USA : Après le SIDA la syphilis

Capture d’écran 2015-12-05 à 10.54.47.png

En 2000, 5979 cas de syphilis ont été répertoriés aux USA. La répartition était de 59 % pour les hommes et 41 % chez les femmes. En 2010 ce sont 13774 cas puis en 2014 19999 cas qui furent enregistrés par le CDC (Center for Disease Control). La répartition entre hommes et femmes a changé puisque les cas de syphilis étaient de 91 % chez les hommes et 9 % chez les femmes. Le nombre des cas répertoriés a augmenté de 15 % en seulement une année !

Qu’en pense le CDC ( www.cdc.gov/std/stats14/default.htm ), la réponse est claire. Puisque la trithérapie arrive à venir à bout du virus de l’immunodéficience (HIV) cette augmentation du nombre de cas avec une répartition 9 fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes fait dire aux spécialistes que l’ « épidémie » actuelle est liée à l’homosexualité sans protection. Ce sont les Etats de Louisiane et de l’Oregon qui sont les plus touchés. Un site web de ce dernier Etat (syphaware.org) vante la beauté naturelle des paysages, le Pinot noir et met en garde contre les risques de syphilis ! Mais l’augmentation des MSTs ne concerne pas seulement la syphilis car les cas de chlamydia et de gonorrhées sont également en forte augmentation.

Pour les épidémiologistes du CDC l’une des causes serait la multiplication des sites de rencontre (avec des inconnus) facilement accessibles avec un téléphone portable. Avant l’apparition de la pénicilline, la syphilis était une maladie redoutable qui était présente dans toutes les couches de la population. Van Gogh, Schubert, Robert Schumann, Baudelaire, Flaubert, Oscar Wilde, Nietzsche … furent des syphilitiques célèbres. Les spécialistes considèrent que Beethoven, Mozart et James Joyce souffraient probablement de la syphilis tout comme Hitler, quant à Al Capone il avait atteint le stade tertiaire de la maladie et devint complètement dément … Aux XIVe et XVe siècles la syphilis tuait rapidement les malades puis la virulence du tréponème s’atténua progressivement mais la maladie, malgré les antibiotiques n’a jamais disparu, son diagnostic devient de plus en plus tardif quand la maladie est malheureusement bien installée chez le malade.

Aujourd’hui, tout au moins aux USA, la syphilis est essentiellement liée à l’homosexualité et il n’y a plus de contrôles systématiques ni de sensibilisation à l’école. Qui se souvient aujourd’hui du test de Bordet-Wassermann de dépistage de la syphilis qui était obligatoire quand on voulait se marier ? Il a été abandonné et jamais remplacé car il n’était pas reconnu comme spécifique et les antibiotiques ont remisé la vérole au rang des vieux souvenirs …

Capture d’écran 2015-12-07 à 12.01.46.png

Contrairement à la légende, le « mal turc », le « mal français », le « mal polonais » ou encore le mal de Christophe Colomb, des dénominations successives de la syphilis selon l’endroit où on se trouvait en Europe, était déjà présent en Europe en 1320 comme l’a montré une étude sur un squelette retrouvé en Croatie. Il s’agissait d’un cas de syphilis congénitale qui induit une malformation caractéristique des dents chez l’enfant. Les soupçons ont été définitivement levés avec l’examen de squelettes retrouvés à la suite de fouilles dans la cathédrale de St Pölten en Autriche. Plusieurs d’entre eux sur plus de 8000 squelettes examinés ont confirmé la présence de la maladie bien avant le retour de Christophe Colomb du Nouveau-Monde.

Source : CDC et Daily Mail, illustration « Syphilis » du peintre Richard Tennant Cooper (1912).

Chronique d’un voyage Canaries-Japon

 

01h30 du matin. Rien ne va plus dans les airs, au milieu de la nuit froide ou plutôt presque glaciale de Madrid, en souffrance à l’Aéroport Adolfo Suarez, pas de connexion possible avec internet. Il semblerait, et ce n’est qu’une hypothèse, que la société Aena, dont 49,5 % du capital a été cédé à un investisseur international, n’est plus très regardante avec le Wi-Fi qui fonctionnait parfaitement bien il y a encore six mois. Economies obligent probablement. Toujours est-il que c’est carrément énervant surtout quand on doit se coller 6 heures de transit pour embarquer dans l’avion suivant en direction d’Amsterdam avec comme destination finale Narita. Je m’étais muni d’un petit bidule acheté chez Orange pour me connecter où je veux et quand je veux pour la somme astronomique de 3 euros par tranche de 24 heures. Même souci, pas de signal, et pourtant mon bidule, qui est en réalité un genre de téléphone portable utilisable seulement en Espagne, ne fonctionne pas non plus. Peut-être qu’Orange en est aussi aux programmes d’économies en tous genres … Toujours est-il que c’est très énervant quand on est devenu totalement soumis à une connexion pour se donner l’illusion que le monde entier peut être appréhendé en quelques clics. Bref, je suis désappointé et c’est la seule raison qui m’a conduit à écrire ces quelques lignes en maugréant en silence et à la limite de maltraiter le clavier de mon desk-top.

