Il y a 100 ans les dernières négociations du traité de Brest-Litovsk et l’opération Faustschlag

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Pour tenter de faire plier la Russie bolchevique toute nouvelle, l’armée austro-allemande s’enfonce en territoire ukrainien pour menacer la Russie dès le 18 février 1918, c’est l’opération « Faustschlag ». Lénine, se sentant menacé va finalement signer le traité de Brest-Litovsk un mois plus tard. Les puissances « centrales » c’est-à-dire les alliés de l’Allemagne, obtiendront un redécoupage des frontières donnant naissance à l’Ukraine d’aujourd’hui sans les oblasts de Tauride et de Crimée à forte majorité russe (déjà en 1918). L’avance allemande en territoire russe (ukrainien) sera donc une défaite territoriale considérable pour le nouveau régime bolchévique et un tournant décisif dans le cours de la guerre en Europe occidentale avec la disparition du front russe à la suite de l’armistice germano-russe du 15 décembre 1917 violée de fait par l’opération Faustschlag.

Pour les Occidentaux ce traité semblait ne pas les concerner. Il en reste encore aujourd’hui des séquelles avec le découpage des frontières imposé par les Autrichiens et les Allemands ne tenant nullement compte de la réalité humaine locale. L’Ukraine est en effet un pays artificiel qui fut durant des siècles une province de l’empire russe dont la partie occidentale aurait du en toute logique être rattachée à la partie orientale de la Pologne qui ne faisait pas alors partie de l’Empire russe puisqu’il s’agissait d’un possession personnelle du Tsar. Enfin les Allemands avaient un cuisant besoin de s’approprier la production céréalière de l’Ukraine, mais il était tout aussi urgent de se replier pour alimenter en hommes le front occidental.

L’Ukraine et la Biélorussie, territoire également soustrait à la Russie par ce traité, seront reconquises par l’Armée Rouge en 1920.

Voilà très brièvement résumé l’histoire de ce traité préparé par des diplomates qui n’avaient cure des populations, de leur langue et de leur religion. Il est intéressant de noter que les Allemands encouragèrent dès 1915 les séparatistes ukrainiens opposés à la Russie. Les évènements se suivent et se ressemblent parfois. On peut dire enfin que ce traité portait les germes du conflit ukrainien contemporain qui émergera après le démantèlement de l’Union soviétique …

Illustration : entrée de l’armée allemande à Kiev en mars 1918 (Wikipedia).

Il y a 100 ans la grande grippe « espagnole »

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J’ai déjà écrit plusieurs billets sur cette pandémie de grippe qui tua entre 50 et 100 millions de personnes parmi le demi-milliard d’entre elles qui furent affectées par ce virus de type H1N1 (voir les liens en fin de billet). Les gènes de virulence du virus ont pu être reconstitués par génétique inverse et ce virus est apparenté à celui qui fit 18000 morts de par le monde en 2008-2009. Mais nul ne sait si ce virus venait d’Espagne.

Durant la « Grande Guerre » qui fit beaucoup moins de morts que cette grippe, l’Espagne était neutre mais le Portugal participait au conflit. Il y eut des mouvements entre la France et ce pays et comme l’information n’était pas censurée par les armées seule l’Espagne fit part de l’épidémie au début de l’année 1918. C’est ainsi qu’elle fut donc appelée « grippe espagnole ». Il est (presque) admis aujourd’hui qu’elle arriva d’Asie via les pays d’Europe de l’Est. Le virus H1N1 n’était pas du tout un super-virus mais l’épidémie se répandit très rapidement non pas en raison de l’agressivité du virus mais parce qu’il y avait de fortes concentrations de personnes dans les zones de conflit, une malnutrition chronique et des conditions d’hygiène plutôt détériorées. Ce dernier point entraina une aggravation de la grippe en raison des infections bactériennes collatérales contre lesquelles il n’existait à l’époque aucune thérapie efficace.

