Une protéine du necator pour traiter les allergies ? Peut-être pour bientôt

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Il y a deux ans j’avais relaté les travaux réalisés à l’Université James Cook à Cairns (Queensland) avec le ver parasite intestinal necator pour traiter de façon assez inattendue la maladie coeliaque (lien). Depuis lors le mécanisme de cette « protection » a été précisé en identifiant une protéine sécrétée par le ver parasite appelée AIP-2, acronyme d' »Anti inflammatory Protein ». Le gène codant pour cette protéine qui permet au ver parasite d’éteindre la réponse immunitaire de l’hôte afin de survivre sans encombre dans l’intestin a été identifié et a permis de produire la protéine recombinante en grandes quantités.

Des souris modèles de l’asthme ont été utilisées pour tester l’effet de cette protéine après injection parentérale et ça a parfaitement fonctionné ! Quand on sait que près de 30 % de la population mondiale souffre d’allergies variées, asthme, eczéma atopique, maladie coeliaque, etc … il y a tout lieu de penser que cette AIP-2 constitue un espoir certain. Le mécanisme d’action de cette petite protéine est paradoxal dans la mesure où au cours de l’infestation par le necator, le système immunitaire dans son ensemble semble stimulé alors que le parasite n’en souffre nullement et que l’hôte se voit protégé contre les réactions immunitaires associées aux allergies, dont en particulier l’asthme. Brièvement l’AIP-2 augmente l’apparition de lymphocytes T régulateurs, diminue l’infiltration pulmonaire par les cellules éosinophiles tout en ne provoquant pas de réaction adverse de la part des souris modèles, en d’autres termes pas de réaction immunitaire. Les lymphocytes T régulateurs jouent en effet un rôle anti-inflammatoire, ce qui peut donc expliquer l’effet de la protéine AIP-2.

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D’ors et déjà des investigations ont été réalisées sur des cellules humaines en culture et les résultats très prometteurs aboutiront probablement dans un proche avenir à des essais cliniques. Belle illustration de la découverte d’un nouvel outil pour traiter les réactions allergiques variées sans contraindre un patient à se faire intentionnellement parasiter par des necators …

Source et illustration : Science Translational Medicine, doi : 10.1126/scitranslmed.aaf8807 aimablement communiqué par le Docteur Lex Loukas qui est vivement remercié ici.

Note explicative de l’illustration. Coupes de tissu pulmonaire, PBS : témoin, OVA : réaction asthmatique aigüe en présence d’ovalbumine avec engorgement des bronchioles avec du mucus, AIP-2 : essai en présence d’ovalbumine avec traitement préventif d’AIP-2 par voie parentérale. Agrandissement 10 fois.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/10/03/on-a-parfois-besoin-dun-plus-petit-que-soi-par-exemple-de-necator-il-fallait-y-penser/

La beauté du visage féminin a un prix : des allergies

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Je ne lis pas les magazines exclusivement réservés à une clientèle féminine. Ils font tellement de publicité pour les produits de beauté qu’il est certain qu’ils ne dénigreront jamais ces derniers au risque de perdre leurs annonceurs. Et pourtant on peut considérer que cette lacune est non seulement une faute grave mais également un manque de respect pour les lectrices : la plupart des produits de beauté, fonds de teint, couleurs pour les paupières, les pommettes ou les cils, rouges à lèvre, crèmes hydratantes, colorants capillaires et autres produits de beauté tels que les shampoings, les déodorants ou les gels-douche contiennent des allergènes puissants et des substances cancérigènes.

La plupart des parfums utilisés en cosmétiques sont allergènes et ce pouvoir allergène est amplifié par les conservateurs comme la paraphénylène-diamine ou la methylisothiazolinone. Près d’une femme sur cinq souffrira dans sa vie de dermatite de contact au niveau du visage ( PMID : 19268112 ). Certains hommes ne sont pas à l’abri de ce type d’allergie car les crèmes à raser et les lotions après rasage contiennent ces même molécules dangereuses.

