Crise ukrainienne : quelle crise ?

Je ne partage qu’avec moi-même les lignes qui vont suivre en espérant qu’elles contribueront à se faire une opinion non passionnelle à mes lecteurs. Il est nécessaire de faire une petite description de l’Ukraine. À l’ouest du pays la population est plutôt rurale, catholique en grande majorité et parlant une langue apparentée au polonais. À l’est la situation est différente. La population est majoritairement russophone et industrieuse au sens littéral du terme. Depuis la chute de l’Union soviétique l’Ukraine est devenue un pays profondément corrompu, corruption largement favorisée par l’attention particulière que lui portait l’Europe en l’inondant d’investissements qui n’arrivèrent jamais dans l’escarcelle du peuple. Les visées hégémoniques de l’OTAN ont amplifié ce phénomène favorisé par le coup monté de la Place Maiden à Kiev fomenté par la CIA sur ordre du Président Obama avec l’accord tacite de l’Europe qui, il n’est plus besoin de le nier, est asservie à l’OTAN. À la suite des évènements de Maiden des milices ouvertement nazies, arborant des croix gammées sur leurs uniformes, issues des populations de l’ouest du pays, se promirent d’en découdre avec les russophones, dynamisées par une haine de toujours et il y eut donc une guerre civile qui ne fut jamais reconnue comme telle. La population de la péninsule de Crimée à 95 % russophone craignit pour son avenir et organisa une consultation populaire dont le résultat fut un rattachement à « la mère patrie ». Au cours de ces évènements plus de 200000 soldats de l’armée ukrainienne désertèrent pour se réfugier en Crimée. La Russie accepta cette consultation populaire et la Crimée rejoignit la Russie.

L’Occident n’entendit pas les choses ainsi et considéra que la Russie avait annexé la péninsule où se trouve la grande base navale russe de Sébastopol que l’OTAN convoitait. La région du Donbas fut totalement dévastée au cours de cette guerre civile. Près de 5 millions d’Ukrainiens russophones émigrèrent vers l’est, c’est-à-dire la Russie, qui ne put que les accueillir en leur proposant un passeport et des aides multiples afin qu’ils aient l’espoir d’une nouvelle vie calme loin des hordes de nazis corrompus à la solde du gouvernement de Kiev. Naturellement la haine ancestrale entre ces deux populations ne s’est pas évanouie, au contraire, elle est attisée par la propagande européenne ambigüe qui oscille entre une intégration à l’Union européenne signifiant que ce pays doit donc automatiquement intégrer l’OTAN et la poursuite du conflit civil interne. La situation de l’Ukraine est critique, l’inflation dépasse 10 %, les investisseurs ont quitté le pays, l’activité industrielle est totalement arrêtée et la misère et le mécontentement concernent maintenant la population de l’ouest qui est déçue par les promesses mensongères du gouvernement qui lui faisait miroiter une adhésion à l’Europe et ce sont des milices nazies qui font régner un semblant d’ordre.

Les Américains ne veulent pas perdre la face ni leur fierté et ils n’hésiteront pas à inonder leurs alliés de propagande mensongère, empêtrés dans un bourbier qu’ils ont eux-mêmes créé avec les événements de Maiden. Afin de ne pas avouer leurs projets d’intégration de ce pays à l’OTAN, n’ayant jamais digéré l’intégration de la Crimée à la Russie qui, je le répète fut le résultat d’une décision démocratique des habitants de cette péninsule, les Américains imaginent que la Russie va envahir la partie orientale de ce pays ruiné. Les Russes s’en moquent, ils n’ont rien à faire de ce pays dévasté. Le seul souci de Moscou est de constater que ces fanatiques de l’ouest de l’Ukraine aient des velléités d’invasion soit de la péninsule de Crimée soit du sol russe à l’est des frontières de ce pays. Il est donc parfaitement compréhensible que le gouvernement du Kremlin amasse quelques troupes pour surveiller cette frontière ainsi que celle de la péninsule de Crimée. Les évènements récents datant de quelques jours ou heures montrent l’énervement de l’Ukraine et du pacte de l’OTAN tant dans l’espace aérien que l’espace maritime. Il faut préciser que l’accès à la Mer d’Azov est maintenant soumis au contrôle de la Russie et le gouvernement de Kiev est particulièrement nerveux à ce sujet car le seul port de cette mer, Mariupol, bien que pratiquement inutilisable depuis la guerre civile, représente néanmoins un objectif stratégique. Il faut à ce sujet préciser que cette ville est pratiquement vide de ses habitants.

