L’attitude américaine au sujet des évènements d’Ukraine

À quand la paix en Ukraine ? Du côté de Washington, on ne semble pas pressé. On a en tout cas jeté à la corbeille la proposition chinoise pour mettre fin au conflit. Étonnant ? Pas vraiment, explique Ted Snider : « Depuis les premiers jours de leur existence jusqu’à aujourd’hui, les États-Unis ont laissé passer des plans de paix ».

Article de Ted Snider paru sur le site Antiwar.com.

Le 24 février, la Chine a publié  sa “Position sur le règlement politique de la crise ukrainienne”. Elle s’est engagée à assumer “un rôle constructif à cet égard”.

Plutôt que d’accepter un partenaire puissant, influent et ayant déjà négocié des accords, les États-Unis ont rejeté sans équivoque les efforts de la Chine pour aider à négocier la paix dans la guerre en Ukraine. M. Biden a rejeté « l’idée que la Chine va négocier l’issue d’une guerre totalement injuste pour l’Ukraine », estimant qu’elle n’était “tout simplement pas rationnelle”. Le porte-parole du Conseil national de sécurité, John Kirby a déclaré que les États-Unis ne pensaient pas qu’une proposition de paix chinoise « soit un pas en avant vers une paix juste et durable ». Il affirme que « nous voulons tous voir la guerre se terminer », mais ajoute qu’ »un cessez-le-feu, à l’heure actuelle, même si cela peut sembler une bonne chose, nous ne pensons pas qu’il aurait cet effet ». Kirby déclare ensuite que « nous ne soutenons pas les appels à un cessez-le-feu en ce moment. Nous ne soutenons certainement pas les appels à un cessez-le-feu qui serait demandé par la [République populaire de Chine] lors d’une réunion à Moscou et qui profiterait simplement à la Russie” ». Le secrétaire d’État Antony Blinken a qualifié la proposition de paix de « manœuvre tactique de la Russie », « soutenue par la Chine », et a averti que « le monde ne devait pas être dupe ».

Bien qu’il paraisse incroyable que les États-Unis passent à côté d’un éventuel plan de paix, c’est pourtant ce qu’ils font depuis longtemps. Depuis les premiers jours de leur existence jusqu’à aujourd’hui, les États-Unis ont laissé passer des plans de paix. En 1811, le chef des Shawnee, Tecumseh, a tenté de négocier avec le gouverneur de l’Indiana de l’époque et futur président des États-Unis, William Henry Harrison. Mais alors que Tecumseh continue de négocier, Harrison demande au gouvernement américain de lui fournir davantage de soldats. En l’absence de Tecumseh, Harrison profite de l’occasion pour envoyer son armée écraser les partisans de Tecumseh, brûler leur ville et les chasser jusqu’au Canada. Deux cents ans plus tard, rien n’a changé. Dans chacune des guerres récentes des États-Unis, il y a eu une véritable chance de règlement négocié; dans chacune de ces guerres, les États-Unis ont manqué à cette promesse. En 1979, les États-Unis ont délibérément incité l’Union soviétique à envahir l’Afghanistan ou, pour reprendre les termes du conseiller à la sécurité nationale de Carter, Zbigniew Brzezinski, ils ont « augmenté les possibilités d’intervention ».Dans une interview accordée en 1998 au Nouvel Observateur, Brzezinski a admis que l’objectif de l’opération secrète « était de conduire les Russes au piège afghan ». Il a déclaré au président Carter que « c’est notre chance de donner à la Russie son Viêt Nam ».

Dix ans plus tard, Mikhaïl Gorbatchev a proposé un cessez-le-feu au président Bush. Il propose que les deux pays cessent leurs livraisons d’armes, fassent la transition vers un gouvernement de coalition incluant les moudjahidines, clients des États-Unis, et organisent des élections libres et démocratiques supervisées par les Nations unies. Il y avait un plan de paix sur la table qui offrait aux États-Unis tout ce qu’ils voulaient en Afghanistan. Bush a rejeté le plan de paix et a maintenu l’afflux d’armes en Afghanistan.

Deux décennies plus tard, les États-Unis ont, pour la deuxième fois, laissé passer le potentiel de paix en Afghanistan. Dans le livre qu’il a écrit avec Vijay Prashad, The Withdrawal, Noam Chomsky affirme que les talibans ont clairement indiqué à plusieurs reprises qu’ils seraient prêts à remettre Oussama ben Laden et le réseau Al-Qaida à un pays tiers. Chomsky ajoute que quelques semaines après l’invasion américaine, les talibans ont proposé une reddition complète. Mais les États-Unis ont à nouveau refusé une proposition de paix. Le secrétaire américain à la défense, Donald Rumsfeld, a déclaré : « Nous ne négocions pas les redditions. Nous avons des objectifs plus importants que cela ».

