Le glyphosate revient à la une des médias … pour la mauvaise cause.

L’intoxication médiatique bat son plein. L’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer), une émanation onusienne coûteuse et inutile située à Lyon avait déclaré le RoundUp probablement cancérigène à la suite d’une compilation d’articles relatifs aux effets de cet herbicide sur la santé des travailleurs de la terre nourricière. Comme je l’ai déjà mentionné dans ce blog, j’ai une opinion personnelle désastreuse au sujet de la qualité des travaux de ce « machin » onusien peuplé de fonctionnaires tous aussi obtus et inefficaces les uns que les autres et loin d’être des scientifiques de haut niveau. Quand on grenouille dans ce genre d’endroit il faut trouver des idées percutantes pour l’opinion publique et le RoundUp (Monsanto) constituait l’opportunité à saisir.

L’information a fait le tour de la planète et maintenant c’est chose faite, dans son édition en ligne du 22 avril 2016, le Guardian déclare que le glyphosate est carcinogène (voir le lien) et donc le « probablement » a disparu … La Commission Européenne a mandaté des spécialistes qui ont déclaré qu’il n’y avait aucune évidence pour que l’IARC classe le glyphosate parmi les « probables » carcinogènes et le fait qu’elle considère que cet herbicide ne présente aucun danger pour la santé humaine et animale ne nécessitait pas son interdiction de mise sur le marché ni de moratoire ce hérissé d’horreur le parti vert du parlement européen, une institution constituée de politiciens grassement payés avec les impôts des contribuables européens et qui sont notoirement absentéistes et totalement inutiles.

Seulement voilà, le parti vert est puissamment implanté dans ce parlement et il a le champ libre pour colporter de fausses informations, organiser des pétitions et influer sur les décisions de la Commission. Comme le Guardian ne cache pas ses sympathies pour les verts en général et pour « Paix Verte » en particulier il était du devoir de ce journal de relater tendancieusement les faits en oubliant que les dizaines de milliers d’études scientifiques sérieuses réalisées sur le glyphosate n’ont jamais pu mettre en évidence un quelconque effet sur la santé. Le glyphosate est maintenant considéré comme une substance toxique pour la santé publique et l’environnement. On assiste donc à une dérive de vocabulaire uniquement motivée par des positions idéologiques telles celles d’un Séralini qui mélangea les genres : il faut choisir entre la vraie science et l’activisme idéologique, surtout quand on est un politicien supposé au service de ses concitoyens … Mais on a encore le droit de rêver !

http://www.theguardian.com/environment/2016/apr/22/european-commission-glyphosate-weedkiller-leaked-proposal

Les OGMs nouveaux sont arrivés !

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Sur ce blog j’ai à plusieurs reprises disserté du CRISPR-Cas9 et cet outil de haute couture moléculaire au niveau de l’ADN est en passe de bouleverser la perception que tout un chacun a (et aura) des plantes génétiquement modifiées. En dépit des campagnes de dénigrement orchestrées par des groupes de pression variés s’appuyant sur des convictions relevant toutes de la fausse science, les plantes génétiquement modifiées, depuis qu’elles sont commercialisées, n’ont jamais occasionné d’effets indésirables sur la santé animale ou humaine et les effets sur l’environnement sont restés très limités. Les arguments des pourfendeurs des plantes transgéniques s’appuyaient sur des arguments spécieux pour justifier leurs actions spectaculaires de saccage d’essais en plein champ comme par exemple l’introduction dans les plantes génétiquement modifiées d’un gène de résistance à la kanamycine. Ce fut l’un des arguments phare d’un José Bové alors qu’il n’était qu’un obscur activiste motivé surtout pour le déroulement de sa carrière de politicien. Devenu maintenant rentier des contribuables européens, s’intéresse-t-il encore aux OGMs et se tient-il au courant des développements récents de la transgénèse végétale à l’aide du CRISPR ? S’il ne donne plus de la voix et de la machette, c’est tout simplement parce que cet outil moléculaire est d’une telle spécificité et d’une telle précision que le père José n’a plus d’argument pour dénigrer et combattre ces biologistes de nouvelle génération qu’il qualifiait il y a 20 ans d’apprentis sorciers, de docteurs Jekill ou Frankenstein.

Puisque j’ai mentionné la kanamycine il me faut ici répéter de quoi il s’agit. Le gène de résistance à la kanamycine se trouve partout dans le sol, la plupart des bactéries du sol sont en effet résistantes à cet antibiotique qui n’est plus guère utilisé en thérapeutique humaine. Il servait d’outil pour sélectionner les plantes qui avaient intégré la « construction » d’ADN comportant, outre ce gène de résistance utilisé comme marqueur, le ou les autres informations génétiques que les biologistes désiraient insérer dans le génome de la plante.

Dupont-Pioneer, l’un des plus grands semenciers du monde, spécialiste de longue date du maïs, promet que d’ici moins de 5 ans il y aura sur le marché des maïs de nouvelle génération de haute qualité pour le plus grand bénéfice des cultivateurs, des industriels et des consommateurs, après transformation à l’aide du CRISPR. Or cet outil n’entre pas dans les considérations classiques des régulateurs en raison de sa précision et de son aspect naturel. Il ne s’agit plus en effet de bombarder des cellules embryonnaires végétales avec des particules de tungstène recouvertes d’ADN (je passe sur les détails expérimentaux) ou de transfecter ces mêmes cellules avec des virus modifiés. Non ! L’outil CRISPR permet à l’expérimentateur de jeter aux oubliettes du passé ces technologies très approximatives développées il y a plus de 30 ans, des approches coûteuses aux résultats aléatoires et le plus souvent décevants.

En un mot, les développements de la transgénèse végétale des années 80-90 paraissent aujourd’hui tellement primitifs qu’ils sont presque caricaturaux en regard de la puissance opérationnelle du CRISPR. Cependant ils ont permis de prouver que les plantes génétiquement modifiées, comme l’Académie des Sciences américaine, l’USDA, l’Association Américaine pour l’Avancement des Sciences (AAAS), la FDA et en Europe l’EFSA le reconnaissent, ne sont pas nuisibles pour la santé. Une revue datant de 2013 a répertorié l’ensemble des travaux relatifs à l’effet possible des plantes génétiquement modifiées sur la santé animale ou humaine. La conclusion est claire : aucun effet délétère sur l’homme, les animaux d’élevage ou l’environnement (voir le lien).

