C’est toujours une question de dates !

 

Quand on est en plein hiver, on sait qu’au mieux la fin du mois de mars verra les frimas reculer au nord de l’Europe et qu’au même moment le blé sortira de terre et le colza et les amandiers fleuriront. C’est lié à la rotation de la terre autour du soleil avec bizarrement son axe de rotation incliné par rapport à son orbite.

En politique, la France a décidé d’une rotation de cinq ans avec un axe de rotation penché à gauche et une demi-saison ponctuée par des élections municipales et européennes, si j’ai bonne mémoire. Tant qu’à faire, puisque le printemps arrivera bien un jour, les politiciens au pouvoir jouent sur les dates pour atteindre leurs objectifs, ces objectifs qu’ils avaient promis à leurs électeurs pour tout de suite. Par exemple, le non-cumul des mandats (contre lequel la gauche alors dans l’opposition avait voté contre) annoncé par le candidat à la Présidence ne se concrétisera finalement qu’en 2017, et pour cause : pour se plier à une telle loi, nos politiciens, de droite comme de gauche, devront accepter en premier lieu une diminution drastique de leurs émoluments et ensuite perdre éventuellement les sièges qu’ils abandonneront à l’occasion d’élections partielles, le mécontentement étant tellement criant qu’ils risqueraient de perdre beaucoup de plumes si le Marquis de l’Elysée décidait in fine de faire passer cette loi (il ne la fera pas passer, il n’en est plus à un désaveu près). Donc le non-cumul est repoussé à 2017 mais encore faudra-t-il que les politiciens renoncent courageusement à tous leurs avantages car après tout ils décident pour eux-mêmes et se moquent dans ce cas de figure de leurs électeurs.

Pour le retour à l’équilibre budgétaire, le jeu des dates est carrément caricatural. Le Ministre du budget persistait et signait encore il y a quelques jours que la croissance serait au rendez-vous en 2013, une croissance du genre 0,8 % qui ne sera jamais atteinte contrairement à ce que prévoit l’INSEE, prévision infirmée par Eurostat. Mais le même Ministre continue son persiflage et a repoussé le retour à l’équilibre pour 2017 et le cap fatidique des 3 %, au fait, mais c’est  pour quand ? Je n’ai pas trop saisi, 2015 ? donc après les municipales, bon, prenons acte !

Et la réduction des dépenses de l’Etat, probablement aussi pour 2017, au point où on en est ça paraît plausible. Et je passe sur les retraites, les 35 heures, cette loi inique décidée par Martine Aubry entre deux soirées copieusement arrosées. Tout le monde s’accorde pour dire que cette histoire des 35 heures est un fiasco total, je me reprends, sauf la CGT qui défend le 4/8, une organisation du travail qui mathématiquement oblige les salariés à ne rien faire 60 % de leur temps pour faire semblant de travailler 35 heures par semaine tout en gagnant autant que s’ils travaillaient 39 heures. Avouez tout de même qu’on est en plein délire. On peut continuer dans ce registre avec l’inflexion de la courbe du chômage promise pour la fin de l’année 2013. Là encore ça tient du rêve, la dure réalité sera toute autre : mécaniquement, les mesures fiscales décidées par l’équipe au pouvoir ne peuvent résulter qu’en une aggravation explosive du chômage. L’emploi pourrait peut-être reprendre, disons vers 2015 mais bien plus surement en 2017.

Donc, pour conclure avec cette série de dates et de chiffres, tout sera repoussé en 2017, à moins qu’il y ait des élections présidentielles anticipées, ce qui remettrait alors tout en cause.

Bon week-end.