Petite chronique coronavirale (suite) : comment une petite entreprise fait faillite !

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Un de mes amis français, le seul ami à vrai dire que je vois régulièrement ici, est un chef cuisinier de très haute qualité. Je l’ai suivi depuis dix ans au cours de ses changements d’employeur car les Canariens le traitent comme un sous-homme puisqu’il n’est pas Espagnol et encore moins Canarien. J’apprécie en effet sa cuisine de grande qualité. Bref, sans travail depuis le début du confinement il est venu il y a quelques jours me demander s’il pouvait utiliser mon four (pas le mien, celui du propriétaire de l’appartement que je loue) pour fabriquer des tartes tatin et des quiches (illustration) pour des clients à qui il livre les somptueux résultats de son art (au noir, mais il ne faut pas le dire). Tout cela pour qu’il puisse encore survivre quelques semaines dans l’attente d’un très hypothétique travail.

Il m’a raconté l’histoire du jour d’un ami également cuisinier qui s’était spécialisé dans les repas pour communion ou mariage à domicile, ayant tout un staff dans sa cuisine, surtout des Philippins car ils acceptent de travailler à n’importe quel prix. Il a reçu une commande de 60 couverts prévue ce samedi 5 septembre pour une communion, tout cela se passant dans une grande propriété privée. À 35 euros le couvert hors boissons il rentrait largement dans ses frais, une fois n’est plus coutume depuis le début de l’épidémie coronavirale. Pour faire face au surcroit de travail il a embauché pour l’occasion un deuxième chef (100 euros + les charges sociales, à peu près 100 euros également). Tout était plié pour ce samedi. Mais, car il y a un très gros « mais », il a été contraint par la loi en vigueur de fournir 120 masques, deux par convive y compris les enfants, cinq bouteilles de gel hydro-alcoolique et deux personnels d’une entreprise privée de sécurité mandatés par le gouvernement provincial pour faire respecter le port du masque et la distanciation durant toute la fête familiale. Vous imaginez la scène …

En effet cette réunion dépassait largement le nombre limité par la loi à dix personnes pour toute réunion, quelle que soit sa nature et sa localisation. Chaque employé de l’entreprise de sécurité devait être rémunéré 150 euros + charges sociales.

Deux jours avant, c’est-à-dire hier jeudi 3 septembre, la mort dans l’âme, il s’est décommandé en exposant ses arguments. Ce petit entrepreneur espérait survivre quelques jours en attendant une autre commande hypothétique.

Il a décidé de baisser le rideau ! Voilà comment des règlementations totalement stupides, portant atteinte aux libertés individuelles basiques (comme introduire des employés d’une entreprise de sécurité dans un domicile privé) détruisent habilement le petit tissu artisanal qui fait vivre des dizaines de millions de personnes dans toute l’Europe afin qu’il s’effondre jour après jour. Ce ne sont pas les grosses entreprises qui réduiront le chômage, elles ont tendance à « dégraisser » pour satisfaire les exigences de leurs actionnaires, ce sont ces petits artisans employant trois, quatre ou cinq personnes qui créent des emplois. Allez expliquer ça aux technocrates qui gouvernent les pays européens et encore moins aux fonctionnaires de Bruxelles, ils sont incapables de comprendre ce qui se passe dans la vraie vie. On est en droit de se poser une question importante : quelle est la finalité de ces décisions des politiciens, ici en Espagne, mais également dans bien d’autres pays européens ?

Vous voulez une autre anecdote ? Cet après-midi j’étais dans la rue, mon masque obligatoire sur le menton pour pouvoir respirer librement et deux policiers m’ont interpellé pour port du masque défectueux. Je leur ai expliqué dans mon espagnol approximatif (je parle l’espagnol comme un basque le français) que j’étais français mais que je connaissais la loi : dans la rue on n’est pas tenu de porter un masque sauf si les circonstances vous obligent à respecter la distanciation qui est de 1,5 mètres entre deux personnes. Ils n’ont pas insisté mais c’est très énervant … Avec tous ces gros et petits détails la tension sociale va certainement exploser très prochainement, et ce sera vraiment très violent …

3 réflexions au sujet de « Petite chronique coronavirale (suite) : comment une petite entreprise fait faillite ! »

  1. Réglementation évidemment absurde ; vous oubliez cependant un aspect important .
    Quel responsable décisionnaire prendra le risque de se retrouver assigner au tribunal ( ce qui signifierait sa mort politique) pour défaut de prévoyance ayant entraîné la mort de citoyens ? Le sacro-saint principe de précaution est devenu la règle , mais le citoyen retords fait aussi florès .Mettez vous à leur place et à moins de les dédouaner par avance de toute responsabilité ( comme les usa vis à vis des éventuels dommages dû aux vaccins fabriqués dans la précipitation ) , ils continueront à imposer ces obligations absurdes , liberticides et destructrices d’emploi .
    Il faut être de bon compte ; pas de masques , on gueule ; des masques , on n’en veut pas et on gueule encore ; la schizophrénie règne en maître . En france certains recours aboutissent , en belgique , le conseil d’état les déboutent systématiquement .

    • quand on dit tout et son contraire au sujet des masques,en finissant par admettre qu’on a menti «  »parce que on n’en avait pas.. » et de trouver legitime le fait de mentir ,,il ne faut pas etre surpris de ne plus inspirer la confiance quoi qu’on fasse ,surtout en y ajoutant la menace ,les sanctions financieres ,et autres signes de repression

      • @dupontg
        dommage que tous les Français ne pensent pas comme vous et continue de faire confiance à ceux qui disent cela

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