L’acidification de l’océan peut croître de 170 % (durant) ce siècle

Il a fallu que 540 « experts » de 37 pays différents réunis à Monterey en Californie en septembre dernier pour pondre un communiqué repris par Eurekalert résumant un document présenté le 18 novembre, c’est-à-dire demain à Varsovie au grand concile de l’Eglise de Scientologie Climatique et le titre du communiqué est : « Ocean Acidification May Increase 170 Percent This Century » et en français ça donne : L’acidification de l’océan peut croître de 170 % (durant) ce siècle. Un titre pareil est carrément ébouriffant, pardon, à faire dresser les cheveux sur la tête ! Et il a fallu 540 « experts » pour faire une telle déclaration à moins qu’Eurekalert, un site d’information scientifique supposé impartial, soit inféodé à l’Eglise de Scientologie Climatique. Le rapport, ou plutôt le résumé, sera remis à Varsovie au grand bénéfice des décideurs et autres politiciens qui gravitent autour de l’Eglise. Pour arriver à écrire une énormité pareille il faut s’y prendre à 540 !

Pour que mes lecteurs comprennent mon étonnement et mon agacement il faut revenir brièvement sur la notion de pH ou d’acidité. L’échelle de pH se décline de 0 à 14. Il s’agit d’une échelle logarithmique que je rappelle ici : pH = log (1/aH+) où aH+ représente en gros la concentration en ions hydrogène dans une solution. Pour situer la chose, le suc gastrique a un pH de 1 et l’eau de Javel de 13, le jus de tomate aux alentours de 4 et le pH de l’eau de mer aux alentours de 7,5 – 8,5. Et justement, dans le cas de l’eau de mer, ça se complique parce que cette eau ne contient pas que des ions hydrogène H+ ou hydroxyle OH- et la mesure du pH de l’eau de mer est compliquée par la présence de beaucoup d’autres espèces chimiques minérales et organiques qui font qu’en réalité l’acidité des océans est le résultat d’un ensemble complexe de réactions d’ionisation rendant toute variation sinon impossible du moins très difficile. De plus l’océan n’est pas un désert, il est littéralement colonisé par du phytoplancton qui capte l’énergie solaire pour se nourrir du gaz carbonique qui se dissout dans l’eau pour former du bicarbonate ou acide carbonique exactement comme les plantes se nourrissent du gaz carbonique atmosphérique pour produire du sucre. Visiblement les climatologues de l’Eglise de Scientologie citée ci-dessus sont franchement fâchés avec le carbone sous toutes ses formes, même celui qui se trouve dans l’eau de mer pour le plus grand bénéfice du plancton et des algues.