Lorsque le mollah Akhtar Muhammad Mansur, chef des talibans, a tenté de négocier avec les États-Unis en 2016 pour trouver un moyen de mettre fin pacifiquement à l’occupation américaine de l’Afghanistan, les Etats-Unis l’ont assassiné. Chomsky et Prashad rapportent que lors de la première guerre d’Irak, « le gouvernement de Saddam Hussein […] voulait conclure un accord avec les États-Unis. voulait conclure un accord avec les États-Unis pour quitter le Koweït sans humiliation totale ». Mais “toutes les tentatives des Irakiens pour négocier leur retrait ont été accueillies avec dédain par les États-Unis ». Lors de la deuxième guerre d’Irak, Saddam Hussein était désireux de faire toutes les concessions possibles […] en autorisant de plus en plus d’inspecteurs de l’ONU. Mais les États-Unis ont une nouvelle fois renoncé à une paix possible. Washington a mis de côté les appels de Bagdad et a procédé à des opérations de choc et d’effroi. Choc et effroi.

En 2011, disent Chomsky et Prashad, le gouvernement libyen était désireux d’accepter un plan de paix élaboré par l’Union africaine (UA). Mais Ramtane Lamura, commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité, a souligné “que la poursuite d’autres objectifs en Libye, par des acteurs non africains” empêchait “la mise en œuvre de la feuille de route de l’UA”.

L’autre objectif des États-Unis en Libye était le changement de régime. La Libye a proposé aux États-Unis un changement de régime sans guerre. Mais les États-Unis ont à nouveau refusé une proposition de paix. Selon Charles R. Kubic, qui a été personnellement impliqué dans les communications, la Libye a présenté aux États-Unis “deux possibilités valables de cessez-le-feu” pour des “négociations visant à obtenir l’abdication de Kadhafi. Au moins l’une de ces opportunités impliquait le fils de Kadhafi, Saif. Une communication interne envoyée par un colonel de l’état-major interarmées déclarait clairement qu’une solution pacifique est encore possible qui maintient Saif de notre côté sans effusion de sang à Benghazi. Le plan de paix libyen proposait un changement de régime sans guerre. Mais les États-Unis ont renoncé à la paix. M. Kubic explique que les deux possibilités ont été rejetées par la secrétaire d’État Clinton”, qui a préféré “une révolution menée par des terroristes connus”.

En avril de la même année, la secrétaire d’État Hillary Clinton s’est rendue à Istanbul pour une réunion des pays qui soutenaient les rebelles radicaux qui entreprenaient un changement de régime en Syrie. Ces pays se sont baptisés les « Amis de la Syrie ». Sur la table, Kofi Annan a proposé à l’ONU un effort de médiation. Cette offre avait déjà été approuvée par le président syrien Assad. Mais, une fois de plus, les États-Unis ont refusé une proposition de paix. Mme Clinton a rejeté l’offre. En lieu et place de la médiation de l’ONU, elle a demandé à Kofi Annan d’organiser une conférence sur le changement de régime. Selon le Guardian, Mme Clinton a cherché à persuader Kofi Annan de modifier le format de son projet de création d’un groupe de contact sur la Syrie, et d’organiser à la place une conférence sur le modèle de la transition au Yémen. Dans The Management of Savagery, Max Blumenthal rapporte que « les États-Unis et l’Europe se sont constamment opposés et ont sapé les tentatives de négociation de cessez-le-feu locaux en Syrie et ont découragé l’envoyé spécial de l’ONU de s’y impliquer. Comme le montre le rejet par les États-Unis de la proposition de paix de la Chine, la tendance à ignorer les plans de paix se poursuit.

Au début de la guerre en Ukraine, alors qu’une solution diplomatique semblait encore possible, le département d’État a refusé de mettre fin à la guerre, même si le règlement négocié répondait aux objectifs de l’Ukraine, car « il s’agit d’une guerre qui, à bien des égards, dépasse la Russie, elle dépasse l’Ukraine ». Cette insistance à poursuivre la guerre au service, non pas des intérêts ukrainiens, mais des intérêts américains, à savoir que les objectifs des États-Unis en Ukraine sont plus importants que l’Ukraine, est un écho troublant de l’insistance de Rumsfeld à dire que les États-Unis ne négocient pas parce qu’ils ont des objectifs plus importants que cela. Ce schéma inquiétant s’est répété en Libye lorsque les États-Unis ont empêché la mise en œuvre d’un plan de paix dans le cadre de ce que l’Union africaine a appelé « la poursuite d’autres agendas ». Mais les États-Unis ne se sont pas contentés de rejeter la possibilité d’un plan de paix en Ukraine, ils ont rejeté à deux reprises des plans de paix qui progressaient positivement.

