Ravages bactériens des cultures : après les oliviers les agrumes

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Le pourtour méditerranéen est le premier producteur d’olives du monde et les oliviers sont en danger car ils sont ravagés par une bactérie, la Xylella, transmise par n’importe quel insecte suceur. C’est le cas également des agrumes, orangers et citronniers, susceptibles à une autre bactérie, la Candidatus liberibacter, transmise par un papillon d’apparence anodine la psyllide. La maladie « du dragon jaune » ou huanglongbing aussi appelée « citrus greening », ne date pas d’aujourd’hui car elle a été décrite pour la première fois en 1929 puis retrouvée en 1947 en Afrique du Sud. Cette maladie a atteint la Floride en 2005 et la production d’agrumes, en particulier d’oranges, dans cet Etat à diminué de près de 60 %. Elle a été signalée en Arabie Saoudite, à Madère et au Portugal en 2017. Pour l’instant le bassin méditerranéen qui contribue pour plus de 20 % à la production d’agrumes dans le monde et environ 70 % du volume d’exportations en valeur est épargné. Le gros problème avec cette bactérie qui semble sensible à la pénicilline G réside dans ses autres « réservoirs », la pervenche de Madagascar, un arbuste d’ornement très prisé des amateurs de jardins fleuris, qui n’est pas affectée par cette bactérie et également la source de la vinblastine, une molécule très efficace pour traiter un grand nombre de cancers, ainsi que le jasmin orange (Murraya paniculata) également très prisé des amateurs de fleurs odorantes qui est un proche cousin du citronnier (illustration, Wikipedia).

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Il existe donc deux stratégies pour protéger le bassin méditerranéen, soit utiliser massivement des insecticides pour contrôler la population de psyllide, soit traiter en dernier recours les arbres infectés avec des antibiotiques en espérant qu’ils survivront. L’efficacité de la pénicilline G n’a été prouvée qu’avec la pervenche de Madagascar mais qu’en sera-t-il avec un citronnier ? Toujours est-il que la production méditerranéenne d’agrumes est directement menacée et ce sera une catastrophe économique si les gouvernements ne se secouent pas un peu alors qu’ils sont beaucoup plus préoccupés par la guerre économique et le changement climatique … Et il en est de même pour les oliveraies. La solution adoptée dans l’Île de la Réunion a consisté à arracher les arbres des vergers de basse altitude pour planter des orangers acclimatés à de plus hautes altitudes car la bactérie est sensible aux températures inférieures à 20 °C mais ce type de reconversion n’est pas envisageable dans la plupart des pays méditerranéens.

Source partielle AFP

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/12/31/va-t-on-autoriser-les-antibiotiques-en-agriculture/