Albert Einstein serait-il un sceptique du réchauffement global s’il était encore de ce monde ? (William Happer)

Capture d’écran 2018-04-01 à 15.15.36.png

Traduction d’un article paru sur le site Tribune News Service ( edberry.com)

Albert Einstein aurait été très certainement un climato-sceptique s’il avait été encore en vie aujourd’hui comme de nombreux scientifiques réputés et respectés le sont aussi. On ne peut que se réjouir qu’Einstein nous ait laissé en héritage toutes sortes de citations lapidaires qui indiquent quelle serait son attitude vis-à-vis du culte des alarmistes du réchauffement du climat.

Prenez la propagande maintes fois répétée que 97 % des scientifiques soutiennent l’alarmisme du réchauffement global. Dans ce contexte totalement erroné de cette affirmation, Einstein nous aurait à point nommé rappelé l’attaque qu’il subit intitulée « Cent Scientifiques contre Einstein » et publiée en 1931 en Allemagne. Sa réponse à cette diatribe fut tout simplement  » Si j’étais dans l’erreur, un seul scientifique aurait été suffisant « .

Son point de vue sur la « pensée de groupe » fut résumée dans un autre commentaire :  » Pour faire partie d’un troupeau de moutons, on doit être avant tout un mouton soi-même « . Prenez les affirmations répétées à toutes les occasions par les alarmistes du climat, la plupart d’entre eux n’ont qu’une connaissance négligeable de la science : « La science climatique s’est arrêtée dans un schéma immuable« . Toute discipline scientifique, et en particulier celle relative à l’extrême complexisté du climat de la Terre, n’est jamais figée. Aucun astronome crédible, par exemple, jamais déclarera que l’on connait tout de l’Univers. Comme Einstein l’avait si bien dit :  » On ne connait toujours pas plus d’un millième d’un centième de ce que la nature nous a révélé « . Albert Einstein lui-même n’a-t-il pas démontré que la loi de la gravitation de Newton, pourtant largement acceptée, présentait des déficiences majeures ?

Par exemple la loi de gravitation de Newton ne pouvait pas expliquer les ondes gravitationnelles, exactement comme elles avaient été prévues par Einstein, et qui furent démontrées pour la première fois par mes amis de Princeton Joe Taylor et Russell A. Hulse et qui furent récompensé par un Prix Nobel en 1993.

Plus important encore, Einstein aurait prêté une attention toute particulière sur le fait de savoir comment la théorie de réchauffement global était conforme aux expériences. Il fit cette déclaration fameuse à son sujet :  » Aucunes expériences, aussi nombreuses soient-elles, ne peuvent prouver que j’ai raison. Une seule peut suffire pour montrer que j’ai tort « .

La Terre a fait l’expérience à laquelle Einstein pensait. Elle s’est réchauffé deux à trois fois plus lentement que ce que prévoyaient tous les modèles. Pour rendre la situation des alarmistes encore plus inconfortable, personne ne sait en réalité quelle est la part d’influence du gaz carbonique sur le petit réchauffement de la Terre. Parce qu’après tout, un réchauffement similaire fut observé il y a une centaine d’années et le CO2 aurait joué un rôle encore plus mince sinon nul. Toute l’histoire des alarmistes s’est révélée fausse par les simples observations expérimentales. Et, très attaché aux observations expérimentales, Einstein aurait été littéralement révulsé par la diabolisation Orwellienne du CO2 comme « polluant carboné ». Les satellites ont montré que le petit accroissement de la teneur atmosphérique en gaz carbonique a provoqué un verdissement mesurable de la Terre en particulier dans les régions arides. Les plantes « respirent » du CO2 et « exhalent » de l’oxygène. Les maraîchers ajoutent tout ce qu’ils peuvent de CO2 dans leurs serres pour améliorer la qualité et la croissance de leurs fleurs, de leurs fruits et de leurs légumes verts. Un être humain adulte exhale chaque jour un kilo de ce CO2 « polluant ».

Durant toute l’histoire géologique, il y a eu majoritairement beaucoup plus de CO2 dans l’atmosphère qu’aujourd’hui. Autant les plantes que les animaux étaient beaucoup plus abondants sur la Terre avec trois à quatre fois plus de CO2 qu’aujourd’hui. Les alarmistes climatiques vont avoir de plus en plus de difficultés avec la science pour justifier leurs affirmations. La Terre refuse de se réchauffer aussi vite que les modèles l’ont prédit. Les épisodes météorologiques extrêmes deviennent de moins en moins fréquents. Le niveau des océans augmente à peu près à la même vitesse qu’au début du XIXe siècle. Les rendements agricoles ne cessent d’augmenter. Au lieu de présenter des arguments scientifiques solides et honnêtes les alarmistes attaquent les sceptiques en les qualifiant de négationnistes, un substantif délibérément choisi pour vilipender une personne comme ils le font pour le CO2.

Einstein était l’objet d’attaques du même genre par envie et parce qu’il était préjudiciable pour bien d’autres scientifiques de sont époque. Son conseil pour gérer ce genre de situation était le suivant : «  Les gens faibles cherchent à se venger, les gens forts pardonnent, les gens intelligents ignorent « .