Il y eut plusieurs vagues de grippe et contrairement à ce qui fut admis la première vague au tout début de l’année 1918 ne fut pas la plus catastrophique. Les jeunes adultes furent les plus touchés par l’épidémie et parmi la population amérindienne des USA la mortalité fut particulièrement élevée car cette population n’avait pas été en contact avec le virus de la grippe auparavant. Un autre facteur aggravant et méconnu fut l’utilisation intensive de l’aspirine pour faire baisser la fièvre. Or à hautes doses l’aspirine devient un facteur hémorragique et de nombreux malades en moururent … bien que dans certaines régions d’Europe où l’aspirine ne fut jamais utilisée les taux de mortalité furent également élevés.

Comme les informations étaient filtrées par les autorités militaires il fallut un certain temps pour organiser des quarantaines afin de protéger les populations et ce manque d’information fut un incontestable facteur aggravant. L’évolution du conflit armé ne fut pas vraiment affecté par l’épidémie, ce fut plutôt l’inverse car les concentrations de soldats favorisèrent l’évolution du virus qui devint de plus en plus agressif au cours des mois qui suivirent les premiers cas de grippe. C’est ainsi que durant l’automne 1918 la mortalité atteignit son maximum.

Aujourd’hui encore la « grippe espagnole » suscite la controverse. L’humanité a pourtant beaucoup appris de cet évènement sanitaire remarquable. L’utilisation systématique de vaccins constitue l’une des facettes les plus prometteuses pour prévenir une nouvelle pandémie. Les anti-viraux sont également un outil efficace pour juguler l’extension de la maladie malgré le fait que beaucoup d’entre eux présentent des effets secondaires indésirables. La civilisation moderne améliore la qualité de la nourriture et sa disponibilité, les conditions d’hygiène et enfin les conditions de vie en général atteintes par les progrès techniques permettent de rendre les populations plus aptes à se défendre contre ce virus si ce dernier subissait une mutation le rendant particulièrement pathogène. Espérons que nous serons mieux armés pour la prochaine pandémie qui apparaîtra certainement un jour.

Source et illustration : The Conversation Et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/03/la-grippe-espagnole/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/06/14/la-controverse-du-virus-de-la-grippe/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/03/17/et-si-le-virus-h1n1-revenait-bientot/

Changement climatique : Le « Grand Hiver » de 1709

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Au cours des tous premiers jours de l’année 1709, dès le 5 janvier et pratiquement en une nuit, les températures chutèrent dramatiquement en Europe depuis l’Italie jusqu’à la Scandinavie et du Portugal à la Russie. Un 5 janvier en Europe était souvent froid mais ce 5 janvier de l’année 1709 fut le premier jour d’une saison extrêmement froide qui dura plus de 3 mois. Cet hiver là, le plus froid depuis 500 ans, fut suivi par une raréfaction des denrées alimentaires qui seulement en France provoqua la mort de centaines de milliers de personnes. Les lagons de la Vénétie gelèrent en quelques jours, et le cours de la guerre de succession d’Espagne fut affecté par cette vague de froid jamais éprouvée de mémoire d’homme comme l’écrivit le chroniqueur anglais William Derham.

