La Vie en Rose …

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Lorsque j’écris un article sur ce blog je me réfère dans la très grande majorité des cas à une étude scientifique ou éventuellement à un autre billet paru sur un site que je considère comme étant sérieux. Mes lecteurs se sont rendus compte que j’aborde souvent des sujets concernant divers aspects de la sexualité et ces billets ne provoquent que très peu la verve de mes lecteurs commentateurs alors que la moindre note relative à la « crise » climatique est l’occasion d’un véritable forum d’opinion. Et pourtant la sexualité, comme l’argent, est au centre de la vie, personne ne peut le nier …

C’est en lisant un article paru sur Le Temps de Genève, quotidien qui n’a rien d’un tabloïd de caniveau, intitulé Peut-on manipuler les hormones de l’amour que m’est venue l’idée de disserter sur le lien entre amour et sexe que ce soit du point de vue de la femme ou de celui de l’homme. Comme tous les animaux nous nous reproduisons pour perpétuer notre espèce, c’est un comportement instinctif indéniable. Cet instinct existe aussi chez tous les animaux mais ce qui nous différencie des animaux, disons les mammifères dont nous faisons partie bien que cet instinct existe aussi chez les oursins ou les nématodes, c’est notre capacité à construire des raisonnements déductifs, c’est une différence qui est une conséquence de la complexité de notre cerveau. Nous savons que nous sommes mortels et les autres animaux, y compris les grands singes l’ignorent. Nous avons donné un sens à l’amour, les chimpanzés et les bonobos, leurs cousins, ne connaissent que le sexe.

Cette capacité de raisonnement, le propre de l’homme comme le disait je crois Descartes, a malheureusement été mal appliquée en ce qui concerne l’amour et le sexe, du moins sur le plan strictement sémantique. Dire qu’on « fait l’amour » parce qu’on aime est une désolante confusion de mots. L’acte sexuel dont la finalité est la reproduction n’a rien à voir avec l’amour. L’amour, allez je vais mettre un grand A, l’Amour, c’est un sentiment et le sexe est un processus très prosaïquement chimique. L’article de Camille Destraz, journaliste du Temps, publié en 2017 commence ainsi :

« Edith Piaf n’en avait peut-être pas conscience, mais ce qui lui faisait voir la vie en rose quand « il » la prenait dans ses bras et qu’il lui parlait tout bas, c’était un shoot de phényléthylamine ou une libération massive d’ocytocine ».

La phényléthylamine est un neuro-transmetteur qui est produit dans le cerveau à partir de l’acide aminé phénylalanine et elle provoque une sensation de besoin de récompense accompagnée d’une hyperactivité, pour faire court. La durée de vie de la phényléthylamine est très courte, quelques dizaines de seconde mais elle provoque la production de dopamine, un autre neuro-transmetteur puissant et structuralement très proche. L’une des conséquences de la production massive de dopamine est la somatisation dans le cortex frontal de ce besoin de récompense qui ne va pouvoir être satisfait que par le plaisir que procure l’acte sexuel, d’où l’amplification de ce désir de récompense qui conduit les partenaires à ce que les sexologues appellent les préliminaires comme par exemple un échange de baisers. D’ailleurs le baiser « amoureux » est aussi le propre de l’homme car aucun primate ne connaît ce comportement. Et alors la libération de l’ocytocine stockée dans des terminaisons neuronales de l’hypophyse provenant de l’hypothalamus provoque ce que l’on a coûtume d’appeler l’amour, en réalité la conséquence d’un processus chimique complexe dont le contrôle nous échappe totalement, et ce dès le début.

Etant ancien biologiste et ayant acquis dans le passé une solide expérience des femmes, je me suis toujours demandé si c’est la poule qui a fait l’oeuf ou l’oeuf qui a fait la poule, traduit dans le contexte du présent billet : si c’est du sexe que naît le sentiment amoureux ou si c’est le contraire. Cette réflexion fait donc ressortir deux aspects de la confusion entre amour et sexe, un acte que l’on appelle stupidement « faire l’amour ». Cette incertitude est exacerbée par le fait que l’amour-sentiment sans sexe c’est réservé aux curés, il n’y qu’à constater les dégats sociétaux des scandales de pédophilie qui n’ont eu de cesse de dégrader l’image de l’Eglise catholique dans le monde entier. D’ailleurs ceci prouve bien que l’homme est soumis à la chimie de son cerveau y compris les curés catholiques. Cet aparté mis à part il me paraît difficile d’imaginer qu’un couple hétéro- ou homo-sexuel puisse vivre une véritable histoire d’amour sans sexe. A contrario, le sexe sans amour ni émotion est réservé aux prostituées qui non seulement n’ « aiment » pas leur client mais n’éprouvent aucun plaisir lorsqu’elles exercent leur métier, par ailleurs très respectable. Que mes lecteurs ne se méprennent pas je n’ai jamais fait appel aux services de cette corporation « méprisée par les flics » (dixit Brassens).