L’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a révélé  qu’en mars 2022, il avait servi de médiateur dans les négociations entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président russe Vladimir Poutine, qui avaient de bonnes chances d’aboutir à un cessez-le-feu. Mais les États-Unis ont à nouveau refusé un éventuel plan de paix. L’Occident, dit M. Bennett, l’a « bloqué ». Un mois plus tard, ils l’ont à nouveau bloqué. En avril 2022, les négociations à Istanbul ont encore progressé, aboutissant à un accord “provisoire“. Mais le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, déclare que “certains pays au sein de l’OTAN veulent que la guerre continue”. Il a déclaré qu’”après la réunion des ministres des affaires étrangères de l’OTAN, on a eu l’impression que […] certains États membres de l’OTAN veulent que la guerre continue, que la guerre continue et que la Russie s’affaiblisse”.

Numan Kurtulmus, vice-président du parti au pouvoir d’Erdogan, a fait allusion à la fois à la même obstruction et au même écho de “buts plus importants”. Il a déclaré à CNN TURK : “Nous savons que notre président parle aux pays des deux dirigeants. Dans certains domaines, des progrès ont été accomplis, atteignant le point final, puis soudain nous constatons que la guerre s’accélère. Quelqu’un essaie de ne pas mettre fin à la guerre. Les États-Unis considèrent que la prolongation de la guerre est dans leur intérêt. Il y a ceux qui veulent que cette guerre continue. Poutine-Zelensky allait signer, mais quelqu’un n’a pas voulu. Depuis les premiers temps de l’expansion génocidaire vers l’ouest jusqu’à aujourd’hui, il existe une tendance historique claire et ininterrompue des États-Unis à renoncer à des plans de paix pour poursuivre des objectifs plus importants.

Source : Antiwar.com (traduction Arrêt sur info). L’auteur de cet article, Ted Snider, est un éditorialiste de Antiwar.com de The Libertarian Institute et de Responsible Statecraft. Il s’intéresse particulièrement à la politique étrangère américaine.

Commentaire de votre serviteur. Les Américains ont provoqué directement ou indirectement la mort de dizaines de millions de morts (peut-être une centaine de millions) au cours du vingtième siècle. Leurs motivations étaient les suivantes et sont toujours les mêmes aujourd’hui : main basse sur les ressources naturelles dans le monde entier, contrôle mondial de l’économie, installation de démocraties (on peut en rire) et depuis 1945 maintien, par la force si nécessaire, de la suprématie du dollar. L’impérialisme américain se double d’un impérialisme messianique compte tenu de l’influence de l’église évangélique dans la politique de Washington. En tant qu’athée convaincu je pense que toute démarche politique teinté de religion conduit automatiquement à des excès, des guerres, des assassinats et si les religions monothéistes sont des prétextes pour justifier une tendance belliqueuse, elles ne sont pas pour moi. Il suffit de relire l’histoire … Pierre Conesa a inventé le concept de complexe militaro-intellectuel au sujet des Etats-Unis, il aurait pu inclure dans son propos la religion profondément ancrée dans l’esprit des Américains et qui conduit à une sorte de fanatisme qui ne dit pas son nom. Comme le rappelle si justement Ted Snider dans son propos, les Américains se sont illustré dans l’horreur en exterminant les Amérindiens qui occupaient le territoire qu’ils convoitaient. J’ai regardé à nouveau il y a quelques jours l’admirable film de Kevin Costner « Danse avec les Loups ». Cet acteur a osé rappeler au début du film la violence de la guerre de Sécession pour illustrer son propos au sujet des Amérindiens qui selon l’histoire du film étaient des personnes civilisées dans le vrai sens du terme. Chaque tribu était une petite cellule démocratique qui suivait les conseils de l’« ancien », le sage, le guide de la tribu. Aujourd’hui la dernière étape du plan génocidaire des Américains est d’en terminer avec les Amérindiens des réserves en leur fournissant alcool et drogues, ce que les Australiens font méthodiquement avec les Aborigènes …

Afghanistan : point final.

