Réflexions

Je cite de mémoire une citation d’André Malraux « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ». Si ce n’est pas la vraie citation elle prête néanmoins à la réflexion. La religion relève du domaine personnel et privé. Par exemple quand j’observe des Japonais se prosterner devant une divinité dans un sanctuaire shinto au Japon, y compris ma belle-fille, j’ignore ce qu’ils pensent à cet instant précis, c’est leur problème. Quand j’étais enfant, à la messe du dimanche nous ne devions pas regarder l’hostie au cours de l’« élévation » bien signalée par des petits coups de clochette dispersés par les enfants de choeur. Il m’est naturellement arrivé de regarder ce spectacle et je n’ai jamais rien trouvé de surnaturel. Hormis la religion musulmane qui est une organisation politique de conquête par les armes comme cela est précisé dans les dernières sourates du Coran, les autres religions monothéistes relèvent de la sphère privée. Si Lénine a clamé que la religion était l’opium du peuple son idéologie totalitaire devait conduire à un remplacement de cet opium par l’idéologie communiste. Ce rêve de Lénine de « grand remplacement » niait la nature humaine et l’aspect privé et personnel de la religion. Vladimir Poutine l’a bien compris et a encouragé le retour en force de la religion chrétienne orthodoxe.

La question fondamentale qui apparaît dès que l’on réfléchit au sujet des religions est la vraie motivation qui conduit l’homme à s’embarrasser de ce fardeau conceptuel qu’est la religion. Pourquoi l’homme a inventé la religion et l’existence hypothétique d’un dieu, c’est là la question fondamentale. On peut formuler cette question différemment : pourquoi l’homme a-t-il besoin d’une référence divine dans sa vie de tous les jours ? Et comment ce besoin est-t-il apparu ? Il y a 20000 ans nos ancêtre chasseurs-cueilleurs avaient-ils des angoisses métaphysiques, certainement pas. Ils étaient effrayés par les orages, les éclipses du Soleil ou de la Lune, le passage d’une comète dans le ciel mais il leur fallut des millénaires pour envisager d’enterrer leurs morts, ce qui devint une sorte de rituel dès l’instant où ils se sédentarisèrent. Le fait d’enterrer les morts ne signifiait pas qu’ils devaient échapper aux charognards mais plutôt que la mort était un passage vers un monde inconnu d’où pourrait revenir le vieux chef de la tribu enseveli la veille. Voilà l’origine de toute religion : il existe un « au-delà » mystérieux. Marc-Aurèle disait dans ses mémoires que si les âmes de tous les défunts du passé flottaient dans l’air cet air serait irrespirable. Il avait « cru » aux multiples divinités de Rome puis il se convertit timidement à la religion chrétienne.

On en arrive donc à l’existence putative d’un dieu, la base de toute religion monothéiste. Bien qu’ayant été élevé dans la religion catholique lorsque je me suis plongé dans les études scientifiques j’ai naturellement remis en question l’existence de Dieu. Il faut avoir un cerveau aux capacités de raisonnement limitées pour considérer que le pari de Pascal constitue une preuve satisfaisante de l’existence de Dieu. C’est trop simple. Einstein s’émerveillait de l’harmonie des lois de la physique et il pensait sans se dissimuler qu’il y avait quelque chose de divin. Je veux bien mais toutes ces lois sont décrites par des équations mathématiques dont la complexité n’a rien de divin. Elles ont aussi servi à mettre au point l’arme terrifiante qu’est la bombe nucléaire. Pour l’aspect divin de la nature on est en droit de se poser quelques questions. Le problème sans solution pour un scientifique est donc l’existence même de Dieu. Par conséquent, courant le risque d’être déconsidéré par quelques-uns de mes lecteurs, je dirai ici que Dieu n’existe pas et qu’il s’agit d’un concept dont l’homme a besoin pour se rassurer, conscient qu’il est de sa condition de mortel. Les mouvements messianiques, les gesticulations des activistes prosélytes ne sont que le reflet de cette angoisse de la mort.