Un agent de préservation largement utilisés dans tous ces produits cosmétiques très courants est le quaternium-15 appelé aussi Dowicide Q. Comme son nom l’indique il est fabriqué par la Dow Chemical Company et c’est un bactéricide. Cette propriété bactéricide et également fongicide est due au fait que cette drôle de molécule en forme de cage se dégrade en produisant du formaldéhyde ou formol.

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Or le formol est non seulement allergène ( doi:10.1111/j.1600-0536.2009.01615.x ) mais classé parmi les produits potentiellement cancérigènes et comme son usage est interdit en cosmétique en tant que bactéricide les fabricants ont trouvé la parade en incluant dans leurs formulations le quaternium-15. Ce n’est pas tout ! Beaucoup de produits cosmétiques ou de « beauté » contiennent du propylène glycol, un vulgaire antigel, également allergène. Se procurer des produits de beauté dans des échoppes dites « bio » n’arrange pas la situation. Pour ne prendre qu’un exemple parmi bien d’autres la ligne de produits de beauté dits bio Burt’s Bees ( burtsbees.co.uk ) contient très souvent du propolis contenu dans la cire d’abeille, en particulier les rouges à lèvre. Or certaines personnes développent à la longue une allergie au propolis sans qu’on ne sache exactement s’il en est directement la cause.

On ne peut pas exclure que les produits naturels ne présentent pas de propriétés allergènes, le baume du Pérou en est un exemple caricatural. Ce liquide aromatique huileux est extrait des écorces d’un arbre originaire d’Amérique centrale ( Myroxolon balsamum ) et rappelle l’odeur de la vanille et de la cannelle. Pour cette raison il est très largement utilisé, certes en quantités infimes, dans un grand nombre de produits cosmétiques comme parfum. Or cette huile essentielle est également puissamment allergène.

Madame, la prochaine fois que vous utiliserez du rouge à lèvres, votre bouche pourrait soudainement ressembler à un vilain groin de cochon. Il vous faudra alors plusieurs jours voire semaines pour retrouver votre beauté originale mais après cet incident désagréable évitez d’utiliser l’un ou l’autre de vos produits de beauté favoris contenant l’une ou l’autre des substances énumérées ci-dessus. Assurez-vous également que vos crèmes de beauté ne contiennent pas d’extraits de mangue car la peau de ce fruit contient aussi un allergène particulièrement puissant et dévastateur appelé urushiol …

Inspiré d’un article paru dans The Daily Beast

La papaye, les crèmes de beauté et l’eczéma, étrange rapprochement.

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Quand je résidais au Vanuatu, pays tropical où abondent les papayers, une des recettes locales pour attendrir la viande de bœuf charolais local fraichement abattu à l’abattoir de Mélé, un village proche de Port-Vila, consistait à envelopper un morceau de viande dans une feuille de cet arbuste pendant quelques heures. Je n’ai jamais pu m’expliquer par quel mécanisme cette feuille pouvait attendrir en profondeur un beef-steak aussi efficacement qu’un séjour de près d’une semaine dans une chambre froide. Certes, il existe dans le latex de la peau de la papaye, ce jus blanc qui coule quand on réalise une incision du fruit encore vert, un redoutable enzyme appelé papaïne. Les « belles » des îles des mers du sud se gomment parfois la peau du visage avec ce latex mais elles n’en abusent pas, quelques petites minutes seulement, car les effets de cet enzyme particulièrement actif et dévastateur pour les structures protéiques pourrait endommager leur peau durablement. En effet, pour comprendre les effets indésirables de la papaïne qui est un enzyme finalement loin d’être l’apanage de ce fruit que je n’ai jamais vraiment affectionné il faut préciser quelques détails. L’une des utilisations industrielles autorisées de la papaïne est l’attendrissement de la viande qui se présente sous forme d’une poudre directement préparée à partir du latex que je viens de mentionner. Certaines firmes se sont hasardé à incorporer cet enzyme dans des dentifrices mais sans résultats notoires. Un autre usage topique en médecine est le « nettoyage » des plaies variqueuses des personnes diabétiques mais il n’a jamais été approuvé en raison des risques d’allergie pouvant être mortelle comme une réaction anaphylactique fulgurante pouvant entrainer un arrêt cardiaque.