La France gèle

Sans aucun doute la France fut le pays le plus affecté par le froid. L’année 1709 avait commencé bien mal. La paysannerie avait déjà souffert des mauvaises récoltes de 1708, de la lourdeur des taxes et de la circonscription obligatoire pour alimenter l’armée en guerre pour la succession d’Espagne. Durant toute la première quinzaine de janvier 1709 il neigea sans discontinuer et les températures atteignirent moins 30°C. Comme il n’existait alors pas de prévisions météorologiques les autorités n’eurent pas le temps de réagir et des dizaines de milliers de personnes moururent d’hypothermie avant que des mesures d’urgence soient décidées. Les animaux ne furent pas épargnés et ils moururent massivement dans les étables, les écuries et les bergeries. Les rivières, les canaux et les ports furent pris par les glaces et la neige bloqua la plupart des grandes routes. Dans le port de Marseille, pourtant sur la côte méditerranéenne, ainsi que dans plusieurs points du Rhône et de la Garonne la couche de glace atteignit des épaisseurs, parfois plus de 40 cm, telles que des chariots lourdement chargés pouvaient traverser ces fleuves. Dans les grandes villes les habitants commencèrent à brûler tout ce qu’ils pouvaient trouver pour se chauffer et Paris se trouva isolé de tout ravitaillement durant les trois mois de ce qui fut appelé par la suite « Le Grand Hiver ». Même les plus fortunés qui possédaient des réserves de nourriture et de boissons s’aperçurent que les grands froids les avaient rendues impropres à la consommation. Le pain, la viande et même le vin étaient gelés. Seuls le rhum des Antilles et le cognac n’étaient pas transformés en blocs de glace. Aussi bien les riches que les pauvres furent affectés par ce « Grand Hiver ». Les hôtels et châteaux particuliers des riches avaient été construits pour épater la galerie et les grandes fenêtres comme au Château de Versailles laissaient passer le froid intense. La belle-soeur du Roi, la Duchesse d’Orléans, écrivit à une amie à Hanovre que : « Le froid est ici tellement intense qu’il est difficile de le décrire. Je suis assise tout près d’un feu ronflant, il y a une tenture devant la porte qui est fermée et ainsi je peux rester dans la pièce avec une fourrure autour du cou et les pieds dans un sac en peau d’ours, mais je suis toujours frissonnante et je peux à peine tenir ma plume. Je n’ai jamais vu de ma vie un tel hiver qui gèle le vin dans les bouteilles ».

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Le gouvernement de la France de Louis XIV fut confronté à une crise alimentaire sans précédent provoquée par le froid intense. Une commission spéciale présidée par Henri-François d’Aguesseau représenté sur cette gravure fut nommée pour la distribution d’urgence de grains. Ces temps désespérés appelèrent des mesures désespérées : toute personne stockant du grain pouvait être condamnée aux travaux forcés ou aux galères voire à la peine de mort.

À travers le reste de l’Europe de nombreux témoins notèrent que les arbres se fendaient avec un bruit sinistre à cause du gel comme si des bûcherons invisibles les abattaient. On ne sonnait plus les cloches des églises de peur qu’elles ne se fendent en raison du froid. À Londres, pendant le « Grand Gel » la Tamise resta gelée près de 4 mois. À Amsterdam les canaux et le port furent également pris par les glaces. La Mer Baltique fut totalement gelée pendant 4 mois et il fut possible de la traverser à pied ou à cheval depuis le Danemark jusqu’à la Suède et la Norvège. Pratiquement toutes les rivières et fleuves de l’Europe furent gelés et même la source chaude d’Aachen aujourd’hui en Allemagne fut prise par les glaces. De gros chariots pouvaient traverse les lacs de Suisse et les loups s’aventurèrent dans les villages en quête de nourriture et ne dédaignaient pas se nourrir de passants morts de froid dans les rues. Dans la Mer Adriatique le froid emprisonna des navires marchands dans les glaces et les équipages moururent de faim et d’hypothermie. À Venise les habitants se déplaçaient en patins à glace car les gondoles ne pouvaient plus être utilisées. Rome et Florence furent complètement isolées par la neige et en Espagne l’Ebre gela totalement et les oliviers de la région de Valence furent totalement détruits par le gel.

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La vague de froid eut aussi des ramifications politiques. Les hostilités entre la France et la Grande-Bretagne au sujet de la Succession d’Espagne furent suspendues en raison du froid et les soldats malnutris moururent massivement (plus de 30000) à la bataille de Malplaquet durant l’automne 1709. Les historiens considèrent que la victoire de Pierre Le Grand contre la Suède à Poltova en juin 1709 fut également une conséquence de l’hiver rigoureux. En effet un grand nombre de soldats suédois étaient morts de froid et de famine durant l’hiver.

