Brève. La grande nouvelle du jour !

7171051278_161c79e969_b

Depuis le dimanche 6 juillet de l’année extraordinaire 2014, on ne peut plus payer son ticket de bus avec de la monnaie et encore moins des billets et il n’y a d’ailleurs plus de tickets. Mais où un tel événement peut-il bien avoir eu lieu pour qu’il fasse la une de certaines gazettes bien informées ? Tout simplement à Londres ! Les Anglais sont vraiment à l’avant-garde du progrès pour préserver la sécurité et l’hygiène des chauffeurs d’autobus. Cela fait pratiquement dix ans qu’il en est ainsi au Japon, pays où on peut aussi utiliser son smartphone pour payer le bus, le métro ou le train. Mais bon, on ne va pas dire que les Anglais sont à la traine, ils risqueraient de perdre leur humour. Quant aux Français la grande innovation fut le Navigo, il y a quelques années, au moins à Paris et alentour, mais c’est un schmilblick nominatif et on se demande toujours pourquoi. La carte de paiement Suica japonaise sert non seulement pour payer le train et le métro, par exemple à Tokyo, mais on peut aussi l’utiliser dans n’importe quel magasin pour se payer une bière ou un sandwich et on la recharge avec du cash dans n’importe quelle gare ou station de métro. En Europe, du moins à Londres, on progresse dans la bonne direction …

Photo du 07-07-2014 à 12.50

Ségolène Royal, réincarnation de Dominique Voynet, en pire, pour le plus grand malheur de la France et des Français !

Sanmen 2 RPV completed 460  (SNPTC)

Alors que la Grande-Bretagne a approché la Chine pour construire sur son sol au moins deux réacteurs nucléaires dont les pièces maîtresses seront manufacturées en Chine par la firme China First Heavy Industries sous licence Westinghouse (voir l’illustration), alors que la Chine a actuellement une vingtaine de réacteurs nucléaires en construction dont le premier EPR de technologie Areva-EDF sur le site de Taishan va probablement monter en puissance avant la fin de l’année 2014 bien avant celui de la Finlande, alors que le Japon envisage de plus en plus sérieusement et autoritairement de faire repartir le plus vite possible au moins 20 réacteurs nucléaires avant la fin de l’année en faisant fi des oppositions locales téléguidées par des ONG non japonaises car les importations d’hydrocarbures, gaz naturel liquéfié compris, sont un immense gouffre financier (112 milliards de dollars pour l’année fiscale 2012-2013), alors enfin que le Danemark a donné son feu vert pour l’exploitation des gigantesques gisements d’uranium (et de lanthanides ou terres rares) du Groenland, ce qui fera chuter à terme le cours de la matière première appelée « yellow cake », la France, minée par le soigneux travail de sape des écologistes emmenés par Greenpeace et le WWF pour ne citer que ceux-là, prend des décisions complètement à contre courant, c’est carrément affligeant pour ne pas dire extrêmement préoccupant pour l’avenir de la France !

Il fallait d’ailleurs s’y attendre puisque, motivé par une démagogie pure et dure, le candidat Hollande avait martelé en 2012 qu’il allait fermer la centrale de Fessenheim et que la part du nucléaire dans le package électrique français descendrait à 50 % à l’horizon 2025. La Miss Royal, mandatée par son ex compagnon après l’éviction de l’ancien faucheur d’OGM promu ministre de l’énergie afin de disposer d’une retraite généreuse pour poursuivre son activisme scandaleux, cette Miss Royal donc, une écologiste embusquée qui ne veut pas annoncer la couleur de ses pensées et de ses opinions, a pourtant dévoilé sa face cachée et c’est quasiment lunaire ! Allusion à la face cachée de la Lune qu’on ne peut pas voir …

Pour Fessenheim, c’est dit et redit malgré les recommandations de l’ASN, les deux réacteurs seront arrêtés (définitivement) en 2016. Manque à gagner pour EDF qui a pourtant reçu l’autorisation de l’ASN d’exploiter ces réacteurs pendant au moins dix années supplémentaires : 38 milliards d’euros, et c’est une estimation a minima ! La Miss Royal en a-t-elle dit un mot ? Silence on tourne, the green show must go on ! Silence aussi à propos du mépris évident et indécent du gouvernement au sujet des avis autorisés de l’ASN … Et c’est un comportement coutumier des socialistes quand ils sont au pouvoir, le mépris total des recommandations de ceux qui maîtrisent le sujet. L’arrêt de Superphénix a été décrété par Jospin et son porte-parole écolo Dominique Voynet dans le plus total mépris des recommandations des autorités compétentes, des traités dûment signés avec les pays collaborant à cette entreprise européenne, cette décision n’a jamais été soumise ni à l’approbation des instances démocratiquement élues telles que l’Assemblée ou le Sénat ni au peuple Français qui était en dernier ressort actionnaire de ce projet pourtant prometteur en termes de production d’énergie à très bas coût puisqu’il s’agissait de « brûler » des déchets. Mais les écologistes étaient passé par là … Coût de l’opération pour satisfaire ces idéologues : 50 milliards d’euros d’aujourd’hui, une paille ! Qui a payé la facture ? Les contribuables comme toujours …

L’autre volet du programme du « Nouveau modèle énergétique » de la France exposé par la Miss Royal stipule qu’en 2025 l’énergie nucléaire ne devra plus représenter que 50 % de la production totale d’électricité, c’est-à-dire, si on prend la peine de décrypter, qu’à production égale d’électricité (63 GWe actuellement) il faudra inévitablement fermer la plupart des 20 plus vieux réacteurs nucléaires de la série des 900 MW, installer au moins 25000 éoliennes de nouvelle génération et prévoir dans le même temps la construction de centrales électriques au gaz pour pallier aux fluctuations imprévisibles de la production éolienne. L’EPR de Flamanville ne va même pas compenser la fermeture des deux tranches de Fessenheim quand il sera couplé au réseau, mais quand ? On n’en sait encore rien, certainement pas en 2016. Les malversations à répétition de Bouygues, maître d’oeuvre du génie civil du chantier de Flamanville, ont retardé le projet de plusieurs années, et quand on sait que cette société a été choisie par le gouvernement, qu’il soit passé ou présent, il n’y a d’ailleurs pas de différence, on est en droit de se poser de sérieuses questions quant à la collusion entre l’Etat et les grandes sociétés de l’ensemble du CAC40 !

L’autre côté de la face cachée du programme défini par le candidat Hollande et repris par son ancienne compagne, la Miss Royal, est une réduction de 40 % des émissions de carbone d’ici 2030. D’abord faire des prévisions à long terme ne ressemble pas vraiment aux mœurs des politiciens qui ne décident en général qu’en fonction des échéances électorales prochaines, alors 16 ans, c’est dans le domaine du rêve et de la masturbation intellectuelle forcenée et compulsive teintée d’idéologie marxisante et écolo. Quant à la réduction de la consommation d’énergie de 50 % d’ici 2050, rebelote et dix de der … Même De Gaulle qui fut pourtant le seul homme politique français visionnaire du XXe siècle se contentait de plans quinquennaux !