Cependant et malgré ce risque avéré certains cosméticiens proposent tout de même des crèmes dites rajeunissantes contenant cet enzyme à des femmes avides de paraître toujours jeunes, à leurs risques et périls cela va de soi … La papaïne, outre son effet consistant à détruire les protéines et donc, en application externe sur la peau, à désorganiser l’épiderme et surtout le derme, possède intrinsèquement un puissant pouvoir allergène et on imagine sans être un spécialiste en la matière à quel point son usage peut être dangereux.

Cette particularité de la papaïne à digérer sur place les protéines a été mise à profit plutôt inconsidérément par l’industrie cosmétique dans des crèmes dites de jeunesse, exfoliantes ou régénérantes qui éliminent en réalité les couches superficielles de cellules mortes de l’épiderme grâce à l’action de l’enzyme. Cette action dite protéolytique brise en effet les interactions entre les cellules afin qu’à la limite la peau se retrouve « à vif », une peau de bébé en quelque sorte ! Si la notice d’utilisation du tube de crème vante l’efficacité du produit exfoliant elle omet de mettre en garde l’utilisatrice contre les dangers de la papaïne. Non seulement la barrière de protection que constituent les cellules de l’épiderme est ainsi fragilisée mais l’organisme est de plus exposé au fort pouvoir allergène de l’enzyme, pouvoir qui persiste quand celui-ci est devenu inactif. La fragilisation de la barrière de protection de la peau par l’action de la papaïne – mais aussi l’usage abusif de détergents de confort qui fragilisent également l’épiderme – permet alors un accès aux autres allergènes communément présents dans une maison et le résultat encore plus redoutable est l’apparition de dermatoses très difficiles à traiter qu’on appelle eczémas atopiques.

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Le Docteur Erika Jensen-Jarolim de l’Université de Médecine de Vienne en Autriche a fait un rapprochement inattendu entre l’effet de la papaïne et certains allergènes domestiques dont en particulier les acariens. Ces minuscules cousins des araignées se nourrissent des cellules mortes de notre épiderme qui tombent au sol. Pour les digérer ils sécrètent un enzyme très proche de la papaïne et tout aussi allergène. Cette protéine se retrouve ensuite dans leurs excréments, une des composantes de la poussière de maison dont nous respirons de fines particules entrainant de l’asthme et qui collent à la peau et la conjonctive entrainant eczéma atopique et conjonctivites. Inutile de dire que si on a une peau fragilisée par des abus de savons agressifs, de détergents et par l’usage de crèmes exfoliantes, on s’est soigneusement préparé pour ces inconforts dont on aurait pu se passer très facilement  ! Tout ça parce qu’on a la peau fragilisée par des agressions délibérées et que des acariens du sol, non parasites (voir lien) et non fouisseurs comme celui de la gale contribuent à charger l’air de leurs fientes contenant encore cette protéine hautement allergène, air dans lequel on baigne en permanence et que l’on respire.

Sources : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25705851 , http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24662805 http://www.meduniwien.ac.at/homepage/1/news-and-topstories/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=5548&cHash=8ac3c2795264a4c2154c207f1b1d5a22

Illustration : Dermatophagoides pteronyssinus, acarien commun des poussières de maison.

