Le pic pétrolier, c’est pour quand ?

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Le rapport de l’Agence Internationale de l’Energie (IEA) datant de 1998 prévoyait un « pic pétrolier » pour l’année 2010. On est en 2019 et durant l’année écoulée pas moins de 6 gisements extrêmement prometteurs ont été découverts en 2018 : Guyana, Brésil, Mexique, Texas, Chypre et Mer de Barents (Norvège). Il faut ajouter à ces découvertes celles « promises » par les analyses de logging au Ghana, en Mauritanie, en Namibie et en Afrique du Sud mais aussi sur le plateau continental dans la zone économique exclusive de Madagascar et enfin au large de la Guyane française.

En ce qui concerne l’Afrique du Sud, un nouveau venu dans le club des producteurs de pétrole, les réserves probables semblent être considérables. La première découverte faite par Total dans des couches du Crétacé inférieur à 170 kilomètres des côtes est partculièrement prometteuse puisque le premier forage jusqu’à 3600 mètres de profondeur a permis d’estimer les réserves sur le bloc concerné appellé Brulpadda à plus de 1 milliard de barils équivalents pétrole de condensats mais surtout de gaz. Les fonds marins varient entre 200 et 1800 mètres de profondeur mais Total a acquis une solide expérience en Mer du Nord dans le domaine de l’exploitation en eaux profondes et en forage off-shore profond en particulier autour des Iles Shetland.

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L’Afrique du Sud pourrait à relativement court terme devenir auto-suffisante en gaz alors qu’elle est dépendante de ses importations aujourd’hui. Alors le fameux « pic pétrolier » agité comme un spectre maléfique va-t-il être encore repoussé à une date ultérieure ? Ce concept, plutôt qu’une réalité, est utilisé à des fins de propagande car les incertitudes sur les réserves de pétrole sont considérables. Les Etats ne communiquent pas de données précises et les « majors » du pétrole peuvent sous-estimer comme sur-estimer leurs prévisions. Enfin nul ne connait précisément les réserves en hydrocarbures liquides ou gazeux de la Russie, même pas les Russes, car une grande partie du territoire nationale est encore inexploré. On reparlera donc du pic pétrolier plus tard et tout ce qui est écrit à ce sujet doit être considéré avec précaution …

Sources : Reuters et Total, illustration Total

Le diamant noir sud-africain

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Il y a un peu plus de six mois, je relatais dans ce blog l’apparition de la truffe noir, l’or ou le diamant noir du Périgord, non pas en France mais en Afrique du Sud. C’était l’été dans cette contrée australe et en ce moment on est au milieu de l’hiver, la saison optimale pour rechercher des truffes. Une organisation financée par des milliardaires locaux s’est intéressée aux « chênes truffiers » il y a un peu plus de dix ans et maintenant est arrivé le temps des premières récoltes. Tout est organisé pour qu’à terme l’Afrique du Sud devienne le leader mondial de la truffe noire. Les estimations parlent de 20 millions de dollars par an dans les 5 années à venir. Beaucoup d’arbres ont déjà presque dix ans et un chêne auquel on a correctement inoculé le champignon parasite doit produire des truffes à un moment ou à un autre. En quelques jours, à l’aide de chiens spécialement dressés pour rechercher les truffes, le patron de Woodford Truffles a trouvé 5 truffes dans deux vergers différents et la recherche ne fait que commencer.

Selon les estimations de Volker Miros d’ici 5 années les propriétaires des vergers espèrent bon an mal an récolter une cinquantaine de kilos de truffes par hectare et comme il y a déjà 500 hectares de chêneraie l’espérance de gain est de 90000 dollars par hectare au prix actuel de la truffe. Les grands restaurants de Capetown se disputent ces premiers diamants noirs … Des investisseurs européens s’intéressent très sérieusement à ce business, et il y a de quoi ! Truffle Growers SA ( http://www.africantruffles.com ) procède à une sélection génétique des rhizobiums et a sélectionné les souches les plus productives de Tuber melanosporum en Europe et dans d’autres pays du monde comme l’indique cette planisphère :

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À la suite de laborieux croisements entre les souches les plus prolifiques, la société Mycorrhizal Systems Ltd a établi une lignée particulièrement productive. Et les estimations sont basées sur des études étroitement réalisées avec les agriculteurs.

