Nouvelles des îles Canaries : l’économie s’enfonce vers la ruine totale

Une amie française est revenue du sud de la France en avion depuis Barcelone il y a trois jours. Aucun contrôle sanitaire à la frontière franco-espagnole, aucun contrôle à l’aéroport de Barcelone comme par exemple une prise de température frontale avec un thermomètre infra-rouge comme cela existe dans les supermarchés ici à Santa Cruz de Tenerife. Aucune attente pour passer la sécurité, toute la place dans l’avion pratiquement vide. Le personnel naviguant de cabine immobile pendant tout le vol ceinturé comme des sphinx de pierre sur les petits sièges faisant face aux rares passagers. Pendant le vol durant plus de trois heures aucun rafraichissement proposé aux passagers, tous devant porter un masque de protection.

Arrivée à l’aéroport nord de Tenerife : aérogare déserte, aucune boutique ouverte, les offices des compagnies aériennes fermés, les bureaux de location de voitures fermés, les bars fermés. Sur le tableau où sont affichés les vols, quelques mentions seulement pour les vols inter-îles et trois vols pour Madrid, Barcelone et Bilbao prévus en fin de journée.

Deux jours plus tard cette amie est allée récupérer son petit-fils qui arrivait à l’aéroport sud Reina Sofia qui normalement fonctionne 24/24h. Même ambiance, aérogare déserte, pas un seul bar ouvert, quelques rares passagers hébétés. Le gamin avait pris un avion tôt le matin depuis Genève : aucun moyen de boire quoi que ce soit ou de manger le moindre sandwich. Ayant pris leur voiture ils ont donc fait un peu de route et tentèrent leur chance dans le haut lieu du tourisme de masse, à Las Americas, aussi appelé Costa de Adege, dans le sud de l’île où il y a d’immenses plages. Rien, le désert total, toutes les boutiques fermées, tous les bars et les restaurants également fermés.

D’habitude cet endroit est noir de monde venu de l’Europe entière … Ayant repris la route, dans le village de Santiago del Teide, un seul restaurant ouvert alors qu’il y en avait une petite dizaine auparavant. Trois quart d’heure d’attente pour avoir de quoi boire et se restaurer. Le patron du restaurant était submergé par une table de quatre Belges (des touristes courageux) et ceux qui parlent espagnol passaient après ces rares touristes. Il finit pas s’excuser pour cette attente insupportable en expliquant qu’il n’était pas habitué à cuisiner et faire le service, il avait été obligé de licencier tout son personnel car il ne pouvait plus payer les salaires puisque pendant trois mois il n’avait plus eu un seul client.

Voilà la situation économique de l’archipel. Dans ces conditions la reprise de l’activité touristique reste hypothétique. La gravité de la situation ne présage rien de très rassurant. Mais il en sera de même pour l’Espagne péninsulaire, l’Italie et également la France, pays où le tourisme représente près de 15 % du PIB. Je pense que dans ces pays la rentrée sociale sera particulièrement mouvementée pour ne pas dire critique. Tout ça pour des décisions politiciennes inexplicables afin de maîtriser une grippe qui au final n’aura pas été plus dévastatrice que n’importe quelle autre grippe saisonnière. Ce dernier point fera l’objet d’un prochain billet.

4 réflexions au sujet de « Nouvelles des îles Canaries : l’économie s’enfonce vers la ruine totale »

  1. Dans de très nombreux endroits, l’économie a du mal à redémarrer. Les foules sur quelques plages américaines ou européennes dont se gavent les médias masquent une réalité : les centres d’achat sont vides et la machine économique est grippée (façon de dire…). Sauf les jeunes générations qui se croient invincibles, la plupart des gens sont inquiets. La saison touristique est définitivement gâchée. L’automne et l’hiver vont être très pénibles.

  2. Faire du tourisme l’économie est d’une stupide monstruosité.
    La raison en est simple, le moindre problème verra disparaître les estivants, ce qui n’est pas le cas des mines, usines et agricultures.
    Cette vulgarité intellectuelle, accompagnée de tant d’autres, fait montre de l’incompétence tant politique qu’économiques des tenants dogmatiques au néolibéralisme et à l’Union-européenne, et, osons le mot, de leur grossièreté dans tous les sens de ce terme.

  3. Dans une économie éloignée comme celle des îles Canaries où les coûts de transport rendent toute autre industrie totalement impensable, le tourisme est la seule activité qui a permis le développement et la modernisation de l’archipel. Sa disparition sera un drame et une condamnation au chômage à vie pour la moitié de la population. Jacques Henry a parfaitement raison de s’en alarmer. Des milliers de gens vont prochainement souffrir de la faim à Tenerife et dans les autres îles. C’est sans doute l’un des objectifs poursuivis par les gouvernements génocidaires d’Europe occidentale.

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