Ce qui attend les agriculteurs européens et les consommateurs …

Le conflit ukrainien est abondamment cité pour prédire une chute brutale des rendements agricoles en 2022 et 2023 en Europe, zone économique agricole très dépendante de la production d’engrais azotés par la Russie et de potasse par la Biélorussie. Les sanctions imposées par cette même Europe à la Russie sont suicidaires car l’ensemble du monde agricole va souffrir. Une baisse des rendements de 10 à 30 % est envisagée en cas de pénurie d’engrais, ce qui signifie clairement que l’augmentation des prix des produits alimentaires dans leur ensemble va être monstrueuse. Un ménage consacrant aujourd’hui moins de 10 % de ses revenus à la nourriture verra ce pourcentage atteindre 25 à 30 % selon les estimations les plus raisonnables. Toutes le grandes cultures seront impactées par l’augmentation du prix des engrais puisque la compétition internationale sera féroce. L’Inde a interdit sine die toute exportation de céréales, le port d’Odessa est bloqué et incapable d’exporter même une faible partie des 50 millions de tonnes de blé et de tournesol en grains toujours sur le territoire du pays. La raison n’incombe pas à la Russie comme le prétendent les pays occidentaux d’une seule voix mais aux mines, certaines d’entre elles dérivantes, situées au large d’Odessa et de Sebastopol larguées par les ukronazis. Les compagnies d’assurance refusent de se risquer dans des affrètements aussi risqués, les armateurs ne veulent pas mettre en péril leurs bateaux et les exportations sont au point mort jusqu’aux opérations de déminage qui pourraient n’être terminées que dans un délai encore inconnu, peut-être une année si on est optimiste.

Un autre aspect de l’incertitude dans laquelle se trouvent ces agriculteurs européens est l’épée de Damoclès des décisions de la Commission européenne concernant le programme de bio-agriculture consistant à réduire les apports d’engrais synthétiques, à réduire l’utilisation de pesticides et l’interdiction à court terme du glyphosate, un herbicide considéré, c’est bien connu, pour être cancérigène dans l’esprit des technocrates de Bruxelles. On ne peut qu’attendre avec effroi le jour prochain qui verra les Européens souffrir de la faim. Du jamais vu depuis la grande famine irlandaise de 1845-1852 due aux ravages provoqués par un champignon pathogène,Phytophthora infestans, alors qu’il n’existait à l’époque aucun traitement efficace et que l’Irlande ne cultivait qu’une seule variété de pommes de terre. Les restrictions envisagées par la Commission de Bruxelles pour l’usage de fongicides chlorés, dont le chlorothalonil encore efficace contre Phytophthora en association avec d’autres fongicides, pourrait provoquer un désastre tant dans la production de céréales, de tubercules que de fruits dont le raisin et de légumes. Décidément les technocrates de la Commission de Bruxelles ont l’esprit particulièrement obtus : ils n’apprennent rien des expériences tentées dans d’autres pays comme le Sri Lanka.

Ce petit pays de 20 millions d’habitants se trouve aujourd’hui dans une situation catastrophique qui s’est auto-amplifiée à la suite d’une décision démagogique du gouvernement central de favoriser l’agriculture organique dite aussi bio-agriculture, à l’exclusion de toute autre pratique agraire. L’interdiction des engrais et des pesticides en particulier pour la production du thé, ressource assurant 60 % des recettes du pays à l’export et la seule source de devises étrangères pour se procurer par exemple des hydrocarbures a provoqué ce qui était prévisible, une profonde crise sociale. Les villageois et les habitants des villes ont vu leur panier de la ménagère ne plus contenir que quelques racines et quelques bananes pourrissantes, les finances de l’Etat se sont rapidement détériorées en raison de la chute de la production de thé et aujourd’hui le Sri Lanka est ruiné et aux mains du FMI. Je ne voudrais pas être traité d’oiseau de malheur mais c’est ce qui attend la plupart des pays européens lorsque la Commission mettra en application la bio-agriculture organique et festive réclamée à grand bruit par le lobby écologiste qui pourrit la Commission européenne. La fête ne durera pas longtemps … Pour le Sri Lanka voir ceci : https://foreignpolicy.com/2022/03/05/sri-lanka-organic-farming-crisis/ et pour plus d’information sur la bio-agriculture, une escroquerie de plus, vous pouvez visionner ceci :https://www.youtube.com/watch?v=5AmbozlKbd4&ab_channel=SudRadio

7 réflexions au sujet de « Ce qui attend les agriculteurs européens et les consommateurs … »

  1. Bonjour l’article sur l’agriculture verte au Sri Lanka est excellent et complet.
    Il est logique de transposer le meme raisonnement aux énergies renouvelables ou à l’abandon du pétrole.