Dès à présent de nombreux laboratoires ont modifié toutes sortes de fruits, légumes et céréales à l’aide du CRISPR et la FDA a d’ors et déjà adopté une position claire : les modifications génétiques à l’aide du CRISPR-Cas9 n’entrent pas dans le cadre des régulations précédemment édictées étant entendu qu’elles ne nuisent pas à la santé des autres plantes. Il s’agissait pour appuyer leur prise de position (voir le lien) d’un champignon qui ne noircit pas, le gène codant pour l’enzyme provoquant ce noircissement, une polyphénol-oxidase, ayant subi l’ablation de quelques bases constituant l’enchainement de l’ADN et désactivant ainsi l’enzyme. Pour la FDA il ne s’agit pas de l’introduction d’un gène étranger et ce champignon n’entre donc pas dans le cadre de la régulation classiquement imposée aux plantes transgéniques. Pourquoi parler d’un champignon qui ne sera probablement jamais commercialisé, tout simplement parce que la décision de la FDA constitue un précédent très important pour valider la technique utilisant le CRISPR qui fait l’objet de toutes les attentions des biologistes pour la mise au point de plantes résistantes aux ravageurs, à la sécheresse ou présentant des propriétés organoleptiques améliorées. Cette recherche d’un type nouveau est très bien répertoriée dans un article paru sur le site de l’ENSIA (voir le lien), un organisme émanant de l’Université du Minnesota ayant pourtant pour mission la protection de l’environnement.

Dans le domaine végétal, l’outil CRISPR-CAS9 accélère la sélection naturelle sans bouleverser de manière incontrôlée la structure et l’organisation des gènes de la plante comme c’était le cas avec les « vieilles » techniques de modification génétique. On ne peut qu’espérer un changement d’attitude de ces pseudo-scientifiques qui ont combattu sans arguments valables les plantes génétiquement modifiées …

Billet inspiré d’une série d’articles parus dans Business Insider

http://www.realclearscience.com/blog/2013/10/massive-review-reveals-consensus-on-gmo-safety.html

https://www.aphis.usda.gov/biotechnology/downloads/reg_loi/15-321-01_air_response_signed.pdf

http://ensia.com/voices/crispr-is-coming-to-agriculture-with-big-implications-for-food-farmers-consumers-and-nature/

Voir aussi : http://cariboubio.com/application-areas/agricultural-biotech , une firme biotech cofondée par le Docteur Jennfier Doudna.

Glyphosate : encore une séralinisation mais cette fois en Argentine

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Je m’informe régulièrement sur les imbécillités qu’on peut raconter sur le glyphosate et j’ai trouvé une vraie perle relatée par le site rt.com, site sur lequel je me suis retrouvé pour la première fois. Une étude réalisée à l’Université de la Plata en Argentine a été présentée au public lors d’un congrès cryptique ( 3d National Congress of Doctors for Fumigated Communities) qui s’est tenu il y a quelques jours à Buenos-Aires. Elle concerne la présence de glyphosate dans tous les produits en coton utilisés pour l’hygiène et en milieu hospitalier : compresses stériles, tampons périodiques, lingettes de démaquillage, protège-slip, etc. Les quantités trouvées sont alarmantes selon le Docteur Damiano Marino qui a conduit cette étude : jusqu’à 13 parties par milliard (ppb) de glyphosate et 39 ppb d’acide aminomethylphosphonique. C’est énorme : 13 microgrammes par kg de coton, soit pour un protège-slip au plus une centaine de milliardièmes de grammes, et encore, seule la surface du protège-slip est en contact direct avec la peau. Énorme !

J’ai fait un petit calcul en me télé-transportant dans un laboratoire de chimie analytique. Il a fallu tout un artifice expérimental pour arriver à doser des quantités aussi infimes. Les techniques de mesure n’ont pas été décrites. S’il s’agissait de spectrographie de masse, l’échantillon a-t-il été au préalable soumis à une étape de purification … aucun détail, seulement des chiffres à l’emporte-pièce. J’ai recherché sur pubpeer.com si par un effet du hasard l’auteur de l’étude avait publié un article à ce sujet : toujours rien, ce monsieur Damiano Marino semble ne jamais avoir publié quoi que ce soit dans une revue scientique !

On se trouve donc devant un pamphlet dont le but est d’alimenter la désinformation sur le glyphosate. Il s’agit d’une retombée des allégations mensongères récentes du CIRC relatives aux propriétés potentiellement cancérigènes de ce désherbant (voir le lien) qui ne sont également étayées par aucune étude scientifique sérieuse. On vit donc dans un monde imprégné de mensonges systématiquement alimentés et soutenus par des organisations de défense de l’environnement qui n’ont qu’un seul objectif : répandre la peur et faire admettre des contre-vérités. La toxicité du glyphosate n’a jamais pu être démontrée formellement après plus de 30 années d’utilisation, faut-il le rappeler.

Que mes lecteurs n’imaginent pas un seul instant que j’oeuvre pour Monsanto, loin de moi cette idée. Quant à incriminer le glyphosate dans le développement de toutes sortes de pathologies cela relève de la désinformation. Il suffit de parcourir l’article de rt.com pour se rendre compte de l’amalgame insidieux de données disparates admirablement réunies pour réaliser un chef-d’oeuvre de propagande environnementaliste. Désespérant …

Source et illustration : https://www.rt.com/usa/319524-tampons-cotton-glyphosate-monsanto/

et encore : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/08/22/le-glyphosate-et-monsanto-revient-sur-le-devant-de-la-scene/

Bayer, le Luna Privilege et les vignerons suisses : la lune dans le caniveau.

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On est toujours étonné de la créativité des chimistes quand ils découvrent maintenant le plus souvent par screening haute fréquence une molécule active pour combattre un ravageur des grandes cultures. L’une des préoccupations majeures des agrochimistes est de développer de nouveaux fongicides car il apparaît assez rapidement des résistances. Ainsi quand il y a un « hit » il reste ensuite à vérifier que le nouveau produit n’est pas (trop) toxique pour les insectes ou encore les poissons et les grenouilles et naturellement sans danger pour d’autres vertébrés comme par exemple les mammifères. Mais il arrive parfois que l’arme se retourne contre la plante qui était supposée être protégée des attaques de champignons pathogènes. Les conditions d’utilisation sont définies en laboratoires, sous serre et également en plein champ dans des situations parfois éloignées de celles de l’agriculteur moyen qui se contente de lire la notice d’utilisation et de traiter ses cultures quand il détecte une attaque fongique.

C’est ce genre de déboire qui est arrivé chez les vignerons suisses au début de l’été. Quelques 900 vignerons ont traité leurs vignes avec du Luna Privilege contre l’oïdium et le Botrytis (pourriture grise) et se sont rapidement aperçu que les jeunes feuilles se recroquevillaient et que la floraison et la véraison étaient inhibées, en d’autres termes que les ceps ne porteraient pas de fruits. Ils ont immédiatement incriminé le nouveau fongicide Moon Privilege de Bayer, homologué en Suisse en 2012 sous ce nom et en cours d’homologation dans certains Etats des USA pour traiter les arbres fruitiers, les pommes de terre, la vigne et les betteraves sucrières.