Pas en reste dans son délire, la Miss Royal, fortement encouragée par le Président qui fut le père de ses enfants en son temps (même pas PACSés, c’est mieux pour le business et les impôts, cf le patrimoine immobilier de ce faux couple) en a rajouté une grosse couche en déclarant le nez en l’air et avec sa voix de fausset, je suppose, parce que je n’ai pas la télévision chez moi et voir Royal élucubrer en direct m’aurait donné la nausée, qu’il faudra pour atteindre cet objectif convertir 7 millions de véhicules à essence en véhicules électriques, or, et c’est catastrophiquement anti-écologique, il n’y en a que 10000 actuellement en circulation en France. Si on fait le calcul, et je l’ai fait à plusieurs reprises dans mon blog, pour atteindre les objectifs entre parenthèses totalement hors d’atteinte, de réduction des émissions de carbone de la France, c’est aux transports qu’il faut effectivement s’attaquer en tout premier lieu, pas à la petite cuillère comme le prévoit la Miss Royal, mais à la grosse louche ! Il y a en circulation en France, hors la transhumance touristique européenne sur les autoroutes payées par les contribuables mais exploitées pour leur plus grand bien par des compagnies privées (c’était juste une remarque en passant), 35 millions de véhicules. Pour atteindre les objectifs des écologistes de réduction des émissions de carbone, le transport représente en France 60 % de celles-ci, il faut impérativement et d’urgence convertir au minimum 600000 véhicules par an en tout électrique, et pour ce faire il faut produire l’équivalent d’un EPR chaque année en électricité pour recharger les dits véhicules, pour seulement satisfaire l’objectif européen de diminution de 20 % avant 2025. La Miss Royal, pas démagogue pour un sou, veut 40 % en 2030. Si l’on s’arrête sur l’objectif butoir européen de 20 % de diminution des émissions de carbone d’ici 2025, soit 600000 véhicules convertis au tout électrique chaque année, il vaut mieux le répéter pour comprendre l’immensité de cette ineptie, promettant 10000 euros d’aide financière par véhicule, c’est la Miss Royal qui l’a dit, la facture va grossir de 6 milliards d’euros chaque année. Qu’à cela ne tienne, il suffira d’augmenter les taxes sur le kilowattheure, après tout l’essence est bien taxée comme les cigarettes et l’alcool, pourquoi pas aussi l’électricité ?

Le résultat attendu mais que la Miss Royal s’est bien gardé d’annoncer est une paupérisation inévitable de l’ensemble de la population qui devra payer son énergie beaucoup plus chère mais aussi une mise à mal critique de l’industrie et du commerce dans leur ensemble. Ceux qui en profiteront seront les investisseurs dans l’éolien et le solaire, des investisseurs obscurs, le plus souvent étrangers du genre mafias apatrides ou hedge funds, attirés par le profit, maqués avec les politiciens locaux qui disposent à discrétion des pouvoirs de décision qui n’entraveront pas un projet écolo contre un confortable dessous-de-table, comme Bolloré par exemple qui a déjà proposé aux collectivités locales, notamment à Paris, des autobus tout électrique car comme nul ne l’ignore, Vincent Bolloré n’a jamais dissimulé ses affinités socialistes mais aussi sa profonde attirance pour le profit, comme quoi les deux points de vue ne sont pas incompatibles surtout quand ce sont les contribuables qui paient au final.

Les investissements d’EDF et d’Areva dans les énergies renouvelables, ce qui n’est pas leur mission première, sont déjà payés par des taxes sur l’électricité qui vont continuer à inexorablement augmenter. La France va voir le prix de son kilowattheure rattraper celui de l’Allemagne en triplant et ce plan de la Miss Royal, au final, est un arrêt de mort du pays soigneusement programmé par les écologistes dont cette sinistre opportuniste, je parle de la Miss Royal, est une sympathisante inconditionnelle. Pour tenter de ne pas totalement perdre la face dans le ridicule de sa démonstration la Miss Royal a déclaré à la fin de son allocution surréaliste, je cite un journal américain en ligne :

« We will not exit nuclear energy – that is not the decision we are making, » Royal said. « It is thanks to nuclear energy that we can make this energy transition in an unperturbed way. » En français ça donne à peu près :

« Nous ne sortirons pas de l’énergie nucléaire, ce n’est pas la décision que nous prenons. C’est grâce à l’énergie nucléaire que nous pouvons réaliser cette transition énergétique de manière non perturbante ». Je laisse à une intelligence supérieure le soin de comprendre ce dernier propos qui de mon point de vue défie le bon sens car il est totalement abscons. La question est donc, et je la pose aux écologistes d’intelligence exceptionnelle, s’il en existe, pourquoi s’acharner sur la production d’électricité d’origine nucléaire alors que c’est la seule source d’énergie (avec l’hydroélectrique) qui ne produit pas de carbone, qui ne risque pas de perturber le climat futur dans un sens ou dans l’autre et qui est et restera encore longtemps à un prix supportable tant par les consommateurs que par les industriels et les contribuables français (et du monde entier, je pense par exemple à l’Inde et à la Chine) car le parc nucléaire français représente de fait une réelle opportunité pour l’économie de la France. Pour information, selon une récente étude de l’Agence Internationale de l’Energie, les centrales nucléaires françaises produisent un kWh à 1,7 centime d’euros, les éoliennes de nouvelle génération off-shore produisent un kWh à 13 centimes et les panneaux photovoltaïques un kWh à 31 centimes quand il s’agit de grandes « fermes » solaires. Quant au photovoltaïque privé captif, il faut compter environ 1 euro par kWh sans même avoir la possibilité de recharger sa trottinette électrique ni se chauffer, cela va de soi. Il n’y a même pas besoin d’épiloguer …

L’Allemagne vient de se rendre compte que sa transition énergétique téléguidée par les Verts pourrait bien être catastrophique pour son économie, le Danemark, le pays européen où l’électricité est la plus coûteuse est en récession, l’Espagne confrontée à la situation périlleuse de ses banques qui ont tout misé dans les énergies dites renouvelables et doivent faire face à 250 milliards d’euros de créances douteuses liées à ces projets énergétiques babyloniens a décidé de dénoncer les contrats de rachat avantageux de l’électricité dite renouvelable car les compagnies d’électricité sont au bord de l’asphyxie, les Pays-Bas pour les mêmes raisons sont au bord de la récession et enfin l’Italie songe à des investissements presque en urgence dans le nucléaire pour sortir de son marasme économique mais trop tard car le mal est déjà fait, bref, tous ces pays se sont retrouvé au pied du mur car le choix des sources d’énergie alternative est tout simplement intenable économiquement, financièrement et socialement.

Le seul facteur qui puisse favoriser une expansion économique dans quelque pays que ce soit est une énergie bon marché et le passé est là pour le prouver. La crise pétrolière de 1973 qui a vu le prix du pétrole multiplié par 10 l’a confirmé, elle a mis brutalement fin aux 30 Glorieuses !

