NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital

À l’époque maintenant révolue de l’administration Trump la Maison-Blanche était particulièrement hostile au gazoduc Nordstream-II pour diverses raisons, d’abord la « russophobie » prédominante mais aussi et surtout le marché allemand potentiel du gaz liquéfié en provenance des multiples puits forés dans la roche-mère américaine auquel il fallait trouver un débouché vers l’Europe et en particulier l’Allemagne était le client solvable visé. Cette politique américaine entrait dans le cadre du vieux dessein américain de main-mise sur l’Europe datant de la fin de la deuxième guerre mondiale. Depuis les évènements d’Ukraine largement fomentés par l’administration Obama (il a été nobélisé pour ses faits d’armes) et le rattachement de la Crimée après un référendum populaire de tous les habitants de cette péninsule à la Russie le projet NordStream-II a fait l’objet d’une multitude de chantages de la part des USA. L’Ukraine, se voyant privée à terme des revenus engendrés par le passage du premier gazoduc traversant son territoire depuis la Russie vers l’Europe, a organisé un forcing constant sur la Maison-Blanche pour ruiner le projet NordStream-II. Forts de l’extraterritorialité de leurs lois les américains ont menacé de sanctions tous les actionnaires du projet : Gasprom, Royal Dutch Shell, OMV et Engie pour ne citer que les plus emblématiques. Ce projet d’un montant de 9,5 milliards de dollars est garanti par une série de banques qui ont très gros à perdre en cas d’arrêt définitif de ce projet : Euler Hermes, coordinateur, Crédit Agricole, Société Générale, Commerzbank, Unicredit, Deutsche Bank, SMBC (Japon), RBS, … Une multitude d’entreprises européennes sont impliquées dans ce projet ainsi que Sumitomo ou encore Rolls-Royce (Sources Wikipedia).

Avec l’arrivée du vieux Joe Biden la donne a quelque peu changé, en apparence du moins, puisque la pression des écologistes américains a brusquement remis en question la fracturation hydraulique des roches-mères et les nouvelles explorations semblent restreintes. L’Allemagne, montrée du doigts, cette fois par les écologistes allemands et français, a un réel besoin de ce gaz russe pour réduire sa consommation de charbon. Pourtant le Président français pousse la chancelière allemande à abandonner le projet NordStream alors qu’il est presque achevé, conformément à sa politique de totale soumission à la Maison-Blanche. Il semble d’ailleurs qu’il n’ait pas encore digéré que le locataire de la Maison-Blanche a changé … De son côté la Pologne, évincée de ce projet, ne dit mot et va probablement se tourner soit vers la France, soit vers les USA, pour lancer un programme de nucléaire civil audacieux et s’affranchir également de son charbon pourtant domestique pour la production d’électricité. C’est sans ignorer la présidente de la Commission européenne qui est une crypto-écologiste notoire et qui rappelle à la Pologne les engagements « verts » de la Commission.

Un autre point qui n’a peut-être rien à voir avec le projet NordStream est l’affaire Navalny mais que Macron a osé mentionner. Comme le leader de la contestation à Hong-Kong, Navalny est piloté par la CIA. Comme à son habitude ce service de la CIA a procuré des documents photographiques susceptibles de ternir l’image de Vladimir Poutine. Or il se trouve que la photo qui a fait le tour du monde et représentant l’hypothétique palace personnel de Poutine n’est autre qu’un hôtel de luxe en construction situé dans le sud de l’Allemagne au bord d’un lac. Comme chacun sait l’Allemagne est sous la haute surveillance de la CIA (cf les écoutes téléphoniques dont a été victime Angela Merkel) et cette histoire Navalny arrive à point nommé pour discréditer l’utilité du projet NordStream, une sorte de complot ourdi par l’administration Trump mais repris au galop par le vieux Joe.

On en arrive donc au problème récurrent du choix de la source d’énergie pour la production d’énergie électrique. L’Allemagne a décidé de démanteler la totalité de son parc nucléaire et la Pologne subit la pression des écologistes de la Commission européenne pour s’affranchir de son charbon. Il lui reste le choix entre les moulins à vent + les panneaux solaires ou l’énergie nucléaire et, bien pensante, la Commission de Bruxelles songe à pousser la Pologne à s’adresser aux Américains ou aux Français pour construire des centrales nucléaires. Drôle de choix quand on sait que les Etats-Unis n’ont pas construit une seule centrale nucléaire depuis plus de 30 ans et que la France est incapable de respecter les délais de construction tant de l’EPR finlandais que de l’EPR français. Le projet britannique d’Hinkley Point C arrivera-t-il à son terme un jour ? Nul ne le sait. Autant les Américains que les Français ont perdu dramatiquement leur savoir-faire dans le domaine du nucléaire civil.

Pour rappel les deux EPR chinois de Taishan ont été construits en 9 ans et la technologie des turbines Arabelle, fleuron d’Alstom-Energie vendu par Macron aux Américains, a été cédée clés en main à la société chinoise Dongfang Electric. Il ne reste donc dans le monde que deux pays capables de construire des réacteurs nucléaires : la Chine et … la Russie. Il est difficile d’imaginer que la Pologne fasse appel à la Russie car ce pays est son ennemi héréditaire. Pour ce qui concerne la Chine, le « China-bashing » systématique organisé par les USA et repris stupidement par l’Europe complique la situation. La Pologne n’a pas d’autre choix que de continuer à extraire son charbon pour produire son électricité quoiqu’en pense la Présidente de la Commission européenne.

