Un trou noir à « proximité » de notre Soleil !

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Le diamètre de la galaxie dans laquelle se trouve notre Soleil est d’environ 100000 années-lumière et ce Soleil se trouve à environ 27000 années-lumière du centre de la galaxie. Ce centre gravitationnel semble être constitué d’une multitude de trous noirs représentés par l’illustration ci-dessus qui est en réalité une déformation de l’espace-temps provoquée par le champ gravitationnel intense du trou noir car il est par définition invisible puisque aucun photon ne peut en échapper en raison de ce champ gravitationnel très élevé. Cependant les trous noirs sont animés d’un mouvement de rotation, comme notre Soleil, et émettent des jets de photons de très haute énergie depuis chacune des extrémités de leur axe de rotation. Pour détecter de tels jets de photons encore faut-il que ces émissions soient orientées vers la Terre.

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Malgré toutes ces contraintes il est possible de déduire la présence d’un trou noir par les conséquences induites par son champ gravitationnel très puissant et c’est ce que les astrophysiciens de l’observatoire austral européen (ESO) ont réussi à obtenir avec une télescope de 2,2 m de diamètre en observant un système d’étoiles binaires justement situé dans la constellation du Télescope. Ce système binaire appelé HR6819 est constitué de deux étoiles visibles à l’oeil nu par temps clair et il est distant de seulement 1000 années-lumière de notre Terre. En étudiant très précisément le mouvement des deux étoiles visibles les astrophysiciens ont réalisé qu’ils étaient confrontés à un système ternaire dont l’un des partenaires était invisible, c’est-à-dire rien d’autre qu’un trou noir.

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La masse de ce trou noir a pu être calculée comme étant égale à 4 fois celle du Soleil. L’une des étoiles visibles d’une masse proche de 5 fois celle du Soleil parcourt son orbite autour du trou noir en 40 jours et l’autre étoile tourne autour de cet ensemble à une distance beaucoup plus grande. Ce système ternaire est ce qui reste de l’explosion d’une étoile qui eut lieu il y a 15 millions d’années. Cette évaluation a pu être réalisée en analysant les données spectroscopiques des deux étoiles visibles.

Les physiciens ont déduit de leur étude qu’il existait dans notre galaxie des centaines de milliers, peut-être des millions, de trous noirs pouvant peut-être expliquer ce que les théoriciens de l’astrophysique appellent la matière sombre ou matière noire.

Source : Astronomy & Astrophysics, doi : 10.1051/0004-6361/203038020

illustrations : ESO

Scènes de la vie quotidienne. Les caissières des supermarchés.

Je loue un deux pièces meublé dans le centre-ville de Santa Cruz de Tenerife et au rez-de-chaussée de l’immeuble ou je réside il y a un supermarché. Pour y pénétrer en ces temps coronoviraux il faut avoir un masque et une fille, le plus souvent très plantureuse, vous propose des gants et contrôle la température frontale. Ce 17 mai dernier – oui c’est ouvert le dimanche ! – j’avais besoin d’une bouteille de « Chardonnay » (made in Spain, je le précise et excellent) pour boire avec un sashimi de thon que je m’étais procuré au marché ce matin du même jour, pas le sashimi mais le morceau de thon fraîchement pêché. Je me suis arrêté chez un « chinois » pour me munir de sauce au sojaà laquelle j’ai ajouté un peu de Wasabi pour le sashimi. J’ai même osé laisser un pourboire de 20 centimes à la jeune fille qui tenait la caisse de la boutique d’imports en tous genres de sauces et autres conserves provenant du monde entier. Enceinte de plus de huit mois selon mon évaluation elle me gratifia d’un charmant sourire … Au supermarché j’ai également acheté un pack de 4 litres de bière car je risquais d’être en rupture de stock ce lundi 18 mai. Je suis un gros buveur de bière, je l’avoue.

Un pack de 4 litres de bière et une bouteille de Chardonnay : total 6,87 euros.

Je laisse 17 centimes sur le plan de la caisse séparée par un panneau de Plexiglas, coronavirus oblige, et un billet de 10 euros. La caissière, je le répète passablement plantureuse comme celle distribuant des gants à l’entrée, sort une petite calculette et je l’observe avec curiosité, surtout son énorme poitrine, je l’avoue. Elle prend son temps pour imaginer quel sera le résultat de la caisse automatique quand elle entrera 10 euros et 17 centimes pour m’acquitter d’un somme de 6,87 euros. Je n’avais pas réalisé que je lui avais tendu un piège : pourquoi 17 centimes et pas tout simplement 7 centimes ? Cela aurait été plus logique.

Bref la fille me rendit 3,20 euros après mûre réflexion et les 17 centimes que je lui avais proposé – elle avait tout son temps, il n’y avait pratiquement personne dans le magasin – et j’admirais son effort pour avoir calculé indépendamment de la caisse automatique (qui ne fait pas d’erreur) ce qu’elle devait me rendre, soit 3,30 euros, somme que j’avais calculé de tête bien avant d’observer son manège et sa poitrine trop grosse pour satisfaire la main d’un homme honnête.