La Miss Royal n’a même pas mentionné l’opportunité offerte par les potentialités de l’exploitation du gaz naturel des roches mères sur le territoire français, c’est tellement politiquement incorrect qu’il était opportun pour son avenir politique d’éluder la question. Bien au contraire et dans la même optique idéologique le code minier, totalement suranné et inadapté aux réalités présentes a été modifié en catimini pour satisfaire les écologistes afin d’être en ligne avec leurs desseins malthusiens : peut-être que dans cinquante ans, nos petits enfants couverts d’impôts pour rembourser la dette de leurs aïeuls se diront qu’après tout ces écolos avaient raison en préservant les richesses du sous-sol de l’Hexagone, voilà le raisonnement des écolos dont fait partie la Miss Royal mais entre temps, la situation sera devenue tellement critique en raison de l’incurie des politiciens au pouvoir depuis 30 ans en France qu’il ne sera plus possible de trouver une alternative autre que le nucléaire, mais ce sera trop tard, bien trop tard, car la France a déjà décroché en R&D dans ce domaine. Et toute cette gesticulation, c’est tout simplement n’importe quoi car selon les estimations irréfutables de l’administration américaine équivalente du BRGM la France regorge dans son sous-sol de gaz naturel, de quoi subvenir pendant au moins 200 ans à ses besoins : renversant ! Mais la Miss Royal a soigneusement éludé ce point dans son discours, cela aurait été par trop politiquement incorrect, je l’ai déjà dit ! Même chose pour le gigantesque gisement de charbon situé dans la Nièvre, facilement accessible et encore inviolé à ce jour. Selon les estimations du BRGM il y aurait dans la Nièvre autant de charbon de bonne qualité qu’en Pologne, environ 5 milliards de tonnes soit 250 années au rythme actuel de la consommation de charbon en France, ça fait rêver …

Il reste un point important que la Miss Royal a aussi éludé soigneusement car il se serait agi de mettre le doigt là où ça peut faire très mal. Fermer autoritairement 20 réacteurs nucléaires parmi les plus anciens du parc électronucléaire français est une flagrante atteinte au patrimoine industriel français. Comme s’il fallait préparer cette manœuvre, l’Etat français, c’est-à-dire l’ensemble des contribuables, propriétaire d’EDF, envisage très sérieusement de vendre une partie conséquente du capital de l’entreprise. On se demande d’ailleurs si cette décision est la bien venue en annonçant la veille que le parc nucléaire sera à terme tronqué du tiers de ses unités de production, mais bon, la logique des politiciens dépasse le plus souvent l’entendement. Bref, il est évident que la CGT en particulier qui a toujours été respectueusement attachée à l’outil industriel d’EDF et a également toujours oeuvré pour la sécurité des installations, ne l’entendra certainement pas de la même oreille que la Miss Royal. Il serait opportun de rappeler que lorsque De Gaulle a mis en place le programme électronucléaire PWR, abandonnant progressivement la filière graphite-gaz, c’est la main dans la main avec le Parti Communiste Français, alors un parti politique puissant, que cette décision a été prise. Le pays a toujours été fier de cette réalisation unique au monde, à juste titre d’ailleurs. Il est évident qu’il va y avoir une forte opposition syndicale à la fermeture d’une quelconque centrale nucléaire surtout si l’ASN considère que techniquement et sur le plan de la sureté celle-ci peut encore fonctionner 10, 20 ou 30 ans. La CGT connait l’industrie nucléaire de l’intérieur et non pas comme Greenpeace qui se contente d’actions spectaculaires de l’extérieur ou comme le Criirad qui falsifie des résultats scientifiques, cf le césium au sommet du Puy-de-Dôme qui d’après le Criirad provenait de Fukushima. La CGT a au moins gardé une certaine idée ambitieuse de la nation et on ne peut certainement pas le lui reprocher. Je souhaite bon courage à la Miss Royal ! Il se pourrait que ce syndicat saisisse la justice afin de contrer les décisions gouvernementales mais malheureusement il n’existe plus de justice indépendante en France … Comme le dit H16 sur son blog, ce pays est définitivement foutu !

Sources (puisque je mets un point d’honneur à citer mes sources) : Wall Street Journal, divers blogs économiques américains, BRGM et The Guardian. Liens sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/01/25/fessenheim-et-superphenix-on-prend-les-memes-et-on-recommence/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/30/la-directive-europeenne-20-20-20-est-une-pure-utopie-la-preuve/

http://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/24/france-fracking-ou-pas-fracking-question-a-1000-milliards-deuros/

Note : Miss en anglais = Mademoiselle

Billet également publié sur mauvaisenouvelle.fr

Les Sénateurs ont pété un gros plomb !

Je livre brute cette dépêche d’agence qui vaut son pesant d’étincelles en 24 volts à mes lecteurs fidèles. Cette dépêche appelle deux remarques et je laisse mes lecteurs se reporter à un précédent billet de ce blog sur la directive 20-20-20 de Bruxelles pour plus de précisions. Dire que 25000 véhicules électriques représentent déjà 0,5 % du parc automobile français est une première grossière erreur, il faut lire 0,07 % et affirmer que la France est leader dans le domaine est un gros foutage de gueule ! Pour les bornes de rechargement, il faudrait en installer près de 22000 selon les souhaits des sénateurs (une borne pour 3000 habitants dans un premier temps) juste assez pour recharger simultanément les 25000 véhicules électriques déjà existants, y compris celui du Ministre ! Deuxième foutage de gueule … Espérons que ce n’est pas l’AFP qui répand de fausses informations …

Le Sénat vote une proposition de loi en faveur des véhicules électriques

Paris – Le Sénat a voté mardi à l’unanimité une proposition de loi socialiste destinée à favoriser les véhicules électriques en accélérant le déploiement de bornes de recharges. Le texte déjà adopté à l’Assemblée nationale doit à présent faire l’objet d’une commission paritaire mixte (CMP, 7 députés et 7 sénateurs) qui sera chargée de trouver une version commune aux deux chambres.

Pour favoriser l’usage des véhicules électriques afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et consolider le développement de cette industrie, il faut que les utilisateurs soient assurés de pouvoir facilement recharger leurs véhicules, ce qui nécessite le déploiement d’un réseau d’infrastructures de bornes, ont convenu les intervenants. Aujourd’hui, cette mission est confiée aux seules communes.

La proposition de loi prévoit d’exonérer de redevance l’opérateur de l’État qui implante, dans le cadre d’un projet national, des bornes de recharge de véhicules électriques sur le domaine public. Elle a pour objectif de doubler le nombre de points de recharge d’ici à la fin de l’année.

En demandant au gouvernement d’aller encore plus loin, l’UMP soutient cette proposition de loi pour soutenir cette filière où la France se distingue, a déclaré Louis Nègre (UMP).

L’UDI soutient les objectifs de ce texte, a souligné pour sa part Jean-Claude Merceron (UDI-UC).

Quant à Evelyne Didier (CRC, Communiste, républicain et citoyen), elle a annoncé le soutien de son groupe au regard des enjeux environnementaux.

Ce petit texte d’un seul article aura de grands effets, a souligné de son côté le rapporteur de la commission du développement durable Jean-Jacques Filleul (PS). La mesure proposée est simple, technique et politique; elle sera lourde de conséquences, a-t-il ajouté en rappelant que la France est leader en matière d’électro-mobilité et de transition énergétique.

Selon M. Filleul, avec 25.000 véhicules, les véhicules électriques représentent 0,5% du parc automobile français, en hausse de 50% depuis 2012, mais les premiers chiffres de 2014 témoignent d’une fragilité due au prix des batteries, qui devrait toutefois baisser avec l’effet de série.

Pour Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie qui a lui-même une voiture électrique de fonction, le véhicule électrique, c’est aussi le plein à 2 euros, et le prix des batteries est destiné à baisser sensiblement.

Au cours du débat, M. Montebourg a annoncé que le dispositif du programme d’investissements d’avenir en faveur des projets d’infrastructures de recharge des collectivités serait prolongé jusqu’à la fin de l’année 2015. Les seuils d’éligibilité vont être abaissés d’ici la fin juin pour élargir le cercle des territoires, notamment les plus ruraux, pouvant bénéficier des 50 millions alloués à cette action, a-t-il précisé.