Cette situation inattendue révèle au plus profond de moi l’envie d’aller vivre dans un village perdu dans la forêt tropicale de l’île de Malikolo au Vanuatu et de laisser derrière moi la civilisation avec ses bons côtés. C’est d’ailleurs un peu rapide de parler ainsi des bons côtés de la civilisation de haute technicité puisque cette déconnexion fortuite laisse un goût amer et insoutenable dans l’univers déshumanisé d’un aéroport aux recoins inextricables. Le terminal 1-2 de l’aéroport de Madrid est constitué d’une enfilade de bâtiments disparates reliés les uns aux autres avec le temps et on doit parfois marcher trente minutes à une vitesse soutenue pour rejoindre la bonne porte d’embarquement. C’est presque pire que Roissy mais il y a au moins des bars ouverts la nuit et des toilettes parfaitement propres. On est presque réconcilié ainsi avec la civilisation.

Je n’en dira pas plus pour l’instant.

4h30. Les compteurs ouvrent, des voyageurs arrivent. Je vais faire la queue au comptoir de KLM. Pour rien, 20 minutes de piétinement inutiles car mon vol est en code-share avec Air Europa. Je refais donc la queue à l’autre compteur et une charmante employée ferme les yeux sur le surpoids de ma valise comme l’avait fait d’ailleurs sa collègue à Tenerife. Pour faire passer le problème, deux kilos et demi supplémentaires auraient pu me coûter au bas mot 62 euros de taxe, j’ai tenté l’argument humoristique, ne comprenant pas comment ma valise s’était alourdie de 2,5 kilos en 3 heures de vol ou bien que les balances des Canaries sont réglées pour plaire aux touristes. Au cours de cette négociation qui n’en fut pas une, j’eus le loisir d’admirer sa gorge qu’elle offrait sans retenue à ma vue plongeante et passablement inquisitrice. Impossible de m’attribuer une place à tribord dans le Boeing 747 pour le vol Amsterdam-Narita. J’aurais aimé voir le mont Fuji à l’approche de Tokyo, c’est en effet un spectacle merveilleux.

5h30. C’est l’affluence. J’ai fait plusieurs aller-retour entre une cafétéria bondée à boire des bières et l’extérieur où sévit une sorte de blizzard sans flocons insupportable pour fumer une cigarette. Orion et Sirius étaient au rendez-vous entre des petits nuages blanchis par les lueurs de la ville. Plus qu’une heure avant d’aller passer la sécurité avant d’embarquer.

Quand on voyage relativement souvent, ces transits dans les aéroports deviennent non plus des pensums mais des divertissements, du moins on fait en sorte qu’il en soit ainsi car c’est le meilleur choix. Depuis que je pratique cet aéroport, je connais exactement toutes les astuces pour en définitive presque apprécier ces transits souvent nocturnes. Il s’agit d’une sorte de résignation contrôlée.

5h45. Une horrible mégère arborant un surpoids repoussant s’empiffre en face de moi d’une espèce de gâteau de nature indéfinissable après avoir ajouté deux sachets de saccharine dans son café. Répugnant ! Pourtant elle a un visage presque attirant et encore une fois je n’arrive pas à comprendre comment une femme peut arriver à se dégrader ainsi en laissant aller ses bas instincts alimentaires. Ce spectacle me conduit naturellement à une réflexion sur ce comportement compulsif qu’adoptent certaines personnes sans en avoir conscience. Dans l’avion entre Tenerife et Madrid un gros joufflu obèse dont l’abondant tissu adipeux débordait presque sur mon siège agitait ses jambes en une sorte de mouvement vibratoire discontinu qui se transmettait désagréablement à mon siège. Je me suis permis de lui envoyer un signal consistant à pointer sur sa cuisse gauche mon crayon exclusivement réservé aux mots croisés, mon passe-temps favori quand je n’ai rien d’autre à faire, en accompagnant mon geste d’un « por favor » murmuré sur un ton exprimant parfaitement ce que je pensais de cette attitude qui reste inexplicable pour moi.

