La France s’enfonce dans la faillite, c’est une simple affaire de règle de trois !

J’aime bien faire des « règles trois », c’est à peu près tout ce qui me reste des mathématiques que j’ai appris au cours de mes études secondaires, bien qu’ayant frayé plus tard avec approches graphiques un peu compliquées pour tenter d’expliquer comment un enzyme fonctionnait puisque les enzymes se trouvaient au centre de mes travaux ce recherches. L’utilisation de coordonnées polaires en introduisant des variables intrinsèquement liées afin d’aboutir à des représentations graphiques auraient effrayé n’importe quel mathématicien. La différence entre un mathématicien et un biologiste est fondamentale car le mathématicien raisonne dans l’abstraction alors que l’expérimentateur dispose de données numériques issues de ses mesures ou de ses dosages indirects avec un appareil de mesure. Malgré tout le biologiste est pollué par le mathématicien car il voudrait décrire à l’aide d’équations si possible simples les phénomènes souvent très complexes qu’il a observé. En 1934 Hans Lineweaver et Dean Burk ont publié dans The Journal of The American Chemical Society un article qui indiquait comment décrire à l’aide d’équations très simples et par conséquent par une représentation graphique également très simple le moyen de déterminer les paramètres fondamentaux d’une cinétique enzymatique avec une règle sur un graphique. C’est probablement l’article dans le domaine de la chimie biologique le plus cité de tous les temps.

Aujourd’hui utiliser des représentations dites « double inverse » dépasseraient le premier analyste financier tout simplement parce que ces spécialistes pour lesquels je ne manifeste strictement aucun respect puisqu’ils se trompent toujours, une véritable prouesse, n’ont jamais apparemment appris à faire une règle « de trois ». À l’époque où ma mère m’apprit à lire, écrire et compter la règle de trois était l’un des premiers piliers du raisonnement arithmétique car c’était la première étape vers l’abstraction des mathématiques. À l’âge de 7 ans la notion de zéro était déjà compliquée à intégrer mais la règle de trois constituait une autre étape considérable.

Bref, il semble que les analystes économiques et, pire encore, le propre ministre de l’économie de la France ignorent les uns comme l’autre ce qu’est une règle de trois. J’ai écouté ce lundi soir un débat entre deux analystes financiers qui se targuent d’être des spécialistes dans leur domaine. Je suis tombé de très haut en constatant leur totale ignorance et je vais m’expliquer. Ils débattaient de la chute du PIB de la France en 2020 en raison de la gestion surréaliste de l’épidémie de SARS-CoV-2. Cette chute du PIB, selon les données officielles, serait de 9 %, soit une chute du PIB de 207 milliards d’euros en se référant au PIB de 2019. Sauf que ces analystes ont oublié de mentionner que dans le même temps, c’est-à-dire en 2020, la France a emprunté sur les marchés l’équivalent de 30 % de son PIB, une paille ! Considérant que le PIB de la France en 2019 était de 2300 milliards d’euros, donnée que l’on peut d’ailleurs contester si le raisonnement que je vais exposer s’applique aussi pour l’exercice 2018-2019, alors la France a emprunté «environ » 700 milliards en 2020 puisque, officiellement, la dette du pays est passée de 100 à 130 % du PIB. Faites le calcul, ce ne sont que des règles de trois … J’ai comme l’impression que le Ministre des finances français, qui ne sait pas combien il y a de m2 dans un hectare, a oublié que cet accroissement de la dette a été incorporé dans le calcul du PIB. Ceci signifie que à ces 700 milliards de dette supplémentaire il faut ajouter les 207 milliards de chute du PIB, toujours par rapport à 2019, et je sais faire une simple addition, on arrive à 900 milliards d’euros en arrondissant un peu.

Donc, en reprenant le montant du PIB de 2019 de 2300 milliards d’euros, la chute en cette même année 2020 du PIB est alors de 900/23 = 39 %. Ceci veut tout simplement dire que la France est en faillite.