Concrètement, le seuil relatif au coût total des projets va être divisé par 2, passant de 400.000 euros à 200.000 euros, et le seuil de population fixé à 200.000 habitants jusqu’à présent va être remplacé par un seuil de densité du maillage d’une borne pour 3.000 habitants.

Le ministre a aussi annoncé une révision du décret qui avait revu à la baisse le bonus écologiste pour l’achat de véhicules électriques.

(©AFP / 03 juin 2014 18h55)

La directive européenne « 20-20-20 » est une pure utopie, la preuve.

En faisant les comptes rapidement, pour atteindre le fameux 20-20-20 européen, l’objectif de la Commission européenne consistant à réduire de 20 % les émissions de CO2, d’atteindre 20 % de l’électricité produite avec les énergies renouvelables et de réduire la consommation d’électricité de 20 % en 2020, c’est-à-dire dans six ans, la part prépondérante des véhicules automobiles dans les émissions de carbone est tout simplement ignorée dans ce programme ambitieux et de toutes les façons utopique. En effet, dans la plupart des pays européens les émissions de carbone sont dues non seulement à la production d’énergie électrique mais aussi (et surtout) aux transports. Les différences en pourcentage entre les divers pays d’Europe tient au fait que la production d’électricité est soit entièrement tributaire des combustibles fossiles comme c’est le cas par exemple de la Pologne soit au contraire dans le cas de la France liée à plus de 95 % au nucléaire et à l’hydroélectricité. Et c’est là que réside l’erreur de cet objectif totalement hors de portée qui n’est encore, faut-il le rappeler, qu’une nouvelle manifestation des délires des écologistes qui ont fait passer cette lubie par la Commission et le Parlement européens à force de lobbying idéologique forcené. Il faut préciser que les fabricants d’automobiles européens, que ce soit les Allemands, les Français ou les Italiens et dans une moindre mesure les Espagnols ont fortement insisté pour que les automobiles ne soient même pas mentionnées dans les directives européenne du « trois fois 20 », chacun peut donc dormir sur ses deux oreilles, en particulier les syndicats, car mettre à mal l’industrie automobile pourrait provoquer un gros désordre social à l’échelle de l’Union.

Mais revenons aux paysages énergétiques, dans le cas de la Pologne une seule tentative de projet électronucléaire a échoué dans les années 80 sur le site de Elektrownia Jądrowa Żarnowiec et on n’en a plus jamais reparlé surtout après l’accident de Tchernobyl. L’objectif européen du 20-20-20 pour la Pologne consisterait donc à convertir une partie loin d’être négligeable du parc automobile en voitures électriques, à considérablement améliorer l’isolation des habitations et des locaux industriels et commerciaux et enfin à capter et piéger systématiquement le CO2 émis par les centrales électriques utilisant essentiellement du charbon et accessoirement du gaz. L’objectif d’amélioration de l’habitat concerne les particuliers en priorité et on ne voit pas clairement comment le gouvernement polonais pourra inciter la population à consentir à un effort aussi difficile à atteindre. Quant aux techniques de captage et de séquestration du CO2, autant dire que le surcoût sur la production d’électricité ne pourra jamais passer auprès des particuliers et encore moins auprès des industriels. La situation restera donc inchangée quels que soient les rappels à l’ordre de la Commission Européenne.

Dans le cas de la France la situation a le mérite d’être plus claire puisque la production d’électricité est essentiellement propre en termes d’émissions de carbone, la France est en effet une exception mondiale, avec peut-être la Belgique, en ce qui concerne les émissions de CO2 rapportées aux kW produits. Mais pour atteindre cet objectif des « trois fois 20 » en matière d’émissions de carbone il ne reste que le transport qui est le premier poste, et de très loin, de production de CO2 dans l’Hexagone. Pour les logements une majorité d’entre eux sont déjà isolés efficacement et il y aurait, certes, des améliorations à apporter mais encore une fois ce sont surtout les particuliers qui doivent mettre la main à la poche avec des retours sur investissements pouvant atteindre parfois plus de 30 ans, autant dire que la plupart des propriétaires de maisons ou d’appartements se posent la question, bien à propos d’ailleurs, de la justification de dépenses d’isolation afin de réaliser de maigres économies sur leurs factures d’électricité ou de gaz qui même si elles ne cessent d’augmenter ne réduira pas le temps d’amortissement très long de ces travaux.

Quant aux transports, c’est une toute autre histoire et l’aspect caricatural de l’objectif européen se révèle au grand jour. Prenons l’exemple de la Californie et c’est très révélateur de l’ineptie des directives européennes du « trois fois 20 ». Si vous vous promenez à Mountain View (Silicon Valley, près de Palo Alto) ou à La Jolla (banlieue nord high-tech de San Diego) vous verrez plus de Tesla, de Nissan Leaf ou de Toyota Prius que partout ailleurs dans le monde, tout simplement parce qu’il y a des bornes de rechargement partout qu’on paye avec sa carte de crédit, dans les parkings des supermarchés et des entreprises et chaque maison individuelle a aussi sa prise sur laquelle on « plug » sa voiture électrique. Mais attention, ce ne sont que de microscopiques exemples qui ne seront jamais une règle générale y compris dans l’Etat de Californie tout simplement parce que les infrastructures nécessaires pour atteindre ne serait-ce que 5 % de l’ensemble des véhicules automobiles circulant dans l’Etat n’existent pas. Qui plus est la production d’électricité actuelle ne pourrait même pas supporter un aussi infime pourcentage de conversion des automobiles de l’essence vers l’électricité.

elon-musk-100

Prenons l’exemple de la Tesla, la voiture phare d’Elon Musk (photo Reuters) qui parie sur un développement rapide de ce type de véhicule dans les années à venir comme d’ailleurs Bolloré ou Renault en France. Cette voiture embarque une batterie de 300 kg logée sous le plancher de la voiture qui occupe un espace de deux mètres de long sur un mètre vingt de large lui permettant une autonomie de 480 kilomètres. Sur le papier c’est génial sauf qu’il faut environ 6 heures pour recharger ce monstre. Et pour pouvoir effectuer cette recharge il faut de l’électricité, et c’est là tout le problème. Si la Tesla est de plus en plus populaire, elle l’est surtout dans les milieux aisés et « branchés », sans aucun jeu de mot, car c’est un petit jouet plus coûteux encore que la Prius. C’est donc le prix de ces véhicules tout électrique qui freine leur succès ainsi que la régulation sur les types de batteries embarquées, les batteries lithium-ion sont interdites dans les voitures (aux USA) depuis les déboires du Dream Liner de Boeing.

p01wjh6x

Qu’à cela ne tienne, Tesla a décidé de construire une méga-usine pour produire des batteries traditionnelles qu’elle achète actuellement au prix fort au Japonais Panasonic compte tenu du succès relatif de la voiture mais il ne faut pas trop se réjouir car un engouement soudain pour les voitures tout électrique que ce soit en Californie ou en Europe, comme par exemple en France, mettrait le réseau électrique en grand danger et la raison est très simple à comprendre. Si l’objectif du « trois fois 20 » de la Commission européenne était appliqué, il faudrait en France convertir plus de 350000 véhicules automobiles à essence en tout électrique chaque année pour être en conformité avec les exigences irréalistes des écologistes. Charger ces véhicules lorsqu’ils sont à l’arrêt, cela va de soi, suppose qu’une très grande majorité d’entre eux seront branchés après les heures de travail. Pour satisfaire cette demande en énergie électrique il faudrait disposer chaque année d’une puissance supplémentaire d’environ 1500 MW électriques, le parc automobile français, 35 millions de véhicules, engouffre en effet l’équivalent, en puissance, d’environ 15000 MW électriques. C’est à peu près une tranche EPR par an qu’il faudrait mettre en chantier dès aujourd’hui pour atteindre l’objectif de réduction de 20 % d’émissions de CO2 non plus en 2020 mais en 2030, si tout se passe bien. Espérer que des moulins à vent feraient l’affaire relève du rêve … Elon Musk peut construire son usine de batteries à prix cassés, il pourra toujours en vendre en Europe à Bolloré ou Renault car avant que les nouvelles technologies type lithium-air soient commercialisées (voir le lien en fin de billet) après avoir été approuvées en termes de sécurité, il y a encore de beaux jours devant les batteries traditionnelles Ni-Cd ou même au plomb, pourquoi pas.