Non contente de produire des diamants l’Afrique du Sud va aussi devenir leader mondial du « diamant noir » …

Source : Bloomberg et Plantation Systems

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/15/bientot-de-la-truffe-noire-du-kwazulu-natal/

Bientôt de la truffe noire du Kwazulu Natal

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Neuf ans après les premières inoculations de mycélium au pied de ses chênes vert, avec le support du Département de l’Agriculture du KwaZulu Natal, Cameron Anderson a finalement découvert sa première truffe noire, aidé il faut l’avouer par son chien. C’est une première en Afrique du Sud. Anderson a planté une centaine de chênes importés d’Europe avec des racines sur lesquelles la société Mushrush avait inoculé du mycélium de truffe noire en provenance de France. L’Afrique du Sud suit donc la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui virent leurs premières truffes noires (ou blanches, l’histoire ne le dit pas) respectivement en 1993 et 1999. Si la truffe noire qu’on trouve surtout en France et également en Espagne se négocie à des prix légèrement inférieurs à ceux de la truffe blanche qu’on trouve essentiellement en Italie, son arôme unique n’est pas détruit par la cuisson contrairement à son homologue blanche. C’est l’un des raisons pour lesquelles la truffe noire a été choisie par les planteurs d’Afrique du Sud. Certes, la truffe noire n’atteint que très rarement les tailles exceptionnelles des truffes blanches – une truffe blanche récoltée près de Pise et pesant 1500 grammes a été acquise par Stanley Ho, le propriétaire d’un casino de Macao, pour 330000 dollars en 2007.

Quand Anderson a trouvé se première truffe au mois d’août dernier (ce serait en février en Europe), un morceau a été envoyé en Italie pour identification génétique et le résultat a confirmé qu’il s’agissait bien d’une Tuber melanosporum, en d’autre termes « truffe du Périgord » car c’est ainsi que les grands chefs cuisiniers l’appellent. La production française de truffe noire est en déclin depuis la fin des années 1930 passant de près de 1000 tonnes à une petite vingtaine de tonnes en 2012. Toutes sortes de raisons ont été évoquées pour expliquer ce déclin depuis la mauvaise maîtrise de la population de sangliers qui ravagent les truffières jusqu’à l’usage de pesticides ou même le changement climatique (selon Wikipedia, mais on n’est pas obligé d’adhérer à cette dernière évocation qui ne fait l’objet d’aucune référence). C’est surtout le mauvais entretien des truffières qui explique le déclin de la production de truffes noires françaises … Difficile de comprendre qu’aucun effort ne soit consenti dans ce sens alors que le prix des truffes noires reste relativement stable à 1500 euros le kg.

Source et illustration : Business Day Live, South Africa et http://mushrush.co.za :

Here at our MUSHRUSH HOME in the Natal Midlands, we are uber delighted, to announce that the first ever ‘Black Diamond’ truffle mushroom found in SOUTH AFRICA has been confirmed. For those intrepid truffle entrepreneurs who have been following the Mushrush truffle journey, we are so pleased with this fantastic breaking news. Although this particular delicacy was discovered in August 2014, we have been biting our tongues and holding our thumbs, while doing the DNA analysis. After sending the sample to a well known truffle expert and author in Italy, at the end of November, we received news at the end of December,  that this mushroom is unequivocally Tuber melanosporum!

Naturally this will have a profound and distinct advantage for those who have already started their truffle plantations (truffieres) and we are so excited for them and of course for our own truffiere in Nottingham Road, Natal Midlands.

Besides this, the gourmet ‘foodies’ in South Africa will soon have access to this locally grown delicacy. 