Revoir aussi : https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/08/31/et-si-on-parlait-des-demodex-une-nouvelle-marque-de-pret-a-porter-non-un-parasite-commun-pourtant-inconnu/

A la ferme à vaches, les enfants sont moins allergiques

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J’ai laissé récemment deux billets consécutifs sur l’allergie dans ce blog et comme on dit jamais deux sans trois (voir les liens), en voici un autre. L’allergie compte parmi l’une des préoccupations majeures de notre société de plus en plus urbanisée, sanitarisée, détergentisée, savonnée, shampooinée, désodorisée, pommadée, antibiotiquée, parfumée, colorée ou décolorée, bref, on agresse notre corps par tous les moyens modernes de la civilisation de consommation (ça va plaire aux écolos pour une fois que je suis de leur coté) qui avilit l’organisme et altère ses réponses immunitaires spontanées. Une équipe de médecins de l’Université de Gothenburg en Suède a mis le doigt sur un fait nouveau dans le domaine des allergies de l’enfant en comparant un échantillon d’enfants vivants en milieu rural, dans des fermes laitières du Västra Götaland ou un échantillon équivalent d’enfants vivant dans des fermes ne produisant pas de lait ni de produits laitiers.

A leur grande surprise, dès la naissance, les enfants vivant dans des fermes laitières avaient un taux de lymphocytes B satisfaisant alors que ceux qui vivaient dans une ferme sans bétail présentaient un déficit en ces mêmes lymphocytes dont beaucoup étaient encore immatures dès la naissance. Cette observation montre d’abord que certains signaux provenant de la mère via le sang placentaire parviennent jusqu’au fœtus et accélèrent la maturation des lymphocytes de l’enfant in utero. De plus ce déficit se prolongeait jusqu’à l’âge d’un an. Les examens de routine réalisés par les pédiatres jusqu’à l’âge de trois ans montrèrent une incidence d’allergies chez les enfants vivant dans des fermes laitières dix fois moins élevée que ceux dont la mère n’avait jamais été en contact avec le cheptel bovin ni les enfants après leur naissance puis leurs trois premières années. Or comme il semble que tout se passe avant la fin de la première année selon les études réalisées avec la prise d’antibiotiques (voir le lien ci-dessous) et que cette étude montre que l’effet résulte d’une maturation tardive des lymphocytes B au cours de la vie foetale, il reste à déterminer quels facteurs agissant sur la mère peuvent avoir un tel effet bénéfique sur le fœtus puis l’enfant. Ce genre d’investigation risque tout de même d’être périlleux car à n’en pas douter cette observation est sans doute le résultat d’une combinaison de facteurs.

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Source : University of Gothenburg, The Sahlgrenska Academy,

http://www.jimmunol.org/content/early/2014/06/13/jimmun ol.1302990

Article aimablement communiqué par le Docteur Anna-Carin Lundell

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/06/10/pour-lasthme-des-enfants-il-ny-a-pas-que-les-antibiotiques/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/20/antibiotiques-et-asthme-chez-lenfant-encore-un-scandale/

Antibiotiques et asthme chez l’enfant : encore un scandale !

Rhinovirus

Les enfants a qui on a prescrit des antibiotiques avant leur premier anniversaire sont plus exposés à des atopies, c’est un terme médical barbare qui recouvre la respiration dite « sifflante », l’asthme et certaines formes d’eczéma et c’est un réel problème qui perturbe non seulement l’enfant qui doit parfois se soumettre à vie à des anti-histaminiques mais également les parents qui doivent prendre soin de leur progéniture quotidiennement. Les médecins n’en ont cure, ils ont quasiment créé un marché captif bien juteux ! Mais la corrélation directe entre antibiotiques et atopies n’avait jamais été formellement prouvée jusqu’à une étude récente réalisée à l’université de Manchester qui a analysé les données recueillies par le Centre d’allergie et d’asthme associé à l’Université concernant plus de 1000 enfants suivis depuis la naissance jusqu’à l’âge de 11 ans avec leurs dossiers médicaux complets concernant les doses d’antibiotiques administrés, les diagnostics réalisés par des praticiens de respiration sifflante, d’asthme et d’allergies. On suspectait que l’administration parfois superflue d’antibiotiques aux enfants, en particulier avant l’âge d’un an pouvait favoriser l’apparition d’asthme mais aucune étude n’avait été décisive dans ses conclusions.