Elle me rendit donc 3,30 euros, ce que lui avait indiqué la caisse automatique, ainsi que les 17 centimes que j’avais laissé sur le plan de la caisse. Je lui fis remarquer dans mon espagnol approximatif qu’elle avait fait une erreur et laissais les 17 centimes d’euros. Hasta luego ! J’ai soudainement compris pourquoi ces filles sont payés ici 750 euros par mois primes comprises et qu’elles développent un embonpoint presque dérangeant, tout simplement parce qu’elles ne savent même pas faire une simple soustraction de tête. Je refuse d’utiliser ma carte bancaire pour payer sans contact et sans code confidentiel pour que les caissières réfléchissent moins car elles ne sont pas payées pour ça.

Où va-t-on ? Une coccinelle (« bug ») dans le système informatique de la banque et on fait quoi pour un achat de 6,87 euros débité sur le compte 68,7 euros ? Que cherchent à établir les banques main dans la main avec les politiciens ? Un contrôle de chaque citoyen mais pas celui du surpoids des caissières …

Je termine avec le sashimi de thon. C’était excellent. J’ai acheté assez de thon pour au moins trois jours de vrai régal. Bon appétit et oubliez le virus, mangez, buvez, pensez, lisez et regardez de vrais bons films comme « La Belle Noiseuse » avec Emmanuelle Béart et Piccoli que j’ai re-visionné hier en apprenant la mort de Piccoli ou écoutez de la bonne musique comme les quatuors à corde de Beethoven ou Roberta Flack …

Chronique cinématographique : Knock

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Knock (ou le triomphe de la médecine) fut une pièce de théâtre écrite par Jules Romains mise en scène et jouée pour la première fois en 1923 par Louis Jouvet dans le rôle du Docteur. Celui-ci joua le rôle du Docteur Knock 30 ans plus tard dans le film de Guy Lefranc qui sortit sur les écrans en 1951. Ce film est d’une actualité saisissante en ces temps de peur mondiale d’une épidémie, de celle qui se termine mais aussi d’autres épidémies à venir. Ce que l’on peut retenir du scénario écrit par Jules Romains s’insère dans le contexte civilisationnel troublé dans le quel nous vivons. Malgré les immenses progrès technologiques modernes qui ont envahi notre vie quotidienne et en particulier la médecine, nos mentalités n’ont pas vraiment évolué depuis 1923. À cette époque, dans les villages de la France périphérique il y avait l’instituteur, le médecin, le pharmacien, le maire, le tambour de ville et le garde-champêtre et ces six personnages occupaient une place centrale dans le quotidien des villageois.

Arrive Knock avec l’idée bien précise de non pas mettre la médecine et la pharmacie (avec le pharmacien local) au service des malades « qui s’ignorent … » mais de mettre ces derniers au service de ces deux corporations.

Petit extrait du dialogue entre le Docteur Parpalaid et Madame Rémy environ 8 minutes avant la fin du film.

Dr Parpalaid (Jean Brochard) : « Alors vous croyez qu’un « vrai » médecin peut combattre une épidémie mondiale, à peu près comme le garde-champêtre peut combattre un tremblement de terre, attendez la prochaine et vous verrez si le Docteur Knock s’en tire mieux que moi » (il faisait allusion à la grippe espagnole qui était encore dans les mémoires).

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Madame Rémy (Mireille Perrey), la tenancière de l’hôtel du village transformé en hôpital : « Je commence à savoir ce que c’est qu’un malade et dans un village où tous les gens chétifs sont déjà au lit, on l’attend de pied ferme votre épidémie mondiale » (allusion aux futurs EHPADs ?).

Alors que la pandémie de SARS-Cov2 touche à sa fin et qu’elle aura fait à peine plus de victimes que la grippe à influenza dite de Hong-Kong, il est remarquable de constater que Jules Romains, cent ans plus tôt, avait entrevu l’évolution de la médecine et de la pharmacie qui utilisent les malades pour réaliser le maximum de profits. Les politiciens se sont emparé de l’événement sanitaire présent pour détruire durablement l’économie mondiale par leurs décisions iniques et contre-productives de confinement. Comme disait je crois Churchill la guerre est une affaire trop grave pour la laisser entre les mains des politiciens et pour paraphraser cette citation je dirai que la santé est une affaire trop grave pour la laisser entre les mains de ces mêmes politiciens ni entre les mains des médecins qui font de la politique à temps plein. Le cas de la gestion française de cette épidémie en est l’exemple caricatural.

Un chef-d’oeuvre du cinéma français à voir et revoir …

Covid-19 : Le cauchemar des mères porteuses en Ukraine

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Comme les rivets qui éclatent sur la coque du Titanic qui coule, le stress de la pandémie de grippe « coronavirale » révèle des faiblesses inattendues dans nos sociétés. Tout à coup, nous avons réalisé que ce n’était pas une bonne idée de se procurer des masques de protection en Chine, que les hospices pour personnes âgées dont dangereux, que nous avons plus besoin de caissières de supermarchés que de gestionnaires, etc.

Mais il y a une catastrophe qui passe sous le radar – l’industrie internationale de la maternité de substitution, autrement dit des mères porteuses pour autrui.

Le point chaud de la maternité de substitution internationale est l’Ukraine. La maternité de substitution commerciale y est légale, les installations médicales sont de bonne qualité, le coût est relativement faible, et les jeunes femmes pauvres sont nombreuses. Les pays asiatiques comme l’Inde, le Népal, la Thaïlande et le Cambodge n’accueillent plus les couples d’outre-mer.

L’Ukraine reconnaît également les parents commanditaires en tant que parents biologiques et n’impose aucune limite quant au montant pouvant être payé à une mère porteuse.