Donc le sexe c’est de la chimie et l’amour-sentiment résulte au contraire d’un exercice cérébral avec une conotation inévitablement sexuelle qui permet au sentiment amoureux de perdurer. Est-ce la poule qui a fait l’oeuf ou le contraire, difficile de conclure puisque ces neuro-transmetteurs et l’ocytocine ont eux-mêmes un effet sur le cortex frontal, siège de toute réflexion chez l’être humain. Alors est-il possible comme le questionnait cet article de Temps de manipuler la chimie du cerveau ? Selon une sexologue et thérapeute de couple suisse (Anouk Truchot) « au fil des années l’hormone d’attachement (l’ocytocine) se renforce. On se sent bien quand le système limbique est calme, quand l’autre fait que la relation est nourrie. Le sentiment de sécurité libère l’ocytocine. Notre petit jardin relationnel doit être jardiné !  » Et elle ajoute :  » les petits riens qui font que l’on se sent aimé et en sécurité, le contact physique, les paroles valorisantes, le temps de qualité passé avec l’autre, les cadeaux, si si !, et les services rendus, oui ! changer les pneus de la voiture de son amoureux est une preuve d’amour. Un homme m’a dit un jour : si j’avais su pendant toutes ces années qu’il suffisait de passer l’aspirateur pour faire l’amour à ma femme … Tout est chimie et quand c’est le bon cocktail c’est bien« .

Illustration captée sur le journal Le Temps et https://www.youtube.com/watch?v=rzeLynj1GYM.

Réflexions sur le sexe et l’amour et les « Pensées » de Marc-Aurèle

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Sur l’Ogasawara maru le temps passe lentement et les opportunités de rencontre se multiplient au fur et à mesure que le bateau égrène les miles nautiques vers sa destination finale. J’ai donc engagé fortuitement la conversation avec une buveuse de saké, sa fille et son époux. Il faut pour bien comprendre la suite de mon billet situer les personnages. Une femme encore fort belle, mais il est difficile de donner un âge précis à une Japonaise, sa fille dans la trentaine fraichement divorcée et son époux souffrant d’une leucémie. Ils allaient à Chichi Jima en quelque sorte pour une pelerinage avant que ce monsieur soit définitivement effacé de la planète (voir infra la pensée de Marc-Aurèle). Cette charmante dame s’exprimant en un anglais parfait me demanda pour quelle raison je me trouvais sur le bateau et je lui répondis que nous rentrions ma femme et moi-même à la maison après une semaine de shopping effréné à Tokyo. Le saké aidant (je n’affectionne pas particulièrement cette boisson sans saveur ni odeur) les langues se délièrent progressivement et quand j’exposais pour quelle raison je me trouvais marié avec une Japonaise, comme j’ai l’habitude parfois facheuse de n’emprunter aucun détour réthorique, l’attention se concentra sur mes propos dérangeants. Il est vrai qu’en tant qu’ancien biologiste le comportement humain n’a plus trop de secrêt pour moi, encore que cette affirmation puisse paraître quelque peu arrogante, mais la discussion dériva progressivement vers le comportement sexuel des êtres humains en général, vaste sujet …

Je narrais donc ma rencontre avec celle qui allait devenir ma femme, me déclarant être amoureuse et vouloir m’épouser tout simplement après une soirée très physique qui la combla de satisfaction et de sérénité. Mon auditoire sembla offusqué par la franchise de mes propos et pour dissiper ce malaise je m’engageais alors dans un long exposé sur la nature humaine tel qu’on n’ose plus trop l’aborder dans la réalité ni en famille ni encore moins à l’école.

Au même titre que les bactéries, les insectes, les éléphants, les baleines, les plantes et les algues ou les coraux, nous sommes sur cette terre pour nous reproduire et perpétuer l’espèce, l’espèce humaine en ce qui nous concerne. Le sexe occupe donc une position centrale dans notre vie et il est impossible de le nier. Nous sommes programmés pour transmettre nos gènes lors du passage obligé de la copulation comme les bactéries s’unissent à l’aide de cils spécialisés, comme certains insectes mâles n’hésitent pas à détruire l’intégrité physique de leur femelle en la perforant littéralement avec leur sexe ressemblant à un tire-bouchon sachant qu’elle mourra après avoir pondu ses oeufs, comme les tortues qui ont inventé au cours de l’évolution des pénis invraisemblables pour pouvoir s’accoupler durablement dans l’eau, comme ces araignées dont le représentant mâle craint pour sa vie risquant d’être proprement dévoré par sa douce après l’avoir pénétrée, ou les baleines obligées d’accepter en elles un gigantesque pénis sans vraiment en éprouver un quelconque plaisir, d’ailleurs on ne leur a jamais demandé en termes intelligibles.