Pour ces 1000 enfants, étaient également inclus les résultats de recherche d’allergènes par tests sous-cutanés à 3, 5, 8 et 11 ans car l’asthme est souvent lié à des réactions allergiques à toutes sortes d’agents externes dont l’identification précise est parfois impossible. Pour aider les médecins dans cette analyse, tous les enfants ayant reçu au moins une prescription d’antibiotiques avaient été soumis à une analyse sanguine à l’age de 11 ans pour déterminer leur réponse immunitaire aux principaux agents pathogènes de l’enfance, à savoir rhinovirus (rhume), virus syncitial respiratoire (RSV, bronchite et bronchiolite), Hemophilus influenza et Streptococcus pneumoniae pour les bactéries affectant le rhino-pharynx et les poumons. Les échantillons sanguins ont aussi permis d’analyser les SNPs d’une région du chromosome 17 appelée 17q21 qui commande l’expression d’une série impressionnante de gènes impliqués dans toutes sortes de fonctions, depuis l’architecture de la glie dans le cerveau, les marqueurs du cancer du sein ou encore l’asthme chez l’enfant, autant dire qu’il s’agissait de rechercher une aiguille dans une grosse botte de foin malgré la richesse des données médicales. Heureusement que l’équipe de chercheurs disposait aussi d’un nombre suffisant d’enfants n’ayant jamais été traités avec des antibiotiques pour disposer de témoins au cours de cette étude.

Il est tout de suite apparu que les enfants traités avec des antibiotiques avant leur premier anniversaire étaient plus de deux fois plus sujets à une respiration sifflante ou de l’asthme caractérisé dûment diagnostiqués par les pédiatres. Plus troublant et totalement inattendu, ces mêmes enfants présentaient des taux de cytokines inférieurs à ceux des « témoins », les cytokines étant des marqueurs de défense immunitaire contre les affections virales. Preuve s’il en est que l’administration d’antibiotiques pour une affection virale est non seulement inefficace mais réduit inutilement la réponse immunitaire de l’organisme ! Pire encore, les enfant soumis à un traitement antibiotique présentaient une réponse immunitaire contre les bactéries citées plus haut sensiblement équivalente à celle des enfants « témoins » de l’étude, ce qui prouve que les antibiotiques sont d’une utilité très relative, l’organisme réagissant aux bactéries de manière équivalente, antibiotiques ou pas. Comme l’avait laissé sous-entendre une étude parue en 2007, l’administration d’antibiotiques est associée à la modification de l’expression du gène ORMDL3 qui code pour une protéine appelée filaggrine également régulée par la région 17q21 du chromosome 17 dont le rôle n’est pas totalement clarifié mais qui intervient dans le développement notamment de l’eczéma et cette modification de son expression est également systématiquement retrouvée chez les enfants asthmatiques auxquels ont été prescrits des antibiotiques avant leur premier anniversaire. Les antibiotiques semblent donc induire une plus grande sensibilité aux attaques virales, l’enfant se défend moins bien, sans pour autant modifier la réponse immunitaire aux bactéries.

Si tel était le cas, car il faudra affiner les recherches afin de vraiment prouver cette relation de cause à effet apparemment difficile à comprendre, mais les faits sont pourtant là, entre l’expression de certains gènes sous le contrôle de la région 17q21 et l’apparition d’allergies et d’asthme chez le jeune enfant, les médecins qui ordonnent des antibiotiques pour un simple rhume sont donc doublement coupables ! Non seulement ils semblent ignorer qu’un antibiotique n’a aucun effet sur un virus mais ils condamnent parfois à vie des enfants à des affections allergiques handicapantes tout en réduisant dramatiquement la réponse immunitaire aux virus communs du simple rhume ou de la bronchiolite et peut-être ultérieurement à bien d’autres virus, un comble pour ne pas dire un très gros scandale !