En conclusion les Européens, les médias et les politiciens européens n’ont rien compris et ils succombent encore une fois aux mensonges éhontés de la Maison-Blanche.

Je voudrais enfin rappeler à ceux qui auraient oublié l’histoire que ces vrais nazis ukrainiens se nourrissent encore de l’idéologie hitlérienne comme le firent leurs frères polonais lors de la seconde guerre mondiale et qui furent les meilleurs exécutants de l’idéologie d’épuration ethnique et religieuse du troisième Reich sur leur sol. La Pologne se distingua par son zèle exterminateur de toutes les minorités qui vivaient dans son pays. L’ouest de l’Ukraine peuplé en réalité de Polonais suit le même chemin, nourrissant comme les Polonais d’aujourd’hui, une haine viscérale des Russes. Il faudrait que les Polonais réexaminent leur histoire. Oh, je sais que je ne vais pas me faire d’amis avec ce billet mais il me paraît nécessaire de remettre les choses à leur place. Et pour terminer l’armée ukrainienne devra bien régler les tirs d’artillerie destinés à en finir avec la rébellion du Donbas maintenant que les routes non entretenues sont praticables en raison des températures inférieures à zéro degré car si quelque obus venait à tomber en territoire russe ce serait alors une toute autre histoire. 

9 réflexions au sujet de « Crise ukrainienne : quelle crise ? »

  1. Ping : Crise ukrainienne : quelle crise ? – Qui m'aime me suive…

  2. La Russie n’a aucune intention d’envahir l’Ukraine. Mais s’il se produisait une épuration ethnique, elle ne la laisserait pas faire. Écouter les bulletins de Xavier Moreau est très instructif à ce sujet, comme pour tout ce qui concerne la Russie. Bulletins N°56, et précédents :
    https://odysee.com/@STRATPOL:0

    • Tout-à-fait. Je me suis laissé dire que les Russes massaient aux frontières d’avec l’Ukraine des troupes spécialisées dans le brouillage électronique, qui sont capables d’empêcher l’utilisation de tout matériel guidé par GPS (avions, drones, missiles). Apparemment, les Russes seraient également responsables de l’inactivation à distance du F-35 de la marine britannique qui s’est crashé au décollage (des sous-marins russes auraient paraît-il récupéré l’épave avant qu’elle ne coule par hauts fonds dans la Méditerranée). Ils sont capables d’éliminer un satellite GPS depuis le sol. Il y aura donc selon toutes probabilités une répétition de ce qu’il s’est passé il y a 6 mois en Ukraine (brouillage électronique sur une zone de plusieurs milliers de kilomètres-carrés). Gerasimov a été très clair. A la place des dirigeants ukrainiens, je ferais profil bas. 🙂

  3. Je souscris à 100 % à votre analyse que j’ai trouvée très objective 🙂
    Le problème de l’Ukraine, c’est qu’aujourd’hui, plus personne n’en a rien à cirer : https://lesakerfrancophone.fr/qui-veut-de-lukraine
    Cependant, il suffit de regarder une carte géographique de la région pour constater que les républiques de l’Est de ce pays forment un rempart naturel contre les troupes de l’OTAN. Stratégiquement, la Russie a intérêt à les rallier dans sa sphère d’influence le plus rapidement possible en tenant compte du droit international et du refus de Kiev d’appliquer les accords de Minsk (les passeports russes sont en cours de distribution dans les républiques du Donbass et un accord de libre-échange entre ces deux parties vient d’être ratifié par Poutine).