Bref, la conversation aborda l’interaction entre le sexe et l’amour, vaste sujet aussi surtout si on place volontairement des oeillères dans la réflexion afin de contourner tous les tabous éducationnels et religieux auxquels nous avons été tous soumis depuis notre plus tendre enfance y compris les Japonais. Parler de sexe est interdit, en japonais « damé », interdit, proscrit, alors que les sex-shops et les bars interlopes fleurissent à Tokyo.

Quelle ne fut donc pas la stupeur de mon interlocutrice lorsque je lui contais mon histoire récente. Après plusieurs jours d’hésitations réciproques, celle qui allait finalement devenir ma seconde épouse se décida à me visiter un soir dans la chambre que j’occupais dans cette petite pension d’Ogasawara Village. Sur la base d’une première relation sexuelle parfaitement réussie, le sentiment amoureux qui s’ensuivit n’étant qu’une résultante du fonctionnement de notre cerveau monstrueux qui manifeste ce pouvoir unique dans le règne animal d’être capable de réaliser des raisonnements déductifs, elle décida de me demander en mariage sans toutefois omettre d’envisager de vérifier si cette « première fois » n’était pas un mirage ou un rêve, ce qui fut fait le lendemain et les jours suivants.

Je m’explique, même si je risque de passer pour un horrible fallocrate. L’amour entre une femme et un homme procède du sexe bien vécu, en d’autres termes sans sexe consenti et partagé avec satisfaction mutuelle l’amour n’a aucune signification et dans la même veine, le sexe répétitif sans amour et uniquement pour le sexe devient vite dénué de tout attrait et finit par ternir cette relation uniquement physique. Notre cerveau, dont nous sommes dépendants sans en être conscients, nous joue un terrible tour en nous emprisonnant dans une sorte de cercle vicieux dans lequel nous nous retrouvons dans le quotidien : sexe et amour, amour et sexe, mais ce comportement est purement dicté par nos instincts de reproduction de notre espèce qui échappent à notre contrôle.

Mon interlocutrice (à bord de l’Ogasawara maru) se rendit compte que je tenais des propos nouveaux pour elle car elle n’avait jamais envisagé la situation sous cet angle, l’interaction indissociable entre sexe et amour, et elle me qualifia d’obsédé sexuel, superbe qualificatif très facile à formuler quand on n’a pas d’autres arguments à avancer dans une conversation pourtant amicale, ouverte et dénuée de toute arrière pensée. La fille de cette charmante dame, fraîchement divorcée je le rappelle, dut se poser de sérieuses questions existentielles car elle m’écoutait avec fascination.

Pour en rajouter une couche épaisse à dessein en parfaite conformité avec mes propos le plus souvent dérangeants je me hasardais à citer Marc-Aurèle dans la direction telle que je l’avais expérimenté une multitude de fois dans ma vie passée, à savoir que les femmes deviennent amoureuses après une relation sexuelle réussie en vue de garder le mâle reproducteur non seulement capable de leur donner du plaisir, ce que les félines, lionnes et autres chattes domestiques, affectionnent particulièrement, mais également de transmettre ses gênes à une descendance tout aussi réussie, l’un étant lié à l’autre. Ce comportement fugitif et instinctif de l’homme, de par sa nature qui lui est imposée physiologiquement est fabuleusement décrit par Marc-Aurèle dans sa 21e pensée du livre IV destinée à lui-même au sujet de la fuite de la vie qu’il faut remplacer et que je reproduis ci-après.

Marcus Aurelius Antoninus, de la dynastie des Antonins fut empereur romain de 161 à 180 de notre ère. Il fut confronté à l’avènement du christianisme, un genre de mouvement à la Greenpeace supposé bouleverser le monde des impies qui adoraient une multitude de divinités tout comme Greenpeace dénonce le dieu de l’énergie et du développement, le dieu des OGMs et les mauvais dieux du CO2 et de l’uranium. En tant que philosophe stoïcien et de surcroit empereur Marc-Aurèle se distingua par ses écrits, ses Mémoires malheureusement perdues, mais aussi ses Réflexions qu’il notait à la manière d’un Montaigne ou encore d’un Pascal, un peu ce qui lui passait dans la tête et qu’il considérait comme susceptible d’être transmis aux générations futures. Voici donc ce texte de Marc-Aurèle qui décrit l’implacable destinée de l’homme.

