Transitions énergétique et écologique : un miroir aux alouettes.

J’ai visionné ce 17 février 2020 une intervention de Gaël Giraud, l’un des analystes financiers les plus vénérés dans les milieux progressistes, qui considère que le salut de l’humanité, en raison de la dégradation de la biosphère, n’a d’autre solution, en tous les cas dans les pays occidentaux, qu’un retour au pratiques de la fin du XVIIIe siècle. Giraud est complètement à fond dans la transition énergétique et la transition écologique … pour sauver la planète du réchauffement climatique qui avance inexorablement si personne ne fait rien. Ce que Giraud propose est le retour vers une poly-agriculture de proximité non polluante (en termes d’émissions de CO2) : directement de la ferme à la table du citadin, les circuits courts, l’agriculture « bio » si possible pas trop mécanisée car ça pollue, sans aucun pesticide ni aucun engrais de synthèse pour sauver Gaïa. Pour réduire le nombre d’automobiles il faut, toujours selon ce monsieur, développer massivement les chemins de fer de proximité mais il ne mentionne jamais dans son discours d’où proviendra l’énergie pour faire rouler les trains : le charbon ? Inutile d’y penser ce n’est pas ESG, l’électricité : nucléaire ou éolien ? Il n’a pas abordé cet aspect pourtant crucial. J’imagine des habitants de Bourg-la-Reine prendre le train pour aller dans la campagne environnante acheter de quoi préparer les repas quotidiens chez un paysan style fin du XIXe siècle avec vache, veau, cochons et couvées et qui laboure ses champs avec un cheval.

Au fil des années la théorie de l’effet de serre du CO2, totalement erronée et démentie par une multitude de scientifiques, est devenue un dogme auquel tout le monde doit croire sans réfléchir. Toute l’idéologie de la transition énergétique repose sur ce dogme puisqu’il repose sur les effets des émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles. La transition écologique est un concept global dont la portée est mal définie. Ce concept s’étend de l’économie dite circulaire à l’instauration d’une économie totalement décarbonée. Quand Gaël Giraud prétend que ces « transitions » sont la seule solution pour relancer l’économie, je pense qu’il se méprend et qu’au contraire ce projet entrainera une paupérisation généralisée des populations et un chômage massif. On ne peut pas programmer un « retour à la terre » comme le préconisait Pétain avec l’interdiction totale de tout intrant non naturel dans l’agriculture car ce programme consistera à développer le travail manuel pour éliminer par exemple les adventices dans les champs. Vu sous cet angle il y aura, certes, des créations d’emploi mais qui consentira à désherber des milliers d’hectares à la main, labourer avec des chevaux (les bœufs c’est mauvais pour le climat puisque c’est une véritable usine à méthane) puis semer du blé également manuellement ? Car il faudra bien continuer à produire du blé pour les pauvres et les riches qui n’auront pas d’autre choix que de rester dans les villes et qui n’auront pas d’autre choix non plus que de se nourrir avec du mauvais pain et un brouet dans lequel tremperont quelques morceaux de mauvaise viande si possible synthétique ou de mauvais poisson d’élevage si possible « écologique ».

Ce programme de transition écologique est tout simplement absurde et j’ai, dans ces quelques lignes caricaturales, bien fait ressortir cette absurdité. Et cette absurdité dans sa formulation comporte une lacune considérable : le pouvoir de résilience de la nature qui s’est toujours jouée par le passé des multiples changements profonds du climat. Quant à la transition énergétique sans uranium et sans thorium elle ne permettra pas de décarboner la production d’énergie électrique. En effet, un jour viendra, et ce n’est peut-être que dans une petite dizaine d’années, où les matières premières viendront à manquer pour construire des moulins à vent. Bien que je ne sois pas un spécialiste dans ce domaine particulier il me paraît en outre évident que la solution du stockage à très grande échelle de l’énergie électrique ne sera jamais trouvée car encore une fois l’approvisionnement en matières premières deviendra rapidement critique. Si les ressources en combustibles carbonés fossiles sont limitées les ressources en lithium, cobalt et autres terres rares sont encore plus limitées. Pour envisager une transition énergétique réaliste il n’y a pas d’autre choix que l’énergie nucléaire quoiqu’en pensent les grands penseurs de l’écologie.

