Billet un peu intimiste : le confinement peut devenir une horreur.

Il y a 60 ans, à quelques jours près, j’étais enfin libéré d’un confinement de plus de 7 mois. Etant jeune adolescent cet isolement total de ma famille et de mes amis d’école, pas tous vous allez comprendre, perturba durablement ma vie scolaire. J’avais attrapé la tuberculose, une forme vicieuse de cette maladie qui commença à détruire irréversiblement mes poumons. Quand je fus transféré dans cette sorte de prison de luxe dans la montagne savoyarde au milieu des alpages que je ne remarquais pas car tout était couvert de neige, j’avais de la fièvre, je toussais et crachais du sang, je n’avais pas envie de manger quoi que ce soit, tout avait un goût répugnant et je souffrais d’une réaction allergique à cette maladie, de mauvaise augure je l’appris bien plus tard. Je fus mis dans une chambre d’isolement car j’étais hautement contagieux. Le premier examen radioscopique révéla que j’avais des « nodules au sommet », une expression qui m’étais totalement incompréhensible. Des nodules … que le médecin appela ensuite « cavernes » me faisaient penser à des hommes préhistoriques et au sommet, certes on était en montagne, mais tout de même il n’y avait pas de glaciers puisqu’il y avait des épicéas partout. Je fus soumis à un traitement consistant à avaler toutes les 8 heures 6 comprimés blancs d’un goût très amère dont j’ignorais la composition.

Je vivais dans une sorte de bulle surréaliste, ayant perdu toute notion du temps, partagé entre un état de semi-conscience et de sommeil profond, avec cette fièvre persistante pour laquelle l’infirmière qui osait pénétrer dans ma chambre avec un masque ne me proposait rien pour la combattre. Il y avait peut-être une raison. Un jour, j’avais totalement perdu la notion du temps, le médecin du sanatorium décida de me faire des piqûres d’un truc dont je ne connaissais pas la nature après un deuxième examen radioscopique qui ne devait pas être très encourageant. Une autre employée venait deux fois par jour me faire écouter le son émis par des diapasons, elle en avait trois, mais j’ignorais pourquoi on s’occupait de mes oreilles. Puis une quinzaine de jours plus tard, après un troisième examen radioscopique et la fin des piqûres, je fus invité à rejoindre un dortoir où se trouvaient une vingtaine de lits avec de grandes baies ouvertes au vent et à la neige. Tout ça se passait en février et mars. J’avais repris un peu d’appétit et le fait de pouvoir parler et de retrouver cinq copains de ma classe de pensionnat me stimula après toutes ces semaines passées d’abord à l’infirmerie du pensionnat puis ces nombreux jours de torpeur indicible dans cette chambre en isolement total y compris du sanatorium qui était lui-même une sorte de prison.

Ma tuberculose fut vaincue définitivement six mois plus tard mais je dus prendre ces cachets blancs au goût amer pendant plus de 2 ans après la fin de ce terrible confinement. Les sanatoriums étaient des endroits où on confinait au sens strict du terme des éléments hautement contagieux. Quand on ne cessait de tousser et de cracher du sang, ce qui était mon cas, il y avait un réel problème et il fallait être isolé. Durant ces derniers mois du début de l’année 2020 j’ai cru revivre cet épisode douloureux de ma vie d’adolescent. Puisque je ne toussais pas, puisque je ne crachais pas de sang et puisque je n’avais pas de fièvre de quel droit les autorités locales m’avaient-elles imposé ce confinement ?

J’appris bien plus tard que les lobes supérieurs de mes poumons étaient partiellement détruits, qu’on m’avait injecté de la streptomycine parce que le « rimifon » n’avait qu’un effet limité devant la progression alarmante de la maladie mais que ce nouvel antibiotique rendait sourd et que la réaction allergique à cette maladie avait rendu les médecins vraiment inquiets. Aujourd’hui on assiste à un « swedish-bashing » honteux parce que ce pays n’a pas mis en place une quelconque mesure de confinement autoritaire et a atteint une immunité de la population qui la met à l’abri d’une très hypothétique deuxième vague de grippe coronavirale alors que beaucoup de pays d’Europe envisagent un deuxième confinement dans les prochaines semaines. Je pense qu’une bonne vieille épidémie de tuberculose bien contagieuse pour laquelle on ne disposerait d’aucun traitement antibiotique efficace, ce qui est devenu malheureusement le cas, remettrait rapidement l’esprit des politiciens en place, mais j’ai de sérieux doutes sur ce dernier point … Prochain billet dans la même problématique une pensée de Friedrich Nietzsche.

5 réflexions au sujet de « Billet un peu intimiste : le confinement peut devenir une horreur. »

  1. Merci de votre partage d’expérience, très édifiant!
    Pour poursuivre sur le sujet du confinement, voici une étude qui va dans le sens de ce que j’annonce intuitivement depuis le début. C’est bien le confinement qui crée l’épidémie, et qui augmente la mortalité.
    https://guyboulianne.com/2020/08/22/une-etude-du-pr-denis-rancourt-evaluation-de-la-virulence-du-sras-cov-2-en-france-a-partir-de-toutes-les-causes-de-mortalite-1946-2020/

    D’ailleurs, pourquoi nous avoir interdit l’accès aux parcs, jardins et bords de mer? Quelle est la signification de cette décision mortifere? Pour que nous tombions davantage malade?

  2. C’est pourtant simple : vos élus reçoivent des enveloppes pour vous tuer, et ils vous tuent….
    Ceux qui comprennent se barrent ou s’arment, les autres vont mourir sans personne pour les regretter.

  3. « alors que beaucoup de pays d’Europe envisagent un deuxième confinement dans les prochaines semaines. »

    Les candidats au suicide semblent nombreux. Pourvu qu’ils ne forcent pas leur peuple à les suivre ces joueurs de flûte de Hamelin… On en serait débarrassés…

  4. Bonjour tous,
    Il est, en politique, une notion qui n’est pas suffisamment prise en compte, celle de la bêtise.
    Lisez les événements à cet aune et vous verrez, tout deviendra limpide, parce que ce confinement détruit ce sur quoi ceux grâce à qui ils sont au pouvoir, l’économie-monde via l’oligarchie et, surtout, les USA.
    Ne faut-il pas être stupide pour détruire ce qui est la source de son propre pouvoir?

  5. Et si on revenait aux faits… Ce qui est certain c’est que les rassemblements culturels ou festifs dans des lieux clos ou mal ventilés sont des foyers de contamination. De même les essais démontrent l’efficacité des masques. Avoir inscrit dans notre constitution le principe de précaution conduit à des excès en tous genres…

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