Les fièvres printanières

Les conditions glaciales de l’hiver furent seulement les premières d’une longue série de catastrophes qui ravagèrent l’Europe cette année-là. Les températures restèrent anormalement basses jusqu’à la mi-avril puis les glaces et la neige finirent pas fondre créant de monstrueuses inondations. Toutes sortes de maladies se répandirent durant l’hiver à la faveur de la malnutrition généralisée. L’épidémie de grippe qui était apparue à Rome à la fin de l’année 1708 se répandit dans toute l’Europe en 1709 et 1710 et pour aggraver cette situation la peste venue d’Asie fit son apparition en Hongrie et se répandit également rapidement. La famine resta par dessus tout le principal ravage. En dehors des animaux décimés par le froid, les semis de blé d’hiver étaient totalement détruits et les récoltes de céréales de l’année 1709 furent désastreuses sans parler des fruits, du vin et des légumes. Durant l’été 1709 le prix du blé connut une augmentation de 600 %. Le Roi Louis XIV eut beau faire pour contrôler le commerce des grains mais contre la misère généralisée du peuple il ne put rien. Des pillards attaquèrent les boulangeries et les convois de grain pourtant bien gardés par des hommes en armes. La population française se réduisit de près d’un million de personnes et plus de 200000 naissances manquèrent si l’on peut dire à l’appel, un état de fait qui affaiblit encore plus l’état de l’économie française déjà fragilisée par les dépenses militaires.

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Gravure du peintre italien Guiseppe Maria Mitelli (1634-1718)

Les causes de la vague de froid

L’hiver 1709 reste encore aujourd’hui le plus froid jamais atteint en plus de 500 ans, un froid horrifiant qui rend toujours les climatologues perplexes. Plusieurs théories s’affrontent pour en expliquer les causes. Durant les années précédentes plusieurs éruptions volcaniques furent répertoriées : le Teide sur l’île de Tenerife dans l’Archipel des Canaries, le Santorin dans la Mer Egée et le Vésuve près de Naples. De grandes quantités de poussière furent éjectées dans l’atmosphère. De plus l’année 1709 se trouve être située dans la période d’activité solaire réduite dite du minimum de Maunder. Qu’il y ait eu une combinaison de ces différents facteurs fait toujours l’objet d’un débat.

Source et illustrations : article du National Geographic traduit aussi fidèlement que possible

Notes : le minimum de Maunder est caractérisé par l’absence presque totale de taches solaires. Il s’étala sur 5 cycles solaires soit près de 60 ans entre les années 1645 et 1715. Entre les années 1670 et 1700 les observations du Soleil révélèrent moins de 50 taches solaires alors qu’au cours de l’optimum moderne et sur une même période de 30 ans le dénombrement des taches solaires atteignit plus de 50000. L’activité magnétique du Soleil qui est maintenant considérée comme liée directement au nombre de taches solaires était donc à cette époque très déficitaire. Les 20 années entourant l’année 1709 se caractérisèrent également par un proxy particulier de l’activité magnétique du Soleil qui est la présence anormalement élevée de béryllium-10. Cet isotope radioactif apparait au cours de la spallation cosmique c’est-à-dire du bombardement de très haute énergie des atomes d’azote ou d’oxygène par les rayons cosmiques. Plus il y a de béryllium-10 à la surface du sol plus le rayonnement cosmique atteignant l’atmosphère terrestre est intense et cette intensité est inversement proportionnelle à l’activité magnétique du Soleil (voir un prochain article sur ce blog).

La guerre de succession d’Espagne à la mort du Roi Charles II fut l’apogée de la mégalomanie de Louis XIV qui voulut « placer » un Bourbon sur le trône d’Espagne, en l’occurence un de ses petits-fils. Les Européens ne l’entendirent pas de la même oreille et s’allièrent contre Louis XIV. Ce fut la guerre la plus sanglante que connut l’Europe au XVIIIe et la bataille de Malplaquet la plus meurtrière. Cette guerre connut des ramification jusqu’au Canada et se termina par le Traité d’Utrecht. La France en sortit considérablement affaiblie tant économiquement que politiquement et humainement.