Capture d’écran 2014-05-28 à 17.27.36

Selon une estimation de Barclays (voir l’illustration ci-dessus) la construction de la méga-usine Tesla fournira également des batteries à un prix très inférieur à celui du marché actuel aux foyers équipés de panneaux photovoltaïques. En effet, si le coût du stockage de l’électricité d’origine solaire a déjà très significativement diminué ces dix dernières années, il faut toujours débourser près de 4000 euros pour s’équiper décemment en batteries pour l’éclairage et les petits appareils électriques hors investissement en régulateur et onduleur. Tesla prévoit de diminuer encore ce coût de moitié. Et pour une quinzaine de milliers d’euros, une maison de taille moyenne pourrait alors être totalement autonome avec des panneaux solaires de taille convenable hors chauffage et cuisson. Cependant il y a aussi un gros problème à venir et pas encore envisagé clairement, en particulier en Allemagne. La progression des installations solaires privées à usage domestique et déconnectées du réseau qui pourrait s’amplifier avec l’arrivée massive de batteries Tesla à bas coût aura son revers. Les compagnies d’électricité pourraient se voir privées d’une partie de la rente de situation que constituent les ménages et amenées à revoir l’ensemble de leurs projets d’investissements mais on n’en est pas encore là. En Europe l’incidence du photovoltaïque privé sur l’objectif « trois fois 20 » restera marginal.

En conclusion cet objectif européen du « trois fois 20 » est une pure utopie comme bien d’autres utopies exigées par les écologistes et relayées par des politiciens totalement déconnectés de la réalité.

Source : BBC News

http://www.greencarreports.com/news/1090854_volkswagen-to-triple-battery-capacity-with-lithium-air-technology 

Energie nucléaire : quand l’IPCC fait les comptes …

 

D’après le dernier rapport de l’IPCC (Working Group III, 2014) le secteur de la production d’énergie électrique est le plus gros émetteur de CO2, en gros le tiers de toutes les émissions anthropogéniques. Le secteur des transports n’est pas pris en considération et pour cause : il s’agit d’un poste de production de CO2 hautement décentralisé et atteindre des objectifs de réduction d’émissions de carbone n’a rien à voir avec le secteur énergétique qui est au contraire centralisé. Par exemple l’objectif de diminution des émissions de carbone dans le secteur automobile tel qu’il a été décidé par la commission européenne entrant dans le fameux 20 % de diminution constitue un challenge proprement inaccessible. Juste pour ce qui concerne la France, il faudrait convertir à l’électricité au moins un demi-million de véhicules automobiles à essence chaque année afin de respecter d’extrême justesse les objectifs fixés. Autant dire tout de suite qu’il s’agit d’un doux rêve.

Pour le reste des émissions de carbone, cela concerne le secteur industriel hors énergie et à moins de créer une violente récession économique, ces objectifs de réduction ne seront pas non plus atteints. Malgré tout l’IPCC, habitué aux déclarations alarmistes appuyées sur des projections informatiques déduites de savants calculs et autres simulations ne cesse de prédire l’apocalypse infernal qui attend l’ensemble de l’humanité si rien n’est fait sérieusement et de manière décisive aussi vite que possible. Toute la stratégie préconisée par l’IPCC se résume en une phrase d’Ottmar Edenhofer (IPCC, co-président du Working Group III) : « There is a clear message from science : To avoid dangerous interference with the climate system, we need to move away from business as usual », déclaration lapidaire et qui veut bien dire ce qu’elle veut dire. En français ça donne à peu près ce pamphlet : La science donne un message clair : afin d’éviter toute interférence dangereuse avec le système climatique, il est nécessaire de changer entièrement de paradigme. En d’autres termes il faut bannir la croissance à tout prix et revenir à l’âge des cavernes ou opter pour un développement de l’énergie nucléaire. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les « experts » de l’IPCC !

Dans tous les scénarios de stabilisation des émissions de carbone (entre 430 et 530 ppm d’équivalents CO2) la part de la production d’électricité peu productrice de carbone devra passer de 30 à plus de 80 % vers 2050 et 100 % vers 2100, en se basant sur les prédictions de l’IPCC. Autant dire que ces prédictions posent un réel problème dont on ignore actuellement les solutions. Pourtant, et ce n’est pas une surprise, le rapport de l’IPCC confirme clairement que l’énergie nucléaire compte parmi les sources d’énergie (électrique) les plus économes en carbone et le rapport précise donc un classement des sources d’énergie en termes d’émission de carbone. Le nucléaire et les moulins à vent sont les plus satisfaisantes sources d’énergie électrique : 12 grammes/kWh. L’hydraulique et le solaire, 24 et 28 g/kWh respectivement. La biomasse, pourtant considérée comme économe en termes de carbone atteint 220g ! Les combustibles fossiles avec séquestration du CO2 (cette approche tient encore du doux rêve) sont évalués toujours dans le même rapport entre 160 et 220 g. Le méthane avec cogénération, c’est pire : 490 g et enfin le charbon et la lignite 920 g, n’insistons pas. Plus surprenant ce rapport indique qu’en termes de sécurité le nucléaire et l’hydraulique sont les deux filières les plus sûres et cette assertion va certainement énerver les écologistes mais après tout les « experts » de l’IPCC ne sont-ils pas des écologistes professionnels dont il faut prendre les propos à la lettre ?

Billet publié dimanche 20 avril sur mauvaisenouvelle.fr

Jet-lag

 140320121904-large

Dans trois semaines je serai à Tokyo, je volerai d’ailleurs dans un Boeing 777 de Rome à Narita. J’aime bien cet avion, il est spacieux et assez silencieux, moins que l’Airbus A380, certes, mais c’est un bon avion, un peu comme l’A330. J’arriverai à Narita à dix heures et demi du matin et en incluant la récupération de ma valise, le passage par l’immigration, la douane, le train pour aller chez mon fils, la Keisei Line, un bout de Yamanote de Ueno à Kanda puis la Chuo Line, l’itinéraire le plus rapide et le plus économique, en gros une heure trente, j’arriverai à destination à deux heures de l’après-midi et je n’aurai pas du tout sommeil. Je boirai trois tasses de café, mon fils vient de s’acheter une super machine à café, pour m’aider à rester éveillé puisque ce sera en réalité pour mon organisme presque la fin de la nuit. Je ferait tout pour rester éveillé jusqu’à l’heure où j’irai accueillir mon fils à sa station de métro de retour de son bureau puis retrouver mes petits-enfants. Il sera alors neuf heures du matin ici à Tenerife et quelques heures plus tard je tenterai sans succès de trouver le sommeil à Tokyo. Bref, je souffrirai donc du décalage horaire et une petite poignée de pilules de mélatonine ne sera que médiocrement efficace pour retrouver ce sommeil normalement et il n’y a rien à faire sinon se persuader qu’il faut une journée pour rattraper une heure de décalage horaire et prendre son mal en patience.

