Réflexion sur les « Reyes Magos »

En ces temps de fête que je méprise totalement puisque je ne crois ni aux dieux ni aux diables et encore moins aux anges puisque l’essentiel de ces fêtes correspond à des trucs païens repris et adaptés par les religieux pour formater les crédules, ceux qui ont peur de l’au-delà. Cette peur a été et est toujours la source de la richesse de toutes les églises, en quelque sorte le pari fameux de Pascal adapté aux foules. S’il faut lire les Pensées de Pascal dans leur détail pour comprendre ce que signifie ce pari, je doute que la foule qui regardait ce soir les Reyes Magos défiler dans les rues de Santa Cruz de Tenerife, traduisez les Rois Mages, comprenne réellement ce que signifie le pari d’un des plus grands cerveaux français.

J’ai lu et relu les Pensées mais pour ce qui est du Pari, j’avoue que j’ai toujours été hermétique tant à sa formulation qu’à sa signification. Le Pari consiste à jouer sa vie à la roulette comme au casino, il peut se résumer ainsi : « puisqu’il n’y a rien à perdre (et tout à gagner), pourquoi ne pas jouer ». C’est à mon sens non seulement une absurdité mais également une déviance idéologique d’un penseur qui aurait bien mieux fait de se consacrer aux mathématiques plutôt que de philosopher sur la religion. Et quand je dis déviance, je suis loin de la réalité car Pascal n’ignorait pas que, comme tout scientifique, cette notion de rachat, de pardon ou de résurrection des corps est une foutaise inventée par l’église pour récolter le maximum de biens des croyants au nom du salut de leur âme. L’âme, encore un concept, un dogme, une invention de l’église qui a ainsi rançonné les croyants, riches ou pauvres, pendant deux millénaires, et ne vous faites pas d’illusion, ça continue !

La nouvelle peur du changement climatique entre dans ce genre de démarche. On peut dire que puisque nous avons consommé à outrance et que nous polluons l’atmosphère avec les rejets de notre inconscience, pour notre salut, il faut maintenant payer. C’est le pari de Pascal revisité par les écologistes. C’est effrayant quand on sait que les élucubrations de l’IPCC au sujet de l’effet de serre ne sont basés sur aucune évidence scientifique, c’est plutôt le contraire, un gigantesque mensonge, comme les religieux ont rançonné pendant des siècles les croyants moutons asservis par les curés pour le salut de leur âme.

Il y a tellement d’analogies dans ces démarches totalement démagogiques que je me suis permis de pondre ce billet d’humeur vespéral alors que la foule hideuse, vulgaire à l’extrême, des spectateurs du défilé des Reyes Magos est repartie en laissant les trottoirs de la ville jonchés de détritus. Savent-ils au moins qu’ils n’ont pas d’âme, qu’il n’y a pas d’au-delà, que le paradis n’existe pas ni l’enfer d’ailleurs (au moins c’est une petite note réjouissante) et que les anges n’existent pas ni les saints, que tout est une pure invention parce que les humains ont tout simplement peur de la mort. Vous vous souvenez de cette histoire incroyable du chimpanzé élevé par un couple d’Américains qui avaient aussi dans leur maison un chien. Ils avaient appris au chimpanzé à parler en ameslan, le langage par gestes des sourds-muets. Un jour le copain du singe, je veux parler du chien, se fit écraser par une voiture dans la rue. Ses maîtres firent comprendre au singe que son ami était mort et qu’il ne le reverrait jamais. Le singe s’enferma dans une profonde déprime et finit par se suicider. Pour nous, humains, proches cousins des singes, c’est exactement la même histoire, nous avons peur de la mort comme ce singe et le pari de Pascal est vraiment utile pour contourner cette peur qui vient de la nuit des temps puisque le singe la partage avec nous, ce qui est inexplicable et ce dernier point demande réflexion …

Personnellement la mort ne me fait pas peur, j’ai de quoi m’euthanasier en douceur et je connais la recette. Pascal devait certainement avoir peur de la mort alors qu’il était pourtant un scientifique. J’avoue que je suis perplexe. Les Reyes Magos n’ont rien apporté d’autre que des illusions savamment entretenues par l’église, quel gâchis et quelle régression intellectuelle ! Mais ça ne date pas d’hier malheureusement …

La pratique religieuse altère le cerveau …

Quand on sait que 92 % des Américains croient en Dieu (ou un dieu), que 83 % sont affiliés à un groupe religieux et que 59 % d’entre eux déclarent prier au moins une fois par jour, je ne mentionnerai pas le fait que le créationisme y est une science à part entière dont l’enseignement est obligatoire à l’école dans certains Etats du sud des USA, on est dans la brutale réalité qui faisait dire à Malraux « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ». Loin de moi de vouloir encore relater les événement Moyen-Orientaux du jour, ils finiront par ne plus faire la une des journaux, le but de mon billet du jour puisque certains de mes lecteurs l’attendent avec impatience n’est pas de parler de religion, cette discipline ne suscite aucun intérêt dans mon esprit, je veux parler ici de l’impact de la religion sur le fonctionnement cérébral et l’anatomie du cerveau. Une étude pour une fois très sérieuse, je dis pour une fois en pensant aux études sur l’évolution catastrophique à venir et prévue du climat qui ne sont que des accumulations de mensonges, sur les effets de la religion sur le cerveau, domaine inconnu, « terra incognita » pour les esprits doctissimes puisque comme pour le climat, il n’y a pour le moment du moins aucune preuve formelle de l’existence de Dieu, bref, que la religion influence le cerveau et son fonctionnement est une nouvelle tout à fait inattendue. Et pourtant une étude vient de paraître dans PlosOne et je n’invente rien. L’étude par résonance magnétique nucléaire à haute résolution (IRM) a été réalisée sur 268 personnes âgées de 58 ans et plus enrôlées dans cette étude entre 1994 et 2005 et classées en deux groupes, ceux qui souffraient selon des critères bien définis de dépressions ou d’autres troubles neurologiques ou encore étaient sous traitement avec des psychotropes et un groupe témoin sain selon les mêmes critères objectifs. Durant les six années de l’étude plusieurs examens permettant une bonne image du cerveau et en particulier de l’hippocampe et du cerebellum furent conduits sur chaque personne par IRM à 1,4 Tesla. Par ailleurs un classement fut établi rigoureusement entre les différents sujets selon des critères d’appréciation également objectifs dont : 1- fréquence de participation à un office religieux public, 2- activité religieuse privée (prière, méditation, lecture de la Bible), 3- appartenance à un groupe religieux, 4- conversion éventuelle au cours de l’étude et enfin 5- retour dans la religion d’origine. L’étude a montré une atrophie significative de l’hippocampe chez les sujets, catholiques ou protestants, qui avaient décidé d’embrasser une religion ou de s’y réintégrer à la fin de leur vie et en fonction de la fréquence de leur activité religieuse. Les auteurs de l’étude considèrent que la pratique religieuse est liée à un facteur de stress favorisé par la religion et qui est la seule explication plausible de cette observation surprenante outre le fait que l’hippocampe est particulièrement sollicité durant les périodes de méditation religieuse. Or comme l’hippocampe est le siège de la consolidation de l’information pour la mémoire à court et à long terme et pour la mémoire spatiale et que cette partie très importante du cerveau est l’une des premières à être affectée lors de l’apparition de la maladie d’Alzheimer, ces résultats sont terrifiants ! Je persiste et signe, donc, dans le plus radical athéisme …

MRI_Location_Hippocampus_up.

 

 

( http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0017006 ), crédit photo Wikipedia