La fin prochaine de la malbouffe industrielle ?

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La FDA américaine a finalement admis que les « trans-fat » ou acides gras « trans » apparaissant lors de l’hydrogénation des graisses végétales pour fabriquer par exemple de la margarine qui ne rancit pas sont mauvaises pour la santé. Dans trois ans ces produits industriels contre nature seront définitivement interdits, du moins sur le territoire américain. L’Europe traine encore les pieds car les écologistes dont le rôle devrait pourtant être de se pencher sur ce grave problème s’occupent plus de politique et d’autres sornettes que de la santé des consommateurs. L’EFSA (European Food Safety Authority) publie des documents, certes, mais il semble que la santé des consommateurs ne soit pas sa préoccupation première. Ce sont les OGMs et l’étiquetage des denrées alimentaires qui préoccupe ces fonctionnaires qui au final ne servent pas à grand-chose. On est d’ailleurs étonné de l’inertie de cette administration comprenant une multitude de comités et de « task-forces » dédiées à des problèmes secondaires alors que les vrais sujets sont mis de côté. Et ce n’est pas un hasard car comme la plupart des institutions européennes l’EFSA est soumise au lobbying incessant des géants du secteur agroalimentaire. Aller obliger par une directive administrative un producteur industriel de beurre de cacahuète à ne plus commercialiser que le produit non hydrogéné, il répondra que c’est impossible car en 48 heures son produit sentira tellement mauvais qu’il sera devenu immangeable et il rétorquera au législateur que c’est pour cette raison que le beurre de cacahuète est hydrogéné, peu importe la santé du consommateur.

L’industrie agro-alimentaire entre les mains de gigantesques multinationales a fait en sorte que le consommateur soit satisfait par un produit quel qu’il soit comme les doughnuts par exemple. Si cette pâtisserie était fabriquée avec des graisses non hydrogénées, beurre ou graisses animales, il faudrait la vendre le jour de sa fabrication or c’est tout simplement impossible ! Des milliers d’aliments industriels préparés avec des acides gras « trans » peuvent séjourner plusieurs jours sur les linéaires des supermarchés et effectuer un retour en arrière pour préserver la santé des consommateurs semble irréaliste tant les habitudes des industriels mais aussi des consommateurs ont rendu ces produits irremplaçables … et il y en a des milliers !

Et il n’y a pas que les acides gras trans, le cas du sirop de maïs enrichi en fructose est presque caricatural car ce produit est infiniment moins coûteux que le sucre de betterave ou de canne et à l’abri de la fluctuation des cours de ces deux cultures car le maïs est la première céréale en volume produite dans le monde. La production industrielle à grande échelle de sirop de maïs consiste à effectuer des traitements enzymatiques du sucre après hydrolyse acide de l’amidon et il existe deux qualités de sirop, le grade 42 et le grade 55 correspondant aux pourcentages de fructose effectivement présent dans le mélange. Les raisons justifiant cette production industrielle contre nature sont de deux ordres : manipuler un sucre liquide plutôt que cristallisé est plus simple industriellement et le pouvoir sucrant du mélange est 1,5 fois plus élevé que celui du sucre de canne ou de betterave. Or comme pour les acides gras trans qui sont l’une des causes premières d’inflammations en particulier des artères, le fructose est un puissant perturbateur de la régulation de la glycémie, d’une part, et du métabolisme des graisses d’autre part car le fructose ne peut être avantageusement métabolisé que pour la synthèse d’acides gras.

On est devant un cocktail mortel quand une préparation industrielle contient ces deux vrais poisons que constituent les acides gras « trans » et le sirop de maïs pour la plus grande satisfaction des papilles gustatives mais pas du tout pour la santé de l’organisme. L’émergence industrielle des huiles hydrogénées fut favorisée par une campagne publicitaire à la limite de l’honnêteté qui prétendait que les acides gras insaturés étaient nocifs pour les artères, or l’effet des acides gras trans est exactement le contraire de celui dont on incriminait les acides gras insaturés : augmentation des triglycérides et du « mauvais » cholestérol dans le sang ! Il aura fallu exactement 12 ans pour que la FDA et l’EFSA lancent une alerte qui ne sera effectivement respectée qu’en 2018. Combien de personnes sont mortes d’accidents coronariens depuis la fin des années 50 et l’apparition des premières margarines, substituts bon marché du beurre ? C’est une bonne question à laquelle personne n’osera répondre.

Ce que l’on peut dire de cette histoire est que la science louvoie et oscille entre ce qui semble être deux extrêmes : tout est bon ou tout est mauvais. La science bio-médicale n’est pas une discipline figée mais elle évolue avec la sophistication des moyens modernes d’investigation. La nutrition est devenue une discipline scientifique à part entière et il est donc nécessaire de faire évoluer les (mauvaises) habitudes prises par le consommateur sous l’impulsion implacable du marketing organisé par les industriels de la malbouffe. Le corps médical insiste sur le fait que pour préserver sa santé il faut varier la nourriture et se nourrir modérément mais aussi et surtout revenir à une nourriture plus saine qu’on prépare à la maison avec des ingrédients traditionnels. Bon appétit !