Mais pourquoi l’organisme est-il aussi étroitement assujetti à l’alternance des jours et des nuits. L’homme maîtrise presque tout, sauf le climat la météo et la bêtise, mais le décalage horaire constitue toujours une énigme et ce problème ne concerne pas seulement les voyageurs mais aussi les travailleurs qui font équipe de nuit puis de jour en alternance, et il y en a beaucoup. Le rythme circadien est quasiment imprimé dans toutes les cellules de notre organisme et son mécanisme a été découvert avec la drosophile, la mouche du vinaigre, un animal de laboratoire familier des généticiens. Il est commandé par un gène appelé Per pour période. Chez la mouche du vinaigre le niveau de l’ARN messager correspondant au gène Per oscille avec une période de 24 heures pratiquement dans toutes les cellules. J’avais déjà décrit les mécanisme du jet-lag dans un billet de ce blog ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/31/le-jet-lag-quelle-misere-peut-etre-une-solution/ ) et la recherche continue dans ce domaine et apporte chaque jour de nouvelles pistes qui permettent d’entrevoir un espoir pour se « recaler » rapidement. Et le jet-lag concerne des centaines de millions de voyageurs dans le monde. Un traitement efficace serait le bien venu.

Tout provient du noyau suprachiasmatique dont je parlais dans ce billet et je n’y reviendrai pas. L’horloge biologique rassemble de multiples composants, près d’une centaine, qui ont été identifiés chez la souris par analyse automatique des ARN messagers et qui s’expriment avec une période de 24 heures en fonction de la lumière. L’un de ces ARNs code pour un enzyme particulier qui a pour rôle de fixer un groupement phosphate sur d’autres protéines qui ont également un rôle enzymatique et qui déclanche en quelque sorte le chronomètre biologique qui va décompter les heures jusqu’à la dernière et le cycle recommence sous l’impulsion du noyau suprachiasmatique sensible aux alternances jour-nuit. Cet enzyme qui fait partie de la classe des kinases, les kinases tranfèrent un phosphate sur d’autres protéines ou des métabolites comme le glucose par exemple, est appelé la CK1epsilon – les biologistes et les chimistes aiment bien l’alphabet grec comme les mathématiciens – et n’avait pas vraiment de rôle connu. Pour lui attribuer un rôle comme d’ailleurs au produit de n’importe quel gène, on soumet des souris à un traitement qui induit des mutations. Ce traitement n’est pas spécifique mais avec un peu de patience on finit par trouver une souris mutante sur le gène auquel on s’intéresse. Si le gène n’est plus du tout exprimé on dit qu’il est « knock out » et on le vérifie a posteriori par analyse des ARN messagers avec une machine automatique. Ces souris n’exprimant plus le gène codant pour la CK1epsilon s’adaptent très rapidement aux changements de rythmes circadiens sans être stressées. Dans l’animalerie d’un laboratoire, c’est très facile d’induire un jet-lag aux souris, il suffit de régler la minuterie de l’éclairage, pas besoin de prendre un long courrier. De plus ces souris ne souffraient pas du tout des nombreux troubles métaboliques induits par la modification de l’alternance jour-nuit.

Capture d’écran 2014-03-21 à 15.23.02

Et nous humains, nous ne sommes pas préparés à ces brusques changements d’alternance jour-nuit qui peuvent de surcroit être délétères pour la santé comme par exemple en favorisant des inflammations chroniques ou pire l’apparition de diabète et encore une perturbation du système immunitaire. L’illustration tirée d’une figure de l’article des PNAS (voir le lien) montre la complexité des effets en cascade du dérèglement des rythmes circadiens sur l’ensemble de l’organisme et on comprend aisément que les perturbations de l’alternance jour-nuit ont de multiples effets.

Il reste encore à trouver une molécule chimique qui inhibe l’activité de la CK1epsilon et de manière spécifique, ce qui est un vrai challenge, pour espérer trouver la pilule miracle que pourront prendre tous ceux qui sont soumis à des horaires jour-nuit et les millions de voyageurs au long cours. Ce n’est pas pour demain et je me prépare psychologiquement à souffrir bientôt du jet-lag.

 Source : University of Manchester, University of Surrey et PNAS ( http://www.pnas.org/content/111/6/E682.full.pdf+html ), crédit photo Fotolia

Et si Hollande prouvait qu’il a réellement une paire de couilles ?

Connaissez-vous la loi Diard ? Du nom de l’ancien député des Bouches-du-Rhône Eric Diard qui a fait voter une loi qui limite le droit de grève du personnel navigant des compagnies aériennes françaises, en particulier d’Air France. Cette loi est une version édulcorée de l’acte dit de Taft-Hartley en vigueur aux USA et datant de 1947 qui limite le champ d’action des syndicats en particulier lorsque ceux-ci décident d’organiser des grèves. L’une des conséquences les plus retentissantes de l’application de cette loi fut le licenciement de 11345 contrôleurs aériens sur quelques 13000 en août 1981 par Ronald Reagan, licenciement assorti d’une interdiction à vie de prétendre à un quelconque emploi fédéral. Cette interdiction fut levée par Bill Clinton dix ans plus tard. La grève des contrôleurs aériens avait été considérée comme mettant en péril la sécurité du pays et Reagan appliqua donc la loi Taft-Hartley pour cette raison.

Ce matin, je discutais avec deux Suissesses en villégiature à Tenerife et elles m’ont décrit la France en quelques mots : « il y a toujours des grèves dans ce pays ». Je vais à Tokyo dans quelques semaines et j’ai choisi de ne pas passer par Roissy et j’ai eu le nez creux puisque je reviendrai du Japon à la mi-mai, en plein mouvement de grève du personnel navigant d’Air France qui a déposé un préavis (ou une menace) de grève, selon mes informations, du 3 au 30 mai pour protester contre la loi Diard qui oblige les personnels de cabine et les pilotes à déclarer individuellement leur intention de faire grève au moins 48 heures à l’avance. C’est ce détail qui les fait grincer des dents, individuellement signifiant que le syndicat des personnels navigants (SNPL) ne peut plus gérer ses troupes comme il a coutume de le faire de manière, on s’en doute, très démocratique. De plus cette loi Diard limite le nombre de jours de grève pour le personnel navigant et c’est la goutte qui a fait déborder la coupe du mauvais mousseux qu’on sert maintenant dans la classe bétaillère des longs courriers d’Air France. Quand on sait que sur un vol long courrier comme par exemple Paris-Tokyo, le personnel navigant travaille effectivement 25 heures par semaines, soit un AR entrecoupé de trois jours de repos, et qu’en plus ces gens grassement payés et logés dans des hôtels de luxe par Air France tous frais payés ont 14 mois de salaire par an, le contribuable lambda qui paie des impôts pour maintenir cette compagnie hors de la faillite est en droit de se poser quelques questions.