Malgré le manque de preuves évidentes, Bayer a conseillé aux vignerons de cesser d’utiliser le produit dont la matière active est le fluopyram, un inhibiteur d’une activité enzymatique clé de la mitochondrie. Bayer a discrètement approché les vignerons ayant évalué leurs pertes à environ 5 % pour les dédommager et étouffer si possible le scandale car les pertes pourraient s’élever au final à plus de 100 millions de francs suisses si on se base sur le prix du vin. Bayer avait initialement proposé une indemnisation sur la base du prix du raisin évalué à 4 francs le kg. Maintenant que les vendanges sont terminées, la perte est évaluée à 4,85 %.

Que va faire Bayer ? Dans un premier temps cette société avait reproché aux vignerons de ne pas avoir respecté les directives d’emploi. Les aléas météorologiques ont fait que le début de l’été a été pluvieux plus que de coutume et c’est sur cet argument que Bayer a tenté une esquive. Les vignerons ne l’ont pas tout à fait entendu ainsi et si Bayer ne s’arrange pas à l’amiable, ce sera encore une autre grosse entreprise allemande qui risquerait bien de devoir payer le prix fort pour cette bavure. Des dégâts du même type ont en effet été observés en Autriche, en France (Champagne et Val de Loire) et en Italie …

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Conclusion de cette histoire : les agrochimistes ne s’entourent pas toujours de toutes les précautions pourvu qu’ils réalisent des profits le plus rapidement possible.

Source : agence ats, illustration oïdium, Wikipedia

Le glyphosate (et Monsanto) revient sur le devant de la scène

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Outre les articles consacrés à la supercherie éhontée du triste Séralini qui tenta de publier des expériences truquées sur les effets cancérigènes du glyphosate, j’avais également écrit quelques billets dans ce blog relatifs à cet herbicide (voir les liens) et les conclusions bâclées de l’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer, basé dans la bonne ville de Lyon) au sujet du glyphosate refont surface. Il ne faut en effet pas « lâcher le morceau » car tout est bon pour ternir l’image de la société Monsanto, l’une des pires bêtes noires des écologistes de tout poil. L’IARC n’est pas un centre de recherche au sens premier du terme mais une espèce d’usine à gaz rassemblant des fonctionnaires grassement payés par les Nations-Unies, donc par les impôts que paient les contribuables, qui pour 99 % d’entre eux ignorent tout de la biologie la plus basique. Aucune recherche digne de ce nom n’est effectuée dans le building de l’IARC que je connais bien pour y avoir erré plusieurs fois à la recherche de documents d’ailleurs introuvables. Dans cet endroit surréaliste quand on est familier d’un laboratoire de recherche en biologie il y a surtout des papiers et des ordinateurs. Ces fonctionnaires passent leurs journées à compiler les articles scientifiques mentionnant une molécule X ou Y pour pondre un rapport, le plus souvent sous l’influence de groupuscules écologistes (au sens politique du terme), afin d’influencer les régulateurs dans un sens prédéterminé.

La décision de classer le glyphosate comme probable (voir note en fin de billet) cancérigène a fait tellement de bruit médiatique que même Mademoiselle Ségolène s’en est personnellement émue, et ce d’autant plus qu’elle avait certainement eu vent en son temps des lamentables travaux de Séralini. On se trouve donc dans la continuation directe de ce combat organisé contre la société Monsanto et tous les moyens sont bons pour enfoncer le clou ! Le dernier en date des arguments susceptibles d’alimenter cette polémique idéologique est la soit-disante invasion incontrôlable de plantes invasives résistantes au glyphosate. Par exemple une plaie qui défigure la Californie est l’invasion des eucalyptus qui poussent spontanément n’importe où et favorisent finalement des feux de broussailles. Seul le glyphosate vient à bout de cette invasion. Les détracteurs du glyphosate prétendent que l’invasion de la vergerette, ou vergerolle du Canada (Conyza canadensis, voir illustration) est due au fait que cette plante est devenue résistante au glyphosate et qu’il n’existe plus d’outils chimiques pour s’en débarrasser. Pour ces raisons il serait alors préférable selon les écologistes d’interdire l’utilisation du glyphosate …

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Les compilation de l’IARC auraient décelé une corrélation entre l’apparition de myélomes et l’utilisation de glyphosate. Le souci dans cette étude réside dans le fait que les populations témoins utilisées dans ces études en comparaison de celles, agriculteurs, utilisant le glyphosate à des fins professionnelles se sont révélées être également utilisatrices de cet herbicides. En effet, une majorité de ces « témoins » rejetaient dans leurs urines du glyphosate car ils utilisaient ce produit pour désherber leur terrasse ou les allées de leur parc ou de leur jardin. Le glyphosate n’est en effet pas réservé aux agriculteurs et c’est ce point qui a ému Mademoiselle Ségolène. Autant dire que les conclusions de l’IARC sont sans valeur car aucune différence dans l’apparition de myélomes n’a pu être démontrée entre ces deux populations étudiées. Pour la petite histoire, s’il fallait aujourd’hui homologuer le vinaigre comme conservateur ce serait impossible car l’acide acétique est classé comme corrosif et peut attaquer l’épithélium de l’oesophage.

Sous peine de me répéter le glyphosate inhibe une activité enzymatique qui n’est présente que chez les végétaux. L’une des approches serait d’utiliser du glyphosate radioactif et d’identifier toutes les protéines et acides nucléiques humains ou d’origine animale sur lesquels il a tendance à se fixer avec une affinité notoire. Expérimentalement c’est très simple à réaliser, en termes scientifiques on parle de dialyses à l’équilibre sur des fractions sub-cellulaires, une technique triviale en biologie. On disposerait alors d’indications pour orienter des investigations plus détaillées. On peut douter que les fonctionnaires de l’IARC aient un jour entendu parler de cette technique et que l’IARC puisse disposer de tels moyens …

Toujours est-il que le lièvre a été levé et que tous les moyens sont devenus bons pour l’abattre, je veux parler du glyphosate.

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https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/01/01/quand-les-ecolos-se-prennent-les-pieds-dans-le-tapis/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/03/07/la-chimiophobie-une-nouvelle-maladie-incurable/

Note.  Probable : Étymologiquement ce terme signifie « pouvant être prouvé ». Ce n’est pas en compilant des articles scientifiques disparates n’ayant souvent aucun lien entre eux qu’on peut prouver quoi que ce soit. Les preuves ne peuvent être apportées qu’à l’issue d’expérimentations réalisées selon un protocole reproductible respectant les règles déontologiques élémentaires de la science sans qu’il n’existe initialement la moindre présomption sur les résultats finaux. Malheureusement la science est devenue prisonnière de l’idéologie dominante actuelle qui prône un retour à la nature telle qu’elle existait quand l’homme vivait encore dans des cavernes et se nourrissait des fruits de ses chasses et de ses cueillettes. Ce n’est pas avec de tels a priori idéologiques qu’on pourra faire progresser le savoir, certainement pas dans le domaine de la recherche sur le cancer.