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Note : depuis le début des années 2000 la consommation de sirop de maïs a légèrement diminué aux USA et celle de sucre de table (betterave ou canne) augmenté. Pour ce qui concerne les sirops de maïs (HFCS) cette diminution n’est pas un effet direct des régulations de la FDA mais une utilisation du maïs pour produire de l’éthanol qui est incorporé à raison de 10 % dans de nombreux véhicules automobiles selon les régulations mises en place :

Source : Science News

Malbouffe industrielle = maladies cardiovasculaires

Je retranscris ici l’interview d’un cardiologue américain qui fait un peu froid dans le dos en raison de la tournure qu’a pris la société en général et en particulier nord-américaine au sujet de la mauvaise nourriture et de la « mauvaise science ». Les effets particulièrement néfastes des « conseils en diététique » a finalement abouti en une cinquantaine d’années avec parallèlement le développement hors de contrôle de l’alimentation industrielle à un véritable désastre sanitaire qui s’est répandu à l’échelle planétaire. Voici, retranscrit aussi fidèlement que possible l’interview par Disclose.TV du Docteur Dwight Lundell.

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Nous médecins, avec toutes nos études, nos connaissances et notre autorité, il nous arrive souvent d’atteindre un large « ego » qui fait que parfois il nous est difficile d’admettre que nous avons fait erreur. C’est comme ça et j’admets avoir été moi-même dans l’erreur. En tant que chirurgien spécialisé dans la chirurgie cardiaque avec plus de 25 ans d’expérience, j’ai réalisé plus de 5000 interventions sur cœur ouvert et aujourd’hui le jour est venu de reconnaître que j’ai été dans l’erreur en regard des évidences scientifiques et médicales.

Pendant des années, j’ai fait partie des médecins qu’on peut qualifier de « faiseurs d’opinion ». Submergés de littérature scientifique, assistant sans arrêt à des séminaires de formation, nous, faiseurs d’opinion, avons finalement insisté sur le fait que les problèmes cardiaques étaient la simple résultante de taux trop élevés de cholestérol sanguin. La seule approche acceptable était qu’il fallait prescrire des médicaments susceptibles de réduire ce taux de cholestérol et d’imposer aux patients un régime sévèrement restreint en graisses. Le résultat serait une décroissance du cholestérol sanguin et donc une réduction des maladies cardiaques. Toute déviation à ces principes de praticien fut considérée naturellement comme une hérésie et une mauvaise pratique médicale.

Et pourtant ça n’a jamais marché !

Ces recommandations ne sont plus défendables ni sur le plan scientifique ni sur le plan moral. La découverte, il y a quelques années que l’inflammation de la paroi artérielle est la cause primaire des maladies cardiaques a progressivement conduit à reconsidérer la manière de traiter les maladies cardiaques ainsi que d’autres maladies liées à des mécanismes inflammatoires similaires. Les recommandations diététiques longuement imposées aux malades ont au contraire favorisé de véritables épidémies d’obésité et de diabète dans de telles proportions qu’aucune des épidémies infectieuses passées (par exemple la peste) n’a atteint un tel niveau de mortalité, de souffrance et de coût pour la société. En dépit du fait que 25 % de la population est actuellement sous traitement médicamenteux avec des statines coûteuses et en dépit également du fait qu’on a réduit la teneur en graisses des aliments, encore plus de personnes meurent chaque année de problèmes cardiaques graves !

Aux USA seulement les statistiques indiquent que 75 millions de personnes souffrent de problèmes cardiaques, 20 millions de diabète et 57 millions de pré-diabète. Ces pathologies affectent chaque année de plus en plus de personnes de plus en plus jeunes.

Pour dire les choses clairement, sans inflammation, il est impossible que du cholestérol puisse s’accumuler sur les parois artérielles et être la cause de problèmes cardiaques et d’AVC. Sans inflammation le cholestérol se déplacerait librement dans notre corps comme la nature l’a voulu. C’est l’inflammation qui piège le cholestérol. L’inflammation ce n’est pas compliqué, c’est une réaction naturelle de notre organisme à une agression extérieure comme une piqûre d’insecte, une bactérie, une toxine ou un virus. Il s’agit d’une protection parfaite contre ces envahisseurs bactériens ou viraux. Cependant si nous nous exposons de manière répétée à des toxines ou certains types de nourriture notre corps, notre organisme tout entier qui n’a jamais été habitué à gérer ce type de situation va se trouver en état d’inflammation chronique. L’inflammation chronique est aussi dangereuse que l’inflammation en réponse à une piqûre d’insecte ou une attaque virale est utile pour l’organisme.

Quelle personne censée osera s’exposer de son plein gré de manière répétée à des substances connues pour créer des dommages dans son corps. Les fumeurs, peut-être, mais ils ont fait ce choix ! La grande majorité de la population a simplement suivi les recommandations diététiques majoritairement reconnues et quasiment prêchées qui sont qu’une alimentation pauvre en graisses, enrichies en acides gras polyinsaturés et en sucres, réduit les risques cardiovasculaires et tout ça en ignorant que ce genre de régime favorise l’apparition d’inflammations répétées des artères. Cette situation conduit à des phénomènes inflammatoires chroniques favorisant les maladies cardiovasculaires, les AVCs, le diabète et l’obésité.