On estime que 500 couples viennent chaque année en Ukraine pour prendre livraison de leur bébé. Mais la pandémie de Covid-19 a frappé. En Ukraine, comme partout ailleurs, les frontières se sont fermées, avec les nourrissons d’un côté, les parents de l’autre. Les agences de maternité de substitution ont été littéralement abandonnées à leur sort avec de nombreux bébé dans les bras.

Les résultats peuvent être vus dans cette vidéo à couper le souffle de BioTexCom, une agence de maternité de substitution à Kiev – probablement la plus grande du pays. Cette agence a certainement le marketing le plus agressif.

La vidéo montre une grande chambre dans un hôtel – pas un hôpital – à Kiev avec 46 bébés côte à côte dans des corbeilles identiques. Ils proviennent d’un large éventail de pays – États-Unis, Chili, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne, Bulgarie, Roumanie, Autriche, Mexique et Portugal.

Le bruit de 46 nouveau-nés gémissants est déchirant. La pièce ressemble à une scène d’un couvoir dans « Brave New World ». Les «baby-sitters» passent d’un bébé à un autre, changeant leurs couches, les baignant, les nourrissant, les câlinant.

Il y a une stricte quarantaine à Kiev, donc les infirmières doivent vivre à l’hôtel.

https://youtu.be/xPdRx_L96C0

La vidéo a été réalisée pour rassurer les clients désemparés de BioTexCom en montrant que leurs bébés sont en sécurité et en bonne santé. Le personnel montre les bébés à leurs parents en ligne et les informe par des appels vidéo sur leur alimentation, leur sommeil et leur santé. « Alors ne vous inquiétez pas, la santé de votre bébé est entre de bonnes mains », explique Marina, la narratrice masquée.

Ce ne sont que les bébés d’une seule agence. Comment les autres agences gèrent-elles le problème? Il pourrait y avoir des centaines d’autres bébés en gestation pour des couples étrangers entre les mains de mères porteuses de plus en plus exaspérées.

C’est un cauchemar. Qu’en est-il des bébés nés avec des problèmes médicaux ? Et les clients qui perdent tout intérêt ? Qui paie l’hébergement supplémentaire ? Qui paie le temps supplémentaire avec les mères porteuses ? La paperasse pour extraire des bébés d’Ukraine est Kafkaïenne dans le meilleur des cas. Et maintenant ? Combien de temps faudra-t-il avant que les parents commanditaires puissent aller chercher leurs enfants ?

Et surtout, les bébés? Les scènes de la vidéo rappellent ces images poignantes des orphelinats roumains après la chute du communisme. Ils n’étaient ni allaités, ni câlinés, ni embrassés, ni aimés… Les femmes souriantes et masquées dans la vidéo ne peuvent pas faire grand-chose pour 46 bébés qui hurlent, vagissent et vomissent. Comment le manque d’amour inconditionnel dans les semaines cruciales après la naissance affectera-t-il ces tout-petits ?

Source : BioEdge et https://biotexcom.com/

L’autre grande « Fake-News » du réchauffement climatique : le méthane du permafrost.

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La crise climatique est adossée à des modèles mathématiques et seulement à ces derniers. Il n’existe aucune preuve expérimentale d’un quelconque effet dit « de serre » du gaz carbonique, une sorte de phénomène qui s’auto-alimente sorti du cerveau de je ne sais quel scientifique ayant de ce fait inventé le mouvement perpétuel en dépit de toutes les lois fondamentales de la thermodynamique. Le méthane a été également déclaré puissant gaz à effet de serre sans que jamais une quelconque démonstration en vraie grandeur ait été présentée de manière concluante. Partant de l’a priori que le climat se réchauffe la grande catastrophe à venir serait donc que ce réchauffement – il tarde à arriver depuis maintenant 22 ans – conduirait à une décongélation du permafrost des régions septentrionales, essentiellement du nord du Canada, de la Sibérie, du nord de la péninsule scandinave et de l’Alaska. Cette décongélation libérerait alors des quantités massives de méthane et, effet de serre aidant, le réchauffement serait dangereusement accéléré conduisant à un mécanisme également auto-entretenu.

Les partisans écologistes politisés du réchauffement du climat ont donc monté en épingle ce phénomène qui, lui aussi, tarde à se concrétiser. Malheureusement pour eux une étude réalisée au Département de Géophysique de l’Université Purdue à West Lafayette dans l’Indiana sous la direction du Docteur Qianlai Zhuang démontre que l’hypothèse de ces alarmistes est fausse. En effet à la surface du permafrost il existe des bactéries qui utilisent le méthane comme source de nourriture un peu comme les plantes utilisent le CO2 pour synthétiser des sucres. Les zones humides du permafrost dégagent, certes, du méthane quand l’ensoleillement est suffisant, un méthane piégé dans la glace depuis des millénaires, mais dans le même temps des bactéries utilisent alors ce gaz pour leur métabolisme. Ces bactéries se trouvent concentrées dans les régions moins humides voire sèches du permafrost. Or ces régions sont beaucoup plus étendues que les zones humides. Tous les modèles d’apparition de méthane en provenance du permafrost en cas de réchauffement du climat sont donc faux puisqu’ils ne prennent pas en considération la présence de ces bactéries méthanotrophes, (se nourrissant de méthane) présentant une affinité pour ce gaz telle que la « dé-méthanisation » de l’atmosphère outrepasse la production de méthane par les bactéries méthanogènes (produisant du méthane).

