Un « site » de Santa Cruz de Tenerife dont l’origine est peu connue

Quand des touristes visent la ville ils n’ont aucune idée de l’origine de cette curieuse colline en bord de mer à une centaine de mètres de l’auditorium de la ville, œuvre de l’architecte Calatra Valls, rien à voir avec l’ancien premier ministre français ( ? ) inauguré au début des années 2000. Cette colline à la couverture herbeuse maladive recouverte d’arbres d’aspect chétif, vus de loin, fait penser à un promontoire volcanique ancien. J’ai demandé au fils de ma nièce en visite ici quelle pouvait être l’origine de cette colline. J’ai tenté de lui fournir quelques indices : l’herbe a beaucoup de peine à pousser malgré un système d’arrosage parfaitement adapté. L’autre indice très surprenant est que cet endroit est clôturé et son accès est strictement interdit. Mon petit-neveu n’a pas su répondre …

Il faut remonter aux années 1920 pour comprendre le fonctionnement de la ville. C’était une bourgade en plein développement puisqu’elle vivait de l’activité portuaire, le seul port en eaux calmes de l’île, et accessoirement de la production de bananes. L’automobile n’en était qu’à ses premiers balbutiements et les habitants n’avaient pas trouvé d’autre endroit pour évacuer les ordures urbaines en tous genres qui étaient transportées sur des chariots tirés par des bœufs. On imagine sans peine qu’ils ne pouvaient parcourir de longues distances comme les camions de collecte modernes qui compressent les rebuts d’une ville comme Santa Cruz pour les transporter à 60 kilomètres, ce qui a lieu aujourd’hui. Bref, cette colline est artificielle, il s’agit d’un dépotoir à ciel ouvert, et si elle est interdite au public c’est en raison des émanations de méthane et de bien d’autres gaz toxiques. Peu d’habitants de la ville connaissent l’origine de cette sorte de promontoire dominant l’océan. On oublie vite les horreurs que nos prédécesseurs ont commis mais quand la nature n’arrive pas à reprendre possession d’un site détérioré par l’homme, et que ce dernier n’a pas réussi à forcer cette nature émergent alors de nombreuses questions existentielles …

4 réflexions au sujet de « Un « site » de Santa Cruz de Tenerife dont l’origine est peu connue »

  1. C’est devenu maintenant le Palmetum de Santa Cruz. Il se visite moyennant finances, et c’est une assez belle collection botanique. L’entrée est sur le grand Parking contre l’avenue. Essayez et vous verrez que c’est une belle promenade.,

  2. Dans 10 à 20 ans, ce site pourra rouvrir. avec l’appauvrissement de la zone.
    Moins de touristes, moins de déchets, plus de camions (CO2 caca), pourquoi aller à 60 km?
    Un avenir radieu s’ouvre, puisque c’était mieux avant…

    • Le centre de tri et de déchets à enfouir se trouve dans une zone désertique à 60 km de Santa Cruz à mi-distance du site de tourisme de masse (en ce moment totalement déserté) où est située une ancienne très grande carrière d’où ont été extraits les matériaux pour le boom immobilier qu’a connu l’archipel à la mort de Franco. Ce trou est progressivement comblé par ce que les Japonais appellent prosaïquement des « brûlables » et dont ils produisent de l’électricité.
      Pour ce qui concerne les palmiers se trouvant à grands frais sur cette ancienne décharge je préfère le parque Sanabria à 200 mètres de chez moi …

      • C’est un agréable havre de fraîcheur en été. J’aimais aussi m’y promener, mais maintenant, je vais plutôt dans l’Anaga ou à la Esperanza respirer de l’air pur sans masque.

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