Source : Associated Press

La chimiophobie une nouvelle « maladie » incurable …

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Il y a l’ondophobie, l’agoraphobie et aussi l’arachnophobie mais la chimiophobie c’est nouveau, ça vient de sortir, enfin pas tout à fait, et des milliers de personnes se déclarent chimiophobes. En quoi consiste la chimiophobie et comment reconnaît-on les chimiophobes. La chimiophobie est la peur des produits chimiques. Si vous demandez à une personne chimiophobe si elle a peur de l’oxyde de dihydrogène, de la phylloquinone ou du bicarbonate sodé elle vous répondra que ce sont des produits dangereux dont il vaut mieux se méfier. L’oxyde de dihydrogène a aussi un autre nom, c’est de l’eau ! Le bicarbonate sodé c’est ce qu’on appelle aussi la levure chimique, ça fait très peur, quant à la phylloquinone c’est un composé abondant dans la banane, pas de quoi fouetter un chaton. Les chimiophobes partent du principe que si le nom d’un composé chimique est difficile à prononcer celui-ci doit certainement être dangereux ! Par exemple le 2-hydroxy-3-methylethyl butanoate est certainement très dangereux, et pourtant c’est aussi un composé communément retrouvé encore dans la banane. Inversement, et les chimiophobes ont raison sur ce point, un produit naturel n’est pas nécessairement plus sain. Il suffit de citer l’exemple de la toxine botulique.

Les chimiophobes masquent en réalité leur dessein final derrière un fatras de croyances obscurantistes, la chasse aux xénobiotiques, en d’autres termes des produits chimiques de synthèse interagissant avec les plantes ou les animaux et qu’on est susceptible de retrouver dans l’alimentation. Et dans cette catégorie on retrouve, on pouvait s’y attendre, les pesticides et les engrais. Après tout le nitrate d’ammonium, s’il existe bien dans la nature, est utilisé comme engrais massivement dans le monde entier, mais ce n’est pas du nitrate d’ammonium naturel puisqu’il est synthétisé industriellement. Pour les herbicides c’est pire encore. Toutes sortes de rumeurs infondées ont fait que ces produits sont dangereux pour la santé. Les chimiophobes oublient que parmi les progrès de ces trente dernières années en matière de produits phytosanitaires – l’élimination des « mauvaises herbes » entre aussi dans la catégorie de la santé des plantes vivrières – et ces progrès ont considérablement amélioré les pratiques agricoles.

L’exemple des herbicides est riche d’enseignements. Il y a encore trente ou quarante ans, l’agriculteur devait détruire les plantes adventices par des hersages répétés de son champ. Cette pratique venait finalement à bout des mauvaises herbes au détriment d’un sol dénudé et devenu sensible au vent et à la pluie. Aujourd’hui les herbicides modernes tuent les adventices, certes, mais les racines de ces dernières plantes indésirables entrant en compétition directe avec les plantes vivrières restent dans le sol et stabilisent ainsi ce dernier tout en réduisant les émissions de CO2. L’agriculteur moderne laboure et herse moins souvent ses champs, consomme moins de carburant avec ses machines et préserve tant la qualité des eaux phréatiques que l’intégrité du sol. De plus l’utilisation d’herbicides est reconnue tant par les décideurs que les régulateurs ou les scientifiques pour être sans danger pour l’animal et l’homme et constituent un outil devenu irremplaçable pour procurer une nourriture saine et à un prix abordable au consommateur. L’augmentation des rendements des récoltes a également un avantage dont on ne parle que très peu, à tonnages égaux, la surface cultivée a été réduite de 20 % et ce sont donc 20 % de terres supplémentaires affectées à la protection des biotopes et de la biodiversité. Ces mêmes progrès de l’agriculture ont également permis d’améliorer le rendement des élevages avec les mêmes résultats bénéfiques pour l’environnement quoiqu’en pensent et en disent les chimiophobes …

Puisque j’ai mentionné les herbicides parlons donc plus en détail du glyphosate une molécule devenue la bête noire des chimiophobes. Le glyphosate est un herbicide systémique à large spectre qui inhibe une activité enzymatique (EPSP synthase) qu’on ne retrouve pas chez l’homme ou les animaux mai seulement chez certaines bactéries. Cette molécule chimique relativement simple et fortement chargée négativement se lie fermement dans le sol aux minéraux présents ce qui atténue considérablement son lessivage par l’irrigation ou la pluie. Il est absorbé par les feuilles et les jeunes pousses et dans le sol il est rapidement dégradé par les bactéries sans présenter de danger pour l’environnement. Si le glyphosate se retrouve dans les rivières, ce que les chimiophobes clament à « tort et à cri », ce n’est pas l’agriculture qui pollue ces rivières mais l’usage urbain et le long des voies de communication (routes et chemin de fer) qui est responsable de ces pollutions ! Les chimiophobes adeptes de la culture bio et organique ne se rendent même pas compte que des pesticides dits « bio » comme la roténone ou le sulfate de cuivre sont infiniment plus toxiques pour l’homme que le glyphosate.

En 1992 des biologistes de l’Université Cornell ont développé une méthode de mesure de l’impact environnemental des pesticides conduisant à ce qu’ils ont appelé « l’indice d’impact environnemental (EIQ) consultable par n’importe quel curieux sur le site suivant : http://www.nysipm.cornell.edu/publications/eiq/equation.asp .

Cet indice tient compte des toxicités dermique et chronique pour l’agriculteur, du caractère systémique de la molécule, de la toxicité pour les poissons, du potentiel de lessivage par l’eau, de la perte à la surface des sols, de la toxicité pour les oiseaux, la durée de vie dans le sol, la toxicité pour les abeilles, la toxicité pour les insectes bénéfiques et la durée de vie à la surface des plantes. Les résultats de cette étude portant sur des douzaines de xénobiotiques, herbicides, fongicides ou insecticides, ont été stupéfiants. Par exemple un herbicide utilisé par les agriculteurs « bio », le vinaigre blanc ou acide acétique 100 % synthétique, montre un EIQ beaucoup plus élevé que celui du glyphosate pour l’utilisateur (30 au lieu de 8, voir le lien en fin de billet). Il est particulièrement intéressant de noter que si on devait déposer aujourd’hui un dossier de demande d’homologation du vinaigre comme agent de conservation celle-ci serait refusée en raison des législations en vigueur … et pourtant les chimiophobes n’ont jamais manifesté leur rejet pour le vinaigre.