Les travaux de modélisation de l’équipe du Docteur Zhuang sont basés sur des mesures in situ en Alaska tant de la production que de la séquestration du méthane durant l’été arctique. Les modèles anciens de l’IPCC mentionnaient une production annuelle probable de méthane de 80 teragrammes par an vers 2100 en raison du réchauffement climatique. La nouvelle évaluation mentionne une stabilité remarquable de la quantité de méthane libéré et même une très légère diminution de cette dernière car les bactéries méthanotrophes sont beaucoup plus résistantes à une augmentation de températures que les bactéries méthanogènes.

Le résultat de ces travaux est synthétisé dans la figure ci-dessus où sont présentés les modèles précédents et la réévaluation basée sur les mesures in situ. Selon le Docteur Zhuang il est peu probable que l’équilibre général du permafrost arctique change dramatiquement au cours des années à venir. Et les ours blancs continueront aussi à prospérer …

Source et illustration : Purdue University News Desk

Distanciation à la mode canarienne pour un avenir meilleur (?)

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Lundi dernier 11 mai les Canariens se sont enfin retrouvés aux terrasses des cafés après avoir été encagés pendant plus de 9 semaines. Ce coup d’arrêt brutal, prolongé et autoritaire de l’économie a certes freiné sinon arrêté l’épidémie de grippe coronavirale mais elle a surtout plongé dans un coma profond l’activité de tout l’archipel. Nul ne sait quand le malade reprendra conscience. L’activité touristique dépend essentiellement des liaisons aériennes et tant que ces dernières n’auront pas retrouvé leur fréquence habituelle il n’y aura tout simplement pas de touristes, les hôtels resteront fermés et les plages ne seront que des étendues de sable blond ou noir inutiles.

Tout le monde a conscience ici de l’extrême gravité de la situation mais il faut continuer à vivre, rire et boire des coups d’autant plus que le soleil et les températures estivales – hier 26 degrés avec une légère brise marine à 21 heures quand j’ai capté cette scène – autorisent la consommation de bonnes bières fraiches. En 5 jours à peine deux boutiques sur 10 ont timidement relevé le rideau. Les restaurants sans terrasse restent fermés et comme les terrasses ne se trouvent que dans les rues piétonnes et qu’il y a plus de 2000 restaurants et bars dans la ville de Santa Cruz un grand nombre d’entre eux ne reprendront jamais leur activité : un désastre ! Et les bars et restaurants disposant d’une terrasse ont supprimé la moitié des tables (illustration) pour respecter les règles de « distanciation ». La réouverture de beaucoup d’entre eux sera donc éphémère puisque leur chiffre d’affaires sera réduit de moitié. Si la crise de 2008-2009, un cadeau des Etats-Unis à l’ensemble du monde, a essentiellement détruit durablement les constructions immobilières – quelques chantiers ont redémarré ici en 2017 seulement – cette crise économique qui ne fait que commencer, délibérément provoquée par la gestion moyenâgeuse et calamiteuse de la grippe coronavirale, va certainement être bien pire que tout ce que l’humanité a connu depuis la révolution industrielle, en tous les cas dans l’archipel des Canaries. D’ors et déjà la chute du PIB de la province sera pour cette année 2020 proche de 50 %. L’Espagne dans son ensemble subira l’impact des conséquences de cette grippe dont en particulier les Baléares et les Canaries.

Cette grippe à peine plus mortelle que les autres grippes saisonnières révèle la nullité des politiciens, entourés de courtisans pompeusement appelés « experts » grassement rémunérés avec les impôts des contribuables pour étaler leur total manque de compétence, car opter pour un confinement généralisé constitue la preuve manifeste de cette incompétence. Elle révèle également l’incapacité totale de ces mêmes politiciens à calculer les conséquences de leurs décisions. Pour minimiser leurs erreurs ces politiciens comptabilisent dans le nombre de décès « par coronavirus » toutes sortes d’autres causes de décès – y compris l’abus de bière « Corona » – afin de pouvoir déclarer à la télévision : « si on n’avait rien fait la situation aurait été pire » … On peut se permettre d’en douter.

Demain sera un autre jour plus sombre qu’hier.

En France les écolos déconfinés ont repris les manettes pour le pire.

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La peur coronavirale s’estompant le monde politique enchaine immédiatement avec la peur du réchauffement du climat. En effet, il faut continuer à battre le fer avant qu’il ne refroidisse même si ça sent un peu le réchauffé … Durant cette épidémie le gouvernement français, en dépit de son indigence totale, a publié toute une série de décrets dont celui planifiant la fermeture des centrales nucléaires « les plus vieilles » dans le mépris le plus total des principes économiques de base. Il est vrai que la France est gouvernée par un ex-employé de banque, ceci explique cela. On a vu resurgir le Hulot. J’insiste auprès de mes lecteurs fidèles que je n’ai pas daigné écouter la diarrhée verbale de ce pantin (cf. mon dernier billet à ce sujet pour le lien) que des millions de Français décérébrés par la propagande médiatique admirent tout autant que la petite Greta, c’est-à-dire sans aucune rationalité. Mais ce qui se passe en ce moment dans les coulisses gouvernementales est très préoccupant.