Bref, l’image de la France est bien écornée, surtout vue de l’étranger. La réponse appropriée à toute grève déclarée illégale est de licencier tous les grévistes comme le fit Reagan. Et si Hollande, qui a prouvé qu’il a une paire de couilles en le faisant bien savoir, prenait une telle décision ? Un simple décret déclarant illégales toutes les grèves dans le secteur public et para-public (comme Air France) redorerait le blason terni de la France.

On peut toujours rêver de lendemains qui (dé)chantent …

Nostalgie …

vlcsnap-2013-12-24-19h51m41s147

Le transport fluvial est l’un des moins onéreux en termes d’énergie et d’émission de carbone puisque la France est toujours équipée d’un réseau de canaux admirable qui ne sert plus qu’à quelques aventuriers fumeurs de marijuana à bord de leur petit studio flottant vers des destinées inattendues. Par exemple si on part du port de l’Arsenal à Paris, connu pour être squatté par de riches mafieux qui, vivant sur des épaves flottantes, ne paient pas d’impôts mais ce sont pour la plupart des politiciens ou des homosexuels aux bras longs (et le reste) qui ont pignon sur la Place des Vosges, suivez mon regard frétillant, on peut déboucher sur la Seine, cimetière de batteries d’automobiles, c’est vrai, j’ai bavardé un jour avec un homme grenouille de la ville de Paris qui se demandait pourquoi tant de gens jetaient la batterie usagée de leur véhicule automobile dans la Seine …

Depuis la Seine on peut aller avec sa petite péniche où bon vous semble, jusqu’à Sète ou Toulouse, ça fait rêver ! Et si on se risque dans la direction opposée dans le tunnel du canal Saint-Martin sous le boulevard Richard-Lenoire qui se termine justement au port de l’Arsenal on peur remonter loin en Europe, jusqu’à Riga et aller jusqu’à la mer Noire en descendant le Danube, imaginez la croisière le long des canaux européens, un véritable périple pour lequel, afin d’en savourer le piquant, il faut prendre son temps.

C’est en revisionnant pour la énième fois « Les Valseuses » tout en admirant les nichons et la touffe de Miou-Miou que m’est venue l’idée de suggérer au ministre de l’environnement (et de l’énergie), ancien faucheur d’OGM subventionné par Greenpeace, de réhabiliter les chemins de halage si chers à Simenon dans ses romans adaptés dans des téléfilms de bonne qualité avec Gabin, Cremer ou Richard. Pourquoi donc, afin de minimiser les émissions de carbone, ne pas remettre en état ces chemins de halage, de créer des fermes de percherons avec des relais, en somme de rendre aux canaux de Freycinet leur raison d’être. Charles de Freycinet, polytechnicien de son état (comme NKM) fut le promoteur de la modernisation du système navigable français qui ne sert plus aujourd’hui qu’à quelques plaisanciers qui ont le loisir de flâner le long de ces voies navigables inoubliables.

Quel gâchis en terme d’énergie alors que deux couples de percherons pourraient avantageusement remplacer le vilain moteur diésel de la péniche de gabarit « Freycinet » si toutefois les chemins de halage étaient remis en état et si les admirables chevaux de trait pouvaient être remplacés aux écluses et autres relais avec naturellement le foin et l’avoine qui leur convient plutôt que le vilain diésel pollueur et générateur de particules ô combien polluantes, alors que les pétulances des percherons sont négligeables en termes de pollution ou de réchauffement. Quelles économies de carbone, quel retour vers de vraies valeurs écolo compatibles tant souhaité par les écologistes dont fait partie le ministre sus-nommé, quelle belle vision d’une péniche chargée de bon blé tendre de la plaine de Beauce allant vers les Flandres pour revenir vers Paris avec des oignons de tulipe, ou allant vers les pays de Saône et revenir avec des barriques pleines d’un bon beaujolais rougeoyant et gouleyant …

Mais je m’égare et pour rester sérieux, il est vrai que la remise en exploitation du système fluvial serait un atout non négligeable pour le combat contre les émissions délétères de gaz carbonique. Cependant il faut remettre en état les berges qui s’effondrent, les écluses fuyardes et vermoulues, et surtout les chemins de halage qui sont pour la plupart impraticables, envahis par les ronces et les buissons ou tout simplement interrompus par des constructions illégales. Car tout de même le réseau de canaux, au même titre que les autoroutes (qui ont été bradés à des copains des politiciens au pouvoir), font partie du patrimoine de la France.

Je ne citerai qu’un exemple, celui du canal de Bourgogne qui relie la Seine à la Saône en traversant le massif du Morvan. Ce canal le long duquel je suis souvent allé me promener en vélo dans ma jeunesse aux alentours de Pouilly-en-Auxois, un véritable ouvrage d’art long de 240 kilomètres, comporte 189 écluses, plusieurs tunnels dont un de plus de 3 kilomètres et des ponts-canaux dont celui de Saint-Florentin qui m’impressionna lorsque j’avais à peine treize ans car je ne comprenais pas que l’on puisse faire circuler des bateaux au dessus de ma tête …

Alors, monsieur le ministre, allez-vous oeuvrer dans ce sens. Je me permets d’en douter … Mais mes remarques n’empêchent pas mes lecteurs de revisionner « Les Valseuses » et d’admirer la parfaite anatomie de Miou-Miou !

 

Où on se fait rançonner sans le savoir …

Depuis les Iles Canaries, cette histoire de portiques destinés à collecter l’écotaxe sur les poids-lourds qui a été mise en place avec succès par les Allemands sous la pression des partis écologistes depuis plusieurs années semble complètement surréaliste, cf « les Bonnets rouges ». La raffinerie de pétrole de Santa Cruz qui alimente en carburants les véhicules automobiles de tout l’archipel ainsi que les bateaux en fuel lourd sans oublier les GPL, propane et butane, fonctionne à plein régime et l’essence coûte environ 1 euro le litre de 98. Si on considère que le prix englobe le coût FOB et la livraison du pétrole brut, les frais de stockage, de raffinage et de distribution, auxquels il faut ajouter la taxe que paie la raffinerie à la ville de Santa Cruz et à la Province de Tenerife et enfin les frais variés engendrés par l’usine, salaires des employés et maintenance, on doit rapprocher ce prix à celui du même litre de 98 en France, par exemple. J’ignore quel est le prix actuel du carburant dans l’Hexagone mais la différence peut alors être considérée comme une taxe sur le carbone émis, disons pour que mon argument soit parlant 40 centimes d’euro par litre de super 98. Si je suis en dehors de la réalité, que mes lecteurs me corrigent. Or l’Etat a voulu surajouter une autre taxe dite écologique sur les pollueurs (ou soi-disant tels) alors que le même Etat a supprimé la vignette automobile qui aurait très bien rempli ce rôle. J’oubliais, la vignette auto existe en Espagne comme dans la plupart des pays européens, pourquoi a-t-elle été supprimée en France, mystère … Non, pas vraiment un mystère mais un prétexte pour instituer de nouvelles taxes comme le malus et cette écotaxe qui est en définitive un nouvel impôt.

Je viens de lire un article de l’IFRAP qui énumère les autres écotaxes et c’est carrément terrifiant : d’abord l’écotaxe sur l’électricité dont j’ai parlé dans un précédent billet avec des augmentations progressives du prix du kWh par incréments de 5 % pratiquement tous les six mois (trois milliards d’euros par an dès 2013 et cinq en 2017) pour financer les projets délirants écolo-bisou comme dit H16, moulins à vent et autres panneaux solaires made in PRC.