La reprise de l’ensemble du pays occupé depuis 20 ans par les Américains et leurs alliés de l’OTAN (je ne savais pas que ce pays était riverain de l’Atlantique Nord) a tout simplement ridiculisé non seulement les Américains mais également leurs alliés Européens. Même cas de figure pour la Syrie (je ne savais pas que Tartouss se trouvait au bord de l’Atlantique) et également pour la Libye riveraine de la Méditerranée. Les dirigeants européens sont devenus de véritables zombies, plutôt esclavagisés par les Américains qui étaient coutumiers du fait autrefois au sujet de l’esclavage évidemment, et ça va continuer jusqu’à quand ? Puisque la France et les Français entrent dans une période électorale il serait opportun que pas seulement Asselineau mais beaucoup d’autres candidats en lice déclarent s’engager à faire en sorte que la France quitte l’OTAN définitivement en proposant cette décision à un référendum populaire. L’humiliation afghane a été telle que ce référendum remporterait plus de 70 % de popularité. Qu’il y ait eu près de 100 soldats français morts c’est un fait mais combien de morts sont sur la conscience de ces Français qui collaboraient avec les Américains dans leur œuvre destructrice, massacrant des civils avec des drones téléguidés depuis le Montana, et soutenant les opérations locales d’assassinats ciblés.

Alors que le scénario d’occupation totale du pays par les talibans était connu il y a plusieurs semaines aucun des partenaires otaniens des Etats-Unis n’a cru opportun de préparer l’évacuation de leurs employés qu’il s’agisse dans les chancelleries ou avec les unités des armées, tels que des téléphonistes, des traducteurs ou interprètes, des informateurs royalement payés, des chauffeurs, que sais-je encore. Non, rien aucune anticipation. Ceci signifie tout simplement que les pays occidentaux n’accordaient aucune importance au fonctionnement du pays puisqu’ils ont compromis le futur de dizaines de milliers de personnes sous prétexte d’installer la démocratie dans un pays aux mœurs médiévales constitué d’une multitude d’ethnies qui se détestent les unes les autres. Inutile d’écrire des milliers de caractères pour constater que les pays occidentaux se moquent des pays où ils tentent en vain d’imposer leurs lois démocratiques. C’est inique ! En ce qui concerne la France ce sont Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron qui sont de fait compromis dans ce fiasco incroyable.

J’ai cru comprendre que les talibans maintiendraient la production de résine de pavot sous la surveillance de brigades lourdement armées originaires de compagnies américaines privées employées par la CIA. J’avais laissé sur ce blog un billet au sujet de cette culture du pavot organisée et surveillée par des compagnies américaines privées. J’avoue que je deviens fainéant et je n’ai pas eu le courage de rechercher ce billet. Tout y était dit : l’Afghanistan a besoin des revenus de la production domestique de résine de pavot qui est revendu à prix d’or pour la production de morphine, de codéine et pour satisfaire des canaux souterrains de production d’héroïne. Les agriculteurs afghans en tirent quelques centaines de dollars par arpent mais la CIA, qui contrôle ce marché très lucratif, n’a pas l’intention de lâcher le morceau.

Or il semble que ces idiots d’Américains ont oublié qu’il y a 25 ans les talibans ont commencé à éradiquer la culture du pavot en contraignant les agriculteurs à se reconvertir à la production de cultures vivrières. Ces idiots d’Américains n’ont pas compris que la drogue n’est pas conforme à la charia. Il va se passer des choses intéressantes dans les prochains mois dans ce pays. Les Chinois sont déjà implantés dans le pays et pour eux l’opium est synonyme des traités illégaux arrachés par les Britanniques, et … les Français, à la fin du XIXe siècle à l’issue de ce qu’on appelle communément les « guerres de l’opium ». Il est évident que la Chine encouragera la destruction de toutes les exploitations agricoles soudoyées par la CIA. Et ça va mal se passer mais les médias occidentaux pourris n’en parleront jamais. J’adore les analyses de ces médias qui soignent le côté émotionnel des évènements actuels pour dissimuler la ruine totale de ces pays membres de l’OTAN, devenus complices du pourrissement généralisé de la société américaine avec ces dérivés de l’opium afghan qui tuent chaque jour des milliers de personnes. Merci aux Américains et merci à l’OTAN : le lithium afghan vous échappera et il ira directement en Chine mais certainement pas l’opium dont la source va disparaître rapidement.

« Monsieur le Président : terminez cette guerre maintenant !

Traduction d’un article d’Eric S. Margolis paru sur le site lewrockwell.com le 7 mars 2020 (note en fin de billet)

Après 19 ans de guerre, plus de 1000 milliards de dollars de dépenses, 2 400 morts américains et un torrent de mensonges, les États-Unis font maintenant face à la possibilité de mettre fin à leur plus longue guerre.