Selon le Times de Londres le nouveau plan français pour sauver le climat arrive à point nommé pour calmer les gilets jaunes en mettant en avant des mesures radicalement écologistes. Les gilets jaunes, c’est-à-dire la grande majorité de la population, vont-ils abonder dans le sens des décisions du gouvernement français ? On retrouve les marques de l’amateurisme effarant des politiciens français si on se contente d’examiner les trois points principaux de ce plan :

Fermeture autoritaire de tous les centres commerciaux situés hors des villes pour favoriser la réouverture des petits commerces dans les centre-villes et les villages. Ça fera autant de voitures qui n’iront pas s’entasser dans les immenses parkings de ces dits centres commerciaux.

Interdiction à terme de tous les véhicules automobiles à combustion interne.

Interdiction pour les journaux papier, la radio et la télévision de publicité pour tout produit ou activité générant du CO2 et exigence d’un label sur tout produit de ce type posant une question très claire aux consommateurs : « Avez-vous vraiment besoin d’acheter ça ? »

Etc.

Fabriquer du papier hygiénique nécessite de l’énergie, devra-t-on s’en priver pour sauver le climat ?

Pouvoir produire un kilo de carottes il faut de l’énergie pour les engrais, le labourage et le transport, devra-t-on se priver de carottes ?

Alors que l’économie française est chancelante et que contrairement à ce qu’affirme le ministricule français de l’économie elle s’achemine vers une chute du PIB de plus de 20 % pour l’année 2020 et peut-être pire en 2021 est-il opportun de prendre de telles mesures à un moment aussi critique ?

Le groupe de réflexion gouvernemental se penche sur une totale réorganisation des circuits de production, envisage l’interdiction de la 5G sur le territoire français car cette technologie consomme 30 % d’énergie électrique supplémentaire que le système de télécom existant. Ce groupe de réflexion de couleur rouge-vert envisage d’interdire tout véhicule automobile émettant plus de 110 grammes de CO2 dès 2025 c’est-à-dire la très grande majorité des véhicules aujourd’hui, les gilets jaunes qui dépendent de leur voiture pour vivre apprécieront. Ce groupe de réflexion interministériel s’est adjoint la collaboration de 150 « citoyens » tirés au sort allant de collégiens de 15 ans, de personnels de santé, de conducteurs d’autobus ou de retraités de la SNCF. Tous ces éminents représentants de la démocratie à la Macron ont été pris en charge par des groupes d’experts leur exposant les problèmes pour le climat et l’environnement que posent par exemple la mode, les matières plastiques, les transports et l’isolation des logements …

Romane, 17 ans, lycéenne dans une petite ville de Bretagne, a été surprise de recevoir un texto lui informant qu’elle a été choisie parmi 300000 personnes au hasard. Fière d’avoir été l’élue elle a déclaré que « le changement climatique est une préoccupation centrale de notre génération et des générations futures ». Bel exemple d’un lavage de cerveau en profondeur de tous les collégiens et lycéens !

La vie continue en entretenant la peur quotidiennement : le résultat sera une aggravation de la situation économique. On ne peut que constater que les activistes écologistes n’ont jamais cessé d’imaginer toutes sortes de stratagèmes pour définitivement détruire l’économie française. Ce pays est foutu !

Source : The Times (Londres). Lire aussi :

https://www.contrepoints.org/2020/05/11/371217-le-monde-dapres-sera-un-monde-davant-en-pire

Biodégradation des matières plastiques (2) : le polyuréthane

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En ces temps d’angoisse existentielle coronavirale l’actualité semble réduite à sa plus simple expression si on s’amuse à ignorer tout ce qui est relatif à ce virus dont la gestion a été abordée avec une méthode moyenâgeuse dans certains pays. Mais les préoccupations environnementales restent présentes et ici je ne voudrais pas mentionner la fausse nouvelle d’une relation entre cette épidémie et le changement climatique, non ! Il s’agit de l’immense problème du recyclage des matières plastiques qui envahissent la planète, un recyclage raisonné qui évite l’incinération éventuellement toxique pour les êtres vivants ainsi que l’enfouissement, une solution pas satisfaisante non plus. Pour reprendre la rhétorique des écologistes il faut mettre au point un traitement « renouvelable » des matières plastiques, « sustainable » en anglais, la tarte à la crème des écolos. Le cinquième plus commun des polymères est le polyuréthane dont la production atteint près de 4 millions de tonnes chaque année.

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Le polyuréthane est un polymère cristallin de 4,4′-méthylène diphenyl diisocyanate et de toluène-2,4-diisocyanate avec du 4,4′-diisocyanate et du 2,4-diaminotoluène. Le polymère résultant est presque résistant à toute biodégradation en raison de sa structure cristalline. La dégradation de ce produit n’est alors possible que s’il existe un microorganisme capable d’excréter un enzyme qui va attaquer la structure cristalline mais encore faut-il que ce microorganisme ou un autre lui étant associé disposent de l’équipement enzymatique capable de dégrader dans sa cellule les petits oligomères produits par cette dégradation extracellulaire. Le problème est la toxicité et l’aspect carcinogénique des premiers produits de biodégradation du polyuréthane que sont le 4,4′-diaminophénylméthane et le 2,4-diaminotoluène.