J’en arrive donc à la dernière réflexion dans ce billet. En dehors des musulmans qui considèrent que leur religion est aussi une idéologie politique conquérante, selon les dernières sourates du Coran, le monde moderne « ultra-connecté » a favorisé une transition fondamentale dans l’appréhension de la condition de mortel de l’homme. La pandémie de coronavirus l’a bien montré : la peur de la mort instillée par les décideurs politiques dans l’ensemble des populations a fait perdre à ces dernières tout repère religieux puisque la vie se résume maintenant à des histoires d’ARNs et de molécules chimiques, des protéines et de leurs récepteurs cellulaires. Le nouveau dieu est celui qui réussira à sauver le plus de vies, comprenez le lobby pharmaceutique. Et le cas du coronavirus est caricatural. Un virus, comme un papillon ou un être humain, est une créature divine et elle répand la mort !

Alors le débat est clos, mais pas complètement. Pour reprendre le mot de Malraux, puisque le coronavirus n’a pas vraiment convaincu il y a depuis plus de 30 ans la déesse Gaïa en péril. Et c’est devenu maintenant une véritable propagande quotidienne jusqu’à la nausée. Le nouveau dieu c’est Gaïa et la nouvelle religion est la protection du climat par tous les moyens. J.-M. Jancovici dans l’un de ses récents exposés de pure propagande prévoit que nous allons tous devoir souffrir pour sauver le climat. Ben voyons ! On se retrouve au douzième siècle avec la géniale invention par l’Eglise de Rome du purgatoire. On y est ! Pour ne pas griller trop longtemps dans cet antichambre de l’enfer l’Eglise de Rome il fallut institutionnaliser le purgatoire, ce qui fut fait au Concile de Lyon en 1274. Avant de mettre en place le système inique des indulgences les fidèles étaient invités à la repentance de leur vivant. Jancovici (lien) affirme qu’il faudra souffrir pour sauver Gaïa mais surtout pour ne pas être grillés comme des toasts par le réchauffement du climat dont nous sommes coupables de par notre consommation délirante. Tous les éléments sont réunis pour mettre en place cette nouvelle religion qu’envisageait Malraux. Cette nouvelle religion a fait des adeptes bien décidés à vaincre et convertir à leurs délires le maximum d’indécis mais aussi et surtout les nouveaux mécréants qui ne veulent pas modifier leur style de vie pour sauver le climat.

Cette nouvelle religion du climat affirme que l’homme peut modifier le cours naturel des choses. C’est une pure illusion. Jamais l’homme ne pourra modifier l’activité du Soleil, un astre longtemps considéré comme un dieu et les Egyptiens savaient que toute vie dépendait du Soleil comme François Jacob le disait si justement : « En fin de compte c’est le Soleil qui fournit son énergie à la plupart des êtres vivants ». Et ceci est valable pour le projet délirant de fusion ITER devant mimer l’activité du Soleil qui n’est qu’un rêve fou auquel je ne crois pas un seul instant. Les conciles d’autrefois ont été rétablis, il s’agit des « COP », la collecte des indulgences a été remplacée par la taxe carbone que tous doivent payer, riches comme pauvres, les processions pour faire venir la pluie sont maintenant des manifestations de rue pour le climat, la Vierge a été réincarnée en une petite suédoise un peu dérangée mentalement et l’Inquisition renaît avec la censure par les GAFAM de toute présentation contraire aux principes mêmes du changement du climat comme les critères ESG qui pénalisent une multitude d’investissements pourtant productifs et utiles pour l’économie. Cette nouvelle religion nous promet des souffrances, donc il faudra faire des sacrifices pour racheter notre âme, payer, toujours payer et payer encore comme les peuples d’Europe se sont soumis au pouvoir temporel de la papauté pendant des siècles. Cette nouvelle Eglise a abandonné son épicentre romain pour Genève, ville concentrant la plus forte densité d’organismes internationaux dont l’Organisation Météorologique Mondiale et sa filiale idéologique l’IPCC ainsi que le World Economic Forum, Genève la ville de Calvin, quelle ironie funeste …

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=hIZCFBHr4oc

16 réflexions au sujet de « Réflexions »

  1. Ping : Réflexions – Qui m'aime me suive…

  2. Difficile voir impossible de faire comprendre l’ idée de Dieu à des personnes qui se basent que sur la raison. Dieu n’ est pas la religion, il la précède Dieu est à l’ origine de tout. Je crois en Dieu mais je n’ adhère à aucune religion en particulier. La religion fédère les hommes en communautés diverses qui interprètes une vision de Dieu.