Les États-Unis ont envahi l’Afghanistan en 2001. Il y avait trois raisons à cette intervention : 1. Pour masquer l’humiliation de l’administration Bush, qui parlait fort, le Président surpris en train de dormir lors des attaques du 11 septembre ; 2. Sécuriser les itinéraires des oléoducs à travers l’Afghanistan depuis l’Asie centrale jusqu’à la côte maritime du Pakistan et 3. Occuper une place supposément vide sur l’échiquier asiatique avant la Chine.

Depuis 2001, à peine un mot de vérité sur l’Afghanistan est sorti de Washington. Toutes les guerres sont accompagnées d’un assortiment de mensonges, comme l’a écrit Churchill, mais les mensonges et la propagande sur l’Afghanistan étaient extraordinaires et honteux.

Le premier parmi les mensonges : que Oussama ben Laden a été l’architecte des attentats du 11 septembre qui ont tué 3 000 Américains et que le complot a éclos en Afghanistan avec l’aide du mouvement taliban. En fait, le complot a éclos en Allemagne et en Espagne parmi des exilés saoudiens, pas des Afghans, qui ont affirmé que les États-Unis occupaient leur nation et exploitaient ses richesses.

Des vidéos truquées ont été diffusées sur la télévision américaine pour impliquer Ben Laden. Il a applaudi aux attaques après coup, affirmant qu’elles étaient une vengeance pour la destruction par Israël d’une grande partie de Beyrouth en 1982.

Les soi-disant «camps d’entraînement terroristes» en Afghanistan cités comme étant l’une des raisons de l’invasion américaine étaient en fait des camps gérés par les services de renseignement pakistanais, un allié des États-Unis, pour former des guérilleros passant ensuite à l’action contre la domination indienne au Cachemire. Je le sais parce que j’ai visité certains des camps. Le général Hamid Gul, chef de l’ISI, un expert du service de renseignement du Pakistan, m’a informé de cette opération.

L’ancien président du Pakistan, Pervez Musharraf, m’a dit que les États-Unis avaient menacé de «bombarder le Pakistan et qu’il retourne à l’âge de pierre» s’il ne permettait pas aux États-Unis de faire la guerre à l’Afghanistan depuis le territoire pakistanais.

Le fondateur d’Al-Qaïda, le cheikh Abdullah Azzam, m’a dit « après avoir vaincu les communistes en Afghanistan, nous continuerons à libérer l’Arabie saoudite de la domination américaine ». Il a été assassiné peu après.

À ce jour, ce qui reste d’Al-Qaïda c’est un mouvement anti-impérialiste. Ces dernières années, Al-Qaïda et les talibans sont devenus des ennemis acharnés. Les talibans ont convenu lors de récents pourparlers de ne jamais abriter Al-Qaïda ou le mouvement plus récent de l’État islamique. Les talibans avaient accueilli à l’origine Ben Laden uniquement parce qu’il était un héros de la lutte anti-communiste et donc un invité d’honneur. Les talibans ont proposé de remettre Ben Laden à un tribunal impartial. Les États-Unis ont refusé et ont rapidement envahi l’Afghanistan.

Le dirigeant irakien, Saddam Hussein, était un ennemi sérieux d’Al-Qaïda et d’Oussama Ben Laden. Pourtant, l’administration Bush a menti en affirmant que l’Irak était en quelque sorte derrière le 11 septembre pour justifier l’invasion et l’accaparement de ses richesses pétrolières. La plupart des Américains ont cru à ce mensonge promu par Condoleezza Rice et Dick Cheney.

J’étais en Afghanistan et au Pakistan lorsque les talibans ont été formés. Loin d’être un mouvement « terroriste », comme le prétendent les Américains et leurs alliés communistes afghans, les talibans ont été créés par un prédicateur de village, le mollah Omar, pour protéger les caravanes des bandits pendant la guerre civile afghane du début des années 1990 et pour protéger les femmes des viol de masse. Lorsque les talibans ont pris Kaboul, ils ont écrasé le commerce de la drogue et rétabli l’ordre d’une main de fer.

Le principal allié des États-Unis en Afghanistan, l’Alliance nordique tadjike à dominante communiste, a été mis au pouvoir à Kaboul et a rapidement rétabli le commerce de l’opium. Aujourd’hui, les alliés afghans américains contrôlent presque tout le trafic de drogue qui soutient le gouvernement fantoche de Kaboul.