Permettez-moi de répéter ceci : les dommages et l’inflammation de nos vaisseaux sanguins sont causés par les régimes pauvres en graisse recommandés pendant des années par la médecine main-stream. Quels sont les principaux responsables de l’inflammation ? C’est très simple, c’est l’abus de carbohydrates simples traités industriellement (sucre dont le fructose, farine modifiée industriellement et tous les produits dérivés) et l’excès concomitant d’huiles végétales riches en omega-6 telles que l’huile de soja, l’huile de maïs ou encore l’huile de tournesol qui se retrouvent dans une multitude de nourritures et plats industriels.

Pour se faire une idée de ce qui se passe, brosser de manière répétitive une peau sensible à l’aide d’un scotch-brite, celle-ci devient rouge et au pire va saigner et faites ça plusieurs fois par jour, tous les jours pendant 5 ans ! Si vous avez pu tolérer un tel traitement de votre peau, au final vous vous mettrez à saigner, il y aura des inflammations, des infections et ça deviendra de pire en pire. Cette comparaison est parfaite pour décrire ce qui arrive en ce moment même dans votre corps. Quel que soit l’endroit où le processus d’inflammation apparaît dans le corps, superficiellement ou à l’intérieur, c’est la même chose. Durant ma carrière de chirurgien j’ai examiné l’intérieur de dizaines de milliers d’artères. Une artère malade, c’est ça, un tube brossé à l’intérieur plusieurs fois par jour, tous les jours, la mauvaise nourriture qu’on ingère créé de petites blessures qui deviennent de plus grandes lésions entrainant l’organisme à une réponse inflammatoire continue devenant chronique.

Quand nous savourons un pâtisserie, notre organisme tire la sonnette d’alarme comme si un envahisseur étranger arrivait pour nous déclarer la guerre. Les aliments surchargés en sucres simples (dont du fructose) ou cuits avec des omega-6 pour qu’ils puissent rester longtemps sur les linéaires des super-marchés ont constitué durant ces soixante dernières années la règle de la nourriture nord-américaine (et plus récemment australienne et européenne). Ce type de nourriture a lentement empoisonné tout le monde !

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Comment une barre chocolatée peut-elle créer une cascade d’inflammation pour vous rendre vraiment malade ?

Quand on mange des sucres simples, glucose et fructose, le taux de sucre sanguin augmente rapidement et en réponse le pancréas sécrète de l’insuline qui va favoriser la répartition du sucre dans toutes les cellules où il sera stocké comme source d’énergie (sous forme de glycogène). Si la cellule est rassasiée et n’a pas besoin de sucre, il est rejeté pour éviter qu’un apport supplémentaire de sucre vienne annihiler l’ensemble du processus. Quand les cellules rejètent le sucre dans le sang, le taux circulant augmente et entraine encore plus de production d’insuline et finalement le glucose est converti en graisses. Qu’est-ce que tout ça a à voir avec les phénomènes d’inflammation ? Normalement le taux de glucose dans le sang est très finement régulé. Les molécules de sucre en excès se font attacher sur toutes sortes de protéines qui en retour endommagent la paroi des vaisseaux sanguins et un tel traitement répété conduit à une inflammation. Si vous soumettez vos vaisseaux sanguins à des bouffées répétées de sucre, plusieurs fois par jours, chaque jour, c’est exactement comme si vous faisiez passer de la toile émeri à l’intérieur de ces délicats petits tubes. Même si vous ne vous en rendez pas compte, soyez assuré que c’est exactement comme ça que ça se passe. J’ai vu ça pendant 25 années de ma carrière, tous mes patients partageaient les mêmes symptômes, des inflammations de leurs artères.

Revenons donc à la barre chocolatée. Cette confiserie innocente non seulement contient des sucres mais elle a été préparée avec au moins l’une des huiles utilisées industriellement comme de l’huile de soja riche en omega-6. Les chips et les pommes de terre frites sont plongées dans de l’huile de soja, toutes les préparations culinaires industrielles sont produites avec des huiles riches en omega-6 pour prolonger leur conservation. Si les omega-6 sont essentielles à la vie, elles doivent se trouver dans l’alimentation dans une proportion correcte avec les omega-3. S’il y a trop d’omega-6 dans l’alimentation, l’architecture des membranes cellulaires est perturbée et les cellules commencent à sécréter des substances chimiques appelées cytokines qui sont la cause première des inflammations. Un nourriture saine et équilibrée ne devrait renfermer que trois fois plus d’omega-6 que d’omega-3, or la production industrielle de nourriture fait que ce rapport omega-6 / omega-3 atteint couramment 15 à 30. Et pour aggraver encore plus la situation cette nourriture déséquilibrée surcharge les cellules adipeuses qui sécrètent alors de grandes quantités de substances au pouvoir inflammatoire qui amplifient les dégâts sur les artères. Le processus initié par les barres chocolatées se transforme en un cercle vicieux qui aboutit à des problèmes cardiaques, une tension artérielle élevée, du diabète et finalement à des maladies neurodégénératives tandis que l’inflammation chronique continue à s’amplifier.

Il n’y a aucune chance que l’organisme puisse échapper à cette agression car il n’est pas préparé pour gérer des nourritures industrielles imprégnées de sucres et d’huiles riches en acides gras omega-6.