Histoire de Minoens et de Mycéniens

Des archéologues de l’Université de Cincinnati ont exploré la tombe d’un guerrier dans un verger d’oliviers de la municipalité de Pylos située dans le sud du Péloponnèse. Quinze-cent ans avant l’ère présente Pylos était le centre d’une grande province du riche empire mycénien, c’est-à-dire mille ans avant les guerres du Péloponnèse relatées par Homère qui opposèrent Troie et Athènes. au sud de cette ville se trouvait la Crête, berceau des Minoens et peu de données historiques concernent ce peuple ce qui fait que toute découverte archéologique d’importance présente un intérêt certain pour reconstruire l’histoire passée de cette partie de la Grèce actuelle et de ses relations avec les Minoens. Ce que l’on sait de la prospérité des Minoens est le fait qu’ils avaient en partie occupé le Péloponnèse depuis la Crète puis avec des guerriers chevronnés accaparaient les richesses des Mycéniens comme le relata Homère dans sa description du combat entre le guerrier Pylos et Agate. La civilisation Minoenne disparut après la cataclysmique explosion du Santorin mais de riches guerriers furent auparavant enterrés aux alentours de la ville actuelle de Pylos. Mais il se peut que le scénario soit exactement inverse et que les Mycéniens se soient approprié les richesses des Minoens …

L’équipe d’archéologues a découvert une pièce rare dans la tombe à laquelle ils ont attribué, selon la légende, la description du combat entre le guerrier de Pylos renommé Griffin et Agate ou Agasthenes, roi d’Elis, contrée située au nord de Pylos. Il s’agit d’un sceau d’à peine trois centimètres de large ciselé dans une pierre dure représentant ce combat légendaire qui a été trouvé dans cette tombe à côté d’autres artéfacts dont des anneaux en or et des armes diverses. L’analyse par imagerie fait apparaître la finesse des détails qui sont tout à fait surprenants pour une telle époque reculée. Bien que de petite taille cette pièce unique en son genre révèle de nombreuses informations sur le degré d’évolution des Minoens.

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Le guerrier enseveli dans cette tombe d’une exceptionnelle richesse fut nommé le « guerrier Griffin » en raison de la découverte à ses côtés d’une plaque en ivoire ornée d’un griffon, un animal mythique avec un corps de lion et une tête et des ailes d’aigle. Les Minoens avaient donc atteint un degré de civilisation et de création artistique qui n’avait rien à envier aux Mycéniens, les vrais fondateurs de la Grèce antique telle qu’on la connaît aujourd’hui par les écrits des historiens de l’époque de Périclès, mais c’était bien plus tard …

Source et illustrations : PhysOrg

Acte de naissance de l’Australie

Établie par les Hollandais au XVIIe siècle, en 1663, la première carte mentionnant l’existence de l’Australie a été restaurée après deux ans d’un travail minutieux. Elle est maintenant exposée à la libraire nationale de Canberra. Cette carte, bien qu’incomplète, est aussi appelée le certificat de naissance de la Nouvelle Hollande car les Hollandais arrivèrent en Australie bien avant les Anglais. Elle comprend des détails de la Tasmanie, île découverte par le navigateur hollandais Abel Tasman en 1642. Ce n’est que 130 années plus tard que le célèbre navigateur et explorateur James Cook accosta sur la côte est de l’Australie qui ne figure d’ailleurs pas sur cette carte et revendiqua le territoire comme faisant désormais partie de l’empire britannique. Cette oeuvre d’art comparable à celles de Vermeer, contemporain du cartographe en chef de la compagnie hollandaise des Indes orientales Joan Blaeu, fut considérée comme définitivement perdue mais retrouvée par hasard dans un entrepôt en Suède en 2010.