  2. Le B et A BA de l’agronomie, c’est de donner à manger aux plantes cultivées et de les soigner. C’est comme pour les être humains, sauf que s’il n’y a pas de vie végétale, alors il n’y a pas de vie animale. L’agriculture s’est industrialisée depuis l’invention des champs et du machinisme agricole. Cette évolution est normale car il s’agit de nourrir toujours plus de monde sur la planète. Se priver des engrais NPK et des produits phytosanitaires revient à supprimer de la liste des médicaments autorisés pour soigner les êtres humaines les vitamines, les oligo-éléments, les antibiotiques et la nourriture protéinée. Mais les écologistes politiques diront qu’il s’agit de produits chimiques et que « le chimique c’est mal »…sauf que si ces idiots avaient fait un peu de biologie, de physique et de chimie, ils sauraient que tout est chimique, y compris l’eau.
    Alors on va assister à des famines de masse dans les pays les plus pauvres qui ne sont pas autosuffisants sur le plan agricole. Les prix vont flamber ailleurs, puisque même en France, on est devenu importateur de pas mal de denrées alimentaires. Bon appétit ! 🙂

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  4. mais bon sang pensez aux enfants, à la petite Greta
    d’ailleurs, je ne comprends pas comment on peut critiquer toutes ces mesures qui vont nous sauver de la poele à frire?
    Prenez exemple sur le président, et son équipe de choc, qui ravalant toute rancoeur mal placée, s’est allié au premier australien pour organiser la prochaine COP, voilà au moins un homme qui a à coeur notre avenir.
    Et j’attends avec impatience que nos scientifiques s’insurgent et demandent des actions déterminantes pour condamner Vlad, qui a un bilan carbone désastreux
    Voyez Total, ils investissent à fond dans les renouvelables, ils quittent la Russie, non sans avoir scellé définitivement les puits pour éviter que ce massacre planétaire continue
    réveillez vous, il est moins une, la maison brule, et inscrivez-vous en urgence à l’académie du vélo

      • C’est du second degré.
        D’ailleurs, j’vous l’dit on tous cramer dans d’horribles souffrances, voire sous.France, tellement les flammes seront hautes :
        demain dans mon coin on aura 12 à 14°, 14 au sud, 12 sur le plateau. S’il fait plus froid, c’est parce qu’il fait plus chaud, ce qui prouve le réchauffement anthropique.
        Mais rassurez-vous, ces flammes vous ne les verrez pas venir tellement elles seront hautes et rapides, vous ne sentirez donc rien.
        Vlad pourrait aussi nous donner un petit coup de pouce, car j’en marre de voir des connards du style de la limace Ged.
        Vlad, s’te plait, un grand vlam 😉

  5. «  »Les restrictions envisagées par la Commission de Bruxelles pour l’usage de fongicides chlorés, dont le chlorothalonil encore efficace contre Phytophthora en association avec d’autres fongicides, pourrait provoquer un désastre tant dans la production de céréales, de tubercules que de fruits dont le raisin et de légumes. » »

    S’Il est exact que certaines molécules ont été interdites par l’europe ; bon nombre d’entre elles sont retirées par les firmes elle mêmes en ne demandant plus leur ré-agréation ; les jugeant trop peu rentables car bon marché ; surtout qu’elles disposent de nouvelles molécules plus performantes mais également plus chères . Sur le plan des fongicides , il n’y a pas trop à s’inquiéter .
    Sur le plan insecticide par contre , cela devient problématique pour certaines cultures ; le colza en france est confronté aux altises et méligètes qui en interdisent pratiquement la culture dans de nombreuses régions en l’absence d’insecticide efficace interdit (acetamiprid) . Je ne reviendrai pas sur la problématique NNI en betteraves .
    En herbicides et notamment le glypho , en l’absence d’alternative crédible on ne l’interdira pas ; celui ci étant à la base de l’agriculture de conservation ou écologiquement intensive . Son prix a plus que triplé .
    Concernant les engrais , il y a beaucoup d’intox et l’on entretient un climat de peur sur les disponibilités afin de maintenir les prix élevés ; aucun agriculteur n’a cependant manqué d’engrais et les stocks dans les usines n’auraient jamais été aussi élevés , les prix sont d’ailleurs en légère baisse .

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