Croire comme Gaël Giraud que la transition énergétique créera des emplois est un leurre, un rêve, une autre absurdité. Avec de tels théoriciens qui sont passés d’une autre religion à une autre, celle du réchauffement climatique l’humanité est bien mal engagée vers l’avenir. Le dogme de l’effet de serre du CO2 a remplacé les dogmes des religions monothéistes, le changement climatique est devenu une nouvelle religion et celle-ci précipitera l’ensemble des pays occidentaux dans l’enfer de la pauvreté et de l’économie de subsistance.

Je trouve tout à fait surprenant pour un analyste financier de haut-vol comme Giraud qu’il ne mentionne jamais dans son analyse deux pays qui n’ont que faire de ces « transitions » si prometteuses pour la prospérité des pays occidentaux. Vous avez compris il s’agit de la Chine et de la Russie, les deux seuls rares pays au monde qui sont engagés dans un politique énergétique sur le long terme. Les Chinois présentent une image vertueuse sur le plan énergétique en développant l’énergie nucléaire et en s’engageant à atteindre une neutralité carbone à l’horizon 2060, ils sont prudent mais pour un pays de près de 1,4 milliards d’habitants il faut le faire !

Source : https://www.youtube.com/watch?v=L_vqi3nYWAs

5 réflexions au sujet de « Transitions énergétique et écologique : un miroir aux alouettes. »

  1. Faire d’un moyen une fin, c’est aller droit dans le mur. Faire de la transition énergétique qui est un moyen une finalité, c’est également perdre de vue l’objectif de long terme qui est de fournir de l’énergie bon marché au plus grand nombre. Et donc aller droit dans mur. La Russie et la Chine ne sont pas tombées dans ce piège grossier. Pour ces deux pays, la transition énergétique consiste simplement à s’adapter aux aléas climatiques. La Chine a fait un travail colossal de verdissement de ses déserts, d’implantation de centrales nucléaires et d’utilisation des véhicules électriques dans les mégapoles. Les Chinois sont plus vertueux que les occidentaux et ne passent pas leur temps à faire du buzz écolo et à s’auto-congratuler pour la mise en place d’un tri sélectif et de deux ou trois éoliennes. Ils se contentent de fabriquer et de vendre des panneaux solaires et des éoliennes aux pays dirigés par des écologistes décérébrés comme l’Allemagne, pays qui finissent immanquablement par augmenter leur CO2 en installant des centrales à charbon ou à gaz.
    Giraud ferait peut-être mieux de se concentrer sur les questions religieuses, domaine dans lequel il semble être plus pertinent. C’est dommage, car ce type est intellectuellement remarquable.

  2. Sauver Gaïa. Tout est dit !
    Pourtant, ce sont les hommes qu’il faut protéger des extravagances de Gaïa (grands froids, tempêtes de neige, pluies verglaçantes, éruptions volcaniques, chaleurs torrides, pluies diluviennes, déluges, glissements de terrain, ouragans monstrueux, tempêtes océaniques apocalyptiques, tsunamis, tremblements de terre, sécheresses, nuages de sauterelles, épidémies en tous genres, animaux sauvages et autres joyeusetés…).
    Une étude a montré que les citadins étaient incapables de faire la différence entre un moineau et une corneille, entre un érable et un mélèze. Pourtant, ce sont ces mêmes citadins qui prétendent dicter l’agenda en matière environnementale ! Cherchez l’erreur.

    • il est clair qu’avant de vouloir revenir aux « lois de la nature »,certains devraient se documenter pour savoir en quoi elles consistent.
      A force d’abuser d’une education bisounours pour les enfants ,on recupere un troupeau de cretins adultes

  3. jusqu’à il y a 30 ans il était possible pour un habitant de Bourg le Reine de faire ses appros la long du RER B. après Orsay quand même. je me souviens de petites exploitations , 1 à 2 ha maxi, qui produisaient des primeurs. j’ai vu du desherbage à la main mais il y avait quand même un tracteur.
    et puis le niveau de vie de ces producteurs était plutôt bas. personne aujourd’hui ne voudrait vivre comme ça.
    on était assez proches des glaneuses de Millet.

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