Il y a pourtant une solution pour réduire ce processus d’inflammation, revenir à des nourritures saines et naturelles. Pour construire des muscles, mangez de la viande. Choisissez des carbohydrates complexes qu’on trouve dans les fruits et les légumes. Bannissez toute nourriture industrielle contenant des acides gras omega-6 comme les huiles de soja, de maïs ou de tournesol. Une cuillère d’huile de maïs contient 7,2 mg d’omega-6 et une cuillère d’huile de soja en contient 6,9 mg, utilisez plutôt de l’huile d’olive ou du beurre ! Les graisses animales contiennent moins de 20 % d’omega-6 et sont infiniment moins dangereuses que ces huiles végétales riches en acides gras polyinsaturés considérées comme bénéfiques pour la santé. Oubliez la « science » qu’on vous a imposé depuis des décennies. Cette « science » qui dit que les acides gras saturés sont mauvais pour le cœur est inexistante. Cette « science » qui dit que les acides gras saturés favorisent l’élévation de cholestérol n’est pas étayée par les faits. Depuis qu’on sait que ce n’est pas le cholestérol qui est la cause des maladies cardiaques cette « science » est encore plus absurde ! Cette théorie du cholestérol a conduit à ces recommandations d’utilisation de nourriture pauvre en graisses qui sont à la base des inflammations des artères. La médecine consensuelle a fait une énorme erreur. Retournez aux vieilles recettes de cuisine de nos grand-mères, oubliez les plats industriels préparés et prêts à être réchauffés, les pâtisseries industrielles et autres produits congelés prêts à l’emploi des rayons des supermarchés, votre santé cardiaque et cérébrale ne s’en trouvera qu’améliorée.

Source : Disclose.TV

Le Docteur Lundell (Meza, Arizona), fort des arguments de la « vraie » science médicale, fait les recommandations suivantes : consommer plus d’acides gras essentiels, en particulier des omega-3 dont les sources principales sont les poissons et les algues marines. Il s’agit de l’acide eicosapentaenoïque (EPA) et de l’acide docosahexaenoïque (DHA). Enrichir parallèlement la nourriture avec de l’acide linoléique (CLA) conjugué. C’est un acide gras essentiel que nous sommes incapables de synthétiser et qu’on trouve dans tous les produits laitiers et la viande. Les omega-3 sont des anti-oxydants, ils augmentent la sensibilité à l’insuline, ont des propriétés anti-inflammatoires et agissent en synergie avec l’acide linoléique. Une petite dose d’aspirine quotidienne permettra d’accélérer le retour à la normale sans pour autant nuire à la santé. Diminuer la consommation de sucres en particulier tous les aliments contenant du sirop de maïs enrichi en fructose, éliminer de sa cuisine les huiles et graisses hydrogénées qu’on retrouve dans la margarine, les plats commerciaux cuits et la nourriture frite des restaurants. L’huile d’olive, les graisses animales et l’huile de coprah sont infiniment plus saines et enfin avoir une vie saine dans tous les sens du termes, c’est-à-dire de l’exercice physique et pas de stress.

Il faut ajouter enfin qu’une modification imposée par les instances régulatrices des méthodes de production de l’alimentation industrielle ce n’est pas pour demain car le lobby de l’industrie agro-alimentaire est extrêmement puissant et ne manquera pas d’influencer encore une fois le monde politique alors qu’il y a véritablement une urgence sanitaire au niveau de tous les pays développés et de certains pays en développement. Le scandale des statines et la malbouffe sont donc liés pour, au final, détruire la santé de chacun de ceux qui par facilité et faux confort sont pris au piège de la malbouffe …

Note : les acides gras « omega-6 » se retrouvent majoritairement dans les huiles végétales : tournesol, colza, maïs, palme, soja, sans oublier l’huile extraite des graines de coton qui représente jusqu’à 30 % des huiles dites végétales. Il ne faut pas confondre les acides gras omega-6 et les huiles végétales partiellement hydrogénées enrichies en acides gras « trans ». Les acides gras « trans » sont directement impliqués dans les processus inflammatoires artériels et sont reconnus depuis peu (15 juin 2015) comme dangereux pour la santé. Les acides gras trans se retrouvent en particulier dans la margarine. Les produits contenant des acides gras trans devraient être totalement interdits au cours des trois années à venir mais gageons dès à présent que la situation ne se clarifiera pas aussi facilement car les enjeux industriels et économiques sont considérables, au détriment naturellement de la santé publique.

Obésité : estradiol, cerveau et acide palmitique, un curieux mélange …

 

Bien que l’obésité affecte aussi bien les hommes que les femmes parmi les quelques deux milliards de personnes en surpoids dont un demi-milliard d’obèses pathologiques sur la planète (alors que deux autres milliards de personnes ne mangent pas à leur faim tous les jours) on s’est rendu compte que les femmes obèses ou en surpoids supportaient mieux leur embonpoint que les hommes en termes d’effets secondaires comme la résistance à l’insuline (diabète de type 2) ou les maladies cardiovasculaires. Cette différence qui va à l’encontre de la théorie du genre s’estompe après la ménopause, ouf ! La théorie du genre est respectée in extremis : les femmes ménopausées sont tout aussi sensible que les hommes aux effets dévastateurs du surpoids sur la santé.