Trois présidents américains affirment avoir tenté de mettre fin à la guerre en Afghanistan – mais sans succès. Pourquoi? Intense opposition du parti de la guerre, du complexe militaro-industriel et des néoconservateurs. Mille milliards de dollars, c’est énorme. De nombreux fournisseurs d’armes de guerre se sont enrichis avec ce conflit. Et les généraux impériaux américains ont obtenu des promotions et de nouvelles missions. Les politiciens adoraient s’exprimer contre le prétendu «terrorisme» et appeler à plus de guerre. Les coûts de la guerre d’Afghanistan ont été enterrés dans la dette nationale, à rembourser par les générations à venir.

Aucun des présidents n’a pu résister à l’état profond, le « Deep State ». Le président Donald Trump affirme qu’il mettra fin à la guerre d’Afghanistan, qu’il a correctement qualifiée de «stupide». Mais le peut-il ?

Il sera si facile de saboter le fragile accord de cessez-le-feu qui vient d’être signé au Qatar. Les seigneurs de la drogue afghans ont déjà commencé des combats contre les incendies. Les généraux et les conservateurs américains tremblent à la perspective d’être accusés d’avoir perdu cette guerre.

La meilleure façon de mettre fin à une guerre est d’y mettre fin. Monsieur le Président, déclarez la victoire, ramenez les troupes à la maison, coupez les dollars et les munitions et partez.

Note. Eric S. Margolis est un très célèbre journaliste et écrivain américain spécialiste du Moyen-Orient et de l’Islam.

Afghanistan : cimetière des Empires

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C’est le titre d’un article d’Eric Margolis, journaliste et écrivain américain paru sur le site LewRockwell le 18 août 2018. Les ajouts entre parenthèses sont de mon fait.

Après dix-huit années sanglantes, la plus longue guerre menée par les Américains dans leur histoire continue sans issue ni raison en Afghanistan. Dans ce pays un peuple vaillant, jaloux de son indépendance, constitué des tribus montagnardes, les Pashtounes, a combattu sans relâche le tout puissant empire américain et l’a conduit dans une impasse qui a déjà coûté 4000 milliards de dollars aux contribuables américains, 2371 morts et 20320 blessés. Nul ne sait combien d’Afghans ont été tués, c’est top secret. Les tribus pashtounes de l’alliance des Talibans combattent pour débarrasser leur pays de toutes les troupes étrangères et éliminer le régime fantoche pro-occidental de Kaboul qui prétend être le gouvernement légitime du pays. Retirer l’armée américaine (et ses mercenaires) et ce régime tombera en quelques jours. Tout ça a des relents de guerre du Vietnam. Les douloureuses leçons de ce conflit du Vietnam ont été complètement oubliées et les mêmes erreurs se produisent en Afghanistan. Les mensonges et les discours réjouissants des politiciens, des généraux de l’armée et des médias continuent sans cesse.

Cette semaine passée, les force talibanes ont occupé la ville d’importance stratégique de Ghazni sur la route de Peshawar à Kaboul. Il a fallu trois jours d’attaques massives de l’armée américaine avec des bombardiers lourds B-1, des hélicoptères Apache, des chasseurs A-10 et toutes sortes d’avions massés dans les bases américaines d’Afghanistan, du Pakistan, du Qatar et de la cinquième flotte américaine pour arriver finalement à bout de cette attaque. Simultanément l’alliance talibane a attaqué des cibles militaires importantes autour de Kaboul et d’autres régions rurales tuant des centaines de troupes militaires, en quelque sorte une offensive du Tet afghane. L’armée afghane et la police n’ont opposé qu’une faible résistance ou se sont tout simplement enfuies. Des quartiers entiers de Ghazni ont été détruits. Les hauts gradés de l’armée impérialiste américaine et leurs satrapes afghans n’ont pu cacher leur embarras alors qu’ils venaient de déclarer avoir définitivement pacifié cette partie du pays. Les efforts de l’administration Trump pour soumettre les Talibans en les bombardant sont clairement un échec. Le commandement américain hésite à déployer des troupes au sol de peur d’essuyer de lourdes pertes. Et dans le même temps l’armée commence à être à court de bombes.