La France ne survit aujourd’hui qu’en empruntant. Le pays ne va plus pouvoir emprunter sur les marchés et son seul recours sera alors la BCE qui, comme chaque européen le sait ou à tort l’ignore (parfois il vaut mieux ignorer les évidences qui fâchent), est contrôlée par l’Allemagne. Si les agences de notation internationales classent la dette de la France dans la catégories des « bonds pourries » le Président français ira faire la manche à Berlin. Les taux d’intérêt consentis par les bailleurs ne pourront qu’augmenter et la France, qui ne disposent d’aucunes réserves de change, ne pourra plus honorer sa dette. Son problème est qu’elle ne peut plus dévaluer sa monnaie puisqu’elle est prisonnière de l’euro. La monnaie était le seul pouvoir régalien important de l’Etat français et il l’a abandonné. Par voie de conséquence l’euro a enrichi les riches, appauvri les pauvres et détruit le tissu industriel français, belle réussite. Si les Allemands s’en sont sorti c’est tout simplement parce qu’ils ont maîtrisé les salaires en accord avec les syndicats, quelque chose d’inconcevable en France, et le tissu industriel allemand a survécu grâce aux efforts des salariés à qui on avait expliqué qu’ils n’avaient pas trop le choix.

Les premiers Français concernés par la situation gravissime du pays, qui étrangement échappe aux analystes économiques, seront les retraités, ceux qui ne sont pas morts du SARS-CoV-2. Quand le Président français ira faire la manche à Berlin la Chancelière allemande lui répondra : « chacun sa merde ».

Il faudrait donc s’attendre dans les prochains mois à une diminution des retraites, à une diminution des salaires des fonctionnaires, à une diminution des prestations sociales et à une mise sous tutelle de la France par la BCE dirigée par l’ex-présidente du FMI, ce même FMI qui a mis à genoux la Grèce pour des raisons sensiblement identiques à celles auxquelles est confrontée la France aujourd’hui. Pire encore les banques françaises, toutes au bord de la faillite, et les compagnies d’assurance qui collectent l’épargne des Français encore crédules verront fondre leurs bilans puisque la dette de la France sera déclassée par les agences de notation. Qu’arrivera-t-il alors ? Ce sera pire que Chypre, les Français seront tous ruinés … Franchement, entre nous, chers lecteurs de mon blog, ne croyez-vous pas que nous sommes gouvernés par des illettrés qui ne savent même pas faire une règle de trois ? Les Français devront souffrir en silence puisque ce sont eux qui ont mis au pouvoir ces ignorants avec leurs bulletins de vote …

Note. Pour une bonne compréhension du processus très complexe de la dette dans la zone euro puisque les Etats ne peuvent plus dévaluer leur propre monnaie, la BCE rachète sur le second marché les titres de dette souveraine émis par les Etats auxquels souscrivent des investisseurs résidents comme les banques et les compagnies d’assurance mais également des non-résidents. La BCE débloque alors des liquidités pour les banques qui ont déposé en collatéral ces titres de dette à la BCE. Au final le bilan de la BCE augmente. Mais un jour ou l’autre il faudra siffler la fin de la partie. Je ne suis pas du tout économiste et si j’ai écrit dans ce billet des monstruosités, que mes lecteurs n’en tiennent pas compte.

20 réflexions au sujet de « La France s’enfonce dans la faillite, c’est une simple affaire de règle de trois ! »

  1. En confinant la France et en abaissant son PIB de 39%, nous n’avons baissé nos émissions carbone que d’environ 10%, alors que nous nous sommes engages a les baisser de 55% d’ici 2030. Cela donne une idée des destructions encore a venir, pour faire face au Pic Pétrolier en cours. Pour obtenir cette baisse drastique, confiner et payer ne suffira plus. Il faudra confiner et spolier.
    Tout cela pour dire qu’en passant par des réflexions différentes, on arrive a des conclusions en ligne avec votre article. Un jour ou l’autre, les agences de notation qui attendent leur heure, se mettront a degrader les notes, une panique parfaitement orchestrée saisira les marchés, et plumera jusque au plus petit des epargnants.

  2. Ping : La France s’enfonce dans la faillite, c’est une simple affaire de règle de trois ! | Qui m'aime me suive...

  3. Tout cela sans compter les « dettes hors bilan » (alias « la poussière sous le tapis »).
    La dette hors-bilan de l’Allemagne est déjà d’environ 10,000 milliards d’euros. Assez lamentable pour le pays qui roule des mécaniques et qui est supposé être le meilleur élève de la classe en UE.
    La dette hors-bilan de la France est d’environ 4500 milliards d’euros en plus de ses dettes officielles dont il est fait mention plus haut. Son contenu est un fourre-tout qui va du déficit des retraites de la fonction publique aux erreurs de gestion monumentales de certaines administrations et de certains responsables politiques.
    Le tout cumulé fait un sacré paquet de cacahuètes qu’il faudra d’une façon ou d’une autre rembourser (du moins, les économistes rationnels le supposent).
    Résumé rapide sur la dette hors bilan française : https://www.atlantico.fr/decryptage/3163769/4000-milliards–comment-la-dette-hors-bilan-sert-de-discret-placard-financier-aux-engagements-de-l-etat-jean-yves-archer