« Si les âmes survivent, comment depuis l’éternité l’atmosphère peut-elle les contenir ? Et comment la terre peut-elle contenir les corps qu’on y ensevelit depuis si longtemps ? De même qu’ici-bas la transformation et la décomposition des corps, après un certain temps, fait de la place aux autres, de même les âmes lâchées dans l’atmosphère, au bout d’un moment, se transforment, se répandent et s’embrasent dans l’universelle raison génératrice et ainsi reprises, font de la place aux suivantes. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et pour les corps, il ne faut pas seulement compter ceux que l’on enterre mais aussi les animaux que nous et les autres espèces mangeons chaque jour. En effet, bon nombre d’êtres vivants sont consommés et pour ainsi dire ensevelis dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ; et cependant, en transformation en sang, en air ou en feu, ils sont assimilés. Quelle est la voie de la vérité sur ce point ? C’est la distinction entre la matière et la cause formelle. »

Brillante réflexion sur la destinée de l’homme qui se trouve être recyclé et ce destin implacable explique avec clarté quel est notre devoir : perpétuer notre espèce quoiqu’il nous en coûte, copuler et recopuler. Voilà la signification de notre comportement basique relatif à notre nature tout aussi basique qu’est notre activité sexuelle, n’en déplaise aux pudibonds, aux moralistes et d’une manière générale aux faux-culs (sans jeu de mots) qui n’ont cure de l’importance du sexe dans la vie de tous les jours, un comportement essentiellement instinctif, et il est encore ici bien venu de le rappeler, qui, parce que nous possédons un cerveau capable de raisonnements déductifs, conduit à ce que l’on appelle l’amour, d’une certaine manière pour transcender ce comportement sur lequel nous n’avons que peu de maîtrise.

Après cette discussion arrosée de saké je fus traité d’obsédé sexuel, la suprême injure alors que j’ai toujours cherché en priorité la satisfaction de mes partenaires féminines au risque, souvent, d’être moi-même frustré à l’issue de ces ébats simulacres de reproduction qui ne devenaient qu’une lancinante mécanique répétitive quand l’amour était absent. Dans ce cas, je l’admets, je pouvais être taxé d’obsédé du bas-ventre, mais comme le remarque Marc-Aurèle dans ses Pensées, Livre IV, pensée 13, « l’accouplement (est) un frottement de bas-ventres et une excrétion de sperme accompagnée d’un spasme », une définition qui convient à tellement de personnes qu’elle en est démoralisante !

En conclusion de ce récit un peu décousu, nous sommes, nous humains, confrontés à nos instincts de perpétuation de nos gènes et le sexe n’est qu’une manifestation de ces instincts qu’heureusement nous transformons en sentiments durables appelés amour entre une femme et un homme mais encore une fois l’amour sans sexe n’est qu’une chimère et le sexe sans amour un comportement sans issue.

Je conseille à mes fidèles lecteurs de se plonger dans la relecture des Pensées de Marc-Aurèle dont certaines furent pour moi la source de tourments avec mon gros Gaffiot lors de ces versions latines redoutées qui formèrent mon esprit à la logique quand j’étais jeune adolescent …

Amour et sexualité

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« Quatre-vingt-quinze fois sur cent,

La femme s’emmerde en baisant.

Qu’elle le taise ou le confesse

C’est pas tous les jours qu’on lui déride les fesses. »

L’analyse de Georges Brassens était-elle exacte ? Selon une étude réalisée à la Penn State University et présentée cette semaine au congrès annuel de l’American Sociological Association, les femmes amoureuses sembleraient prendre plus de plaisir sexuel et sont plus souvent satisfaites sexuellement que celles qui ne sont pas amoureuses. Ça voudrait dire que selon Brassens seulement 5 % des femmes sont amoureuses de leur partenaire, époux ou amant sur la durée… difficile à imaginer.

Dans cette étude « très sérieuse » réalisée par une sociologue de la Penn State auprès de 95 femmes mariées ou vivant une liaison durable, 50 d’entre elles ont pourtant déclaré que l’amour n’était pas nécessaire pour vivre une relation sexuelle réussie et 18 autres déclaraient que sexe et amour romantique sont totalement dissociés dans leur vie. L’âge des femmes interviewées s’étalait de 20 à 68 ans et les plus âgées avaient plutôt tendance à considérer que l’amour est nécessaire pour une bonne relation sexuelle et que de plus le sentiment amoureux ressenti accroissait le désir et la satisfaction sexuelle tout en les libérant physiquement. Ces mêmes personnes déclaraient que l’amour facilitait les relations sexuelles et était en quelque sorte la base de la stabilité de leur liaison ou de leur mariage.

Le Docteur Beth Montemurro, sociologue spécialiste de la sexualité féminine, l’affirme en ces termes : « les femmes disent qu’elles relient l’amour et le sexe et que l’amour amplifie l’expérience physique du sexe. C’est un fait de société que de considérer que le sexe est une expression de l’amour ». En dépit des dizaines d’années de mouvement féministes libérateurs, les media continuent à faire passer un message culturel fort pour que les femmes lient toujours amour et sexe au sein d’une relation stable tout en dénigrant celles qui ont des relations sexuelles occasionnelles en dehors de toute liaison durable. Montemurro ajoute sans ambages « les femmes interviewées déclarent qu’il faut de l’amour pour le sexe et qu’il faut aussi du sexe au sein du mariage ». Et pourtant de nombreuses femmes mariées ou ayant une liaison hétérosexuelle durable déclarent aussi qu’après tout la raréfaction des relations sexuelles au sein du couple n’est pas vraiment un inconvénient insurmontable tant qu’il reste un sentiment amoureux susceptible de ranimer le désir de temps en temps. Inutile d’insister sur l’ambiguité des réponses puisque 68 femmes hétérosexuelles vivant une liaison ou une union durable sur les 95 interrogées fournissaient une explication en contradiction avec la conclusion même de l’étude. On peut dire les choses autrement en admettant que les femmes ont tendance à confondre les sentiments et le désir.