Moralité de cette sombre histoire : si l’Europe occidentale refuse de normaliser ses relations avec la Russie elle signe par conséquent son arrêt de mort économique. Le « Green New Deal » à l’européenne décidé par Madame Van der Leyen est déjà un arrêt de mort. L’arrêt du projet NordStream provoquera des tensions au niveau des banques européennes qui seront un autre facteur d’accélération du collapsus généralisé de l’économie européenne. Sans la création d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural » cette Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui va tout simplement disparaître …

Pour ceux de mes lecteurs qui désireraient approfondir mon analyse cette conversation me paraît intéressante : https://www.youtube.com/watch?v=DgLlxpFue34&t=62s

8 réflexions au sujet de « NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital »

  1. J’ai vu la photo du fameux château mais je n’ai pas trouvé d’ info sur le fait qu’il s’agit d’un hôtel. La seule manière pour l’Allemagne de progresser à une échelle internationale est bien de développer son activité avec la Russie. Cela les USA n’en veulent pas. Je ne sais pas si ils franchiront ce Rubicon. La riposte économique des USA être douloureuse. Mais à long terme c’est leur intérêt. Pendant ce temps nos pseudo élites continuent de dépecer notre pays. Pour quel but?

  2. Un peu d’humous ne nuit pas, sur le pain noir que l’on est contraint de manger….

    05/02/2021 – https://wp.me/p4Im0Q-4xi
    – Vous connaissez la dernière de la souricière du dard-malin ? Ses agents infiltrés, rapportent qu’au dernier coloc (se faisant la nuit pour avoir la couleur uniforme gris, en opposition au bleu-marine) quand on a demandé qui s’était déjà fait vacciner, l’une des participantes a répondu « ça va pas, non, ils n’ont pas fini les essais sur les humains »….Preuve qu’elles sont plus futées que nous !

  3. Vous avez parfaitement raison. C’est une excellente analyse que je partage entièrement.
    Et comme dit Poutine: Si j’avais voulu me débarrasser de Navalny, il y a longtemps qu’il serait mort.
    C’est curieux de voir comment un empoisonnement volontairement raté au Novitchok est terriblement émotionnel et médiatique.

  4. Ça va vraiment commencer à chauffer (si j’ose dire) dans deux ans quand tous les puits de fracking seront fermés ou les extracteurs en liquidation et que les USA redeviendront importateurs nets de gaz, qu’ils achèteront d’ailleurs à la Russie ou à l’Iran.
    Les sanctions sont pour les vassaux, pas pour les suzerains.
    Préparons nous à voir nos factures d’électricité et de gaz doubler ou tripler et à respirer dans de délicieux nuages de fumée noire de charbon autour des grandes villes et des centrales thermiques.
    Ça, c’est vraiment de la démolition bien contrôlée.

  5. je suis les cotations chaque jour ici

    http://www.oil-price.net/

    je vois une belle courbe en crosse de hockey se dessiner, c’est angoissant car, avec un baril à 150 $, hypothèse pas si irréaliste que ça, l’Europe va accentuer sa récession, la seule chose qui va exploser, c’est la population pauvre en grande précarité

    concernant Nordstream,moi je veux bien croire que Poupou est notre ami, mais j’ai des doutes, après tout cela commence avec Schroeder

    https://www.letemps.ch/monde/nord-stream-loeuvre-gerhard-schroder

    et cela se met en place avec une campagne de dénigrement du fracking, bien orchestrée par Gazprom, et les mêmes idiots utiles reconvertis de la gauche au service de Moscou

    de savoir que d’ici quelques années, en hiver, ce sera Moscou qui règlera le thermostat de mon chauffage, cela ne me rassure pas

    ,

    • Je ne pense pas que la Russie soit animée de projets malfaisants pour l’Europe, au contraire. Les entreprises européennes sont les principaux investisseurs en Russie et tuer l’économie européenne serait une erreur stratégique pour la Russie. Avec plus de 140 millions d’habitants le gouvernement russe a fort à faire pour améliorer le standard de vie de la population très hétérogène. De plus le sous-sol russe est très largement sous-exploité. La Russie est l’un des rares pays développé qui offre aux investisseurs des taux d’intérêt attractifs, de l’ordre de 3,5 %. Quant à votre affirmation d’un dénigrement du fracking organisé par Gasprom, j’émets quelques doutes. Gasprom se moque du fracking puisque son gaz est facilement extractible malgré les conditions extrêmes du Grand nord sibérien. Enfin la Russie n’a pas de visées territoriales car contrairement à ce que la propagande occidentale affirme la Crimée n’a pas été annexée par la Russie, ce sont les habitants de la péninsule qui ont décidé par un référendum organisé en interne de demander à être rattachés à la Russie. C’est exactement le même cas pour Mayotte et la France, « annexion » qui n’a jamais été reconnue par l’ONU.

  6. Ping : NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital – Le Monde

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