13h25. Schiphol. L’avion supposé m’emporter à Narita est enfin arrivé. Le précédent locataire de l’emplacement, un Boeing 747 avait quitté ce lieu à destination de Chicago avec deux bonnes heures de retard. Il y aura certainement aussi du retard car personne n’a l’air de s’affoler autour de l’aéronef. Dans l’aéroport tout est très cher. La moindre bière y est huit fois plus coûteuse qu’à Tenerife ! Mais bon, il faut bien tuer le temps. Les Japonais et d’autres voyageurs sont déjà en formation pour se payer une bonne heure d’attente dans l’espèce d’aquarium qui sert de salle d’attente. J’ai décidé de prendre mon temps … dans un 747, même un « Combi », il y a beaucoup de monde. Je n’ai toujours pas compris pourquoi, dans les aéroports les passagers aimaient faire la queue. Par exemple quand on est encore dans l’avion, quand celui-ci s’immobilise et que le signal autorisant à se libérer de sa ceinture de sécurité, tout le monde se lève et va attendre une bonne dizaine de minutes, la tête courbée sous les coffres à bagages avant de pouvoir progresser vers la sortie. Une sorte de comportement grégaire inexplicable sinon qu’on se comporte souvent comme des animaux très basiques tout juste bons à nous fournir en laine et accessoirement en gigots.

13h35. Le passage par la sécurité a débuté. Toujours aucune activité autour de l’avion en dehors de l’opération probablement soumise à des règles de sécurité stricte de remplissage des réservoirs de kérosène. J’ai tenté de me connecter à l’internet de l’aéroport, nouvel échec.

Treize heures trente plus tard. Après avoir admiré au dessus des nuages bas clairsemés le Mont Fuji avec son cône blanc au sommet, atterrissage à Narita avec 55 minutes de retard …

Du bon pâté de pigeon !

Il y a eu les pigeons voyageurs pendant la guerre de 14, les pigeons qui s’aimaient d’amour tendre, il y a toujours les pigeons de la Place Saint-Marc à Venise qui font partie de l’image d’Epinal de cette ville, mais au fait, y-a-t’il des pigeons à Epinal, probablement comme dans beaucoup de villes d’Europe. Car ces oiseaux mangeurs de détritus pullulent dans les villes et plus ils sont nourris plus ils se multiplient. Certaines villes tentent à grands frais de contrôler leur population comme Paris avec la collaboration active du Muséum d’histoire naturelle (CRBPO : http://www2.mnhn.fr/crbpo/) mais à Amsterdam, c’est une toute autre histoire !

Screen-Shot-2014-01-25-at-9.02.11-PM

Partant du fait que le pâté de pigeon a toujours été un mets délicat, y compris pour les rois, et que le pigeon urbain ( Columba livia ) est venu des campagnes où il n’est plus pourchassé vers les villes où il contribue efficacement au nettoyage des terrasses de restaurants, sa valeur nutritive ne peut donc pas faire de doute. Après tout, le pigeon abondamment nourri par des catoles en mal d’indulgences au sens religieux du terme qui, ne trouvant pas de réconfort auprès des humains, tentent de racheter leur âme noircie par leurs turpitudes passées en nourrissant ces volatiles dans les jardins du palais du Luxembourg à Paris avec force graines achetées à prix d’or et des morceaux de pain Poilane, donc ce pigeon représente une source de nourriture saine et pourquoi ne pas l’exploiter !

Les pigeons considérés comme une vermine à Amsterdam sont donc contrôlés et périodiquement exterminés par les services municipaux dédiés à cette tâche particulière. Ils sont revendus à une compagnie locale qui se charge de les abattre dans les règles puisqu’ils sont attrapés vivants avec des filets ou des pièges appropriés et proprement transformés en pâtés qui se retrouvent dans les bons restaurants de la ville. L’un de ces transformateurs de pigeons traite plus de 1000 pigeons chaque année et ce n’est qu’un début. Les pâtés en question ont été analysés par des laboratoires indépendants et assermentés et aucun produit toxique ni parasites n’ont pu être décelés car selon les dires de certains Bataves, les pigeons des villes seraient plutôt mieux nourris que les pigeons des campagnes, c’est dire ! Et puis après tout, ces pigeons mangent parfois des détritus mais que font les crevettes, les homards et les poissons-chats dans la mer, la même chose en pire et on ne se pose pas de questions !

Source et illustration : Forbes