Pour un vaccin contre la malaria il y a encore un long chemin …

Alors qu’au cours de l’année 2020 la malaria aura encore tué près d’un million de personnes dans le monde alors que tous les yeux étaient tournés vers les morts provoqués par le SARS-CoV-2 et pour faire exception puisque tous les moyens étaient mobilisés pour sauver des vies humaines dans les pays occidentaux, ce nouveau virus a surpassé la malaria avec 3 213 602 morts dans le monde à la date du 4 mai 2021. Mais si la malaria a été surpassée par le coronavirus en cette année 2020 elle a également tué autant de personnes dans le monde durant ces 20 dernières années. Bref, il n’y a pas de quoi pavaner malgré une très nette amélioration essentiellement due à la généralisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides, par exemple, et le retour à pas feutrés du DDT dont on imprègne les murs dans les cases des villages des pays tropicaux parce c’est justement sur ces murs que les moustiques viennent se poser durant la journée pour, la nuit tombée, aller se nourrir du sang des occupants de la case en se laissant littéralement tomber sur eux puis leur transmettant le plasmodium qui va tuer et tuera encore. S’étant imprégné de DDT les moustiques meurent avant d’avoir infecté leurs proies.Ce qui est très surprenant au premier regard est le très faible taux de mortalité par le SARS-CoV-2 dans les pays où précisément sévit de manière endémique la malaria. Je ne les citerai pas tous ici mais il s’agit de la péninsule cochinchinoise, la Birmanie, la Malaisie, l’Indonésie et la Nouvelle-Guinée mais aussi et surtout l’ensemble des pays d’Afrique en dehors de l’Afrique du sud qui a voulu jouer dans la cour des grands en interdisant les traitements précoces à base d’hydroxychloroquine ou d’Ivermectine.

Mais revenons à la malaria. Le Jenner Institute, émanation de l’Université d’Oxford, a imaginé de faire produire par des levures génétiquement modifiées dans ce but une protéine chimérique, une partie de la protéine de capside du virus de l’hépatite B fusionnée à une partie de la protéine de surface du parasite de la malaria sous sa forme existant dans la salive du moustique appelée sporozoïte. L’attention a été porté sur le Plasmodium falciparum qui tue beaucoup plus de personnes que le P. vivax. Cette protéine chimérique s’assemble spontanément en particules ressemblant à un virus et le patient inoculé par ce produit conditionné avec un adjuvant constitué de saponines d’origine végétale développe des anticorps contre la protéine du sporozoïte. Les premiers essais cliniques en phase 3 ont été effectués sur un nombre restreint d’enfants âgés de 5 à 17 mois dans une région du Burkina-Faso où la malaria est endémique. Il est encore prématuré de se réjouir puisque sur 146 enfants ayant reçu le vaccin 39 ont tout de même développé la malaria à falciparum alors que dans le groupe témoin de 147 enfants 106 d’entre eux ont, eux, développé la maladie. C’est à peu près ce qui se passe avec les vaccins à ARN pour le SARS-CoV-2 : une protection incomplète. De plus il existe une multitude de « variants » qui diffèrent au niveau des protéines de l’enveloppe du sporozoïte, c’est aussi exactement la situation à laquelle on est confronté dans les pays européens avec le soi-disant super-efficace pseudo-vaccin à ARN messager dirigé contre le SARS-CoV-2.

Le vaccin expérimental de GSK développé par une approche sensiblement identique, le Mosquirix, a de son côté péniblement atteint une efficacité de 56 % la première année et réduite à 36 % après 4 années. Il est donc clair que devant le peu de profits attendus pour la production de ces vaccins les grands laboratoires pharmaceutiques, qui pour certains d’entre eux ont trouvé la poule aux œufs d’or avec le SARS-CoV-2, ne sont pas très nerveux en ce qui concerne la malaria. Enfin, pour clore ce sujet, l’Institut des pathogènes émergeants à l’Université de Floride privilégie une toute autre approche consistant à affaiblir la capacité de transmission du parasite de l’homme vers le moustique. Je ne suis pas du tout spécialiste mais j’ai beaucoup de peine à imaginer comment ce but pourra être atteint …

Source : AAAS News, illustration Wikipedia

4 réflexions au sujet de « Pour un vaccin contre la malaria il y a encore un long chemin … »

  1. Effectivement, ce type de sujets m’amène à me poser moi aussi des questions :
    – pourquoi avec tous les scientifiques présents sur Terre et tous les budgets de recherche disponibles n’arrive-t-on pas à vacciner le paludisme ? C’est vrai, il faut d’abord que la maladie soit vaccinable…et on peut donc se poser la même question pour le Sida; est-ce un problème de compétences, d’argent, de volonté ou simplement d’un manque de connaissances qui finira par se combler ?
    – la vaccination requiert un savoir et un savoir-faire très pointus et est vue par les pharmaciens comme le nec plus ultra de la pharmacie, comme il faut 10 à 20 ans pour développer de façon propre un bon vaccin à l’échelle industrielle…alors pourquoi ne pas se rabattre sur des traitements qui font intervenir la chimie traditionnelle pour éradiquer cette maladie de la planète ? Le marché n’est peut-être pas assez solvable par rapport aux objectifs de profits des grands labos pharmaceutiques ?

    • En effet, la lecture de ce papier confirme que la bêtise et l’ignorance d’une majorité d’écologistes est un puits sans fond. On devrait les obliger à passer un brevet de technicien agricole avant d’avoir le droit de militer, histoire de les amener à comprendre ce que sont concrètement les sciences du vivant et de la terre.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s