Chronique cinématographique : « Regain » de Marcel Pagnol (1939)

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Je ne suis pas abonné à Netflix, je n’ai aucun abonnement télévisuel alors que je pourrais regarder 5 ou 600 chaines de télévision du monde entier, alors je me contente des regarder à nouveau naturellement l’un des quelques 3000 films que j’ai téléchargé quand cela était encore possible et soigneusement stockés dans des disques durs. Hier soir je me suis offert un plaisir jamais terni par la mémoire : regarder à nouveau le fabuleux film de Marcel Pagnol « Regain » inspiré du roman éponyme de Jean Giono. Ce film ne connut pas le succès qu’il aurait mérité car il parut sur les écrans français en octobre 1939.

Revoir ce film aujourd’hui, en ces moments troublés provoqués par un effondrement économique et sociétal catastrophique sciemment provoqué par des politiciens vendus à la grande finance internationale, a ravivé dans ma mémoire de très vieux souvenirs d’enfance comme par exemple quand le paysan du hameau où je suis né venait labourer le verger que mon père avait fait planter par un pépiniériste avec son cheval. Les tracteurs n’existaient pas encore et le blé était par contre battu avec une batteuse mécanique propulsée avec une machine à vapeur. Il s’agit là d’un des premiers souvenirs de ma tendre enfance. Dans le village abandonné d’Aubignane, Arsule (Orane Demazis), une fille de l’assistance publique et esclave du rémouleur Gédémus (Fernandel) fait revivre ce village abandonné avec Panturle (Gabriel Gabrio), le dernier habitant du village, un peu bourru et vivant de braconnage.

Ils cultiveront du blé et auront de nombreux enfants … Combien de citadins seraient prêts à retourner dans les campagnes abandonnées et délaissées pour y cultiver la terre quand la vie dans les villes va devenir difficile, coûteuse et dangereuse, avec cette crise économique qui se profile ? J’aurais 30 ans de moins c’est ce que je ferais tout de suite !

Illustration : capture d’écran quand Arsule apprend qu’elle attend un heureux événement à son compagnon Panturle durant le premier semis de blé d’hiver.

6 réflexions au sujet de « Chronique cinématographique : « Regain » de Marcel Pagnol (1939) »

  1. Beaucoup d’urbains se prennent à rêver de retour à la terre. Beaucoup d’entre nous ont des parents, grands parents, arrières grands parents agriculteurs. Mais progressivement les agriculteurs les plus efficaces, mais aussi les plus malins ont mis la main sur le territoire en tenant entre « frères » les conseils municipaux, les départements, le Crédit Agricole. Ils ont exclu de la campagne tous les petits bordages pour avoir de grands espaces pour leurs céréales et leurs champs de maïs. Ils ont massacré les paysages et leur diversité. Ils ont entassé les « exodés » dans des lotissements sans espace donc sans jardin potager et sans verger. Pour faire bonne mesure il est impossible à un urbain d’acheter et d’exploiter un terrain classé « non constructible ».

    • Bonjour, je fus citadin jusqu’en 2013, j’ai pu acheté une ferme en auvergne. Même si la safer ne m’a pas aidée j’ai réussi. Depuis, j’ai acheté une ferme en bretagne et la, cela s’est fait tout seul. Il y a des fermes en creuse, limousin, dordogne, ardèche, cantal, Bretagne à acheter pour des sommes ne dépassant pas le prix d’un studio parisien et tout cela avec beaucoup d’hectares. Et pour ceux qui peuvent se rappeler, la terre est basse, même très basse, les éléments pas toujours avec vous, les erreurs de débutant ne pardonnent pas mais jusqu’à maintenant, quand les personnes autour de vous vous voient travailler ils vous aident. Il faut aussi se dire que le salaire n’est pas un smic sur ces surfaces. Chacun choisit ses chaines. cdt

      • Merci pour ce commentaire rassurant, donc tout n’est pas définitivement perdu : il y a peut-être dans la belle France profonde des centaines de milliers d’hectares de bonne terre qui ne demandent qu’à être à nouveau exploités. J’adore Tokyo, une bourgade de 13 millions d’habitants fusionnée dans une conurbation de 38 millions de personnes, et pourtant dans les banlieues résidentielles, les résidents cultivent un petit lopin de terre. Cet attachement à la terre nourricière est inscrit dans nos gènes et agir contre cela ne peut que créer des déséquilibres. Je vais réfléchir sur cette idée et peut-être écrire un billet pour exposer mes pressentiments à ce sujet … Merci pour votre commentaire !

      • Bonjour JacquesHenry, si vous le souhaitez et que vous écrivez sur ce sujet je peux peut-être vous donnez des infos quant aux pratiques de la safer (uniquement des faits) ainsi que des nouveaux ruraux ecolos de la dernière heure surfant sur la vague de la bienveillance, du Végan, de la formation pour changer leur monde mais pas changer celui dans lequel nous vivons. Sans tirer plus sur ceux-ci, ils essaient de faire, emberlificotés dans leur nouvelle croyance! Sinon au plaisir de vous lire. cdt. didier
        Ps: excusez moi pour les fautes lors du premier message.

  2. Nombreux sont les jardins potagers transformés en pelouses, nombreux sont les jardins ouvriers à proximité des grandes villes en friche. Il n’est pas nécessaire de culpabiliser les agriculteurs pour s’interroger sur le réel rêve des urbains d’un retour à la terre.
    Quant aux paysages massacrés, c’est un point de vue que je ne partage pas et je vous invite à réfléchir sur la façon dont la France et l’UE peuvent retrouver leur autonomie alimentaire sans amélioration de la productivité de l’agriculture, sans même considérer les conséquences de l’agriculture Bio chère aux citadins.

  3. Quand il y a 100 ou 200 m2 disponibles c’est dur de cultiver un bout de ‘jardin !
    Vous devez être bien loin des villes pour avoir vu des jardins peu exploités. Les petits jardins des villes que je connais sont très bien entretenus et rentables…
    C’ est sûr que l’appropriation des terres rurales n’est pas prêt de s’arrêter, j’ai rarement vu un paysan céder sa terre, à la campagne on dit que la terre « s’achète mais ne vend pas »… On a rétabli les deigneurs du Moyen Âge., sans serfs, ils sont en usine à fabriquer des grosses machines.

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