La première question censée qui se pose en lisant ce titre alléchant et ébouriffant est : « 170 % de quoi ou par rapport à quoi ? » puisqu’un pourcentage est un rapport entre deux grandeurs. On ne peut pas appliquer un pourcentage à l’échelle logarithmique du pH, ce serait un non-sens mathématique. Par exemple on ne peut pas dire que puisque le pH de l’eau de mer a diminué d’une unité, disons de 8 à 7, il a donc diminué de 1/8e, soit 12,5 % ! Faites le calcul vous-même, on trouve bien 12,5 % mais cela n’a strictement aucune signification physique ou chimique. Qu’on applique des pourcentages à l’évolution du cours de la bourse ou à la connerie humaine, tout à fait d’accord, mais pour le pH encore une fois ça ne veut rien dire, quant à la connerie humaine allez à Varsovie demain, vous serez servi jusqu’à la nausée. Comme je suis curieux et que je n’aime pas qu’on me prenne pour un imbécile car après tout, un communiqué de presse d’un aréopage d’experts choisis sur le volet est accessible au public, je suis allé voir la composition ionique moyenne de l’eau de mer dans Wikipedia et on y trouve que la concentration de bicarbonate est de 0,00206 moles par litre, soit 144 mg par litre d’eau de mer. Une augmentation de 170 % conduirait à une concentration de 244,8 milligrammes toujours par litre, soit 1,44 millième de mole d’augmentation par litre. Mon calcul s’est arrêté là puisque je n’ai pas de calculette et que je ne peux pas calculer la diminution de pH qui résulterait de cette extravagante augmentation d’acide carbonique (ou bicarbonate) dans l’eau de mer mais à vue de nez, je dirais sans trop me tromper une diminution significative de 0,05 unité de pH autant dire rien du tout puisque le pH de l’eau de mer n’est pas constant et varie entre 7,5 et 8,5 selon la température et l’état d’ensoleillement de l’eau. Bref, on assiste avec ce résumé dont la teneur sera peut-être communiquée à la presse la semaine prochaine à une vaste fumisterie bien enrobée pour être gobée sans problème de déglutition par des politiciens qui n’y connaissent rien et n’ont de toutes les façons pas le temps de lire un quelconque rapport qui finit le plus souvent à la déchiqueteuse à moins que des vice-sous-secrétaires adjoints n’expurgent les dits rapports pour en faire une omelette écolo-compatible et politiquement correcte. Car c’est bien là le problème de l’Eglise de Scientologie Climatique. Des centaines d’experts noircissent du papier pour présenter leurs conclusions lors d’une conférence sur le climat, encore une et ça coûte très cher aux contribuables du monde entier, avec un condensé de leurs lubies qui atterrit sur le bureau du vice-sous-secrétaire adjoint du ministre de l’environnement, ancien faucheur d’OGM reconverti, qui n’y connait autant dire rien du tout et qui prendra des initiatives allant dans le sens d’une réduction des émissions de gaz carbonique qui se transforme en méchant bicarbonate dans l’eau de mer et être la cause de terribles catastrophes.

Je lis par ordre de certitude (je n’ai pas vraiment compris ce que signifie l’ordre de certitude, « confidence » en anglais), il s’agit d’une traduction du pamphlet divulgué par Eurekalert (http://www.eurekalert.org/pub_releases/2013-11/icfs-eao111313.php).

Très forte certitude :

L’acidification des océans est causée par les émissions de CO2 dues à l’activité humaine dans l’atmosphère qui finissent dans les océans.

La capacité de l’océan à servir de piège à carbone décroit avec l’acidification.

La réduction des émissions de CO2 réduira le processus d’acidification.

L’acidification anthropogénique de l’océan progresse et est mesurable.

La trace des émissions dues aux combustibles fossiles sera ressentie pendant des siècles.

Forte certitude :

Si les émissions de CO2 continuent au rythme actuel, l’érosion des coraux surpassera leur croissance quelque part au cours de ce siècle.

Les biotopes coralliens des eaux froides seront alors en danger et pourraient ne pas survivre.

Les mollusques sont les les plus sensibles à l’acidification de l’océan.

Les diverses réponses des espèces à l’acidification de l’océan et à d’autres facteurs de stress pourraient modifier les écosystèmes marins, mais ces modifications sont difficiles à évaluer.

De multiples facteurs de stress s’ajoutent à celui de l’acidification.

Certitude moyenne :

Des impacts socio-économiques négatifs sont à craindre mais l’étendue des coûts est incertaine.

Le déclin des élevages de coquillages conduira à des pertes économiques, mais l’importance de ces pertes est incertaine.

L’acidification de l’océan peut avoir des effets directs sur les populations de poissons et leur comportement.

Les coquilles des escargots de mer et d’autres ptéropodes commencent déjà à se dissoudre.

 

On a vraiment des frissons dans le dos et les cheveux dressés sur la tête de peur quand on lit une telle litanie incantatoire d’un nouveau genre religieux dont les bases scientifiques de base sont hautement contestables.

Si un de mes lecteurs peut arriver à calculer la diminution de pH qu’occasionnerait un surplus sur un siècle de 1,44 millimole d’acide carbonique dans l’eau de mer, en tenant compte de l’effet tampon de tous les autres ions présents dans l’eau, je lui souhaite au passage beaucoup de courage, je lui en serai reconnaissant !

Conclusion : tous ces soi-disant « experts » prennent les habitants de la planète entière pour des cons !!!   

Le réchauffement climatique : vaste fumisterie !