Les routes afghanes sont maintenant tellement dangereuses que toutes les actions militaires américaines doivent être aériennes. Les Talibans contrôlent à peu près 50 % du territoire afghan et ce serait 100 % si les Américains partaient. Les Talibans contrôlent la vie nocturne. Ces Talibans ne sont pas et n’ont jamais été des « terroristes » comme la propagande de Washington l’a clamé. J’étais en Afghanistan lors de la création de ce mouvement par un groupe d’étudiants religieux armés par le Pakistan pour mettre un terme au banditisme apparu lors de la guerre civile (après le retrait des Soviétiques), avec les viols des femmes et les meurtres des communistes. Quand les Talibans acquirent un certain pouvoir ils éliminèrent plus de 95 % de la culture de l’opium et du commerce d’héroïne. Après l’invasion américaine, leur alliance avec les ancien communistes afghans et les tribus tadjikes du nord du pays, la production d’opium et d’héroïne reprit de plus belle. Aujourd’hui l’Afghanistan est le plus important producteur du monde d’opium, d’héroïne et de morphine alors que les autorités américaines déclarent que ces productions sont le fait des Talibans. C’est encore un autre gros mensonge. Les seigneurs de la guerre afghans qui soutiennent le régime du Président Ashraf Ghani contrôlent entièrement la production et l’exportation des opioïdes. L’armée et la police secrète bénéficient par ce biais d’importants revenus. Comment les camions chargés d’héroïne pourraient passer les frontières avec le Pakistan et les pays d’Asie centrale ?

De ce fait les USA sont devenus les premiers complices au monde du trafic d’opioïdes. C’est l’une des plus honteuses conséquences de la guerre d’Afghanistan. Constater que la puissance de feu de l’armée américaine, la plus importante au monde a ravagé l’Afghanistan, un petit pays tellement pauvre que beaucoup de gens n’ont même pas de chaussures aux pieds est aussi une honte pour le peuple américain. Les Paschtounes ont vaincu les armées d’Alexandre le Grand, Gengis Khan les Empereurs mongoles et les armées britanniques. Les USA seront le prochain empire défait dans ce cimetière des Empires. Personne à Washington n’est capable d’énoncer une bonne raison de continuer cette guerre coloniale en Afghanistan. On entend dire que les Américains restent dans ce pays parce qu’il y a des ressources minérales ou qu’il faut que la démocratie et les droits des femmes soient respectés. C’est un pur non-sens. Un possible raison serait de ne pas laisser la Chine contrôler ce pays (d’une importance stratégique indéniable) mais les dirigeants chinois sont trop intelligents pour accepter ce cadeau empoisonné. Ils ont déjà largement à faire avec la rébellion musulmane des Uighours.

À ce sujet il est intéressant de rappeler que les soi-disant camps d’entrainement au terrorisme supposés avoir été découverts en Afghanistan en 2001 étaient en réalité des centre d’entrainement à la guérilla organisés et financés par les services secrets pakistanais pour entrainer des tribus rebelles kashmiris et des centres d’entrainement organisés et financés par la CIA pour les combattants Uighours exilés de Chine. La rumeur que les USA se devaient d’envahir l’Afghanistan pour capturer Ben Laden, l’auteur montré du doigt des attentats du 11 septembre est inexacte. Les attaques furent organisées par des Saoudiens depuis Hambourg et Madrid et non depuis l’Afghanistan. Personne n’est certain que Ben Laden était effectivement derrière ces attentats… Le journaliste et ami Arnaud de Borchgrave, maintenant décédé, partageait mes doutes et insistait sur le fait que le Mollah Omar avait proposé à Ben Laden d’être traduit devant un tribunal dans un pays musulman de son choix pour prouver son innocence ou avouer ses fautes.

Le Président Bush surpris dans son sommeil par les attentats du 11 septembre, humilié, devait trouver une cible facile pour se venger et ce fut l’Afghanistan, le cimetière des Empires.

Illustration : source : ericmargolis.com

Commentaires. J’ai inséré quelques commentaires entre parenthèses et en caractères italiques et ma traduction est aussi fidèle que possible. Il m’est venu à l’esprit de remémorer à mes lecteurs cette causerie d’Emmanuel Todd qui prévoyait en 2002 – il y a 16 ans – la chute de l’Empire américain. Bonne vidéo au cours de laquelle Todd mentionne l’incroyable scandale Enron-Andersen : https://www.youtube.com/watch?v=zJWuzhqs6H8 . J’ajouterai enfin que depuis le début de l’année 2018 il y a eu « seulement » 7800 morts, chiffre officiel, aux USA par overdose de différentes drogues incluant l’héroïne auxquels il faudrait ajouter le nombre d’homicides entre clans de dealers, ça laisse rêveur.