Il y a pire avec l’électricité. Les ampoules électriques, une grosse arnaque ! Garanties pour une durée de vie de 10 ans elles claquent au bout de six mois, en attendant les LED qui coûtent encore plus cher. C’est une taxe déguisée sous forme de TVA sur un produit de 10 à 50 fois plus coûteux dont l’usage est obligatoire par décision européenne. C’est dire à quel point le lobbying verdâtre est actif à Bruxelles !

L’écotaxe sur les vélos écolos dits Velib : 19000 vélos ont été détruits ou endommagés à Paris et ce sont les contribuables, même s’ils n’ont jamais posé leur cul sur un Velib qui paient avec leurs impôts ! Mais ce n’est pas terminé, il y a aussi le malus automobile qui peut atteindre des sommes rondelettes allant jusqu’à 5000 euros pour une berline haut de gamme fabriquée Outre-Fessenheim, une taxe qui camoufle un protectionnisme qui ne veut pas dire son nom, n’importe quoi !

Pour les logements, neufs ou anciens, c’est encore pire, les normes écolos aboutissent à des renchérissements dépassant parfois 20 % avec, cerise sur le gâteau, une incitation malhonnête à recourir à des corps de métier spécialisés pour économiser quelques litres de gaz ou quelques kW ne serait-ce que pour obtenir un certificat écolo-bisou pour pouvoir revendre son bien le cas échéant. On avait déjà préparé les propriétaires avec l’amiante et le plomb …

Restent les agro-carburants qui eux ne sont pas du tout écolo-bisou contrairement à ce que les écologistes ont prétendu et même la Commission de Bruxelles fait maintenant marche arrière car au final, cette élucubration des partis verts émet plus de carbone qu’elle n’en fixe, le but initial. On en arrive donc tout naturellement à la taxe carbone qui a été rebaptisée écotaxe « climat-énergie », mais si, c’est vrai ! Alors là on nage dans un flou incontrôlable qui est pris en main par des mafias, surtout au niveau des industriels qui utilisent cette taxe un peu comme des « Bitcoin » et je trouve la comparaison tout à fait appropriée. Demandez à Lafarge, le plus gros cimentier de France, combien il rejette de CO2 dans l’atmosphère, il n’en sait rien. Demandez-lui comment il gère cette taxe « climat-énergie », n’attendez pas de réponse car il ne vous répondra pas …

Tout ceci pour insister encore une fois sur le fait que les exigences climatiques des écologistes ont abouti à un surenchérissement considérable de l’énergie qui naturellement aggrave l’état de santé des entreprises et érode le pouvoir d’achat des ménages. Et c’est le but recherché : appauvrir les Européens. Merci les écolos.

Les envahisseurs marins

Plus de 90 % des marchandises sont transportées d’un point à l’autre du globe par voie maritime or un bateau n’a pas été conçu pour naviguer à vide et même plein de fret, un porte-conteneurs doit équilibrer l’assiette du bâtiment à l’aide d’eau de mer pompée dans les ballasts. On estime que dans le monde plus de dix mille milliards de mètres cubes d’eau de mer sont ainsi transportés chaque année d’un endroit à l’autre du globe terrestre. Et si le « dégazage » des bateaux (rejet des eaux des ballasts) transportant du pétrole est maintenant contrôlé afin de réduire la pollution par les hydrocarbures, il n’en est pas de même de l’eau de mer qui contient des œufs de toutes sortes de créatures marines, des larves variées et aussi des bactéries, des virus et des amibes. Le rejet des eaux de ballasts a pour conséquence catastrophique de modifier parfois dangereusement et durablement des biotopes lointains et fragiles par des espèces totalement étrangères provenant de l’autre bout de la planète. On s’est par exemple aperçu que la population d’anchois de la Mer Noire a été décimée par une méduse prédatrice et invasive (Mnemiopsis) dans les années 80 et a été retrouvée ensuite dans le mer Baltique en 1990 provoquant le même type de désastre sur les populations de harengs. Or cette petite méduse provient des côtes du sud des Etats-Unis. Il en est de même pour d’autres espèces invasives comme des crevettes, des crabes ou des moules transportées par les eaux de ballasts. La crevette rouge (Hemimysis anomala) originaire de la Mer Noire se retrouve maintenant dans l’estuaire du Saint-Laurent et envahit les grands lacs nord-américains en détruisant systématique la faune locale. Le crabe chinois (Eriocheir sinensis, voir la photo) originaire des littoraux coréens et chinois, comme son nom l’indique a envahi la presque totalité des côtes de l’Atlantique nord et de la mer du Nord ainsi que les fleuves tributaires comme le Rhin. Prédateur et fouisseur, ce crabe pose de réels problèmes dans les parcs à huitres ou à moules et fragilise des digues et des rives de canaux et de rivières.

Enfin les eaux de ballasts transportent des amibes pathogènes comme Giardia duodenalis qui provoque des diarrhées pouvant être mortelles (giardiase) ainsi que des virus pouvant rendre dangereux voire mortels des coquillages comestibles comme des huitres, moules ou palourdes. Un dernier exemple suffira pour illustrer le problème : au début des années 90, un cargo en provenance du golfe du Bengale a vidé au large du Pérou ses eaux de ballast polluées par la bactérie responsable du choléra (Vibrio cholerae) qui s’est retrouvée dans des fruits de mer variés entrainant une épidémie de choléra qui a duré trois ans et tué 12000 personnes ! Bref, les eaux de ballasts pompées et rejetées sans précaution représentent un danger économique, de santé humaine et écologique mondial qui coûte très cher à l’économie en général car chaque jour plus de 7000 espèces marines voyagent incognito chaque jour, chaque heure dans le monde entier. Une conférence s’est ouverte hier à Londres sous les auspices de l’Organisation Maritime Internationale pour tenter de trouver des solutions à ce problème majeur et peu connu du grand public et arrêter si possible une convention contraignante qui puisse être mise en place rapidement. Or, pour entrer en vigueur, cette convention doit être signée par au moins trente pays représentant au moins 35 % du tonnage de la marine marchande mondiale. Fin avril de cette année 36 pays étaient signataires mais le tonnage correspondant ne représentait encore que 29 % du total mondial. Des pays trainent les pieds comme les USA, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou je Japon mais le blocage provient des pays dits « pavillons de complaisance » comme Chypre, Malte, le Panama et les Bahamas et aussi la Suisse … Le Panama est le premier pavillon de complaisance après le Libéria, les Iles Marshall, les Bahamas et Malte. Le Libéria a pourtant signé la convention mais on comprend que les USA trainent les pieds puisque les Marshall et les Bahamas sont des territoires … américains.

A moins d’une réelle prise de conscience collective, la situation restera celle qu’elle est aujourd’hui alors que le coût moyen du traitement des eaux de ballast (filtration, électrolyse produisant de l’hypochlorite de sodium (constituant de l’eau de Javel) ou à la limite traitement chimique non polluant, serait d’environ deux cents de dollar par mètre cube avec un investissement initial variant entre 150 et 500 000 dollars selon la taille du navire alors que les dégâts occasionnés par les espèces invasives sur les biotopes marins ont été évalués par le WWF à 70 cents de dollar soit plus de 50 milliards de dollars pour le monde entier ou pour être plus parlant l’équivalent du PIB de la Bulgarie !

800px-EriocheirSinensis1

Sources : WWF, Le Temps (Genève), crédit photo : Wikipedia (crabe chinois)