Brassens n’avait en réalité par complètement raison (ni complètement tort) car cette confusion entre sentiments et désir physique qu’a tendance à admettre la femme tout aussi confusément peut également provenir du fait que pleinement satisfaite par l’homme avec lequel elle vit, elle sera d’autant plus amoureuse de ce dernier puisqu’il qu’il la satisfait, une sorte d’entretien du sentiment amoureux par le sexe. La boutade de Brassens prendrait alors tout son sens si on la réécrivait ainsi : « Quatre-vingt-quinze fois sur cent l’homme est un mauvais baiseur » !

Adapté d’une News de Penn State University

Un « coup de foudre », ça s’explique comment ?

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Les réactions émotionnelles et les désirs qui apparaissent au début d’une rencontre romantique entre deux personnes de sexe opposé qui ne se connaissaient pas quelques minutes auparavant déterminent la nature de la relation potentielle qui peut subvenir par la suite.

La manière dont on réagit lors d’une première rencontre peut être l’objet d’une de ces «étincelles» nécessaires pour alimenter le désir sexuel et obtenir le privilège d’un deuxième rendez-vous. Cependant, les évènements ne se passent tout à fait à l’identique chez les femmes et chez les hommes. Et c’est cette différence qui a été précisée en détails par des spécialistes du comportement dans une étude réalisée conjointement à l’Université de Rochester, NY et à l’Université de Urbana-Champaign dans l’Illinois. La plupart des adultes, femmes ou hommes, recherchent comme partenaire celle (celui) qui est le plus sensible à leur aspirations et un tel partenaire peut éventuellement donner naissance au désir sexuel. Ce désir développe alors l’intimité entre deux personnes et constitue l’un des moyens de maîtriser ce que le poète appellerait « la fuite du temps ». Toutes les rencontres fortuites entre deux êtres de sexe opposé (l’étude n’a comporté que des situations hétérosexuelles) n’aboutissent pas systématiquement au « coup de foudre » car la réactivité des femmes est différente de celle des hommes dans la perception de l’autre.

Dans une première étude, les chercheurs ont examiné si cette réactivité est perçue comme étant féminine ou masculine et si les femmes ou les hommes détectaient la personne du sexe opposé comme étant sexuellement désirable. Les hommes qui avaient l’impression que leur partenaire était plus ouverte à leurs avances avaient tendance à les considérer comme plus féminines et plus attractives, voire plus belles, une association qui à l’inverse n’était que très peu retrouvée chez les femmes. Ces dernières, au contraire se sentaient plutôt marginalement voire même négativement impliquées dans ce même processus comportemental. Il semble donc que, chez l’homme, la perception de la réceptivité de la femme au développement d’une relation sexuelle soit associée à l’attrait physique en premier lieu alors que la femme se soucie plutôt du besoin de l’homme d’être protégé et en quelque sorte materné ou du moins traité avec douceur et tendresse.

Dans la deuxième partie de l’étude on demandait aux participants d’interagir avec des personnes du sexe opposé réceptives ou non et de regarder une photographie. La même photo était soumise à chaque participant, le même homme à chaque participante et vice-versa, et on leur demandait de discuter (virtuellement) en ligne avec cette personne d’un sujet concernant leur vie privée. La réactivité de l’interlocuteur virtuel était manipulée par les expérimentateurs avec des réponses comme par exemple : « Vous devez avoir eu des temps difficiles » comme réponse réactive positive ou au contraire « Ça n’a pas l’air si mal » comme réaction neutre ou négative. On demandait alors aux hommes d’évaluer la « qualité » de la réponse et s’ils considéraient que la femme était à l’écoute plutôt qu’indifférente, ils la considéraient comme sexuellement attractive et plus féminine que dans le cas d’une réactivité négative. Dans ce même test, les femmes se sont montré beaucoup plus circonspectes dans leur perception de l’attractivité que leur évoquait la réponse (virtuelle, avec un interlocuteur masculin virtuel) de l’homme, ce qui est révélateur de tendances conflictuelles chez les femmes, partagées entre le désir sexuel et l’amour romantique. Mais l’attractivité sexuelle chez la femme reflète plus généralement le projet d’une relation sur le long terme.