 

Un des arguments (alarmants) des tenants du réchauffement climatique est le réchauffement des océans et leur acidification en raison de l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère. Certes, le gaz carbonique peut conduire à une diminution du pH de l’eau océanique d’une centième d’unité (acidification) pour 100 parties par million d’augmentation du taux de gaz carbonique atmosphérique, ce qui a été grosso modo avancé lors de diverses conférences et colloques sur le climat, mais un autre facteur est le réchauffement des mêmes océans. En effet, selon la loi de Henry, la solubilité des gaz dans l’eau est inversement proportionnelle à la température, en conséquence plus l’eau océanique se réchauffe moins le gaz carbonique produit par l’activité humaine (entre autres) se dissout dans la mer et son effet comme gaz à effet de serre, bien connu des écologistes, se fait encore plus sentir.

La température des océans est mesurée en continu par un ensemble mondial de sondes flottantes dérivant au gré des courants et des vents qui explorent une épaisseur de l’océan d’environ 1000 mètres. Les données sont transmises par satellite et analysées minutieusement pour obtenir des images statistiques du réchauffement ou du refroidissement global ou ponctuel de telle ou telle portion des océans qui couvrent les quatre cinquièmes de la planète. Les données peuvent être être rendues lisibles en joules ou en degrés, c’est selon, les joules correpondant à une quantité de chaleur ou encore à l’énergie emmagasinée dans l’eau et directement liée à sa température. Donc, les mesures obtenues par les balises du système Argo permettent peu ou prou d’estimer d’une manière relativement fiable s’il y a réchauffement climatique, ou non, lié à l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère.

Un graphe intéressant reproduit ici permet de voir immédiatement que le réchauffement climatique (réchauffement des océans) marque une pause depuis dix ans.

noaa_upper_ocean_heat_content

From PMEL at http://oceans.pmel.noaa.gov/

The plot shows the 18-year trend in 0-700 m Ocean Heat Content Anomaly (OHCA) estimated from in situ data according to Lyman et al. 2010. The error bars include uncertainties from baseline climatology, mapping method, sampling, and XBT bias correction.

Dans le gaphique ci-dessus le réchauffement est exprimé en joules, donc en énergie, mais il peut aussi s’exprimer en degrés … Et ça donne ceci :

degrees-pmel-0-700m-heat-content-anomaly

Source : http://wattsupwiththat.com/2013/02/25/ocean-temperature-and-heat-content/#more-80690

Vous avez noté ! Entre 1996 et 2003, les océans se sont « réchauffés » de 0,1 degrés et depuis c’est le calme plat.

Or, selon Gary B. Brassington et Peter R. Oke du BMRC, Melbourne, Victoria, Australia et du CSIRO Marine and Atmospheric Research dans leur article intitulé « Error estimates for Argo profile observations based on an ocean reanalysis in the Austral-asian region », l’incertitude des mesures des sondes du système Argo est du même ordre de grandeur que les différences de température relatées dans le dernier graphique ci-dessus soit environ 0,1 degré, compte tenu de nombreux paramètres dont la non simultanéité entre les mesures de température et la localisation des sondes toutes deux transmises par satellite. Qui croire ?

Le réchauffement climatique est semble-t-il une vaste fumisterie pour amuser la galerie et donner une bonne occasion aux politiciens de rançonner les industries (et les particuliers) en fonction de leurs émissions de gaz carbonique, gaz à effet de serre. Comme l’illustrent ces données laissant libre cours à n’importe quel pseudo-scientifique pour une interprétation erronnée ou tendancieuse, c’est selon, ce soit-disant réchauffement climatique est une vue de l’esprit coûteuse et, pour le moment au moins, non prouvé de manière irréfutable surtout quand les membres du GIEC, auto-proclamés spécialistes du climat, s’appuyent sur des données dont les incertitudes sont égales ou supérieures à ce qu’elles signifient intrinsèquement.

De plus, la pause décelée en dépit des incertitudes des mesures vient infirmer toutes les autres affirmations alarmistes de ces pseudo-scientifiques.

Encore un bel exemple d’escroquerie !