En fouillant dans des décharges de produits en matière plastique proches de la ville de Leipzig en Allemagne des biologistes ont néanmoins découvert un Pseudomonas capable d’utiliser le 2,4-diaminotoluène comme seul substrat carboné et azoté dans un milieu de culture exclusivement minéral. Il s’agit de la souche Pseudomonas putida sp.TDA1. Le séquençage total du génome de cette bactérie a montré qu’il existait une série d’enzymes de la famille des dioxygénases impliqués dans le métabolisme des catécholamines et des

noyaux aromatiques.

On assiste avec ce travail (doi ci-dessous) à une adaptation de l’équipement enzymatique bactérien à des substrats d’origine artificielle. La prochaine étape consistera à sélectionner une souche de Pseudomonas présentant une croissance plus rapide pouvant être associée à un champignon excrétant les premiers enzymes de dégradation de l’édifice cristallin du polymère afin d’atteindre des rendements de dégradation satisfaisants. Mais le chemin à parcourir reste encore très long avant qu’il soit possible de transformer des millions de tonnes de polyuréthanes en biomasse. On peut rêver.

Source:https://doi.org/10.3389/fmicb.2020.00404

Illustrations : éponge de polyuréthane et réaction de polymérisation (Wikipedia).

Le grand cirque mondial va reprendre, comme avant mais en pire

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Éditorial du site investir.ch du 13 mai 2020 (lien en fin de billet)

Il était une fois

Il était une fois un pangolin et une chauve-souris qui, avec l’aide — affirment certains — de fourbes scientifiques, donnèrent naissance à un virus qui allait révolutionner le monde. Le virus mit la planète à l’arrêt, permettant aux gentils dauphins de revenir dans les canaux de Venise et à plein d’autres gentils animaux de reprendre possession de territoires confisqués de longue date par les méchants humains pollueurs.

La période de confinement permit surtout à chacun de se recentrer sur ses vraies valeurs, à savoir des macaronis, du papier hygiénique et Netflix. Ainsi s’enchainent les journées de douce quiétude bercées par le lent décompte des victimes et de leurs courbes exponentielles décroissant en harmonie vers le jour du grand déconfinement, le tout rythmé par de chaleureux applaudissements aux balcons, face au coucher de soleil (oui, mon lyrisme m’emporte quelque peu au-delà du scientifiquement raisonnable).

La grande utopie

Le voici donc enfin arrivé, ce premier jour d’une ère nouvelle. Fini les voyages en avion, la surconsommation, la malbouffe, la pollution. Oui, fini le pétrole qui ne vaut d’ailleurs plus rien. Tous à vélo ou en train électrique, en attendant que St-Elon nous dévoile les secrets de la téléportation quantique.

Fini la mondialisation qui a permis aux financiers de détruire la planète au nom des profits à court terme. Fini la mainmise des banques sur l’économie. Retour aux vraies valeurs et aux légumes bio de saison (et tant pis pour ceux qui n’aiment pas le chou et le céleri).

Bien entendu, il y aura des victimes. Héros sacrifiés économiquement au champ d’honneur en vue d’un monde meilleur. Qu’à cela ne tienne, nul ne sera laissé pour compte : revenu universel inconditionnel pour tous. Et en bitcoin, afin de se débarrasser en même temps de tous ces dangereux banquiers centraux! L’ancien monde ne se relèvera pas, la prise de conscience universelle nous ouvre les portes d’un avenir radieux. Utopistes de tous bords, le grand jour est enfin arrivé!

Reality check

Il serait faux, et totalement fou, d’affirmer que rien n’aura changé. Par contre la destruction du monde d’avant suivie de la reconstruction d’un nouveau monde utopique restera pour l’instant du ressort des studios hollywoodiens.

Ce que nous observerons, ce sont des tendances qui étaient déjà présentes avant la crise et qui ont trouvé un moment propice pour toucher un public plus large. Par exemple le télétravail, expérimenté par beaucoup d’entres nous par la force des choses, possède des avantages évidents pour nombre de personnes dès lors que les outils technologiques adaptés sont à disposition. Tendance qui n’avait point échappé aux investisseurs les plus sagaces, qui se sont empressés d’acheter le titre Zoom, sauf qu’ils ont confondu la société ayant créé leur logiciel de visioconférence préféré avec une small cap inconnue dont le cours s’est envolé au point que la Fed, peu désireuse de passer à des échelles de prix logarithmiques, a du intervenir promptement. Comme quoi, stupidité et cupidité sont bien de retour, mais en pire.

Et tant que nous sommes avec les petits investisseurs, revenons un instant sur la saga du pétrole. Aucun professionnel du secteur n’a jamais envisagé de “prix négatifs”. Ce qui s’est passé en avril avec le prix d’un contrat futur résulte du market timing parfait de petits investisseurs voyant dans les cours déprimés de l’or noir une opportunité historique de profiter d’une hausse qui surviendrait immanquablement dès le déconfinement annoncé. Manque de chance, le véhicule d’investissement choisi – le désormais célèbre ETF USO – n’ayant pas le droit de prendre livraison physique (obligatoire pour les contrats WTI) des barils à l’échéance des contrats devait absolument s’en débarrasser. Les professionnels du pétrole n’allaient pas laisser passer une telle occasion et ont accepté de “racheter” les contrats en faisant porter au vendeur les coûts de la réorganisation logistique, d’où au final un vendeur forcé qui paie l’acheteur afin de ne pas se retrouver dans une situation totalement illégale.

