Climat : Lettre ouverte au Professeur Etienne Klein

Au cours d’une de ses récentes conférences donnée dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris (lien), Etienne Klein, physicien et philosophe des sciences, a illustré l’un de ses propos en citant une expérience simple et contre-intuitive que je vais narrer ci-après. Prenez un morceau de marbre et un morceau de bois et demandez à un enfant (ou un adulte) lequel des morceaux, marbre ou bois, est le « plus chaud ». Invariablement on vous répondra que le morceau de bois est plus chaud. Pourtant ces deux corps sont à la même température, celle de la pièce où ils se trouvent. Prenez deux glaçons de même taille et disposez l’un d’eux sur le morceau de bois et l’autre sur le morceau de marbre. Que constate-t-on ? Le glaçon posé sur la plaque de marbre fond plus vite que celui posé sur la plaque de bois. Cette constatation contredit la perception de « chaleur » de chaque objet que l’on avait pourtant admise et qui aurait permis de dire que le glaçon posé sur le morceau de bois fondrait plus vite. Klein n’en dit pas plus sinon qu’il s’agit d’une différence entre les chaleurs massiques de ces deux corps, grandeurs directement liées à leur densité.

Au cours du même exposé Klein mentionne le réchauffement du climat provoqué par l’activité humaine, sous-entendu (mais il ne l’explicite pas) en raison de l’effet de serre du CO2 produit par la combustion du pétrole, du gaz et du charbon. Si Etienne Klein était vraiment en conformité avec l’enseignement de physique qu’il a suivi au cours de sa jeunesse plutôt que d’admettre comme un dogme que l’activité humaine perturbe le climat il eut été plus correct pour lui d’effectuer une analyse de la théorie de l’effet de serre compréhensible pour tout public. Comme je l’ai écrit dans un précédent billet sur ce blog avec un verre de lait froid et une tasse de café chaud posés sur ma table en sapin de Suède (oui ! ma vieille table provient de Suède, je l’ai achetée chez un brocanteur local d’origine danoise et le Danemark est près de la Suède) pour bien comprendre l’ineptie de la théorie de l’effet de serre il suffit de se munir d’un détecteur d’infra-rouges. On en trouve dans une bonne boutique d’électronique pour moins de 30 euros …

Je reprends donc l’ « expérience » de la tasse de café et du verre de lait avec un détecteur à infra-rouges pour bien détailler ce qui se passe physiquement. Lorsque j’ai posé quelques instants la tasse de café sur la table de bois, je la déplace et avec le détecteur à IR je constate que l’endroit où se trouvait cette tasse sur la table rayonne plus d’IR que le bois se trouvant autour de cet endroit. Pourquoi ? Parce que la table a reçu depuis la tasse un rayonnement infra-rouge qu’elle restitue à l’air ambiant puisque cet air ambiant est maintenant plus froid. La température du bois qui n’a pas été chauffé par la tasse de café n’est ni plus froid ni plus chaud que l’air ambiant. Pour la tasse de lait froid, l’exact inverse est constaté avec la même sonde à IR, la table a cédé par rayonnement infra-rouge de la chaleur à la tasse de lait froid et l’aire où était posée la tasse de lait rayonne moins d’IR que le bois qui l’entoure. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit : il y a eu en effet transfert de chaleur via le rayonnement infra-rouge de la table vers la tasse de lait froid et transfert de chaleur de la tasse de café chaud vers la table plus froide. On ne parle plus de phlogistons (lien) comme au début du XIXe siècle alors que l’existence du rayonnement infra-rouge, rayonnement électro-magnétique constitué de photons, était inconnu. Le résultat est bien un refroidissement ou un échauffement de la table que l’on perçoit comme de la « chaleur » ou du « froid » en posant les doigts sur la table.