Cette observation a conduit un groupe de biologistes du Cedar-Sinai Institute de Los Angeles à se pencher sur les possibles causes de cette différence entre hommes et femmes en utilisant des souris. Les médecins déconseillent fortement aux hommes en surpoids souffrant de diabète et présentant des risques au niveau cardiovasculaire d’abuser de plats trop riches en sucres et en graisses alors qu’ils considèrent que les femmes également en surpoids peuvent s’offrir de temps en temps un hamburger bien dégoulinant de gras, bien salé et humecté de sirop de maïs. Énoncé autrement il y a là une évidente discrimination entre hommes et femmes en termes de conseils nutritionnels. Or comme cette violation évidente de la théorie du genre disparaît lorsque la femme est ménopausée, il y avait une direction de recherche toute trouvée : la modification du statut hormonal chez la femme au cours de la ménopause.

Durant cette période, les ovaires s’endorment progressivement car ils ne sont plus stimulés par l’hypophyse et non seulement il n’y a plus d’ovulation mais également la synthèse ovarienne d’estradiol chute progressivement pour atteindre un niveau basal correspondant à la faible production de cette hormone par les vaisseaux sanguins et quelques autres organes dont en particulier les tissus adipeux atteignant finalement la production d’estradiol de l’homme, pardon, du mâle. Mais tout se passe initialement dans le cerveau, en particulier au niveau de l’hypothalamus. Or on sait que la composition en acides gras du cerveau diffère légèrement entre hommes et femmes, disons désormais entre mâles et femelles puisque les travaux relatés ici ont été réalisés avec des souris.

Si on manipule génétiquement un mâle (de souris) pour qu’il atteigne une composition en acides gras cérébraux identique à celle de la femelle, quand on le gave d’aliments riches en graisses il ne présente plus les symptômes secondaires caractéristiques de l’obésité comme un diabète de type 2 ou des troubles cardiovasculaires alors qu’il devient tout aussi obèse. Cette différence en acides gras, en particulier en acide palmitique, favorise l’apparition de phénomènes inflammatoires qui vont perturber l’expression des récepteurs de l’estradiol dans le sens d’une diminution entrainant une propagation de l’inflammation non seulement à l’hypothalamus mais aussi à plusieurs régions du cerveau et également dans le tissu adipeux. Les mâles sont, en raison de cette composition en acides gras de leur cerveau, beaucoup plus sensibles aux effets délétères d’une nourriture riche en graisses. L’estradiol est connu pour ses propriétés anti-inflammatoires et sa relative protection aux problèmes cardiovasculaires, la relation était donc assez assez bien établie entre cet estradiol et une certaine protection dont bénéficient les femelles grâce aux doses massives de cette hormone d’origine ovarienne.

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Pour mieux comprendre le rôle de l’estradiol dans cette histoire il faut préciser que le récepteur de l’hormone (ER-alpha) commande une multitude de facteurs d’activation (PGC1-alpha) de transcription et au final l’amplification, si on peut dire les choses ainsi, d’une série de voies métaboliques. Il semble donc que l’estradiol protège la femelle des effets secondaires de l’obésité et du surpoids induits par une nourriture trop riche en graisses (HFD, high fat diet) en diminuant la propriété inflammatoire de l’acide palmitique au niveau de l’hypothalamus. Enfin, à la vue de ces résultats disponibles en ligne (voir le DOI) il n’y a aussi qu’un petit pas à franchir pour déclarer que l’acide palmitique est nocif pour l’organisme et accuser l’huile de palme de méfaits sur la santé serait un peu un raccourci car on trouve aussi le même acide gras dans le beurre, le fromage et le lait. Il est vrai que l’huile de palme contient 44 % d’acide palmitique mais ce billet n’avait pas pour objectif d’alimenter la controverse sur l’huile de palme …

Source : Cell Reports en accès libre DOI: 10.1016/j.celrep.2014.09.025

Diabète de type II, une lueur d’espoir ?

Aux USA plus de 95 % des diabétiques – près de 8 % de la population – souffrent de diabète de type II, associé au surpoids et à l’obésité. Ce diabète est caractérisé par une insensibilité des cellules à l’insuline, en particulier les cellules hépatiques dont l’un des rôles majeurs est de stocker le glucose sous forme de glycogène afin de réguler le taux de sucre sanguin. Ce n’est pas le seul rôle de l’insuline car cette hormone synthétisée par le pancréas agit aussi directement sur les cellules musculaires et les cellules des tissus adipeux et ça fait beaucoup de cellules puisque les muscles et les tissus adipeux représentent près des deux tiers de l’ensemble des cellules constituant le corps humain.

Contrairement aux idées reçues, les acides gras sont aussi synthétisés par notre organisme justement à partir du glucose et c’est là que l’insuline intervient en déviant une partie du sucre vers la synthèse d’acides gras qui vont être stockés dans les adipocytes pour une dégradation ultérieure en cas de besoin énergétique soudain. En effet, les stocks de glucose sous forme de glycogène ne sont pas illimités et une régulation très fine entre glucose et acides gras pour la fourniture d’énergie (et son stockage) est sous la dépendance de l’insuline.