Source : The Lancet News Room et :

http://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(14)70096-7/abstract , illustration Wikipedia (rhinovirus)

L’homéopathie revisitée

 

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Il faut d’abord définir ce qu’est l’homéopathie car beaucoup d’utilisateurs des médicaments homéopathiques ne savent pas trop ce dont ils parlent. L’homéopathie est apparue il y a environ 200 ans et constitue aujourd’hui la première médecine alternative. Le traitement est basé sur le principe de « similitude » qui consiste à traiter un patient avec des substances faisant apparaître les mêmes symptômes que ceux de la maladie dont il souffre. Dans la pratique, des substances variées allant d’un métal commun comme le fer jusqu’à des extraits de plantes voire d’insectes sont diluées presque jusqu’à l’infini pour potentialiser l’eau. Cette eau est ensuite mélangée avec du glucose, le tout est séché et transformé en petites sphères éventuellement colorées. D’autres préparations homéopathiques se présentent sous forme liquide et il s’agit dans ce cas d’extraits hydroalcooliques également fortement dilués. La littérature scientifique et médicale relative à l’homéopathie est abondante, on s’en doute, puisque les laboratoires pharmaceutiques qui vendent en définitive de l’eau avec un peu d’alcool et surtout du glucose doivent entretenir le bien-fondé de leur business à l’aide d’études variées donnant lieu à des publications supposées être d’une valeur scientifique inattaquable.

Une étude australienne récente (fin 2013, voir le lien) s’est penchée sur la question de la validité de l’homéopathie en ratissant très largement le domaine. Juste pour situer l’immense travail qui a été réalisé la base de données Medline (EMBASE.com) a permis de faire sortir 436 citations valides sur 172931 comprenant le mot homeopathy, la base PubMed 711 citations, la base PubMed Health 169 et la base Cochrane 50 soit un total de 1367 articles relatifs à l’homéopathie et susceptibles d’analyses ultérieures, le reste étant sans valeur. L’étude a été naturellement réalisée selon des critères de tri suivant des protocoles d’analyse parfaitement définis internationalement afin de ne pas introduire d’erreurs d’appréciation préjudiciables à l’analyse globale finale. Sur ces 1367 publications seulement 60 se sont révélées présenter une qualité scientifique suffisante pour être prises en compte en détail.

On peut immédiatement se rendre compte que la littérature scientifique relative à l’homéopathie semble relever du « n’importe quoi » sans aucune valeur stricto sensu. Chacun pourra penser ce qu’il veut mais on se trouve dans un domaine relativement opaque supposé être scientifique par ailleurs. Que ressort-il de cette longue et soigneuse étude ? Pas grand chose ! Mais il est vraiment intéressant de parcourir cette étude dont le lien est en fin de billet pour les curieux. Soixante-huit pathologies pour lesquelles sont décrits des traitements homéopathiques ont été analysées en détail et il est tout à fait intéressant d’en citer quelques-unes pour bien situer l’analyse. C’est un peu fastidieux mais riche d’enseignements. Le traitement des enfants susceptibles aux otites (3 revues, 365 cas) aucune évidence d’une quelconque efficacité de l’homéopathie ! Diarrhées chez l’enfant (4 revues, 544 cas), qualité médiocre des études mais aucune différence détectable (Pulsatilla nigrans, soufre, camomille, Calcarea carbonica) par rapport à un placebo. Enfants « faisant pipi au lit » (énurèse nocturne, 20 cas) aucun effet significatif. Amibiase et giardiase (19 études) pas d’effets notoires. Rhumes, rhinites (1259 cas) aucun effet (Oscillococcinum) par rapport à un placebo. Candidiase vaginale récurrente (150 cas) aucun effet ! Spondylite ankylosante (104 cas), injections intramusculaires d’extraits de Formica rufa) aucun effet ! Je rappelle à mes aimables lecteurs que Formica rufa désigne la fourmie commune et que cet insecte est utilisé en homéopathie selon le principe de base de la cure du mal par le mal. Polyarthrite chronique (traitement avec Rhumaselect) : idem, aucun effet ! …

Vous en voulez une autre louche ? Continuons.

