec tous les risques que cette décision suppose. Pourtant depuis 2012 il existe un traitement dit de prophylaxie préventive constitué de la combinaison de deux antirétroviraux appelé Truvada. Le mode d’action est de bloquer la transcriptase réverse du virus et donc de stopper toute multiplication du virus en cas de contamination. L’efficacité de ce traitement préventif est quasiment de 100 % selon les études réalisées par les organismes de santé nord-américains. Quand une femme décide d’avoir un enfant avec son partenaire séropositif dont la charge virale est telle qu’il va à coup sûr transmettre le virus au cours d’un rapport sexuel non protégé, le médecin ne peut que l’encourager à suivre ce traitement tout en lui faisant prendre conscience des risques encourus et en insistant sur le fait que le préservatif reste le meilleur moyen de protection. En 2012 et 2013, sur 2319 femmes auxquelles a été prescrit le Truvada aux USA, la moitié d’entres elles étaient des femmes désirant avoir un enfant de leur partenaire séropositif. Pour les autres la situation était plutôt surréaliste et quand une analyse en profondeur a été réalisée, on s’est rendu compte rapidement de la réalité de la vie des femmes exposées au HIV dans des situations variées comme par exemple des relations sexuelles sous la contrainte, dans le cadre d’une prostitution sauvage pour simplement survivre ou encore l’indigence qui interdit l’accès aux soins et enfin une sorte de loi du silence qui fait qu’il vaut mieux ne pas en parler. Paradoxalement les hommes homosexuels sont plus ouverts et plutôt plus soucieux de leur statut sanitaire et de celui de leurs partenaires en ce qui concerne la séropositivité alors que les hommes hétérosexuels peu scrupuleux quant à leurs frasques amoureuses ignorent le plus souvent qu’ils sont porteurs du virus.

Finalement entre la prophylaxie préventive avec du Truvada et le préservatif, même si ces pilules ne protègent pas contre les autres maladies sexuellement transmissibles ni contre des grossesses non désirées, beaucoup de femmes exposées à l’intérieur de leur couple en raison de la séropositivité de leur partenaire avouent tout de même que l’intimité sexuelle sans couche de latex en vaut le risque avec également les tests HIV tous les trois mois … Question de choix et de conscience.

Inspiré d’un article paru dans The Daily Beast