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Or dans le diabète de type II on pourra se piquer avec de l’insuline, rien n’y fera car les hépatocytes sont devenus insensibles à l’insuline toujours normalement produite par le pancréas. Du coup le stockage du glucose sous forme de glycogène se fait mal, dans le foie comme dans les muscles qui stockent aussi du glycogène, la production d’acides gras devient dérégulée, en d’autres termes pour ce qui concerne plus précisément les acides gras l’hépatocyte n’y comprend plus rien et l’organisme tout entier en souffre car il faut bien que ces acides gras quittent le foie sinon il s’asphyxierait et ils sont alors stockés dans les adipocytes avec un développement de l’obésité. Ce que les biologistes tentent de comprendre et éventuellement de traiter c’est la relation de cause à effet initiale. Est-ce le surpoids qui entraine une insensibilisation à l’insuline ou l’inverse ? En réalité tous les regards se tournent vers un mauvais fonctionnement du récepteur de l’insuline qui est situé dans la membrane cellulaire des cellules cibles, foie muscle et tissu adipeux essentiellement. On a une petite idée du fonctionnement de ce récepteur qui est d’une complexité inattendue mais compréhensible dans la mesure où son rôle est d’établir à l’intérieur de la cellule une série de régulations extrêmement fines et également complexes pour le bon fonctionnement du métabolisme.

Si on examine le schéma (Wikipedia) résumant les divers effets de l’insuline, pour tenter de remédier au diabète de type II on n’a pas vraiment le choix puisque le récepteur de l’insuline (Wikipedia) est une vraie boite noire.

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Les biologistes du Scripps Research Institute à La Jolla en Californie qui travaillent sans relâche sur cette forme de diabète qui affecte près de 350 millions de personnes dans le monde ont finalement opté pour une sorte de retour en arrière afin de trouver de nouveaux médicaments. Pour tester des centaines de milliers de molécules chimiques dans un temps raisonnable on avait et on a toujours tendance à privilégier la cible que l’on veut atteindre en mettant au point un test rapide qui puisse être adapté au screening haute fréquence. C’est ce que l’on fait par exemple avec une activité enzymatique. Mais si on en revient à la bonne vieille observation des effets globaux sur des cellules en culture, par exemple, on a beaucoup plus de chances d’avoir un « hit » c’est-à-dire une réponse positive d’autant plus que le diabète de type II est un dysfonctionnement multifactoriel et non pas limité au seul récepteur de l’insuline. L’astuce a consisté à combiner le screening phénotypique et l’identification de la cible du composé chimique. Pour l’aspect phénotypique, c’est-à-dire la réponse de la cellule, le test consistait à repérer l’abondance des acides gras stockés dans des cellules de tissu adipeux en culture à l’aide d’un test de détection par fluorescence, généralement très facile à mettre en œuvre et rapidement détectable. Une fois le « hit » obtenu, il fallait identifier la cible en analysant cette fois quels sont les enzymes synthétisés en plus (ou moins) grande quantité que dans une cellule témoin. Cette étape est faite en séquençant les ARN messagers transcrits à l’aide de séquenceurs automatiques. Les biologistes du Scripps Institute ont finalement identifié la cible touchée qui est une hydrolase à sérine, un enzyme qui intervient dans l’immobilisation des acides gras dans les adipocytes plutôt que de les laisser retourner vers le foie.

Il fallait finalement vérifier si la molécule ainsi identifiée et active sur un enzyme qui n’avait jamais auparavant été envisagé comme intervenant dans l’obésité et le diabète de type II associé présentait aussi un effet sur des animaux de laboratoire comme par exemple des souris génétiquement modifiées pour être obèses et diabétiques et des souris normales soumises à un régime alimentaire les rendant obèses et diabétiques. Cette molécule s’est avérée active sur les deux lots d’animaux, diminuant significativement la prise de poids et normalisant la biochimie sanguine, glucose, triglycérides et cholestérol redevenus normaux. Un peu les mêmes effets que l’Avandia (rosiglitazone) qui a été retiré du marché en raison des effets secondaires sérieux, mais à une différence notoire près, cette molécule ne provoque pas d’accumulation d’acides gras au niveau du foie comme l’Avandia.

Ces résultats constituent donc une première quant à la démarche scientifique adoptée qui est initiée par des observations phénotypiques, certes sur des cultures de cellules, mais corroborées par l’identification génétique de la cible et enfin une vérification ultime sur des animaux. Cette stratégie est actuellement en cours d’élargissement pour espérer identifier d’autres cibles du diabète de type II mais sans pour autant trouver une explication à la perte de réactivité du récepteur de l’insuline, constat qui reste encore mystérieux. La recherche en biologie et en pharmacologie restera encore quelques années en quête de supplétifs médicamenteux tant que la vraie cause de l’apparition du diabète de type II ne sera pas formellement identifiée. Cette recherche risque d’être longue car il s’agit probablement de la résultante de multiples facteurs dont on méconnait à ce jour les effets cumulatifs sur un système aussi complexe que ce récepteur de l’insuline.

Source : Scripps Research Institute News Letters, illustrations Wikipedia

 

 

Comment le « Gaucho » tue les abeilles : le voile enfin levé !