Le glyphosate est dans le domaine public depuis plus de 30 ans et toutes les sociétés fabriquant et formulant ce produit ont été contraintes de déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché. Cette obligation légale a entrainé un foisonnement d’études dans 160 pays qui ont toutes conclu que le glyphosate était l’herbicide le plus anodin pour l’environnement et qu’il n’est ni tératogène, ni cancérigène, ni perturbateur endocrinien. Puisque le glyphosate doit également repasser périodiquement sous les fourches caudines des régulateurs notamment européens, un site dédié lui a été consacré qui fait le point sur l’ensemble des études réalisées (http://www.glyphosate.eu). L’ IARC, agence onusienne de collecte des données sur le cancer basée à Lyon en France a été mandaté pour étudier les données cliniques du secteur public de santé relatives au glyphosate. On peut douter de la partialité d’un tel organisme qui ne fait que dénoncer, souvent à tort, les effets carcinogènes de certaines molécules chimiques en se basant sur des études de divers laboratoires et organismes sur lesquelles il ne peut exercer aucune investigation déontologique. De plus, pour enfoncer le clou, ces organismes onusiens sont contrôlés à leur insu par des organisations indépendantes dont l’idéologie chimiophobe n’est plus à démontrer.

Par exemple on ne peut que déplorer la récente prise de position de l’Organisation Mondiale de la Santé (WHO) au sujet du virus Ebola et de la mise au point de vaccins contre le plasmodium (malaria) qui déplore le manque d’intérêt des compagnies pharmaceutiques pour ces deux maladies car selon Margaret Chan, Directrice du WHO (voir le lien en fin de billet), celles-ci n’y trouvent aucun intérêt financier. Comme si pour la malaria, une réintroduction raisonnée de l’usage du DDT ne serait pas hautement bénéfique pour de nombreux pays dans leur combat contre cette parasitose mortelle. Juste pour mémoire, en 2014 Ebola a tué 5600 personnes soit 0,7 % du nombre de morts par malaria ! Les prises de position récentes de certains organismes onusiens sont en effet inquiétantes et si l’IARC, à la suite d’une étude bâclée ne tenant aucun compte des centaines de travaux échelonnés sur près de 40 années au sujet de la sécurité du glyphosate déclarait, suivant les injonctions de groupuscules d’activistes sévissant dans les couloirs des Nations-Unies et dans les organismes variés en dépendant, que le glyphosate est délétère pour la santé humaine et pour l’environnement, ce serait tout simplement une catastrophe à l’échelle mondiale pour l’agriculture.

Qui bénéficierait de telles prises de position qu’on est en droit de redouter ? L’agriculture « organique » qui interdit l’usage du glyphosate. Ce ne serait que profitable pour cette agriculture parallèle qui met sur le marché des produits 4 à 10 fois plus coûteux que les produits de l’agriculture moderne et raisonnée. Ce serait aussi tout bénéfice pour une myriade de charlatans qui prônent les médecines alternatives et les supplémentations alimentaires naturelles en mettant en avant les qualités de désintoxication et les propriétés curatives de leurs produits en comparaison de la toxicité « persistante » des xénobiotiques tels que le glyphosate et de bien d’autres pesticides comme les néonicotinoïdes naturellement sans jamais apporter une quelconque preuve scientifiquement prouvée de leurs allégations mensongères.

En conclusion interdire le glyphosate parce que des activistes chimiophobes font pression sur les instances onusiennes obligerait les agriculteurs à utiliser des alternatives beaucoup plus toxiques pour l’environnement, les animaux et les hommes. Les conséquences seraient désastreuses pour l’ensemble de la planète. C’est la raison pour laquelle la vraie science objective et non dévoyée est si importante dans les prises de décision politiques.

Source : Article paru dans Forbes.com du Docteur Henry I. Miller, biologiste, ancien collaborateur de la FDA, consultant auprès de la Hoover Institution. Une partie de sa carrière scientifique a été consacrée au virus de l’influenza.

http://www.nysipm.cornell.edu/publications/eiq/files/EIQ_values_2012herb.pdf

http://www.nationalreview.com/article/393672/why-un-more-dangerous-ebola-henry-i-miller

Illustration : molécule de glyphosate

Quand les écolos se prennent les pieds dans le tapis …

 

J’avais une haute opinion de Paul Craig Roberts dont je lis le blog régulièrement (www.paulcraigroberts.com) jusqu’à sa mention de la communication de Stephanie Seneff du MIT qui clame que le glyphosate, matière active du RoundUp est une cause de l’autisme (voir le lien en fin de billet). Il faut resituer qui est cette Stephanie Seneff. Toute titulaire d’un PhD qu’elle soit, cette personne est une scientifique senior dans le Laboratoire des Sciences Informatiques et d’Intelligence Artificielle du MIT. Elle n’a jamais entrepris une quelconque recherche sur le glyphosate. Cependant elle est une militante anti-OGM déclarée. Ce n’est pas une raison pour que PC Roberts fasse référence à son pamphlet dénué de toute argumentation scientifique et basé sur des allégations qui n’ont jamais pu être vérifiées à moins qu’il ait accepté les yeux fermés de se faire contaminer par cette idéologue bornée et nocive.

Rappelons quelques faits à propos du glyphosate. Il s’agit d’un puissant inhibiteur d’un enzyme de la voie de biosynthèse des aminoacides aromatiques dérivant de l’acide shikimique. Or cette voie de biosynthèse est absente chez les animaux et seules les plantes, les champignons et les microorganismes en sont pourvus. Cependant, la persistance du glyphosate dans le sol est très courte et les effets de cet herbicide sur les bactéries du sol est négligeable. Le glyphosate est l’herbicide présentant la plus faible toxicité pour les animaux, y compris les poissons, les oiseaux et les insectes. Lors de l’application de glyphosate, la plante meurt du fait de l’accumulation intra-cellulaire de shikimate. Enfin les plantes génétiquement modifiées pour résister au glyphosate sur-expriment l’enzyme cible appelé EPSP synthase et en aucun cas l’herbicide s’accumule dans ces plantes modifiées. Cet a priori est sorti d’on ne sait où pour confondre les esprits en assimilant glyphosate et plantes génétiquement modifiées.

Toutes les études réalisées depuis le début des années 2000 n’ont jamais pu mettre en évidence d’effets adverses du glyphosate sur la santé animale ou humaine dans quelque domaine de la santé que ce soit :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10854122

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22202229

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21798302

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22683395

L’argumentaire de Seneff pour déclarer péremptoirement qu’ « en 2025 la moitié des enfants seront autistes » (sic) est basé sur le graphique suivant qui confond causalité et corrélation :

Capture d’écran 2014-12-31 à 17.29.30

À la vue d’un tel amalgame Seneff affirme que la corrélation entre les deux courbes est une preuve de causalité. Cette démarche est totalement dénuée de fondement scientifique. Il s’agit d’une vulgaire manipulation ! Prenons un contre-exemple établissant une corrélation encore meilleure entre l’autisme et la vente de produits dits « bio » (organic en anglais) :

Capture d’écran 2014-12-31 à 17.36.40

On peut tout aussi bien affirmer que la consommation de produits bio, exempts de plantes génétiquement modifiées ou des produits en dérivant et exempts de pesticides, donc de glyphosate, favorisent aussi l’apparition de l’autisme ! C’est du gros foutage de gueule, pour rester à la limite de la politesse … Mais c’est la manière d’agir des activistes idéologiquement déformés par des groupes de pression dont le seul but est de discréditer toute forme de progrès scientifique et technique et de répandre la peur dans les esprits. Cette fois-ci cette activiste anti-OGM s’est bien pris les pieds dans le tapis !

http://www.anh-usa.org/half-of-all-children-will-be-autistic-by-2025-warns-senior-research-scientist-at-mit/print/

Et si on reparlait des insectes pollinisateurs, des pesticides et des produits « bio » ?

