Dans le marché des céréales l’éthique n’est pas de mise …

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La France va nourrir ses cochons et ses bêtes à corne avec du blé tendre, du moins en partie seulement … C’est une première qui est passée inaperçue dans les médias main-stream et c’est malheureusement la réalité. La production européenne est excédentaire depuis plusieurs années et les stocks n’ont jamais été aussi élevés, les silos portuaires sont pleins. Il en résulte que le prix du blé est passé de 228 dollars la tonne (métrique) début mars 2015 à 178 dollars fin août à la bourse de Chicago. Le cours du maïs s’est relativement maintenu durant la même période oscillant autour de 175 dollars la tonne métrique en mars dernier pour revenir à 163 dollars fin août. Au port de La Pallice (France) le blé tendre se négocie sur le marché à 162 euros la tonne alors que le maïs se négocie à Bordeaux à 156 euros la tonne. On constate donc une tendance baissière sur le blé tendre qui a conduit les fabricants d’aliments pour bovins et porcins à négocier des ristournes sur le marché à terme du blé leur permettant à coûts égaux d’incorporer jusqu’à 30 % de blé tendre dans les aliments pour bétail en remplacement d’une partie du maïs et du soja dont la cote est de l’ordre de 300 dollars la tonne métrique.

Autant dire que les fabricants d’aliments pour bétail se frottent les mains puisqu’ils vont réaliser de substantielles économies sur les matière premières sans pour autant revoir leurs prix à la baisse arguant du fait que le blé est plus riche en protéines que le maïs. Tout cela est-il bien moral ? Certes, c’est moins immoral que de produire de l’alcool à partir du blé pour l’utiliser comme carburant mais quand on sait que l’Algérie vient de passer une commande pour 650000 tonnes de blé tendre au prix à terme (décembre) de 179,75 euros la tonne, on peut se poser de réelles questions. Le blé tendre pour la population algérienne, départ de La Pallice, est plus cher que ce même blé pour nourrir les cochons et les bœufs français. Si on mentionne enfin que les céréaliers français perçoivent des aides de l’Union Européenne on aura tout compris : il ne faut surtout pas faire de sentiments en affaire et laisser la morale et l’éthique de côté : les profits sont toujours bons à prendre.

Source : Bloomberg et www.terre-net.fr/marché-agricole/