Russie : un surrégénérateur « intégré ».

Alors que le consortium européen NERSA était à la point mondiale de la surrégénération nucléaire tout fut arrêté par le gouvernement français. Le choix du sodium comme liquide caloporteur avait fait apparaître des problèmes de vibration qui étaient sur le point d’être maîtrisés. Subissant la pression des vert.e.s ce joyau de la technologie fut abandonné et ce fut la lente descente aux enfers de l’industrie nucléaire française mais aussi européenne. Aujourd’hui ce sont la Russie et la Chine qui ont pris le relais dans le domaine des petits réacteurs modulaires comme des surrégénérateurs. La Russie vient de couler le premier béton de la dalle qui va supporter le surrégénérateur BREST-OD-300 d’une puissance électrique de 300 MW près de la ville de Seversk au-delà de l’Oural. Il s’agit d’un réacteur refroidi avec du plomb dont la température de fusion est 600°C, métal qui peut être utilisé entre 600 et 800 degrés sans problèmes majeurs contrairement au sodium.

Le combustible sera de l’uranium naturel et l’ « allumette », c’est-à-dire la source de neutrons rapide sera du plutonium. Ces deux métaux seront façonnés dans une usine proche de l’usine sous forme de pastilles de nitrures et conditionnés pour servir de combustible. L’innovation de ce projet réside dans le fait qu’une autre usine également proche de cette installation sera dédiée au retraitement du combustible irradié. Ce retraitement consistera à séparer les transuraniens et le plutonium et éliminer les produits de fission qui ralentissent les neutrons. Les transuraniens et le plutonium apparus seront reconditionnés sous forme de nitrures. Les opérations de rechargement en combustible pourront être effectués en continu, ce qui était le cas pour Super-Phénix, sans arrêter le réacteur. Les transuraniens seront « brûlés », ce qui est l’un des avantages du surrégénérateur. Ainsi ce réacteur pourra fonctionner sans nouvel apport d’uranium naturel voire appauvri pendant plus de 20 ans, ce qui est un autre avantage d’un surrégénérateur qui crée plus de combustible qu’il n’en consomme ! En effet ce réacteur produira en continu le plutonium qui est nécessaire pour « allumer » la fission de l’uranium naturel et la capture de neutrons dits rapides pour faire apparaître ce plutonium.

L’ensemble de ces installations est prévue pour fonctionner dès 2026. Le gouvernement français a commis une faute d’une extrême gravité en arrêtant autoritairement et de manière totalement arbitraire l’usine de Super-Phénix. Les centrales nucléaires type PWR « brûlent » une partie infime de l’uranium enrichi qui constitue le combustible. Or un surrégénérateur bien géré fonctionnera jusqu’à un rechargement nécessaire en uranium naturel. A contrario nul ne sait quand le prototype ITER sera fonctionnel, si tant est qu’il le devienne un jour car dans l’imaginaire des politiciens il constitue le graal de l’énergie inépuisable. C’est encore un doux rêve comme d’ailleurs l’hydrogène. La Chine et la Russie ont su raison garder et dans une dizaine d’années ces deux pays domineront la vraie technologie nucléaire efficace qui ne sera pas pénalisée par tous les problèmes des PWR. À ce sujet si mes lecteurs désirent que je leur expose quels sont les problèmes des PWR je suis disposé à écrire un billet à ce sujet …

10 réflexions au sujet de « Russie : un surrégénérateur « intégré ». »

  1. Ping : Russie : un surrégénérateur « intégré ». — jacqueshenry – La vérité est ailleurs

  2. Ping : Russie : un surrégénérateur « intégré ». – Qui m'aime me suive…

  3. Le plomb fond à 330 °c et cela ne l’empêchera pas de fonctionner à 600 ou même 800 degrés .
    Dans Myrrha le plomb- bismuth fond à 140 °c mais l’industrie produit 1000 x moins de bismuth que de plomb…Le plomb liquide corrode l’acier …

    • Erreur de ma part, c’était des degrés K ! Je pense que les ingénieurs et physiciens des matériaux russes savent ce qu’ils font comme d’ailleurs les physiciens savaient ce qu’ils faisaient pour l’usine de Creys-Malville. Tout ce savoir-faire a aujourd’hui disparu. Je rappelle ici que la Russie dispose toujours de 2 surrégénérateurs refroidis au sodium qui sont opérationnels depuis près de 40 ans pour l’un d’entre eux. Un breeder de conception russe type BN-800 est en construction en Chine.

    • le plomb s’infiltre dans les criques et cause leur agrandissement. D’où certainement le choix du sodium. Le maître des lieux pourrait nous éclairer si c’est bien exact 🙂

  4. ne pas oublier que de triste sires comme le professeur Pellerin on fortement contribué à la défiance du peuple sur le nuk. personne n’a digéré le nuage de Tchernobyl qui s’arrete aux frontières. ça a fait le lit des « verts » pour tout arrêter.
    c’est le PB du nuk, pas facile à comprendre pour le profane, voire contre intuitif et tout ça dans un contexte bien technocratique.

      • une amie proche travaillait à l’epoque au CEA et a fait des releves radio sur le territoire pendant l’episode du nuage. il a bien franchi la frontière, meme si la radioactivité n’etait pas tres importante elle etait là.
        en particulier dan le sud est.
        l’attitude de Pellerin etait puerile et pas en rapport ni avec le probleme du moment ni avec les enjeux propres à la France concernant le nuk civil

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