Reste que le prix du baril est effectivement bas pour l’instant, entre autres parce que 90% du trafic aérien est cloué au sol et que les citernes sont déjà bien remplies. Ce que nos chers utopistes n’ont pas compris, c’est qu’un pétrole peu cher n’encourage pas vraiment le développement d’énergies alternatives, souvent encore trop chères en comparaison. D’ailleurs les avions redécolleront bientôt en brulant du kérosène et les jeunes continueront à plébisciter les croisières, comme a déjà pu le constater l’opérateur Carnival Cruises qui a vu les réservations pour août 2020 atteindre le double de celles d’août 2019, époque à laquelle personne ne parlait encore de virus.

Les voitures majoritairement non électriques reviendront en nombre sur les routes, chacun préférant se confiner en sécurité dans sa voiture pour aller au MacDo plutôt que de risquer un contact rapproché avec le souffle d’un potentiel corona-vérolé dans les transports publics. La pollution urbaine sera donc présente comme avant, elle aussi, mais en pire.

Une autre chose que cette crise nous aura appris, c’est que l’on ne prête encore et toujours qu’aux très riches. Nombre de petits commerçants et entrepreneurs auront du mal à se relever de 2 ou 3 mois d’arrêt, ou leurs économies disparaitront pour que survive leur commerce ou entreprise. Idem pour des sociétés de taille plus importante mais pas too big to fail: arrêt des entrées de cash mais certains paiements ne peuvent être repoussés, à commencer par les remboursements d’un emprunt bancaire existant. A moins de l’octroi d’un prêt supplémentaire, elles seront techniquement en faillite suite au défaut de paiement. Malgré les garanties étatiques promises, les banques rechignent toujours à accorder de nouveaux crédits.

Tout ceci ne peut mener qu’à une seule chose : plus de chômage à court terme (on ne voit que ça, même si cela n’affole guère les marchés) et une précarisation de l’emploi à plus long terme. Cette tendance est également déjà présente depuis des décennies et ira en augmentant. La perte d’emplois plus ou moins qualifiés amène tôt ou tard les chômeurs à considérer une reconversion vers les secteurs qui recrutent. Je ne parle pas d’être data analyst ou développeur d’applications à la mode pour mobiles. Non, je parle du renforcement de l’économie de plateformes, comme Amazon ou Uber. Des emplois par définition mal payés. Ca aussi ce sera pire qu’avant.

Alors, serons-nous tous sauvés par le revenu universel inconditionnel ? Si jamais une initiative de ce genre devait voir le jour à grande échelle, ce serait probablement la fin de la classe moyenne. Ce revenu ne sera rien d’autre qu’un revenu de survie et, par son ampleur et ses effets probablement inflationnistes si assimilables à un QE perpétuel, réduira la valeur de l’argent. Riches et pauvres seront impactés mais seuls les riches détiennent du capital qui conservera sa valeur (1 Picasso = 2 villas = 20 voitures), alors que les moins riches n’ont que les revenus de leur travail qui représentera de moins en moins de pouvoir d’achat. L’écart croissant entre riches et pauvres existait aussi depuis un moment, maintenant ce sera pire.

Vers un nouveau populisme?

Evidemment, le tableau n’est pas très rose. Un changement d’ampleur, comme nous l’enseigne l’histoire, nécessiterait une révolution mais pour une multitude de raisons, il n’y aura pas de révolution.

Par contre, la situation actuelle est propice à l’émergence d’un nouveau populisme. Non pas basé sur les ethnies ou les religions (on a déjà), ni un nouveau racisme anti-chinois (économiquement impossible), ni a priori sur les classes sociales (Marx n’a plus la cote), ni sur l’écologie (ça coûte cher et Greta va passer de mode) mais basé sur la lutte des générations (quelle ironie pour les ex-soixante-huitards).

Il suffit de regarder une pyramide des âges pour comprendre la source d’un problème allant croissant: avec le vieillissement de la population dans les pays développés, les tranches d’âge ayant un emploi donc supportant le poids fiscal du système, sont minoritaires ou en passe de l’être vu l’évolution démographique. Moins de travail, lui-même moins bien rémunéré ,mais plus de prélèvements afin de financer les tranches d’âge plus âgées dépendant des prestations sociales (couvrant entre autres des frais croissants liés à la santé), sans oublier les plus jeunes qui – même s’ils ne votent pas – ne génèrent pas de revenus.

La majorité des plus âgés ne voteront pas contre leurs acquis (bien que…). Certains plus jeunes voudraient voir le système évoluer mais se heurtent à la démographie de l’électorat et à l’immobilisme des partis politiques traditionnels. Voici le véritable risque d’assister à l’éclosion d’une forme nouvelle de populisme qui – comme tous les populismes – joue sur des contrastes binaires (jeunes vs vieux), facilement compréhensibles par une catégorie de la population de moins en moins encline à la réflexion critique comme l’a démontré une étude publiée dans la prestigieuse American Economic Review.

Même s’il resterait beaucoup à dire, je m’arrêterai ici et laisserai à Michel Houellebecq le mot de la fin:

Un autre chiffre aura pris beaucoup d’importance en ces semaines, celui de l’âge des malades. Jusqu’à quand convient-il de les réanimer et de les soigner ? 70, 75, 80 ans ? Cela dépend, apparemment, de la région du monde où l’on vit ; mais jamais en tout cas on n’avait exprimé avec une aussi tranquille impudeur le fait que la vie de tous n’a pas la même valeur ; qu’à partir d’un certain âge (70, 75, 80 ans ?), c’est un peu comme si l’on était déjà mort.