Fibromyalgies en d’autres termes plus compréhensibles douleurs musculaires, les traitements avec Arnica, Rhus toxicodendron et bryone, la bryone étant suffisamment diluée pour n’avoir aucun effet car c’est une plante hautement toxique (7 études, 163 cas), aucun effet ! Arthrite rhumatoïde, migraines et maux de tête, une soixantaine de « spécialités » disponibles selon les patients, ça coûte plus cher, aucun effet ! Anxiété, le traitement le plus couramment prescrit est le nitrate d’argent (à des doses homéopathiques naturellement) aucun effet ! Règles douloureuses : étude peu significative (205 cas, seulement 103 pris en compte) traitement avec « folliculinum », aucun effet !

Pour le traitement des allergies, on entre dans le délire le plus total et je conseille à mes lecteurs de lire ce rapport, il m’est venu comme une lassitude dans mon énumération car globalement l’homéopathie ne sert strictement à rien, c’est un miroir aux alouettes coûteux, un business qui exploite la crédulité des malades et dont le remboursement par les systèmes de protection sociale tant des consultations chez les médecins soit-disant spécialisées en homéopathie que des médicaments devrait être immédiatement supprimé. Une telle décision ferait prendre conscience à des millions de personnes qu’elles sont cyniquement trompées par un corps médical peu regardant et avide de profits et par des firmes pharmaceutiques qui n’ont de pharmaceutique que le nom. Je me souviens de Christian Boiron des Laboratoires Boiron bien connus en particulier des Français qui me disait en souriant qu’il était le plus gros vendeur de glucose de France …

http://www.nhmrc.gov.au/_files_nhmrc/file/your_health/complementary 

_medicines/nhmrc_homeopathy_overview_report_october_2013_140407.pdf

 

La presse de caniveau (ELLE) s’empare des OGMs (aux USA)