Wasabi_by_EverJean_in_Nishiki-ichiba,_Kyoto

En cherchant bien dans la littérature scientifique on retrouve parfois des travaux sciemment passés sous silence parce qu’ils dérangent certains groupes de pression que je ne nommerai pas alors que la polémique sur l’usage des insecticides de la famille des néonicotinoïdes n’est pas éteinte, loin de là. Un moratoire est toujours en vigueur en Europe pour préserver les insectes pollinisateurs dont les abeilles en particulier. Difficile de prendre position pour ou contre l’usage de cette famille d’insecticides extraordinairement puissants puisqu’ils sont appliqués aux plantes par enrobage des semences à des doses globales correspondants à quelques grammes par hectare. Ils ont une action systémique, en d’autres termes ils pénètrent dans la plante et se retrouvent dans les tiges et les feuilles et les insectes et autres champignons ravageurs suceurs de sève sont exterminés quand ils se nourrissent. Au cours de la croissance de la plante, le produit se dilue, c’est facile à comprendre, et sa présence dans le pollen, le nectar ou les graines de la plante en fin de croissance est pratiquement indécelable. La controverse est donc de ce fait plutôt mal engagée. Certaines études ont, certes, montré que les abeilles étaient fragilisées par les néonicotinoïdes mais les conclusions sont également controversées car les travaux n’ont pas été réalisés dans les conditions normales de la bonne pratique des cultures.

L’autre volet également sujet à caution et alimenté à grands renforts de campagnes terrorisantes et culpabilisatrices de la part de ces mêmes groupes d’activistes anti-pesticides en tous genres est l’émergence des produits dits « bio » qui ont catalysé un gigantesque business dans lequel beaucoup d’acteurs peu scrupuleux ou pas scrupuleux du tout se sont précipité : la peur est le support d’un marché juteux, c’est bien connu ! Pourtant la réalité est tout autre. Dans un article d’anthologie publié dans les PNAS en juillet 1990 le Docteur Bruce Ames et ses collaborateurs de l’Université de Berkeley ont relativisé l’importance des pesticides de synthèse mais pratiquement personne n’a jamais osé citer cet article car il est un tant soit peu anti-conformiste et particulièrement effrayant.

Ames et ses collaborateurs ont calculé que 99,99 % des pesticides que l’on est susceptible d’ingérer en mangeant une tomate ou en buvant un café sont naturels !

En effet, lorsque les plantes sont attaquées par un ravageur elles se défendent en synthétisant des produits dangereux voire très dangereux sinon mortels et ces produits sont présents dans les plantes avant même qu’un insecte ait entrepris de se nourrir de sève, qu’un champignon ait commencé à s’infiltrer dans les tissus végétaux ou qu’une bactérie puisse commencer ses ravages. Quant aux animaux, les plantes ont également mis au point des produits chimiques dissuasifs au goût amer, malodorant ou acide. Bref, l’équipe de Ames a répertorié des centaines de composés chimiques d’origine végétale presque tous toxiques ou cancérigènes qu’on retrouve dans des légumes ou des fruits de consommation courante comme le chou, la pomme de terre, la tomate ou le café ! Par exemple dans deux tasses de café il y a 765 mg d’acide chlorogénique. Ce produit peut endommager la rétine et est un carcinogène reconnu chez les souris et les rats. Même le café « bio » en contient, cela va de soi. Un autre produit puissamment cancérigène est le 5-/8-methoxypsoralene qu’on trouve notamment dans le céleri, le persil et les figues, que ces plantes soient « bio » ou non, naturellement. Vous en voulez encore ? L’estragole ou para-allylanisole est un autre puissant carcinogène et on le trouve dans le basilic, l’aneth ou encore l’estragon. Je ne peux pas résister à citer la sinigrine, un glucoside présent dans toutes les brassicacées dont le chou, de Bruxelles ou de « chez nous », le brocoli, le raifort, le navet mais aussi la moutarde noire. Si on coupe un navet en tranches il se défend immédiatement en modifiant la sinigrine et il apparaît alors de l’isothiocyanate d’allyle qui confère leur goût caractéristique à la moutarde ou au wasabi (illustration ci-dessus) mais il présente aussi un effet lacrymogène presque immédiat si on abuse de ces condiments. En lui-même l’isothiocyanate d’allyle est un insecticide qui agit en coupant les chromosomes, ça fait peur, mais quand il est dégradé dans le tube digestif apparaît alors de l’allylamine qui est irritante pour la peau. Si on relativise la situation, on peut dire que quand on mange des fruits ou des légumes « bio » ou non, de tous les pesticides naturels ou non qu’on s’administre, sans le plus souvent le savoir en mangeant, ceux-ci se répartissent ainsi : 0,09 mg de pesticides synthétiques pour environ 1,5 g de pesticides naturels ! Parmi 52 pesticides naturels bien documentés, il y a 7 toxines qu’on retrouve dans pratiquement tous les champignons et qui sont classées à part, 27 sont des carcinogènes reconnus chez la souris à fortes doses, et les autres ont tendance à faire apparaître des radicaux libres favorisant des processus d’oxydation pouvant mettre la santé en danger. C’est d’ailleurs le plus souvent leur mode d’action dans le processus de défense de la plante. Fort heureusement les légumes et les fruits contiennent bien d’autres composés bénéfiques pour la santé humaine et animale qui estompent la présence de ces produits pourtant potentiellement bien plus dangereux que les pesticides de synthèse car ils sont beaucoup plus abondants naturellement.

