Nouvelles du Japon : la course pour l’énergie … « carbonée »

Capture d’écran 2020-02-06 à 10.09.34.png

Alors qu’en Grande-Bretagne le monde politique a décidé de détruire à l’horizon 2035 l’économie du pays en bannissant les véhicules automobiles à combustion interne et toutes les centrales électriques utilisant du charbon tels des lemmings se précipitant dans la mer du sommet d’une falaise, le Japon a décidé de construire 22 nouvelles centrales électriques utilisant du charbon. Le New York Times s’en est ému dans un article choc qui frise la sensiblerie. Le journaliste du NYT s’est rendu chez Madame Satsuki Kanno à Yokosuka, préfecture de Kanagawa, au sud de Yokohama au bord de la baie de Tokyo pour entendre ses doléances. Cette dame habite à quelques pas d’un site où deux centrales électriques brûlant du charbon sont en cours de construction.

Le Japon n’a pas d’autre choix que d’utiliser du charbon qui provient directement d’Australie à bas coût pour produire l’électricité dont son industrie et sa population ont besoin puisque la remise en route des réacteurs nucléaires tarde pour des raisons de politique locale, le gouvernement japonais ayant magnifiquement oeuvré pour discréditer cette source d’énergie auprès des populations à la suite de la très mauvaise gestion de l’accident de Fukushima-Daiichi, l’histoire rocambolesque de l’eau tritiée en étant le dernier avatar.

Vingt deux nouvelles centrales à charbon sont en cours de construction sur 17 sites différents, de quoi, à terme, émettre autant de CO2 que toutes les voitures neuves vendues chaque année aux Etats-Unis. Cette comparaison pourtant utilisée par le NYT en dit long sur le gigantesque volume d’émissions de ce gaz supposé aggraver les conditions climatiques de la Terre par les seuls Etats-Unis. Et le NYT d’en rajouter une couche dans son dénigrement de la politique énergétique japonaise en rappelant que les Jeux Olympique de cet été 2020 à Tokyo seront supposés être les « plus verts » qu’ils puissent avoir été.

Le Japon a donc fait un choix clair. La population ne veut pas dénaturer les admirables paysage du pays avec des moulins à vent géants, coûteux et d’une efficacité qui n’est pas prouvée. Le Ministère de l’industrie japonais a en outre pris en considération le fait que ce type d’énergie renouvelable n’est pas adapté au pays en raison de la fréquence des typhons qui réduiraient à un tas de ferraille n’importe quel moulin à vent. Et il en est de même pour les tremblements de terre …

Il ne reste donc que le charbon, combustible peu onéreux qui produit déjà 40 % de toute l’énergie électrique du pays avec parfois de vieilles installations qui devront elles-aussi être remplacées dans les années à venir.

Source : New York Times

4 réflexions au sujet de « Nouvelles du Japon : la course pour l’énergie … « carbonée » »

  1. Pour être (plus ?) « politiquement correct », les japonais auraient du choisir des centrales à gza, moins émettrices du satanique gaz de la vie (végétale), mais je suppose que l’approvisionnement en est moins facile que celui du charbon ?

    • C’est une simple question de coût. Le charbon est infiniment moins cher que le LNG. Il y a dans la baie de Tokyo en permanence trois ou quatre gros navires de LNG qui dépensent de l’énergie pour reliquéfier le méthane en attendant de livrer leur cargaison. Pour le charbon tout est automatisé et en 48 h le navire est vidé de ses 180000 tonnes et repart en direction de l’Australie pour être rechargé.

  2. « Le Japon a donc fait un choix clair. La population ne veut pas dénaturer les admirables paysage du pays avec des moulins à vent géants, coûteux et d’une efficacité qui n’est pas prouvée.  »

    Après les moulins, il faut faire des lignes hautes tensions, et de toute façon, il faut couvrir les interruptions de vent. Et comme l’île ne peut compter que sur elle même, elle devra passer par des centrales thermiques en définitive.

    Je suis sûr que l’exemple chinois ne doit pas les pousser à être vertueux, et il doit être plus rentable de fournir d’abord les « clients européens si faciles »…

    • Pour ce qui concerne l’Europe la situation est moins claire que celle du Japon. Les USA font du forcing pour que l’Europe achète le gaz de schiste américain. Mais il reste encore des gens lucides dans les hautes sphères gouvernementales (heureusement même si ils se font de plus en plus rares) pour comprendre que le gaz de schiste américain ne durera qu’une vingtaine d’années au mieux et je suis optimiste. C’est ainsi que les USA veulent pénaliser les entreprises européennes qui collaborent dans le projet NordStream 2. Mais dans moins de 10 ans la donne sera différente et les Allemands l’ont bien compris. Il y a du gaz en Russie pour les 80 années à venir, ça laisse rêveur.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s