  3. Petit problème de sémantique : invention de dieu ou découverte de dieu ? On peut tout autant ridiculiser dieu que le néant créateur… Je m’émerveille devant ce qui m’entoure mais par dessus tout devant les lois qui sous tendent tout cela… Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !

  4. Le christianisme, ce sont des emprunts au judaïsme mitonnés de philosophie grecque. Et tout cela tient grâce à une intuition : quelque chose existe et nous cherchons désespérément (et inutilement) à percer ce mystère. De tout temps, les hommes ont eu cette intuition et cette intuition a pris différentes formes selon le temps ou le lieu.
    En prime, la plupart des grandes religions proposent une morale (un code de bonne conduite) pour réguler la vie quotidienne de leurs adeptes.

  5. L’Homme, à un moment ou à un autre de sa vie a, aura, a eu, besoin de transcendance; Certains appellent cela « Dieu », où est le problème ?
    Petite remarque sur le premier paragraphe : le fait de ne pas être « autorisé » à regarder l’hostie pendant l’élévation est une absurdité d’un point de vue théologique, dans la mesure où le croyant est plutôt appelé à « adorer » après avoir contemplé l’hostie (c’est le pourquoi de l’élévation !) , avant de s’incliner ou tout autre geste « d’adoration »; Historiquement la « clochette » était, aussi, là pour réveiller éventuellement les fidèles, les cérémonies ayant pu être longues, ou dans les moments difficiles se dérouler de nuit. Après cela s’est transformé en « rite » et on a perdu la signification;
    Un autre point étymologique (désolé si je parais pédant) : « religion » vient de « lier », d’où une « église » (ecclesia), soit un rassemblement ou mieux, une communauté… Bon d’accord, cela ne se voit ni ne se ressent pas toujours…
    Enfin, bien d’accord sur la fin du billet, la « climat-mania » est bien la nouvelle religion, surtout des jeunes…déchristianisés (sachant que la majorité de ces nouveaux « fidèles » vient de l’occident « chrétien »)

    • La misère religieuse est, d’une part, l’expression de la misère réelle, et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses sans esprit. Elle est l’opium du peuple.

      Ce paragraphe à lui seul dit long. Je vous conseille vivement de lire la suite et faire attention à la similitude avec des soi-disant délivrances si prétentieuses, néanmoins aussi illusoires que leurs précedents, mais empechant la mise en oeuvre de la vraie solution.

      Le bonheur réel du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu’il renonce aux illusions concernant son état, c’est exiger qu’il soit renoncé à un état qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vallée de larmes, dont la religion est l’auréole.

      • L’objet de mon billet était d’établir une similitude entre la religion (quelle qu’elle soit) et la propagande climatique qui est la nouvelle religion. Dans les deux cas elles sont fondées sur la peur, la peur de l’au-delà et de l’enfer, et maintenant la peur de l’enfer du réchauffement climatique qui est une énorme escroquerie. En lisant tous les commentaires ayant trait à ce billet j’ai constaté à quel point cette histoire de réchauffement climatique, de CO2, avait envahi les esprits à tel point que personne n’a osé relever mon propos. Le stratagème utilisé par l’église pour rançonner les imbéciles a tellement bien fonctionné qu’il constitue un modèle que l’IPCC, les autres organes onusiens et le WEF reprennent à leur compte. L’Europe occidental et d’autres pays occidentaux sont déjà condamnés à la misère. J’ai des petits-enfants mais je suis trop vieux assister à leur asservissement prochain …