Pour en revenir aux insectes pollinisateurs, les quantités tant de pesticides naturels que de pesticides de synthèse dans le pollen sont infinitésimales et la nature semble avoir bien fait les choses puisqu’elle a justement besoin de ces insectes pour sa survie. Les bonnes pratiques agricoles interdisent tout épandage d’insecticides lors de la floraison et sans vouloir prendre la défense des néonicotinoïdes qui soit dit en passant sont des dérivés de la nicotine, elle-même un puissant insecticide, le fait qu’ils soient systémiques rend peu probable leur présence dans le pollen ou le nectar des fleurs et donc leur implication dans l’hécatombe des ruchers. Il faut néanmoins, au risque de déplaire à certains, rappeler qu’entre 1960 et 2011 le nombre de ruches est passé dans le monde de 50 à 80 millions (source FAO). Où est cette disparition qu’on ressasse sans arrêt dans les médias ? Malgré l’introduction des néonicotinoïdes le nombre de colonies d’abeilles est resté stable aux USA ces dix dernières années (source USDA), où est la disparition ? Les statistiques canadiennes font état d’une augmentation de 501000 à 672000 ruches ces vingt dernières années, où est la disparition ? En Australie, pays exempt de varroa, malgré l’usage de néonicotinoïdes la population d’abeilles n’a pas décliné depuis le milieu des années 90 (source Université du Queensland à Brisbane), où est la disparition des abeilles dont les néonicotinoïdes sont supposés être la cause ? Quant à l’Europe permettez-moi de contester les données statistiques sur les ruchers car comme chacun sait ces données sont truquées sciemment par des groupes de pression que je ne nommerai pas non plus.

Source : PNAS Vol.87, pp. 7777-7781, Octobre 1990, disponible dans PubMed, illustration : racines de Wasabi ou raifort japonais

Vers un contrôle biologique du principal pathogène du riz

Rice_blast_symptoms

La moitié de la population mondiale dépend du riz (Oryza sativa) pour sa nourriture quotidienne et cette simple constatation explique que de nombreux travaux sur les ravageurs du riz sont sans cesse entrepris dans une multitude de laboratoires et instituts de recherche de par le monde car la culture intensive évoque aussi la présence de ravageurs variés, non pas les oiseaux et les rats que les Chinois ont soigneusement exterminé dans les années 70 pour améliorer substantiellement le rendement des cultures, mais aussi et surtout les champignons phytopathogènes. L’un des plus problématiques ravageurs du riz est en effet un champignon (Magnaporthe oryzae) qui provoque une maladie spécifique du riz appelée la pyriculariose. Il n’existe pas de traitements efficaces contre ce phytopathogène mis à part un fongicide récemment autorisé appelé Carpropamid dont l’efficacité est médiocre. Cette maladie se manifeste surtout pendant les périodes de relative sécheresse durant lesquelles le riz subit un stress hydrique non seulement en raison du manque d’eau mais également parce que les engrais à base de nitrate d’ammonium se transforment alors partiellement en ammoniac rendant dans ces conditions le riz encore plus susceptible aux attaques fongiques. Aucun pays même tropical n’est à l’abri d’une période de sécheresse et la situation peut devenir rapidement alarmante.

On estime que dans certains pays relativement tempérés producteurs de riz la pyriculariose affecte en volume plus du tiers des récoltes. Le champignon qui en est la cause est considéré comme le premier ravageur du riz dans le monde et la recherche en agro-biologie pour tenter de juguler ce problème est extrêmement active. C’est pourquoi quand des résultats nouveaux apparaissent ils font évidemment la une des journaux d’information scientifique. Quelques scoops récents relatifs à des variétés hybrides résistantes à la pyriculariose ont fait long feu car le champignon semble s’adapter très rapidement aux nouvelles conditions de son environnement ainsi qu’aux nouveaux fongicides qui ont peu d’effet sur son cycle de développement. Comme la croissance du riz est favorisée par la présence d’eau une direction de recherche a été de se pencher sur l’environnement bactérien dans lequel pousse cette graminée. Les agriculteurs n’ignorent pas que les plantes interagissent avec le sol non seulement pour y puiser des nutriments mais également avec les bactéries qui s’y trouvent et c’est dans cette direction qu’une équipe de biologistes de l’Université du Delaware a orienté ses travaux en identifiant dans un premier temps la communauté bactérienne d’échantillons de sol prélevés dans des champs de riz californien où est cultivée la variété de riz M-104 adaptée aux périodes de relative sécheresse mais qui est également très sensible à la pyriculariose (« blast disease » en anglais) pour les raisons évoquées plus haut. Le « microbiome » de l’environnement du riz a été identifié par séquençage des ARNs ribosomiques 16S (mes lecteurs savent de quoi il s’agit) combiné à une analyse des acides gras d’origine microbienne. La démarche expérimentale adoptée par ces biologistes ressemble un peu aux travaux réalisés sur la population bactérienne intestinale qui est bénéfique pour la santé humaine mais la comparaison est naturellement éloignée.

On sait que parfois des bactéries sont directement impliquées dans certains mécanismes de défense des plantes contre les champignons. Un des exemples les plus connus est la résistance de l’oeillet bien connu des fleuristes à la flétrissure causée par le champignon pathogène Fusarium qui est induite par la bactérie du sol très commune Pseudomonas fluorescens. Et justement, par un hasard qui n’en est en fait pas un, ces biologistes du Delaware ont identifié un Pseudomonas intéressant parmi 1284 bactéries différentes identifiées dans le sol californien sur lequel poussait le riz. Cette souche cataloguée EA105 possède la propriété de vivre non seulement autour des racines du riz mais également d’envahir la plante sans pour autant perturber sa croissance normale tout en produisant des composés volatils du genre cyanure, ce n’est pas très bon pour la plante mais pas bon non plus pour le champignon, ou encore des produits soufrés qui après examen n’ont pas vraiment interféré avec l’agressivité du champignon réglée comme du papier à musique. En réalité l’effet de cette bactérie est indirect car elle induit chez le riz la production de deux composés qui inhibent fortement la pénétration du champignon dans les cellules végétales. Il s’agit de l’acide jasmonique et de l’éthylène que beaucoup de plantes sont capables de synthétiser de par leur équipement métabolique beaucoup plus sophistiqué que celui des humains.

L’acide jasmonique est justement impliqué dans de nombreux mécanismes de défense de la plante dans des situations de stress. Quant à l’éthylène il s’agit presque d’une hormone végétale qui intervient dans de nombreux schémas métaboliques végétaux y compris dans les mécanismes de défense de la plante contre les stress. Pour mémoire l’éthylène est l’agent qui déclenche le murissement des bananes, un processus déjà connu des anciens Egyptiens ! Enfin, la même bactérie induit une production d’acide salicylique mais son intervention dans la défense du riz aux attaques du champignon est moins significative que l’acide jasmonique ou l’éthylène. Pour ce qui est du cyanure produit simultanément avec l’éthylène par la même voie métabolique (voir l’illustration) les bénéfices que peut en tirer le riz pour sa défense sont naturellement mitigés car le cyanure est peut-être létal pour le champignon mais il l’est aussi pour le riz, naturellement à hautes doses.