La dernière étude de ce volet d’investigation des motivations apparaissant lors d’un « premier rendez-vous » et décrite dans le journal Personality and Social Psychology Bulletin ( DOI: 10.1177/0146167214543879 ) concerne l’éventualité que la réactivité initiée par une rencontre fortuite peut activer des mécanismes de motivation chez les hommes les conduisant à envisager d’emblée une relation sexuelle sur le court terme ou à défaut sur le long terme. Mais dans tous les cas, il ressort que quand l’homme ressent la moindre motivation chez la femme en présence de laquelle il se trouve, il la trouve plus attractive et plus désirable et pour lui cela signifie immédiatement une éventuelle relation sexuelle qui n’exclut pas a priori une relation sur le long terme. Le Docteur Gurit Birnbaum, leader de l’étude, insiste sur le fait qu’un(e) partenaire réceptif(ve), en d’autres termes qui répond à des avances explicites, sera considéré(e) comme sexuellement désirable ou non dépendra du contexte et donc de l’interprétation que l’on fait de cette réaction et de la signification intrinsèque de celle-ci.

En définitive les résultats de cette étude indiquent que lors d’une rencontre fortuite (ou arrangée) la signification de la réaction de l’un ou l’autre des acteurs est liée en premier lieu à l’attirance sexuelle. Les femmes ne considèrent pas un homme peu attiré par elles comme moins viril mais néanmoins ne considèrent pas non plus un homme attiré par elles comme plus attractif.

L’étude contribue à expliquer pourquoi les hommes trouvent les femmes sensibles à leurs avances sexuellement attirantes, mais ne révèle pas pour autant le mécanisme qui sous-tend le désir des femmes pour une nouvelle relation. Selon le Professeur Birnbaum : « nous ne savons toujours pas pourquoi les femmes sont moins attirées sexuellement par les hommes inconnus et qui sont pourtant attirés par elles. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’elles doivent être attractives. Les femmes peuvent très bien considérer un homme attiré par elles comme peu ou pas du tout désirable pour d’autres raisons ». Les femmes, d’une manière générale, toujours selon le Professeur Birnbaum, considèrent le plus souvent un inconnu comme séducteur, certes, mais manipulateur, c’est-à-dire tentant d’obtenir des faveurs à caractère sexuel, ou éventuellement, dans le pire des cas, tentant de plaire même désespérément et donc par voie de conséquence étant moins attractif sur le plan sexuel. Enfin, une femme peut tout aussi bien considérer un homme attiré par elle comme vulnérable et donc moins dominateur.

Tout ceci pour dire que peut-être que les hommes feraient mieux de réfréner leurs ardeurs lors d’un première rencontre avec une femme si leur seul but est de s’envoyer en l’air !!!

Source : Society for Personality and Social Psychology

Lien : http://www.spsp.org/news/

L’amour ? C’est dans le regard

 

« L’amour est dans le regard », c’est le titre (« Love Is in the Gaze ») d’un article très sérieux paru dans le dernier numéro du périodique scientifique Psychological Science. Lire dans les yeux des autres est en quelque sorte une compétence précieuse pour explorer une interaction interpersonnelle. Quand on a rendez-vous avec quelqu’un qu’on connaît à peine ou pas du tout, une situation qui m’est arrivé il y a de nombreuses années quand je m’étais inscrit dans une agence matrimoniale pour tenter de retrouver une compagne que je n’ai d’ailleurs jamais trouvé, comment évalue-t-on par un simple regard les intentions de cette personne en termes de relation durable ou de courte durée ? Les belles envolées verbales romantiques pour séduire l’autre sont un classique d’une banalité affligeante quand une femme et un homme se rencontrent pour la première fois car il est tellement facile de dissimuler ses intentions ou de prendre le contrôle de l’autre dans la conversation que le jeu est faussé d’avance. Nous disposons de plusieurs sens nous permettant de communiquer avec l’environnement humain comme dans le cas d’un rendez-vous (galant ou non) et c’est surtout le regard qui importe, le toucher et l’odorat interviendront plus tard.

Quelques études ont montré une différence entre l’amour et le désir sexuel et cette distinction est en tout premier lieu effectuée par le regard, parfois un « cliché » n’ayant souvent duré qu’une fraction de seconde, enregistré dans le cerveau qui va effectuer le classement entre ces deux catégories d’approches entre deux individus, classement consistant à différencier l’ « amour romantique » du simple et parfois banal « désir sexuel ».