– See more at: http://mushrush.co.za/#sthash.9hdzpj7X.dpuf

Areva fait dans l’éolien pour plaire à Mademoiselle Royal

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Pendant que l’Occident bon ton emmené par les néocons américains accuse Poutine de tous les maux, la Russie n’en a cure. Le Kremlin vient de signer deux accords coup sur coup pour la construction de centrales nucléaires et pas n’importe où. D’abord huit réacteurs en Afrique du Sud, ça doit faire désordre à la direction d’Areva puisque la centrale de Koeberg fut construite par Framatome et EDF sous licence Westinghouse dans ce même pays. L’Afrique du Sud s’est tournée vers la Russie pour développer son programme électronucléaire et il n’y a pas de doute que le flop de l’EPR en Finlande avec des retards à répétition y est pour quelque chose, à tel point que ce dernier pays envisage de faire aussi appel à la Russie pour continuer son programme nucléaire civil. Toutefois rien n’est encore formellement conclu entre l’Afrique du Sud et Rosatom, 50 à 60 milliards de dollars c’est une grosse somme à trouver. Ça fait encore plus désordre d’apprendre que la Jordanie a également décidé de faire appel à la Russie pour la construction de sa première centrale nucléaire civile. Il doit y avoir des grincements de dents chez Areva qui avait été approché par le gouvernement jordanien. Reste le dynamisme de la Russie dans le domaine des réacteurs à neutrons rapides tant controversé par les Verts à la tête desquels se trouvaient les deux écologistes du moment, Dominique Voynet et Ségolène Royal qui poussèrent le gouvernement Jospin à fermer définitivement le surrégénérateur de Creys-Malville alors que la France et le consortium européen étaient à la pointe mondialement dans cette technologie prometteuse. Ce sont les Russes qui maîtrisent d’ors et déjà cette technologie avec le réacteur BN-600 à neutrons rapides implanté à Beloyarsk en Sibérie, et couplé au réseau électrique depuis 24 ans. Il est refroidi avec du sodium liquide après le réacteur pilote BREST-300, décommissionné, et avant le BN-800 sur le même site qui devrait être couplé au réseau dans les prochaines semaines et peut-être dans quelques années un BN-1200. Il est intéressant de noter que le BN-800 est le premier réacteur à neutrons rapides exporté dans le monde puisque son jumeau est en phase finale de construction en Chine. Le développement des assemblages de combustible MOX et uranium faiblement enrichi conditionnés sous forme de nitrure est terminé et une usine est en cours d’achèvement (voir photo, source Rosatom). En France on continue à démanteler un joyau de la technologie, je veux parler de l’usine de Creys-Malville et ce seront bientôt les deux réacteurs en parfait état de Fessenheim qui seront à leur tour abandonnés aux sirènes de l’écologie obscurantiste. Belle image qui résume le déclin annoncé et inexorable de la France dans le domaine du nucléaire civil. Le modèle technologique français n’est plus que l’ombre de lui-même puisque Areva s’est reconverti dans l’éolien …

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Source : World Nuclear News, vue des réacteur à neutrons rapides BN-600 et BN-800 depuis la ville de Zaretsjny

Même la Commission Européenne est gangrenée par les écolos !

 

Le projet comportant la construction de deux EPR par EDF et Areva, associés à CGNP (China’s General Nuclear Power) sur le site d’Hinkley Point en Grande-Bretagne est menacé par une décision défavorable de la Commission de Bruxelles. Les Anglais ont fait appel à EDF et Areva puisque leur industrie nucléaire, au point mort depuis 30 ans a perdu toute expertise, alors qu’en Europe, il ne reste plus que ces deux entités opérationnelles, Siemens ayant également jeté l’éponge. Le montage financier comporte, outre des financements par EDF et CGNP, un prêt de 10 milliards de livres garanti par le gouvernement anglais, une assurance contre le risque de fusion du cœur, ce qui est arrivé à la centrale japonaise de Fukushima-Daiichi, une aide pour le démantèlement et un prix spot du MW fixé et également garanti inflation comprise pour les 35 années à venir. Pour le décommissionnement on se projète dans l’avenir c’est-à-dire aux alentours des années 2070 mais les deux autres garanties sont considérées comme des subventions déguisées et ça ne plait pas trop aux autorités de Bruxelles.