  4. L’occident et L’OTAN ont ouvert la boîte de Pandore quand ils ont séparé le Kosovo de la Serbie. Avec la même démarche rien ne semble s’opposer à la séparation des provinces russophones d’Ukraine. Il est probable que la Russie ne laissera pas les forces ukrainiennes pénétrer dans les provinces qui ont choisi l’autonomie sans réagir militairement. Les armées qui sont l’arme au pied sont une excellente dissuasion…

  5. Pour info, voici l’analyse très pertinente d’un jeune Québecois dont les analyses géopolitiques me paraissent dignes d’intérêt, et en particulier celle-ci sur « les lignes rouges de Vladimir Poutine » qui donne des clés de déchiffrement de la situation déplorable qu’il règne en Ukraine :

  6. Une fois l’affaire des républiques du Donbass réglée (elles rejoindront le giron russe sous forme de républiques indépendantes avec probablement un statut voisin de celui de la Biélorussie), il restera à Poutine à résoudre le cas des républiques baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) qui font partie de l’UE mais qui posent un problème de sécurité puisque membres de l’OTAN. Ces républiques sont cependant prises en sandwich entre la Russie, la Biélorussie et l’enclave de Kaliningrad et doivent se poser de sérieuses questions en ce moment en regardant l’Ukraine plonger dans le désordre et la misère économique et sociale. Il y aura in fine un accord international tant voulu par le chef du Kremlin avec l’engagement de ne pas servir d’hôte aux armes et bases militaires de l’OTAN. Ensuite, Poutine pourra songer à prendre sa retraite, mais il faudra qu’il trouve avant un moyen de neutraliser la Pologne qui adore mettre de l’huile sur le feu entre la Fédération de Russie et l’UE. Le contrôle des gazoducs devrait lui permettre d’avoir un moyen de pression supplémentaire pour contrôler les velléités belliqueuse de cette pseudo-république qui a toujours joué dans l’histoire de l’Europe un rôle négatif et peu enviable…pardon pour mes amis Polonais, mais je parle surtout des dirigeants de ce pays qui finira selon toutes probabilités par être annexé économiquement par l’Allemagne dont les yeux commencent à devenir plus gros que le ventre depuis la réunification RFA+ RDA. L’Allemagne essaie en effet de prendre le contrôle énergétique de l’UE en devenant le hub européen de distribution du gaz russe, et de ce fait, fait tout ce qu’elle peut pour détruire la filière électronucléaire française via le WWF et Greenpeace…pour le plus grand déplaisir de Washington qui aimerait bien refourguer à l’UE son GNL de schiste hors-de-prix. Comme on peut le voir, la situation géopolitique n’est pas en faveur du trio infernal USA/UE/zone polono-ukrainienne, mais en faveur de la Russie qui déplace lentement ses pions sur l’échiquier de la géopolitique internationale. Poutine qui vient de pousser gentiment le président de son parlement à évacuer la tentation du passeport sanitaire a encore de gros chantiers à terminer en interne, le niveau de vie n’a pas crû de façon satisfaisante en Russie en dehors des grandes régions (Moscou, Saint Petersbourg, Kazan, Nijni-Novgorod, Iekaterinbourg, etc.), les Russes observant avec intérêt l’explosion du niveau de vie de la Chine et se demandent pourquoi ils n’ont pas profité des richesses naturelles de leur pays, le plus grand du monde. A la décharge de Poutine, il a pris les rênes de son pays alors qu’il s’était effondré ne laissant que dettes et misère. Lui-même a été chauffeur de taxi en plus de ses responsabilités au KGB pour joindre les deux bouts. Il lui a fallu reconstruire tout l’appareil d’état morceau par morceau et faire en sorte que son pays n’ait plus un seul dollar de dettes et beaucoup de réserves. Finalement, s’il veut entrer dans l’Histoire avec un grand H, il va falloir qu’il repousse ses projets de retraite et s’occupe plus intensément du niveau de vie des 145 millions de Russes, en stimulant et en remaniant un gouvernement que les experts jugent un peu falot par rapport aux enjeux sociaux intérieurs.

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