Il faut préciser que l’étude réalisée à l’Université de Chicago sous la direction du Docteur Stephanie Cacioppo comprenait 20 volontaires, 13 femmes et 7 hommes, tous hétérosexuels, d’une moyenne d’age de 22 ans, 18 droitiers et 2 gauchers pour plus de précisions, qui se sont pliés à l’observation de photographies sur un écran d’ordinateur dans des conditions expérimentales telles qu’un système électronique permettait de calculer et enregistrer la direction précise de leur regard spontanément orienté vers ces photographies. L’étude a abouti à quelques précisions intéressantes. Toutes les analyses statistiques du mouvement des yeux ultérieures aux tests ont permis de confirmer quel était le regard porté sur ces illustrations codifiées selon un protocole bien précis utilisé dans les études psychologiques (voir le lien en fin de billet) classé en trois catégories, le premier coup d’oeil, durant parfois moins d’une seconde, sa durée, donc, et la durée totale de tous les parcours et fixations du regard sur les images présentées aux sujets participant à l’étude de personnes inconnues de ces derniers et issues d’une banque de données de photoss variées. Dans la première partie de l’étude les stimuli consistaient en 120 images de couples hétérosexuels présentés dans diverses attitudes à l’exclusion de toute image explicite de nu ou à caractère érotique. On demandait aux participants de déterminer aussi vite que possible, tout en regardant les images, s’ils classaient ces dernières dans la catégorie érotique ou sexuelle ou au contraire dans la catégorie de l’amour romantique. Dans la deuxième partie de l’étude les stimuli visuels étaient constitués de 80 prises de vues de visages ou de silhouettes d’hommes ou de femmes photographiés individuellement. Les femmes devaient regarder des photos d’hommes et vice versa.

Au cours de l’étude 1 les sujets passaient plus de temps à regarder le visage plutôt que le reste du corps quand on leur demandait s’ils ressentaient un désir sexuel plutôt qu’un amour romantique en regardant ces photos de couples et les zones scrutées étaient très précises, essentiellement le visage et en particulier les bouches comme dans le cas d’un couple échangeant un baiser :

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Si l’image était classée comme entrant dans la catégorie de l’amour romantique le regard se portait presque exclusivement vers les visages, alors qu’avec la même photographie classée dans la rubrique désir sexuel par un des participants à l’étude le regard se répartissait entre visage et reste du corps. De plus la durée de fixation du regard sur un point donné des photographies était près de trois fois plus longue pour les clichés classés « amour romantique » que pour ceux classés « désir sexuel » comme si l’évocation d’un amour romantique requérait l’accumulation d’une plus large information et d’une interprétation plus complexe, donc plus lente, par le cerveau.

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Dans la partie 2 de l’étude, aucune différence ne put être décelée de manière significative entre les « genres », c’est-à-dire les sexes, parlons concrètement, et la plupart des sujets, hommes ou femmes, dispersaient leur regard autant sur le visage que sur le reste du corps sans pouvoir décider de manière significative s’ils penchaient pour un amour romantique ou un simple désir sexuel.

Il ressort de cette étude que contrairement à ce qu’affirmait la chanteuse de soul Betty Everett : « si vous voulez savoir s’il vous aime, c’est avec ses baisers » ( http://www.youtube.com/watch?v=B4KN6TFhy2I ) c’est plutôt le premier regard qui est déterminant dans l’évaluation d’une relation amoureuse éventuellement durable ou au contraire d’une relation sexuelle spontanée et fugitive. La science de l’amour ou du désir naissant au premier regard était inconnue jusqu’à cette étude qui a le mérite de préciser le mécanisme visuel transmettant au cerveau les informations qui sont d’ailleurs traitées très rapidement dans des régions distinctes du cortex, que ce soient les perceptions érotiques et sexuelles ou celles relatives à l’amour romantique. Ce résultat a été précisé par ailleurs par les mêmes auteurs de la présente étude par imagerie fonctionnelle. La classification visuelle « amour romantique » se concentre donc sur les visages et les lèvres alors que le même processus de classification dans le registre « désir sexuel » se disperse en partie sur le reste du corps. Il faut rappeler qu’il s’agit de réactions visuelles rapides durant souvent moins d’une seconde. On peut constater avec ces résultats, résumés par les deux illustrations tirées de l’article, que le désir sexuel est évoqué très rapidement puisqu’il entre dans une boucle de stimuli hormonaux eux-mêmes très rapides. A contrario formuler que le cliché d’un couple évoque un amour romantique est plus complexe et plus abstrait car le processus de récompense au niveau du cerveau est alors plus aléatoire à atteindre. Les études relatives aux mécanismes de mise en place de l’amour, le coup de foudre par exemple, sont très limitées. Ce que l’on a pu prouver par le type d’étude relatée dans cet article est que l’échange de regards entre un homme et une femme, même très rapide, est suffisant comme élément déclenchant un coup de foudre et le début d’un amour romantique. Le regard que l’on porte sur l’autre est indubitablement analytique et effectue un classement en deux catégories de personnes dont les frontières ne sont pas clairement définies, car qui dit amour sous-entend sexe et la réciproque ne peut être exclue.

Notre perception de l’autre semble donc en grande partie inconsciente et nous classons tout aussi inconsciemment dans les catégories amour éventuellement durable ou relation sexuelle fugitive et éphémère (un « quicky » comme disent les Australiens) les personnes que nous rencontrons fortuitement. L’amour est le résultat d’une chimie très sophistiquée que nous ne pouvons pas contrôler et le désir sexuel entre dans une catégorie du comportement sur laquelle nous avons encore moins d’emprise consciente. En définitive nous sommes soumis à des processus complexe qui nous échappent totalement et qui sont initiés par la vision.