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Le néonicotinoïde imidacloprid, un insecticide matière active du Gaucho. est considéré comme un neurotoxique puisqu’il est connu pour agir sur les récepteurs de l’acétylcholine, neurotransmetteur essentiel. De plus les néonicotinoïdes sont systémiques, c’est-à-dire qu’ils se répandent dans toute la plante. Cette remarque est importante puisque toutes les parties aériennes de la plante, dont les fleurs, le nectar et le pollen deviennent toxiques pour les insectes butineurs. Cependant, les quantités retrouvées sont tellement infimes que les fabricants de néonicotinoïdes ont utilisé cet argument pour affirmer – et on va le constater à tort – leur innocuité pour les populations d’abeilles en réorientant leurs arguments vers d’autres causes comme les virus ou d’autres parasites. Je me suis intéressé dans mon blog sur ce point particulier en ne mâchant pas mes propos : il suffit d’entrer « abeilles » dans l’onglet recherche pour retrouver mes billets. Puisque les néonicotinoïdes sont des neurotoxiques, le débat est-il clos ? Il n’en est rien, bien au contraire, et c’est même inquiétant à la vue des résultats qui viennent d’être publiés dans la revue PlosOne datée du 2 juillet obtenus par une équipe de biologistes de l’Université de Nottingham en Grande-Bretagne. Si l’imidacloprid est un neurotoxique, il est également un puissant perturbateur de l’expression des gènes, et en particulier des larves des abeilles, ce qui est beaucoup plus grave qu’on ne le supposait. L’étude a été réalisée minutieusement en mettant dans la hausse d’une ruche du sirop de sucre contenant 2 microgrammes d’imidacloprid par litre pendant quinze jours et en comparant l’expression des gènes et les profils des acides gras des larves avec celle d’une ruche témoin. C’est grâce à la puissance d’analyse des machines modernes que la découverte a pu être obtenue en analysant 300 ARN messagers de transcription différents et en analysant finement par spectrographie de masse couplée à un chromatographe en phase liquide les acides gras que l’effet de l’imidacloprid sur l’expression des gènes a pu être montré de manière non équivoque. L’expression de certains gènes est altérée et l’inverse a aussi été noté. Par exemple l’enzyme P450 impliqué dans de nombreux processus de détoxification est sur-exprimé, on pouvait un peu s’y attendre, mais d’autres enzymes du métabolisme central des sucres ou des acides gras voient leur expression complètement modifiée conduisant à un développement défectueux et à la mort des larves comme à une espérance de vie abrégée des abeilles adultes par une fragilisation de leur activité musculaire puisque le métabolisme des sucres est altéré, non pas au niveau des activités enzymatiques elles-mêmes mais de l’expression des gènes correspondants. Puisque les activités enzymatiques n’ont pas été isolément étudiées, une analyse des acides gras des larves a permis de corréler ces perturbations avec le profil des acides gras (voir les figures 2 et 4 de l’article de Kamila Derecka et al.) profondément modifié dans le cas de l’exposition à l’imidacloprid. Les auteurs de cette étude parfaitement documentée en déduisent que les néonicotinoïdes non seulement tuent en raison de leurs propriétés neurotoxiques mais également en perturbant l’expression des gènes et donc l’ensemble du métabolisme des abeilles, une observation jusque là inconnue qui explique parfaitement l’affaiblissement des ruchers même en présence de traces infimes de produit. Cette mauvaise santé induite rend les abeilles plus sensibles à d’autres facteurs de stress. Les auteurs insistent sur le fait que l’on pourrait assister à brève échéance à l’extinction pure et simple des insectes pollinisateurs. Quant à l’effet de l’imidacloprid sur les abeilles adultes, le fait qu’elles tardent à revenir dans la ruche peut parfaitement s’expliquer par une perturbation du métabolisme énergétique, les abeilles se fatigant tout simplement plus rapidement, comme l’analyse des ARN messagers des larves l’a clairement montré. Les néonicotinoïdes sont autorisés dans 120 pays et représentent aujourd’hui près du tiers de tous les insecticides utilisés, afin de préserver les insectes pollinisateurs, dont les abeilles, il est urgent de décider de leur totale interdiction sur l’ensemble de la planète quoique puissent en penser les agro-chimistes dont les mensonges répétés commencent à devenir insupportables surtout en regard de ces nouveaux résultats, car pourquoi ces substances n’auraient-elles pas aussi un effet analogue chez les vertébrés dont l’homme ? Sur la photo, les larves que l’on voit dans les alvéoles sont condamnées à une mort lente …

 

Lien vers l’article :

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0068191

Des bactéries qui produisent de l’essence, c’est presque fait !

On connait tous la bactérie Escherichia coli dont certaines souches peuvent être particulièrement pathogènes et entraîner des colites et des diarrhées douloureuses, d’où le nom de cette bactérie. Mais c’est aussi un animal de laboratoire utilisé dans le monde entier pour toutes sortes d’expériences qui sont devenues, avec le génie génétique, triviales au point d’utiliser cette bactérie pour produire des médicaments, des hormones, des vaccins, bref presque tout ce dont on pouvait encore rêver il y a seulement trente ans. Dans un autre registre cette bactérie est soumise à de lourdes manipulations génétiques pour produire de l’octane. Encore une fois, je ne m’attarderai pas sur le mot octane, tout le monde sait que c’est un constituant peu détonant de l’essence, on parle alors d’indice d’octane de l’essence. Les pétroliers cassent les hydrocarbures à longues chaines du pétrole pour enrichir les distillats en octane. Notre chère petite bactérie, enfant chéri des biologistes du monde entier, a aussi besoin d’acides gras à longues chaines carbonées pour former des membranes, des inclusions intracellulaires et bien d’autres métabolites car les acides gras ne sont pas l’apanage du jambon fumé mais un constituant essentiel de tout organisme vivant, y compris les bactéries aussi simple que E. coli. En augmentant l’expression de certaines voies métaboliques des acides gras et en en restreignant d’autres par diverses manipulations génétiques, une équipe de l’Université d’Harvard a pratiquement obtenu des bactéries qui produisent de l’octane à peu de frais, à condition naturellement qu’on leur donne quelque chose à manger, ce qui ne conduit pas encore à un bilan très positif mais l’opération est prometteuse et transposable à n’importe quel autre micro-organisme dont des algues qui puisent leur source de carbone directement dans l’atmosphère comme les plantes et leur énergie à partir du soleil. Le colibacille (E.coli) est donc une excellente plateforme pour développer une technologie performante de production d’hydrocarbures. En effet l’alcool produite par des levures à partir de sucre de canne, de betterave ou de maïs est un mauvais carburant et il faut dépenser presque autant d’énergie pour produire un gallon d’alcool que ce dernier en représente, une opération qui plait aux écologistes qui ne savent pas faire de règle de trois … Pour les bactéries et les algues modifiées génétiquement dans le but ultime de produire de l’octane qui leur est totalement inutile, l’approche est plus logique et économiquement (à terme) plus rentable.