Cette simple démonstration, comme je l’ai déjà écrit dans un précédent billet, est une démonstration de la conséquence du deuxième principe de la thermodynamique qui stipule qu’il ne peut pas y avoir de transfert d’énergie thermique d’un corps froid vers un corps plus chaud, quel que soit le mécanisme physique de ce transfert. Et pourtant Etienne Klein soutient la théorie de l’effet de serre en totale contradiction avec ce principe fondamental de la physique. Avec mon détecteur à infra-rouges, si je vais dans la rue par une journée ensoleillée je constaterai invariablement que le sol est plus chaud que l’air ambiant en orientant ensuite horizontalement le détecteur, et si j’oriente ce détecteur vers le ciel alors je constaterai que l’air est encore plus froid que celui qui m’entoure et ceci est indépendant des conditions climatiques ou météorologiques du moment. Pour un physicien comme Etienne Klein réfuter le second principe de la thermodynamique me paraît inconcevable.

J’ajouterai une dernière remarque. Puisque « tous les scientifiques » s’accordent pour affirmer que le climat se réchauffe en raison de l’activité humaine la climatologie telle qu’elle est abordée par l’IPCC n’est plus une science mais une croyance, un dogme, qui « fait consensus » : il n’y a plus rien à discuter …

Cette attitude est contraire à l’esprit même de la science qui fait progresser les connaissances en remettant toujours en question ces dernières. Accepter les yeux fermés le consensus climatologique du réchauffement d’origine humaine est une négation de l’esprit même de la science mais, plus grave encore, de ses lois fondatrices comme celles de la thermodynamique. En affirmant que les plus hautes couches de l’atmosphère, plus froides que le couches inférieures, sont capables par rayonnement infra-rouge de réchauffer ces dernières est un négation flagrante du deuxième principe de la thermodynamique même si celui-ci a été formulé pour la première fois en 1824 par Carnot alors qu’on ne connaissait pas les photons ni l’existence des atomes. Si Etienne Klein lit ce billet qu’il me contacte … mais pour le dédouaner de cette erreur je pense qu’il confond climat, écologie, écosystèmes … une confusion, un amalgame, qu’ont avancé par leur idéologie les défenseurs de la nature qui ont fait de leur gagne-pain la crise climatique. Etienne Klein est un grand alpiniste de l’extrême et je comprends qu’il ait été séduit par cette idéologie perverse qui mélange des problématiques qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Est-ce que les bactéries dont la biomasse est 1100 fois plus importante (vous avez bien lu) que celle de toute l’humanité ont une influence sur le climat puisqu’elles dégagent aussi du CO2 ? Faut-il pour autant toutes les éliminer ? Bonne question.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Phlogistique

https://en.wikipedia.org/wiki/Second_law_of_thermodynamics#Carnot’s_principle

22 réflexions au sujet de « Climat : Lettre ouverte au Professeur Etienne Klein »

  1. En 1824, Joseph Fourier publie Remarques générales sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires dans lesquelles il affine l’analyse des expériences de Horace-Bénédict de Saussure en concluant « la température du sol est augmentée par l’interposition de l’atmosphère, parce que la chaleur solaire trouve moins d’obstacles pour pénétrer l’air, étant à l’état de lumière, qu’elle n’en trouve pour repasser dans l’air lorsqu’elle est convertie en chaleur obscure »
    Dans ces conditions, une modification de la composition de l’atmosphère par le CO2 peut avoir une influence sur le climat.
    Le transfert de chaleur entre la Terre et l’atmosphère se fait, conformément au deuxième principe de la thermodynamique, du chaud (la terre) vers le froid (l’atmosphère) ; il se fait par convection (réchauffement et humidification de l’air au contact du sol puis ascension de cet air et libération de la chaleur latente de la vapeur d’eau lorsqu’elle se condense en nuages) et sous forme de rayonnements infrarouges lointains (dans la plage 8–13 μm principalement, correspondant au « rayonnement du corps noir » pour la température du sol). L’effet de serre ne s’intéresse qu’à ces rayonnements, qui seront absorbés en partie par les gaz à effet de serre, ce qui contribue à réchauffer l’atmosphère. Puis dans un troisième temps, cette chaleur contenue par l’atmosphère est réémise dans toutes les directions ; une partie s’échappe vers l’espace, mais une autre partie retourne vers la Terre et vient en déduction de l’apport de chaleur de la surface vers l’atmosphère, donc s’oppose au refroidissement de la surface.
    (Extrait de Wikipédia)