    • Je n’ai pas mentionné les « hors-bilan » car ces analystes économiques n’osent pas en parler, c’est trop monstrueux. J’ajouterai que le Japon, dont ces mêmes analystes dénigrent la gestion de leur économie, intègrent toutes les dettes que les Français, les Allemands et les Espagnols se gardent bien de mentionner. Quand Fillon a dit « la France est en état de faillite » l’apprenti économiste qui a succédé à Hollande n’a jamais mentionné ces hors-bilan créés par Juppé …

  4. Un billet d’une clarté comme celle de l’eau de source de montagne. C’est très clair. La magie de la règle de trois, on ne peut pas y échapper. Une vertu quand elle est ici bien utilisée.
    Je vous invite à prendre connaissance d’une « vision des choses » qui décoiffe -le lien ci-dessous- et qui me semble vraiment mériter d’être visionnée. Elle s’intègre très bien dans vos analyses JH. Je le pense.

    https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/catherine-austin-fitts-a-voir-88140

  5. 30% du PIB ?
    Ne serait ce pas plutot 30% de deficit dans le budget de l’etat?
    – PIB environ 2400 Milliards euros
    – Dépense état environ 350 Milliards euros

  6. Cher Jacqueshenry,
    D’autant vous vous souvenez de la règle de trois qui n’est plus que rarement enseignée en France et que j’avais rencontré en CM1/CM2, autant vous devez vous souvenir de deux notions dont on faisait cas dans les médiats jusqu’aux environs de la fin des années 90: le PNB et la balance des paiements, soit les équilibres ou non entre importations et exportations.
    Le premier se transformant ensuite en PIB, ne se préoccupant plus que des seuls flux des échanges monétaires et de marchandise, le second étant totalement oublié.
    Si vous allez y voir, si vous y trouvez quelque chose sur le net, ce qui n’est pas le moins du monde sûr, vous vous rendrez compte que ce premier fait cas de la production des pays et des diminutions ou hausses des créations de richesse, puis que ce second rend compte, lui, des échanges marchands entre les nations.
    Puis vous comprendrez, j’en suis certain, de ce que l’origine de nos ennuis ne concerne pas seulement le sud-européens (a qui va vendre les pays industriels à petit salaire ce qu’ils produisent si les pays anciennement importateurs sont ruinés) mais toute l’Europe, l’Occident, voire d’échelle internationale.
    J’avais remarqué que peu de temps après que la Grèce en 2012 fut ruinée, oui, rien que la Grèce, le prix du pétrole avait baissé, ce qui signait déjà, à mon sens, un accroissement d’une désindustrialisation mondiale et il n’y avait que peu de monde qui en faisait mention.
    Quoi que nos olibrius fassent, si vous ruinez les français, vous mettez en croix l’Union-Européenne et l’euro et, de facto, ce sera la banqueroute généralisée, ce qui veut dire que ce seront toutes les monnaies, ou plutôt leur valorisation les unes les autres, qui cesseront, avec tout ce que cela entend d’explosions bancaires et boursières.
    Même des économistes de notre génération n’en parlent pas, ce qui montre que cette crétinisation ne se relève pas seulement de la France mais se révèle bien être du domaine de l’international.

  7. @theuric
    dites moi , j’ai plein de pognon , en bourse en épargne en actions en comptes divers et avariés , que dois- je faire ? J’étais prêt à tout dépenser à voyager , j’ai isolé mes baraques , changé de voiture ( merde , j’ai encore acheté un diesel) , j’ai fait des gros chèques à mes enfants et petits enfants , j’ai fait un chèque à Contrepoints , à la société geologique de France ; j’ai fait des provisions de Bordeaux , d’Alsace , j’aime pas le Champagne , cela me donne des crises de goutte ;
    Faut-il vraiment que je mette une éolienne dans mon jardin et que je couvre la grange avec des panneaux solaires ; sinon , je suis prêt à remettre en branle la porcherie , le poulailler et retourner la pelouse pour mettre des patates
    Moi je suis prêt à émigrer comme Jacques Henry; mais je ne sais pas où ; le Japon j’aime pas ; Ténérife c’est petit, la Suède pourquoi pas , mais il y a Gréta et le climat va se refroidir; d’ailleurs tous les Suedois sont aux Canaries en hiver
    Bon , mais si j’ai bien compris , il n’y a pas de raison de s’inquiété ; dans très peu de temps on n’aura plus ces problèmes