Les navigateurs du XVIIIe siècle connaissaient l’existence de cette carte puisque Cook en détenait une version miniature.

Source : Reuters

La trigonométrie : les Anciens Babyloniens connaissaient déjà !

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Le théorème de Pythagore est en réalité le fondement de la trigonométrie et quand ce théorème est enseigné dans les écoles les petits élèves devront attendre plusieurs années encore pour découvrir ce que sont le sinus et le cosinus d’un angle. En effet si la longueur de l’hypoténuse du triangle rectangle est fixée à 1, en considérant l’un des angles de ce triangle, le côté adjacent de l’angle droit à celui-ci est égal à son cosinus et le côté opposé est égal à son sinus et le rapport des longueurs de ces deux côtés (sinus/cosinus) est égal à la tangente du même angle.

Apparemment Pythagore mais aussi Ptolémée omirent tout simplement de mentionner les sources qui l’inspirèrent et qu’ils devaient connaître à n’en pas douter. Pythagore utilisait le système décimal mais les anciens Babyloniens, 1000 ans avant Pythagore, utilisaient le système sexagésimal et ignoraient le zéro qu’ils figuraient par un espace sur les tablettes d’argile qui leur servaient de livre de mathématiques. Le système décimal, comme son nom l’indique, est dit de base dix alors que le système sexagésimal est de base 60 et il nécessitait une notation complexe qui plongea dans un abîme de perplexité tous les spécialistes qui tentèrent de trouver une explication à la tablette dite Plimpton P322 (illustration) depuis sa découverte au début du XXe siècle. Ce système de calcul en base 60 présente cependant des avantages multiples car il simplifie les calculs fractionnaires.

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Bien qu’ayant été brisée, une partie des inscriptions de cette tablette a permis au Docteur Daniel Mansfield (UNSW) d’affirmer, preuves et calculs à l’appui, qu’il s’agit d’une table de trigonométrie d’une précision incroyable comme en témoigne la capture d’écran de l’article relatif à cette découverte.

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Pour voir apparaître une précision à peu près du même ordre il faudra attendre la table du mathématicien indien Madhava vers 1400, donc plus de 3000 ans après les anciens Babyloniens … Aujourd’hui les tables de trigonométrie ne sont plus qu’un lointain souvenir avec l’arrivée des calculettes. J’avais pourtant durant toutes mes études et même à l’université après le baccalauréat une table trigonométrique et une règle à calcul dont le principe était basé cette fois sur les logarithmes inventés par John Napier en 1614.

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Source : Université des Nouvelles-Galles-du-Sud (UNSW, Sydney)

Illustrations : http://dx.doi.org/10.1016/j.hm.2017.08.001 et Columbia University Rare Books, Pythagore, Wikipedia.

Les Américains prétendent être un exemple de démocratie, de paix et de liberté et n’ont cessé de promouvoir les droits des hommes. Ah bon ?

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L’objet de ce billet est de montrer que les Américains sont un peuple guerrier depuis la fondation de leur Etat en 1776. Ce pays n’a connu que très peu d’années de paix depuis cette date, en guerre 93 % du temps !!! Il y eut d’abord les guerres génocidaires contre les Indiens Séminoles, Appaches, Navajos, Paiutes, Sioux et autres Comanches qui firent l’objet de nombreux films de propagande hollywoodienne tout simplement honteuse. Durant ce même XIXe siècle les Américains commencèrent à affirmer leurs vues hégémoniques sur l’Océan Pacifique comme si c’était « leur » mer en intervenant à Fiji (1855), en Corée (1871), à Formose (1867) ou encore aux Samoa (1898) et ensuite aux Philippines (1899).