  2. Étienne Klein a présenté sa vision sur l’impact de la crise du Covid-19 sur les relations sciences-société. Il a ensuite répondu aux questions de Valérie Faudon, secrétaire générale de la Sfen et de François-Marie Bréon, président de l’Afis
    Publié en ligne le 27 décembre 2020
    Crise de la Covid-19 : quels impacts sur les relations science-société
    https://www.pseudo-sciences.org/Crise-de-la-Covid-19-quels-impacts-sur-les-relations-science-societe
    Lien direct de la vidéo :

    • J’en ai conclu qu’Etienne Klein est vraiment perméable à la propagande « main-stream » quand il dit que le Professeur Didier Raoult (sans le nommer ni l’intervenant de la SFEN) avait affirmé qu’il n’y aurait pas de deuxième vague. Raoult avait dit qu’il n’en savait rien mais qu’il fallait observer ce qui allait se passer en Australie lorsque l’hiver arriverait dans ce pays. Il y a eu une deuxième vague dans ce pays et il y a une deuxième vague hivernale en Europe. Raoult a été ostracisé par les médias et le gouvernement français, deux acteurs manipulant l’opinion et tous deux aux ordres du lobby ultra-puissant de l’industrie pharmaceutique.

    • j’ajouterai après avoir vu la fin de cette vidéo que je suis d’accord avec lui sur de nombreux points mais je persiste et signe : Etienne Klein est convaincu que le climat se réchauffe en raison de la présence de CO2 dans l’atmosphère, ce qui n’est qu’une théorie qui n’a jamais été démontrée. Je suis un partisan (objectif car non spécialiste mais documenté) du seul effet extérieur sur le climat terrestre, l’activité solaire et ses fluctuations au cours du temps.

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  4. bonjour,
    il me semble que la perception humaine de chaud et de froid en ce qui concerne le bois et le marbre s’inverse si les materiaux sont au dessus de la temperature corporelle,
    par exemple du bois à 50°C paraitra plus froid que du marbre à 50°C…

    • J’ignorais ce fait expérimental (?) … 50 degrés c’est très chaud ! C’est bien connu des scientifiques qui utilisent de l’azote liquide (-196 degrés) ou de la carbo-glace (-78 degrés) ça brûle les doigts …

      • Re-Bonjour jacqueshenry !
        Je m’étonne que Klein fasse une bourde pareille ; mais sur un exposé long, il a dû glisser malencontreusement ? Vous rapportez son expérience avec le bois et le marbre, mais ce n’est pas le paramètre de chaleur massique qui explique la différence de transfert de chaleur. Comme le fait remarquer amike, ces deux objets différent par leur conductivité thermique, et c’est cela qui explique son expérience. D’ailleurs, le marbre, le bois seraient à la température naturelle de la couche cutanée sensible (mettons 30°C), il serait impossible de percevoir une différence de température avec la main. Dans son expérience, si la température ambiante (air, bois et marbre) est à 20°C, (et la main toujours à 30°C), le marbre va mieux conduire la chaleur, donc plus refroidir que le bois ! pareil dans l’autre sens, à 60°C ou avec des glaçons. Il m’étonne, ce Klein.

      • Il y a bien un effet de serre tel que vous l’évoquez.
        En fait, il y a 2 (deux) effets de serre, que l’on devrait discriminer, ce que je ne vois jamais faire, et ce qui rend les débats flous.