Yang-cycle

La perspective entrevue par ces travaux est assez claire. Enrichir les sols en Pseudomonas chlororaphis EA105, c’est l’identité complète de la bestiole identifiée comme bénéfique pour le riz à l’issue de ces travaux, constituerait une avancée prometteuse pour combattre efficacement la pyriculariose qui sévit et fait des ravages dans 85 pays répartis dans le monde entier. L’incidence d’une inoculation des sols préparés pour recevoir du riz en culture par cette bactérie représente un potentiel considérable pour sécuriser l’alimentation de centaines de millions de personnes dans le monde.

Source open data : http://www.biomedcentral.com/1471-2229/14/130#

Une arme chimique du citronnier se retourne contre lui

 

Les hommes ont inventé les armes chimiques pour s’entretuer au cours de la Grande Guerre dont on va célébrer cette année le centenaire de sa déclaration, comme si on devait célébrer le début de ce genre d’évènement funeste. Il faudrait aussi célébrer l’usage de l’ypérite alias gaz moutarde, du cyanure et du chlore qui furent largement utilisés dès la fin de l’année 1915 dans les tranchées autant par les Allemands que par les alliés pour en découdre, mais bon, chacun son truc et ce n’est en tous les cas pas le mien. Pour en revenir aux gaz de combat la nature a beaucoup mieux fait les choses que les humains et dans le même but, tuer ! Mais ça ne marche pas dans tous les cas, l’arme chimique supposée repousser les ennemis peut se retourner contre celui qui l’a utilisé, comme à la guerre d’ailleurs avec les hasards du vent.

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C’est le cas des ravageurs du citronnier et des autres agrumes en général. Le citronnier est en premier lieu depuis quelques années malmené par une bactérie appelée du nom surprenant de Candidatus Liberibacter asiaticus encore faut-il que cette bactérie trouve une embarcation, volante si possible, pour aller d’un arbre à un autre car jusqu’à preuve du contraire les bactéries n’ont pas d’ailes. Or en Floride et ailleurs, les ravages occasionnés par cette bactérie étaient inexplicables jusqu’à ce que des zoologistes de l’Université à Lake Alfred, en Floride donc, se penchent sur le problème pour tenter de trouver une solution aux hécatombes occasionnées par cette bactérie dans les plantations de citronniers. Puisque la bactérie ne peut pas se déplacer toute seule, elle doit donc trouver un transporteur aérien, c’est plus rapide qu’un transporteur terrestre tant qu’à faire. Elle a mis au point un stratagème incroyable consistant à dévier le métabolisme des feuilles de citronnier en les obligeant à synthétiser du salicylate de méthyle, un composé chimique volatil comme la majorité des esters qui est pourtant supposé éloigner les prédateurs du genre insectes. Pour les curieux le salicylate de méthyle rappelle l’odeur de l’écorce de bouleau quand on la froisse dans le creux de la main. Lorsque le citronnier est attaqué par la bactérie il émet donc ce signal dissuasif comme les Allemands en 1916 balançaient du gaz moutarde sur leurs ennemis en voulant dire après tout « ne venez pas nous attaquer, ce n’est pas une bonne idée ». Pas de chance pour le citronnier, le salicylate de méthyle a aussi le malencontreux pouvoir d’attirer puissamment un autre prédateur, cette fois un genre de puceron volant, le Diaphorina citri (voir la photo ci-dessus, Wikipedia) qui est vraiment un ravageur terriblement dévastateur du citronnier non pas tellement parce qu’il suce la sève du citronnier mais surtout parce qu’il va répandre la bactérie partout après avoir achevé les basses œuvres de cette dernière. La bactérie perturbe le métabolisme du citronnier à tel point que le symptôme porte l’élégant nom de huánglóngbìng, accents compris, qui veut dire « maladie du dragon jaune » en chinois ou en d’autres termes que les feuilles sont sérieusement attaquées, se recroquevillent et finissent par mourir et les fruits, s’il en reste, ne murissent pas complètement et restent en partie verts, ce qui est commercialement catastrophique. En fait le puceron n’a rien à voir avec la maladie bactérienne, il est simplement attiré par les effluves de salicylate de méthyle, il se contamine avec les bactéries en suçant la sève du citronnier dont il se nourrit exclusivement et comme la feuille sur laquelle il s’est posé est déjà en mauvais état en raison du ravage bactérien, il va voir ailleurs et contamine ainsi une plantation entière en quelques jours.

Jusque là rien de bien nouveau, la contamination des plantes par des insectes volants est bien connue et c’est la raison pour laquelle on est très strict en France avec par exemple la flavescence dorée en ce qui concerne les vignes, mais il y a bien d’autres exemples de ce type. Ce que les zoologistes de l’Université de Floride ont découvert, c’est la présence d’un troisième acteur dans cette collaboration infernale puceron-bactérie qui est aussi attiré par le salicylate de méthyle mais pas pour les mêmes raisons. Il s’agit cette fois d’une petite guêpe, Tamarixia radiata,

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qui utilise le puceron pour y pondre ses œufs. Cette guêpe ne vient pas sur les feuilles de citronnier pour en sucer la sève mais si elle est utile pour réduire la population de pucerons jusqu’à 50 % sans jamais en venir à bout complètement elle sert également malgré elle de vecteur pour la bactérie qui lorsqu’elle va chercher d’autres pucerons sur d’autres arbres contaminera ceux-ci avec cette dernière. Malgré tout, l’intervention de la guêpe est globalement bénéfique car elle réduit la population de pucerons tout en contribuant malheureusement à l’extension de la maladie bactérienne. On peut dire que le citronnier qui croyait avoir trouvé une arme chimique pour se défendre est tombé dans le panneau et l’arme s’est retournée contre lui pour la plus grande satisfaction de la petite guêpe qui a su exploiter cette faille.

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Résumons donc, la bactérie force le citronnier à émettre un signal chimique volatile supposé repousser les ravageurs sauf un puceron qui servira de vecteur pour la bactérie. Le même signal chimique prévient une guêpe de la présence du puceron pour qu’elle vienne le parasiter et finalement le tuer comme le résume l’illustration ci-dessus. Encore fallait-il prouver que les choses se passent bien ainsi car en général les insectes qui parasitent d’autres insectes sont plutôt attirés par l’odeur de leur proie et non pas par des émanations défensives de la plante. Si la guêpe est effectivement attirée par le puceron, elle l’est aussi et beaucoup plus par le salicylate de méthyle. Pour le prouver il a suffi de badigeonner des feuilles de citronnier sain avec une solution de salicylate de méthyle pour voir arriver des guêpes à la recherche de pucerons qu’elles n’ont pas trouvé. La même simple expérience a démontré également l’attirance du puceron pour le même salicylate de méthyle alors que du limonène par exemple n’avait aucun effet. En définitive, la bactérie favorise la rencontre de la guêpe et du puceron au détriment du citronnier qui a été complètement leurré dans cette histoire et finit par en mourir.

 

Source et illustrations open access : DOI: 10.3389/fevo.2014.00008