Toutes ces tendances, je l’ai dit, existaient déjà avant le coronavirus ; elles n’ont fait que se manifester avec une évidence nouvelle. Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire.” (France Inter, Lettres d’intérieur, 4 mai 2020).

source : https://www.investir.ch/2020/05/le-grand-cirque-mondial-va-reprendre-comme-avant-mais-en-pire/

Retraitement « bio » des déchets de matières plastiques (1)

Ce n’est pas mon but d’abonder dans le sens Gunter Pauli (lien en fin de billet) quand il affirme qu’un jour ou l’autre on arrivera à recycler tous les déchets que l’économie moderne génère ni approuver le fait que la société Apple s’est lancée pour la bonne cause, surtout la sienne, en rachetant toutes les décharges de par le monde où sont entreposés des déchets électroniques pour éventuellement les recycler un jour, non, ce n’est pas l’objet des deux prochains billets dont voici la première partie.

Il s’agit pour l’instant de science, de biologie très sophistiquée à l’état brut, en attendant des applications industrielles à grande échelle du recyclage « biologique » des matières plastiques dont la production annuelle atteint des centaines de millions de tonnes sans aucune alternative valorisante autre que l’incinération pour produire de l’électricité. Le petit Nicolas, fameux laryngophoniste, imposteur adulé par tous les Français, ne peut pas comprendre le moindre mot de l’un ou l’autre des articles parus dans la revue « Frontiers in Microbiology » du 13 février 2020 faisant état de l’avancement du traitement enzymatique et/ou microbiologique des divers déchets « plastiques » produit de par le monde. Cet illustre hélicoptériste s’est contenté d’émettre le concept fumeux d’économie circulaire, une vue de l’esprit totalement inapplicable à l’échelle de centaines de millions de tonnes de déchets. Tiens, il est sorti de sa grotte infestée de milliers de chauve-souris celui-là … Il doit y avoir une opportunité vert-rouge à saisir !

Des biologistes de l’Université de Düsseldorf en Allemagne se sont attaqué de manière raisonnée et pragmatique la dégradation du polyéthylène-téréphtalate (PET), le polyester constituant des bouteilles à usage unique et des films alimentaires. Ils ont identifié la présence d’une activité dite cutinase ou polyestérase qui hydrolyse les polymères comportant des liaisons ester dans une bactérie marine appelée Pseudomonas aestusnigri. Faisant une recherche dans les banques de données génomiques le gène de l’enzyme en question a été identifié par analogie de séquences. Il a été isolé et inséré dans l’ADN de la bactérie E. coli puis produit en grandes quantités afin d’être cristallisé pour pouvoir procéder à une étude fine de sa structure.

Ce travail fastidieux et complexe n’a pas été entrepris par curiosité scientifique mais dans le but de procéder à une amélioration de l’activité d’hydrolyse. Connaissant très précisément la structure du site actif de cet enzyme l’équipe de Düsseldorf a alors procédé à une mutagenèse dirigée vers quelques bases de l’ADN du gène pour modifier ce site actif au niveau de quelques amino-acides seulement afin d’obtenir un enzyme montrant une activité satisfaisante pour envisager dans un futur encore indéterminé le traitement du PET par voie strictement enzymatique. Le problème à résoudre avec ce type d’activité enzymatique réside dans le fait que la molécule qui doit être attaquée est un polymère. Il faut donc que le site actif de l’enzyme dans lequel est introduite une molécule d’eau pour casser la liaison ester soit suffisamment ouvert sinon l’hydrolyse de cette liaison ne pourra pas être efficace.

Connaissant la structure tridimensionnelle de la protéine enzymatique diverses mutations ont permis cette amélioration de l’activité, des mutations pas nécessairement au niveau du site actif rendant en quelque sorte la protéine « plus souple ».

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Ces remarques sont illustrées par la figure ci-dessus qui est une modélisation du site actif de l’enzyme tel que déduit de la structure obtenue par diffraction de rayons X. En bleu (A) figure l’enzyme natif et la flèche indique la position de la sérine-171 (cent-soixante-et-onzième aminoacide de la séquence de la protéine). La figure C montre la même sérine active dans le site de l’enzyme modifié. Le site actif comprend trois aminoacides, la sérine-171, l’acide aspartique-106 et l’histidine-249. Ont été superposés les oligomères d’éthylène téréphtalate utilisé comme substrat lors de cette étude. La figure F montre l’agencement probable de trois unités de cet oligomère. On remarque que le site actif est bien plus béant (Figure C) avec l’enzyme modifié que celui de l’enzyme natif (A).

Il reste à montrer la faisabilité industrielle de la « digestion » du PET dans un fermenteur avec cet enzyme produit en quantités massives comme le sont aujourd’hui toutes sortes d’enzymes pour des applications aussi variées que les lessives, la synthèse chimique, l’industrie agro-alimentaire ou le traitement des fibres textiles.

Source : https://doi.org/10.3389/fmicb.2020.00114

Et pour les amateurs de Gunter Pauli :

https://www.youtube.com/watch?v=OVd8YOFvVtc

et de Hulot : https://www.youtube.com/watch?v=J0-U1Z8SssM