 

L’Afghanistan : un eldorado minier

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Lors de leur séjour pas très touristique en Afghanistan qui dure maintenant depuis plus de 15 ans, la plus longue guerre dans laquelle se sont hasardé les USA depuis leur création, tourisme qui a coûté la vie à plus de 2500 soldats – un détail en comparaison des victimes collatérales le plus souvent civiles de ce pays qui ne demandait rien à personne – les Américains ont rétabli la culture du pavot (revoir l’article sur ce blog) mais les spécialistes de l’USGS (Geological Survey) ont mis les bouchées doubles pour identifier le potentiel du sous-sol afghan et ils n’ont pas été déçus, c’est le moins que l’on puisse dire. Ayant déjà dépensé plus de 1000 milliards de dollars dans ce conflit et envisageant de passer définitivement la main à des milices privées du genre Blackwater pour réaliser quelques économies il faudra bien que le Pentagone, les parasites de Wall Street et la CIA se remboursent, en quelque sorte, et puissent réaliser des profits car l’appétit de ces hautes autorités du « Deep State » américain en veulent encore plus que le trafic d’héroïne. C’est la raison pour laquelle le Président Trump a été expressément prié de ne plus envisager de retirer les Américains d’Afghanistan !

Du coup les ressources minières variées de l’Afghanistan sont maintenant la cible du pillage organisé de ce pays par les Américains. Il fallait s’y attendre un peu. L’illustration ci-dessus se passe de commentaires. Les montants estimés par l’USGS sont exprimés en milliards de dollars hors dépôts de lithium, un métal qui pourrait bien dans un proche avenir être classé comme stratégique. Mais ces montants peuvent être falsifiés pour dissimuler le véritable eldorado afghan. Finalement c’est surtout l’appât du gain qui a conduit les Américains à s’implanter en Afghanistan, pays aussi limitrophe de l’Iran, et pas seulement pour l’opium.

Sources : diverses, illustration pêchée sur le site thesaker.is

Note : Le niobium se trouve associé au fer dans certains minerais. Ce métal est utilisé en alliage dans les aciers spéciaux et pour la fabrication de fils supraconducteurs.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/01/la-cia-et-lopium-dafghanistan-un-gros-business/

La CIA et l’opium d’Afghanistan : un gros business

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Avec la libération de Manuel Ortega, une mascarade honteuse organisée par la CIA (Ortega était un agent de cette organisation mafieuse), resurgit le scandale planétaire de l’opium afghan, et j’ose dire planétaire puisque tous les pays de l’Alliance Atlantique ont participé depuis 2002 à l’élimination des talibans (qui avaient proscrit la culture du pavot sur le sol national) en envahissant ce pays qui venait tout juste de se libérer de la tutelle (ex-)soviétique. À la fin de 2001 plus de 90 % des champs de pavot avaient été détruits par les talibans mais les Américains trouvaient cette situation intolérable et la CIA qui avait en scène les attentats du 11 septembre (selon des évidences de plus en plus convaincantes, mais je n’émettrai aucun commentaire à ce sujet), le « 9/11 » fut un fantastique prétexte pour envahir l’Afghanistan et rétablir la culture du pavot pour le plus grand bénéfice de cet organisme que je viens de qualifier de mafieux. La création de toutes pièces de l’implication de Ben Laden dans ces attentats est peut-être la pire machination qu’ait jamais orchestré la CIA mais nul ne connaîtra la vérité, comme pour l’assassinat de JFK …

Aujourd’hui ce sont les soldats américains et de l’OTAN qui protègent les champs de pavot, contrôlent le trafic d’opium à l’échelle mondiale et la CIA en tire des bénéfices outrageusement juteux portant préjudice aux cultures vivrières locales car cultiver des citrouilles ne rapporte pas beaucoup, alors que le pavot … Avec en prime la protection de l’armée américaine pour que tout se passe pour le mieux. Une infime partie de l’opium et de l’héroïne est consommée par les Afghans, faut-il le rappeler.

Voici quelques photos qui sont dans le domaine public mais il n’est pas trop conseillé aux médias occidentaux de parler ouvertement de ce sujet dérangeant, médias qui sont largement contrôlés par cet organisme dont les agissement dans le monde entier sont insupportables.

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Donald Trump s’est fait piéger par cette mafia constituée d’assassins, d’hommes sans foi ni loi qui ne respectent rien, qui pratiquent la torture et l’emprisonnement sans procès dans des prisons secrètes tolérées par certains pays européens et, cerise sur le gâteau, répandent des mensonges qui mettent en péril l’humanité entière. La CIA est partout, y compris dans vos chaumières car pas un message électronique, pas un seul whatsapp, pas un seul tweet, pas une seule photo mise sur le « cloud » ne lui échappe via la NSA, Google et Facebook qui collaborent pleinement avec cette organisation à votre insu.

Le trafic mondial de l’héroïne est totalement contrôlé par la CIA et l’argent de ce trafic est recyclé directement à Wall Street ! Je n’invente rien, toutes les information relatives à ce scandale planétaire qui dépasse l’entendement sont publiques comme les trois photos ci-dessus.

Source et illustrations : globalresearch