  6. Histoire de stimuler la réflexion :
    – Il a déjà été question de l’aspect apocalyptique du « conditionnement » climatique ; l’eschatologie qui y est développée est maîtrisée par certains afin de donner un sens à la vie d’une jeunesse (et pas que à en voir le comportement puéril des adultes-parents) déboussolée par le matérialisme (d’où drogues et sexe en tous genres).
    – Il est trivial de dire que la religion est un échappatoire à la peur de la mort depuis que l’homme a conscience d’un mécanisme mental – appelé pompeusement conscience de la conscience. Mais ceci est-il futile ? Car après tout sommes nous sûr de ne pas continuer « consciemment » sous une autre forme d’existence après la mort ? Des séances d’hyper conscience n’ont-elles pas lieue lors d’extase dite mystique ou de témoignages en état modifiés (toujours) de conscience ou bien lors de perte de conscience (sic) à la suite d’un accident (cf. expérience dites proches de la mort).
    – Que dire de la transcommunication ? Voir les ouvrages du Père Brune qui, s’il n’est pas expert en technologie – mais ami de Rémy Chauvin (ça aide !), sait déceler avec acuité les messages d’un potentiel au-delà (c’est son job d’expert en théologie !).
    D’ailleurs à ce propos, celui de Theos, s’il y a évolution de l’homme et des idées, il y a aussi évolution du concept anthropomorphique de Dieu. De la peur, nous passons dans une religion dite d’amour (vaste sujet d’investigation je vous l’accorde) qui apparaît dans le christianisme. Et pour la première fois dans le nouveau testament, il est question d’un dieu personnel aimant et non vengeur. Ici aussi je ne peux que stimuler l’approche intellectuelle via l’ouvrage de François Brune « Pour que l’homme devienne Dieu » ; la vraie relation/religion/religare est de l’ordre du spirituel, personnel qui ne veut pas dire individuel car il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour : on est plongé dans le social à 100%.

    • PS : F. Brune et R.Chauvin sont décédés. Il fallait utiliser l’imparfait dans mes phrases. Aussi, comme le hasard n’existe pas, mon imperfection n’est qu’un lapsus révélateur – le souffle de leur présence, j’en déduis donc qu’ils sont bien vivants post-mortem, CQFD n’est-ce pas ? lol

      • Réflexions théologiques intéressantes, surtout sur le dieu aimant (chrétien) par rapport au dieu vengeur (juif). Merci 🙂

  7. Bonjour,
    Je lis souvent vos billets avec plaisir pour leur pertinence et aussi pour leur impertinence. Mais je me crois obligé de corriger quelques ignorances de votre part. La citation « la religion est l’opium du peuple » est de K. Marx et F. Engels dans leur livre « la sainte famille » dans lequel il analyse les formes sociales des sociétés humaines aussi bien de l’ancien régime que de la société capitaliste et sa caractérisation est particulièrement lumineuse… http://www.luttedeclasse.org/marxisme/sainte_famille.pdf
    Lénine et les bolchéviques ont immédiatement inscrit dans la constitution la laïcité de l’état soviétique ; vous devez sûrement confondre avec Staline … Dont Lénine avait expressément demandé sa mise de côté des instances dirigeantes du parti dans son testament le jugeant inculte et brutal. https://fr.wikipedia.org/wiki/Testament_de_Lénine
    On peut utilement se souvenir que c’est à l’attention de Lénine que la 8 mars (23 février 1917) a été choisi pour célébrer les femmes, en référence à la manifestation des femmes de soldats russes à la Douma pour réclamer leurs retour qui a conduit à l’abdication du Tzar ; 8 mars qui aujourd’hui est universellement fêté partout dans le monde.
    https://www.marxiste.org/theorie/histoire-materialisme-historique/2123-il-y-a-100-ans-les-femmes-entamaient-la-revolution-russe
    Amicalement

  8. A propos de la peur.
    Est-ce que l’homme aime se faire peur ? Est-ce que la peur le stimule ?
    En cette période d’Halloween une forme de peur est présentée pour conjurer les sorts : l’homme est magique.
    Et l’homme dramatique, ne se complait-il pas en se stimulant avec des drames psychologiques, des comédies dramatiques … L’homme est aussi un inventeur par son esprit créatif.
    Alors quand on mélange sans logique, sans raisonnement, sans méthode (surtout pas car on risquerait d’étouffer la « créativité » – Léonard de Vinci en rirait) les rêves magiques de l’enfance, l’adulte dans sa peur irraisonnée (par définition !) tourne au tragique.
    Malheureusement la peur est contagieuse, c’est pourquoi les hommes les plus peureux et tragiques sont au pouvoir : les guerriers ont laissé la place au couards, on a glissé de de Gaule à Macron, de l’archange Gabriel à la soumission au Coran.
    (Pour ne pas glisser dans un débat sur la religion, il ne faudrait pas confondre Eglises et religions, spiritualité et mythes – le réchauffement climatique est pris, par nos psychopathes, dans le sens tragique du mythe).

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