Quand Günther Oettinger déclare qu’il serait plus judicieux d’investir dans l’éolien et les centrales au gaz on a tout compris. Cet Allemand, membre de la Commission en charge de l’énergie a annoncé la couleur, le « vert ». Cet idéologue vendu aux idées des écologistes considère que les turbines à gaz sont plus écolo-compatibles que le nucléaire puisqu’elle produisent « moins » de carbone que la lignite ou le charbon vendu à bas prix aux Européens par les Américains depuis le boom du gaz de schiste. Donc, investir dans des moulins à vent et dans des centrales au gaz est plus « vert » dans l’esprit des écolos. Ils oublient de mentionner dans leur raisonnement que le nucléaire ne rejette pas de CO2 mais leur opposition viscérale et irraisonnée au nucléaire justifie de manière spécieuse leur position.

A ce sujet, à la suite de demandes réitérées de plusieurs gouvernements européens de considérer l’énergie nucléaire comme pouvant être subventionnée car ne rejetant pas de carbone, la Commission de Bruxelles a tranché par un NON franc et catégorique. Douze pays européens avaient pourtant déposé une requête afin que la Commission considère les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque et biomasse) et le nucléaire sur le même plan, c’est-à-dire écolo-compatibles donc susceptibles de bénéficier de subventions gouvernementales. Seules l’Allemagne et l’Autriche s’y étaient opposé et la Commission a finalement adopté une position hostile, gangrenée par les partis écologistes très actifs notamment en Allemagne et en Autriche.

Le projet d’Hinkley Point pourrait tout simplement être annulé et l’ensemble du tissu industriel français sous-traitant d’Areva qui, sur le sol français, possède encore l’expertise et les certifications « qualité nucléaire » pourrait disparaître définitivement. En effet, les discussions en cours pour la construction d’une méga centrale nucléaire de près de 10 gigawatts en Afrique du Sud, un projet de 50 milliards de dollars, pourrait bien passer sous le nez d’Areva, encore une fois, car Rosatom (Russie) a fait des propositions à l’Afrique du Sud qui seraient considérées par la Commission de Bruxelles comme des subventions intergouvernementales évidentes si ce type de montage était imaginé en Europe. Areva, ou plutôt la Cogema en son temps, a perdu le contrat de fourniture du combustible et son retraitement pour la centrale nucléaire d’ESCOM à Koeberg, pourtant construite par Framatome ( ! ) pour les mêmes raisons et même si Hollande est allé récemment gesticuler à Pretoria pour tenter de décrocher le contrat, la situation paraît perdue d’avance, il est revenu avec quelques miettes comme un vague contrat d’entretien du réseau ferré sud-africain, des histoires d’éclisses qui on l’espère ne se dévisseront pas toutes seules !

Areva, un des rares fleurons industriels français encore représentatif de la qualité « made in France » (pour plaire au passage au ministre du redressement) pourrait bien s’affaisser définitivement avec l’échec du projet anglais uniquement en raison du lobbying intense des écologistes auprès de la Commission de Bruxelles. Et ce n’est certainement pas le ministre de l’énergie français (ancien faucheur d’OGM) qui soutiendra le montage financier franco-sino-anglais puisqu’il préfère lui aussi les moulins à vent.

Il y a donc un vrai souci en Europe dans le domaine de l’énergie et l’hypothèse que j’avais émise d’un complot organisé par les USA par l’entremise des écologistes afin d’affaiblir l’ensemble du tissu industriel européen voit dans cette histoire une illustration évidente …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/29/le-complot-du-climat/