        1) le premier devrait s’appeler « effet d’atmosphère », il existait déjà avant l’Homme, et justifie que la température au sol n’est pas celle du sol lunaire (par la présence d’une fine couche gazeuse). Ce premier effet, que l’on peut appeler de serre, rend la température terrestre vivable, il est donc bénéfique (et naturel). Si on en connaît en gros le mécanisme, en quantifier les valeurs de grandeur physique, composant par composant, semble bien difficile.

        2) le second « effet de serre » est celui dont tout le monde parle, et il se limite à la variation de CO2 dans l’atmosphère, avec une seule question : si on double le taux de CO2, de combien varie la température au sol ? tous les débats complexes ou futiles se résument ou dérivent de cette seule question, relative à une variation du taux de CO2, que ce soit par les vilains humains, ou naturellement.

        Il est probable qu’on ne le saura jamais précisément 😉

        Mon avis ? la variation de température sera faible à très faible, le CO2 joue sans doute sur la température, mais pas de façon dramatique, comme on essaye de nous le faire croire.

  5. Je ne comprends pas l’intérêt d’une expérience sur la conductivité thermique (la pierre diffuse mieux la chaleur que le bois), avec les propriétés radiatives des gaz dits « à effet de serre », si ce n’est d’essayer de faire croire au vulgum pecus qu’il peut y comprendre quelque chose alors qu’en fait, l’équilibre du climat terrestre est extraordinairement complexe, avec des mécanismes correctifs mal connus, tout au moins dans des effets à notre minuscule échelle.
    On a aussi la comparaison avec la couverture isolante, paradoxal pour un gaz (le CO2) pas du tout isolant.

    Note : Si on ramène la distance entre l’équateur et le pôle à 1 mètre, l’essentiel de l’atmosphère tient sur 1mm… Rien à voir avec les illustrations où on voit d’énormes rouleaux et des nuages au-dessus d’une Terre dont on marque bien la rotondité pour au cas où un terreplatiste passerait par là :))

    • J’avais pas lu l’article de Jacques Henry quand j’ai écrit mes mails ci dessus ; je me suis rattrapé entre temps et Etienne Klein dont j’ai arrêté de lire les articles et les bouquins il y a 15 ans ,fait fort pour discréditer la science ; malheureusement il n’est pas le seul et il y en a de plus en plus

  6. Excellent article comme toujours Jacques Henry. En plus du deuxième principe de thermodynamique qui est largement chahuté par la description officielle de l’effet de serre, il faut ajouter:
    1. La saturation de la bande d’absorption du CO2.
    2. Le fait que l2 CO2 ne peut absorber le rayonnement IR que dans la longueur d’onde de 15 microns). Cela représente, par integration d’une bande de 14 à 16 microns sous la courbe de Planck, que 6 à 7 W/m2.
    En supposant que 50% reviendraient vers la terre, comme le dit le GIEC, L’effet de serre ne serait que de 3 a 4 W/m2. Je m’empresse d’ajouter que ces 3 W/m2 ne peuvent « revenir  » par radiation mais bien par collisions avec les molécules d’oxygène et d’azote.
    Une autre conclusion est que quelque soit la concentration de CO2, même si on double, triple ou decuple cette concentration, la bande de CO2 ne peut PAS absorber plus que 10% du rayonnement thermique emis par la terre.
    Vous devriez écrire quelques tickets sur ce sujet.

  7. Qui irait perdre son temps avec ce klein , gourou des plateaux télé,? Allons , allons , soyons sérieux , nous ne mangeons pas à la même gamelle , que Diable !

    • J’ai menti plus haut , le dernier torchon de Etienne Klein que j’ai lu date de 2013,intitulé
      «  » » » » »Allons-nous liquider la science? » » » » » »
      Eh ben , non seulement il s’attache à le faire , mais je transmets trois lignes de son torchon
      «  » » » » »Il faudrait plutôt, et de toute urgence , opter pour la décroissance économique , seule voie pour sauver la planète des excès de l’humanité «  » » » » » »
      Ben , il y en a qui ont trouvé la solution , la pandémie covidienne

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