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Source et crédit photo : Wyss Institute, Harvard University

Rythmes circadien (horloge biologique), diabète et obésité, la solution ?

Il y a quelques jours je me suis arrêté sur un article relatant la prise de poids par des souris (de laboratoire) quand elles se nourrissaient inconsidérément, c’est-à-dire quand elles étaient inactives, le plus souvent le jour, car les souris sont des animaux plutôt nocturnes. L’expérience avec du fructose sur ces mêmes souris, que j’avais relaté dans un précédent billet sur la mal-bouffe dans ce blog, accélérait encore cette prise de poids rendant ces souris plus rapidement obèses en jouant sur l’inhibition de la sensation de satiété.
Or le rythme naturel de la prise de nourriture est commandé par les périodes d’activité qui requièrent un apport en énergie pour l’organisme, du glucose pour le cerveau et toutes sortes d’autres nutriments pour le reste, et la baisse du taux de glucose dans le sang induit ce que l’on appelle la gluconéogénèse, c’est-à-dire la synthèse de glucose non plus à partir du glycogène stocké dans le foie pour un usage postérieur à la digestion, mais à partir de petits métabolites comme le pyruvate ou l’acétate issus entre autres des acides gras. Je passe sur les détails, mais ce processus est relativement couteux en énergie et ça peut se comprendre puisque le glucose est la principale source d’énergie dans l’organisme au niveau des cellules et sa synthèse est donc couteuse en énergie.
L’alternance entre les épisodes d’activité et d’inactivité est non seulement commandée par l’alternance jour-nuit mais par un mécanisme extraordinairement complexe qui régule le rythme circadien (l’horloge biologique) et par voie de conséquence régule également la faim et le stockage du glucose ou sa néo-synthèse dans le foie.
Or depuis plusieurs années on s’est aperçu qu’une perturbation de ce rythme circadien, artificiellement créé avec des souris mutantes dont le rythme est perturbé, non seulement pouvait favoriser une augmentation pathologique des triglycérides dans le sang qui se trouvent normalement à leur plus bas taux quand les souris sont en pleine activité (la nuit) et que l’obésité les guettait. Mais on n’avait pas trouvé de lien avec la gluconéogénèse pourtant liée très intimement à la régulation des acides gras (triglycérides) dans le sang circulant. Bref, même si on s’attendait un peu à une influence de notre horloge interne sur nos habitudes à se goinfrer à heures plus ou moins fixes, on ignorait l’influence de ce mécanisme sur le taux de glucose sanguin.

C’est ce que viennent de découvrir par hasard une équipe de biologistes de l’Université de Californie à San Diego en collaboration avec la Scripps Institution à La Jolla au nord de San Diego.
En utilisant un très astucieux protocole de screening de nouvelles molécules agissant sur le rythme circadien ou l’horloge biologique qui rythme toutes nos activités métaboliques y compris le sommeil. Ils ont utilisé des cellules humaines en culture qui avaient été modifiées afin de devenir luminescentes quand leur horloge biologique était active, c’est-à-dire pour résumer quand un pigment appelé cryptochrome était effectivement présent à l’intérieur des cellules en culture. Et bingo ! Une petite molécule provenant d’une banque de produits chimiques (120 000 produits différents) utilisée pour les screenings automatisés à grande échelle et grande vitesse « allumait » si l’on peut dire le rythme circadien plus de dix heures de plus que la normale puisque les cellules en culture restaient luminescentes plus longtemps que la normale. Maintenant qu’ils avaient découvert cette molécule relativement simple, ils ont poursuivi leurs études cette fois-ci sur des cellules hépatiques en culture et ont montré sans ambiguité qu’effectivement cette molécule inhibait la gluconéogénèse induite par le glucagon, l’hormone qui agit à l’inverse de l’insuline dans le processus de régulation du taux de glucose sanguin.

Comme l’a déclaré Steve Kay, le leader de cette étude, cette découverte ouvre la voie vers tellement d’applications thérapeutiques qu’il est difficile de toutes les imaginer à l’heure actuelle.

On distingue sur cette image du robot utilisé pour le screening haute fréquence un rectangle clair qui est une boite contenant 96 petits puits dans lesquels se trouvent les cellules en culture qui sera ensuite transférée dans un autre appareil de mesure de la luminescence.
Source : ucsdnews press release.