Il y a eu Séralini en France qui a fristouillé ses résultats pseudo-expérimentaux pour faire passer son message idéologique d’anti-OGM comme pour plaire aux députés, sénateurs et autres ministres faucheurs de maïs  également anti-OGM viscéraux, il y a maintenant aux USA un allergologue qui y va à grandes louches démagogiques sans aucun fondement scientifique pour avancer le fait que les OGMs sont allergènes. Sa démarche est exemplaire dans sa malhonnêteté car, diagnostiquant une dermatose à éosinophiles chez une patiente, et ne trouvant aucun allergène (parmi des milliers répertoriés et disponibles en ligne pour le corps médical et le vulgum pecus : AllergenOnline, Université du Nebraska, Lincoln) auquel était sensible sa patiente en a conclu qu’elle était tout simplement allergique au maïs transgénique sans aucune autre forme d’investigation médicale. La patiente en question a relaté son expérience dans ELLE, un magazine américain lu par des millions de femmes partiellement ou totalement décérébrées qui ont immédiatement, il fallait s’y attendre, gobé l’information sans même prendre la peine de la digérer, je veux dire qu’elles ont pris pour argent comptant ce qu’elles lisaient. ELLE existe aussi en français, en espagnol et en d’autres langues pour satisfaire d’autres décérébrées sur tous les continents. Bref, pour déplaire aux détracteurs des OGMs, je préfère parler de plantes transgéniques, le terme est plus approprié et je vais expliquer à mes lecteurs pourquoi je vais ce distinguo lexical. Par OGM, on entend des plantes effectivement transgéniques, c’est-à-dire des plantes dont on a modifié de manière ciblée un de leur gènes, ou plutôt l’expression de ce gène comme par exemple la sur-expression de l’EPSP synthase dans le cas des plantes RoundUp Ready qui deviennent ainsi résistantes à l’herbicide. Le deuxième cas de transgénèse est l’introduction d’un gène étranger comme celui de la toxine Bt (MON810) rendant la plante non pas totalement résistante aux ravageurs mais moins susceptible à ces derniers. La toxine Bt n’a aucun effet sur la santé humaine, allez demander à un agriculteur « bio » qui répand parfois manuellement de la bouillie hors de prix de Bacillus thuringiensis sur ses cultures afin de préserver le label « bio » pour son exploitation si ce traitement l’a rendu malade, il vous répondra que non. Maintenant il y a trois autres méthodologies pour obtenir des plantes génétiquement modifiées. Le croisement manuel ou hybridation afin d’atteindre un caractère bénéfique pour la plante, c’est très long, couteux et aléatoire car les chances d’obtenir une plante réellement améliorée sont infimes. Si on disposait de quelques millénaires on arriverait peut-être à produire des tomates cubiques et bleues comme il a fallu quelques millénaires de sélection manuelle pour obtenir le maïs qu’on connait aujourd’hui à partir du maïs ancestral toujours présent dans des contrées reculées d’Amérique centrale. Une autre technique, peu connue et pourtant utilisée sur des milliers de plantes, céréales, légumes, bananiers, caféiers ou cacaoyers, et j’en passe, consiste à cultiver sur des rangées concentriques ces diverses plantes dont on voudrait bien améliorer un caractère donné dans un immense champ circulaire au centre duquel se trouve une source de radioactivité intense placée sur une tour. En irradiant les plantes à des doses décroissantes selon leur distance à la source radioactive, on espère ainsi induire des mutations bénéfiques. Ce type d’approche est contrôlé et financé en partie par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, organisme plus connu pour se soucier du programme nucléaire iranien. Les résultats sont également aléatoires et il en va de même de la dernière technique consistant à appliquer directement à la plante des agents chimiques mutagènes (également mutagènes pour l’homme) et attendre de voir ce qui se passe. Or si les méthodes classiques de croisements par tâtonnements sont longues et souvent décevantes, les deux dernières approches, irradiation et agents chimiques, sont encore plus aléatoires mais certains risques sanitaires valent la peine qu’on se risque à ces approches. Si par exemple tous les bananiers disparaissaient à cause d’une infection virale ou fongique, il faudrait repartir de bananiers sauvages résistants et par sélection établir une nouvelle variété mais le processus risquerait de durer plusieurs dizaines d’années par les approches classiques. Si, par contre, on identifie les ou les gène(s) impliqués dans la résistance du bananier à la maladie de Panama (pour ne citer que cet exemple) en quelques mois on pourra être capable d’obtenir des plants de bananiers résistants par transgénèse. Et à n’en pas douter, les enjeux économiques sont tels que même les détracteurs viscéraux des OGMs ne pourront qu’accepter les faits. Pour en revenir à cet allergologue américain, il a laissé sa patiente relater dans les pages de ELLE son histoire qui n’est basée sur aucun argument scientifique ou médical prouvé, bien au contraire, des milliers d’articles parus dans les plus grands journaux scientifiques du monde entier relatant des études indépendantes sur les plantes transgéniques n’ont jamais mis en évidence d’allergies directement liées à la transgénèse et aux conséquences pouvant être induites sur le profil protéique de ces plantes. Jamais aucune étude, depuis maintenant 18 années, n’a pu démontrer d’une manière ou d’une autre que les dites plantes présentaient un quelconque danger pour l’homme ou l’animal ou encore les insectes pollinisateurs. Tous les arguments des écologistes sont des contre-vérités infondées et montées de toute pièce comme ce que vient de faire cet allergologue peu scrupuleux. On en arrive à créer de toutes pièces une sorte de dogme, comme je le mentionnais dans un précédent billet, qui doit être accepté comme tel à moins de passer pour politiquement incorrect. C’est exactement ce qui s’est produit avec les vaccins quand on a prétendu sans aucune preuve à l’appui que l’hydroxyde d’aluminium utilisé comme adjuvant initiait la maladie d’Alzheimer. Triste monde plongeant progressivement dans un obscurantisme moyenâgeux pour la plus grand satisfaction des écologistes hébétés intellectuellement et pour certains lecteurs assidus de ELLE.

Source : Slate