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Je n’invente rien, tous les livres d’histoire le démontrent : les Américains sont un peuple constitué d’immigrés sans foi ni loi (à de très rares exceptions près) qui n’avaient d’autre choix pour s’affirmer que de faire la guerre pour la plus grande prospérité de leurs industries de l’armement et de la finance. Et ce constat est toujours valable aujourd’hui. Les immigrés blancs ont pratiquement exterminé les aborigènes indiens qui vivaient sur leur sol depuis plusieurs millénaires et savaient gérer les troupeaux de bisons qui constituaient leur principale source de protéines. Les Américains ont atteint les limites de l’abjection en planifiant l’extermination des bisons des grandes plaines pour affamer ces Indiens. On appellerait aujourd’hui ce genre de stratégie un crime génocidaire contre un peuple, pire dans son déroulement stratégique prémédité que l’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie. Aujourd’hui les quelques rares aborigènes qui restent sont parqués dans des réserves et si le sous-sol recèle quelques ressources économiquement rentables ils sont alors expulsés manu militari comme il se doit.

Tous ces épisodes guerriers sont présentés dans la première illustration de ce billet qui n’a que comme vocation de faire la lumière sur la vraie nature de la nation américaine, un pays qui a toujours vécu de la guerre, un objectif évident qui a encore de beaux jours devant lui.

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Au XXe siècle on assiste à une diversification ahurissante de l’idéologie hégémonique américaine. Il y eut d’abord les interventions au Nicaragua (1912) puis à Haïti (1915) suivies par l’occupation de la République Dominicaine (1916). Inutile de rappeler que les USA tentent toujours de contrôler les régimes politiques en Amérique centrale et en Amérique du Sud par n’importe quel sale business comme par exemple le blocus financier du Vénézuela, le gouvernement d’inspiration bolivarienne étant de gauche – sinon communiste – c’est donc un ennemi des USA et un danger pour la nation américaine. L’intervention américaine en Europe lors de la Première Guerre Mondiale, il y a tout juste 100 ans, fut relativement courte, deux années seulement mais cruciale en ce qui concerna le flot de capitaux vers la Grande-Bretagne et la France pour financer le conflit. Les guerres ont toujours fait fonctionner l’industrie de la finance américaine à plein régime …

L’attaque de Pearl Harbor par les Japonais fut une occasion unique pour les USA afin d’élargir leur domination sur l’Océan Pacifique avec la vassalisation pure et simple du Japon à la fin du conflit couronné par l’humiliation de l’Empereur japonais orchestrée par l’armée américaine. La guerre de Corée (1950-1953) se termina par un statut quo mais les Américains avaient mis le pied sur le continent asiatique afin d’asseoir leur domination sur cette partie de l’Océan Pacifique. La guerre du Vietnam dont la motivation officielle était de combattre le communisme ou du moins le contenir dura 20 ans et fut le premier échec américain dans ses entreprises guerrières. Échaudée l’armée américaine aiguisa ses baillonettes à Grenade (1983) puis de nouveau à Panama (1989) qui se termina avec l’installation de Noriega par la CIA aux commandes du pays.

Inutile de rappeler les conflits récents provoqués le plus souvent par les Américains eux-mêmes : première guerre du Golfe, Afghanistan, destruction de l’Irak et assassinat prémédité de Saddam Hussein, sans oublier de mentionner les interventions au Kosovo, en Somalie et en Libye. Aujourd’hui, dans un accès de mauvaise foi et de mensonges iniques les Américains se targuent de combattre l’ISIS, des bandes de voyous soutenus par la CIA pour faciliter la main-mise de Washington sur les ressources pétrolières et gazières tant de l’Irak que de la Syrie avec en prime des enjeux géostratégiques importants. Il reste un énorme point chaud : la Mer de Chine Méridionale car à cet endroit aussi il y a un gros potentiel de réserves énergétiques … Mais la Chine c’est un gros morceau allié de facto de la Russie. Et après cette revue historique faut-il encore croire au message universel de démocratie des USA ?

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Source : Zerohedge initialement paru sur le site AHTribune, illustration de conclusion : Mossoul, jadis une cité prospère, « libérée » avec l’aide de l’armée américaine, mais c’est bien sûr !!!