Sources : University of Chicago et DOI: 10.1177/0956797614539706

Article aimablement transmis par le Docteur Stephanie Cacioppo.

Lien : http://dx.doi.org/10.7910/ DVN/26134, Harvard Dataverse Network

 

Amour et sexe, ça se passe d’abord dans le cerveau !

Le cerveau est un organe tellement complexe qu’il faut parfois ce que l’on appelle une « étude de cas » en médecine pour affiner ce dont on connait de son fonctionnement. On ne peut tout de même pas provoquer des lésions intentionnellement pour en étudier les effets sur le comportement, c’est contraire aux règles fondamentales de l’éthique, et quand un « cas » peut apporter quelques informations précieuses il fait alors l’objet d’études particulièrement détaillées. C’est ce qui est arrivé à un Argentin d’une cinquantaine d’année à la suite d’un AVC qui malgré lui a permis à la neurobiologie de progresser un petit peu.

Le cerveau est donc très complexe dans ses fonctions mais aussi dans son architecture avec les repliements de la couche externe dite matière grise vers l’intérieur comme s’il n’y avait pas assez de place dans la boite crânienne pour qu’elle se déploie confortablement. Ces repliements, comme l’indique l’illustration (Wikipedia), forment comme un autre petit cortex à l’intérieur du premier qu’on appelle l’insula.

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Cette zone profonde du cerveau est aussi en liaison intime avec d’autres parties internes comme le thalamus impliquées dans une multitude de fonctions importantes pour l’équilibre général de l’organisme. Car tout se décide dans le cerveau et parfois ce qui est hors de portée de notre volonté consciente. Puisque c’était la Saint-Valentin il y a deux jours, la fête des amoureux, c’est presque une coïncidence que le « cas » que je mentionnais plus haut ait permis d’apporter quelques précisions sur l’amour et le désir sexuel, deux comportements régis par l’insula. Cet Argentin, à la suite donc d’un AVC, a eu la partie de son insula antérieure partiellement lésée. On subodorait, si l’on peut parler ainsi en termes scientifiques, que l’insula était impliquée dans le comportement amoureux et le désir sexuel mais on n’avait aucune idée de l’exacte répartition de ces deux fonctions dans cette zone particulière du cerveau.

L’étude par imagerie fonctionnelle (IRMf) avait montré que l’ensemble du cortex, y compris l’insula, était impliqué dans ces comportements et surtout qu’amour et sexe ne sont pas directement liés, au moins dans le cerveau puisqu’ils impliquent des régions différentes du cortex comme l’illustre la figure suivante.

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Dans cette figure, les zones activées par le désir sexuel figurent en bleu, les zones activées par l’amour, une construction consciente plus durable que le désir sexuel, sont décrites en bleu. Les zones du cortex en rouge sont celles du patient décrit dans l’étude réalisée à l’Université de Chicago en collaboration avec l’Université Favarolo de Buenos Aires sous la direction du docteur Stephanie Cacioppo. Pour cette neurobiologiste, l’insula joue un rôle instrumental dans l’amour mais l’amour dans le sens d’une implication sur le long terme alors que le désir sexuel n’est qu’un investissement sur le court terme et la recherche du plaisir qui lui est associé. Le patient étudié, présentant donc une lésion de l’insula antérieure, fut soumis à des tests visuels lors de l’exploration par IRM consistant à lui présenter pendant des temps très courts, on peut presque dire des images subliminales, de femmes bien habillées et d’apparence sérieuse et alternativement des femmes plutôt déshabillées et d’apparence au contraire un peu provocatrice. Le cerveau de ce patient réagissait normalement aux stimuli visuels à tendance sexuelle alors qu’il ne réagissait plus que très lentement aux autres stimuli, disons, plus incitatifs à une relation amoureuse durable. Selon Cacioppo dont j’insère ci-dessous la photo et à laquelle on est libre de réagir, cette distinction effective dans le cerveau entre sexe et amour peut être interprétée comme signifiant que le désir (sexuel) est une représentation relativement concrète d’expériences sensorielles (vécues ou imaginées) alors que l’amour est une représentation plus abstraite de ces mêmes expériences.

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Il ressort de cette étude que l’insula postérieure est plus directement impliquée dans le désir sexuel alors que l’insula antérieure est impliquée dans l’amour. Il faut souligner tout de même que ces deux régions du cortex cérébral profond sont interconnectée et que ce simple fait suffit pour affirmer que du sexe sans amour c’est à la rigueur possible mais de l’amour sans sexe c’est un peu plus difficile encore que l’amour courtois au Moyen-Age faisait abstraction, en théorie, de tout plaisir charnel.

Les curieux peuvent aller voir ce lien : https://hpenlaboratory.uchicago.edu/sites/caciopponeurolab.uchicago.edu/files/uploads/Cacioppo%20et%20al_Current%20Trends%20in%20Neurology%202013.pdf

 

Source : University of Chicago