    • Bonsoir !
      j’ai bien aimé votre commentaire.
      Si je peux me permettre, la Suisse est un excellent choix, pour peu que l’on ait quelques sous … L’histoire nous montre que c’est le pays refuge en cas de grabuge (!)
      Bonne année malgré tout 🙂
      Maurice

      • J’ai opté pour le Japon puisque je peux bénéficier de dispositions spéciales pour obtenir un visa de résident car mon fils habite à Tokyo depuis maintenant près de 16 ans. Première étape : aller à Tokyo dès que possible et aller à l’immigration pour obtenir les papiers nécessaires. Je connais, je suis déjà allé dans cet endroit. J’ai déjà un compte en banque à la Japan Post, il suffira de le réactiver en déposant quelques milliers de yens.
        Deuxième étape : revenir ici à Tenerife pour régler divers détails mais surtout avertir mes caisses de retraites qu’elles devront transférer ma pension sur mon compte au Japon.
        Troisième étape : quitter l’Europe avec un billet aller simple, le bonheur !

    • Cher Fritz,
      Quoi qu’il en soit et comme le dirait l’homme au chapeau mou: quand le pire n’est pas sûr, il n’est pas sûr que le sûr soit le pire.
      Et puis, de pomme-de-terre, je vous conseillerais plutôt les vadonquêts.
      C’est une étrange ironie de la vie que ce soit le machiniste-receveur de la RATP à la retraite que je suis, ayant pour tout bagage de l’instruction publique (on éduque un chien on ne l’instruit en rien) un CAP horticole qui, ainsi, fait remonter les incohérences de notre époque.
      J’espère de ne pas être le seul à le faire, sinon ce serait à désespérer !
      Et çà, je vous l’avoue, c’est de la provocation la plus pure parce que ce que je décris est de l’exacte réalité.
      Voyez-vous, cher Monsieur, ce qui fait la trame ici du billet de notre hôte, la faillite de la France et, au-delà, celle mondiale, cela fait bien deux lustres que j’en conte les sombres lumières et plus encore de l’avoir compris.
      Ceci sur une base fort simple: les pays anciennement industriels, occidentaux majoritairement, fermèrent leurs usines dès la fin des années 70 pour ce qui nous concerne, pour faire fabriquer la même chose là où les salaires sont plus bas, pour le revendre là où cette fabrication se faisait auparavant (aux USA il avaient commencé 10 à 15 ans avant) et où les salaires restaient élevés.
      Mais, comme de bien entendu, les salaires y baissèrent et le chômage y grimpa, au même rythme que les capacités intellectuelles de nos élites s’effondraient d’ailleurs.
      Nous arrivons à la conclusion logique de cet incroyable imbécillité collective: les pays producteurs ayant ses salaires trop bas ne peuvent pas acheter ce qu’ils produisent et les pays consommateurs ne peuvent plus le leur acheter puisqu’ils sont ruinés.
      Quand à votre commentaire, ma foi, j’en entends cette affliction due à la disparition de ce monde, ceci en comprenant subliminalement que cette dissolution ne sera pas, en fin ce compte, si catastrophique que cela pour les français et la France, tout au contraire.
      Mais que, en revanche, l’Union-Européenne et les Etats-Unis-d’Amérique ne seront plus, bon débarra!

    • Rastons dans ce ton plaisant : Peut-être que le KGB (Kilo de Goulasch en Boite) serait un bon placement.
      Sans oublier les chèvres-hautines et les bren-heckes en gros stock, ainsi que les outils autorisés par le second amendement pour les expédier à bon port.
      Le potager, la porcherie et le poulailler me paraissent un très bon plan, surtout s’ils intègrent des oies capitolines qui sauront vous avertir, de nuit comme de jour, de l’approche des impétrants en quête de butin et de fumelles à liover.
      Bonne préparation et bon courage…

    • Bravo pour la voiture diesel, ça consomme moins et donc ça émet moins de gaz satanique (qui rime avec ?… qui a dit « écologique » ?)
      Je conseillerai plutôt le poulailler, sauf si vous avez un renard de compagnie (ou même un chat);

  8. Le 5 janvier 2021 à 17 h 50 min,
    jg2433
    a dit :
    Votre commentaire est en attente de validation.
    ___________
    Pour info :
    Cet avertissement n’a pas disparu (aujourd’hui, 12h20) sur mon écran…

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