Note. Les premières ondes gravitationnelles ont été détectées instrumentalement en 2016, voir sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/02/12/les-premieres-ondes-gravitationnelles-detectees/

Le Docteur William Happer est professeur émérite de physique à l’Université de Princeton. Une petite vidéo résume la position de William Happer : https://www.prageru.com/videos/can-climate-models-predict-climate-change

Les ondes gravitationnelles : une gigantesque bouffée d’énergie

Capture d’écran 2017-06-08 à 22.24.22.png

En février 2016, après 5 mois de vérifications méticuleuses, l’observatoire LIGO (Laser Interferometer Gravitational-wave Observatory) annonça pour la première fois la détection d’ondes gravitationnelles dont l’existence avait été prédite par la théorie de la relativité générale formulée par Albert Einstein il y a maintenant près d’un siècle. Un deuxième train d’ondes fut détecté le jour de Noël 2015 puis plus rien jusqu’au 4 janvier 2017. Cette fois c’est certain les ondes gravitationnelles existent bien et ce n’est pas une vue de l’esprit. En effet, comme pour toute expérience scientifique, répéter cette dernière et obtenir le même résultat peut encore être l’effet du hasard mais si elle est vérifiée une troisième fois alors il n’y a plus de doute possible.

Pour cette dernière détection d’un évènement cataclysmique d’une ampleur difficile à imaginer la puissance de calcul du signal a permis de confirmer qu’il s’agissait de la collision entre deux trous noirs massifs de 31 et 19 fois la masse du Soleil respectivement situés à plus de 3 milliards d’années-lumière de notre Galaxie, collision suivie de leur fusion. Les signaux obtenus tant à Hansford qu’à Livingston ont montré que les deux trous noirs tournaient autour d’eux-mêmes en sens opposé. Et lors de leur collision une énergie équivalente à deux fois la masse du Soleil a été dissipée dans l’espace selon la célébrissime équation d’Einstein : E = m x c2 ! Il s’agit donc bien d’un évènement d’une puissance difficile à imaginer qui a pu être détecté 3 milliards d’années plus tard. Il a duré un dixième de seconde et en kWh l’énergie dissipée fut de 130 suivies de 38 zéros kWh.

600px-E=mc²-explication.svg.png

Source : Physical Review Letters, doi : 10.1103/PhysRevLett.118.221101

Capture d’écran 2017-06-08 à 22.59.51.png

Petite note explicative de l’illustration. Imaginons que les ondes gravitationnelles soient un son perceptible par notre oreille. Un son se définit par sa fréquence – plus celle-ci est élevée plus le son est aigu – et son amplitude qui est d’autant plus élevée que le son est « fort ». Dans l’illustration tirée de l’article paru dans les PRL l’amplitude est matérialisée par une couleur allant du noir au jaune clair et la répartition de cette amplitude est représentée en fonction de la fréquence exprimée en hertz (Hz) pour les deux installations LIGO en fonction du temps. Il faut noter que le phénomène est extrêmement rapide puisqu’il ne dure qu’un dixième de seconde. La reconstruction par le calcul du signal fait apparaître un « bruit » de plus en plus aigu qui disparaît subitement … quand les deux trous noirs ont fusionné. L’univers tout entier a alors été inondé par une gigantesque décharge d’énergie, deux fois la masse du Soleil disparaissant en quelques centièmes de seconde selon l’équation d’Einstein d’équivalence entre masse et énergie … Je rappelle ici à mes lecteurs qu’il faut rendre à César ce qui est à César : c’est le mathématicien français Henri Poincaré qui le premier introduisit le concept d’ondes gravitationnelles et l’équivalence matière-énergie formulée par Einstein en 1904. Poincaré était prisonnier du paradoxe de l’ « éther », une fiction immatérielle formulée par Hendrick Lorentz en 1895 dont Einstein nia l’existence en écrivant les équations de la relativité restreinte quelques mois plus tard en 1905. Jamais Poincaré ne put s’affranchir de l’existence de l’ « éther » et la preuve expérimentale des ondes gravitationnelles plus d’un siècle plus tard est une ultime démonstration de la non-existence de l’éther. Cet évènement cosmique détecté par le LIGO a relaché dans l’univers tout entier une énergie de 360.1045 joules ou encore 130.1038 kWh en un dixième de seconde.

Il y a 100 ans, la théorie de la relativité générale

Capture d’écran 2015-11-12 à 11.20.23

Le 25 novembre 1915 Albert Einstein publia un article dans le Bulletin de l’Académie des Sciences Prussienne qui était une énumération d’une dizaine d’équations mathématiques dites « équations de champ » décrivant ce qui fut appelée la théorie de la relativité générale. Cette théorie qui n’a jamais été infirmée décrit l’interaction fondamentale de la gravitation comme étant le résultat de la courbure de l’espace-temps par la matière et l’énergie. Ouf ! C’est dit. Je précise à mes lecteurs que je n’ai jamais rien compris à la relativité générale ni à la relativité restreinte qui fut formulée par le même Einstein dix ans plus tôt. Les curieux peuvent toujours aller voir à quoi ça ressemble en entrant dans Wikipedia « Einstein field equations ». Si on ne sait pas ce qu’est un tenseur, un outil mathématique, ce qui est mon cas, inutile d’insister.

Capture d’écran 2015-11-11 à 19.28.14

Bref, il va y avoir beaucoup de bruit médiatique autour de cet anniversaire mais peu de gens de par le monde sont capables de comprendre le trait de génie d’Einstein qui explique par exemple la présence de lentilles gravitationnelles dans l’espace. Ce phénomène optique provoqué par des objets très massifs comme des amas de galaxies amplifie le signal lumineux d’autres objets célestes plus éloignés qui apparaissent déformés comme dans l’illustration ci-dessus.

Illustration : « Smiley », amas de galaxies SDSS J1038+4849 (ESA-NASA)