Imagerie fonctionnelle par résonance magnétique et interactions sociales

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L’effet sur l’activité cérébrale des interactions sociales est difficile à étudier directement. En général ces interactions sont étudiées indirectement en présentant par exemple des photos au sujet lorsque ce dernier est soumis à une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Toutes les études réalisées à ce jour souffrent donc de ce manque de connexion directe entre deux personnes puisque le sujet étudié n’est qu’un spectateur et non un acteur. Il est en effet difficile d’étudier l’état de fonctionnement du cerveau sans un contact direct, physique, entre deux personnes interagissant activement durant l’étude par imagerie fonctionnelle. Cet écueil a été résolu en construisant un appareil de résonance magnétique nucléaire suffisamment grand pour que deux personnes puissent être simultanément soumises à l’étude.

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L’imagerie fonctionnelle consiste à suivre l’évolution de la consommation d’oxygène, en d’autres termes l’accroissement du métabolisme, dans certaines régions du cerveau, au cours de l’étude, ce qui se traduit par une accélération du flux sanguin que va détecter l’appareil d’imagerie. L’approche précédente avait consisté à placer chaque sujet dans un appareil IRM, un système de vidéo et de sonorisation permettant aux deux sujets d’interagir. Il manquait cependant le contact direct, c’est-à-dire une situation proche de la réalité, un appareil spécial d’un diamètre suffisant pour accueillir deux personnes se faisant face simultanément. La tête de chaque sujet est placée dans un bouclier comportant le bobinage entourant le crâne permettant le découplage du volume cérébral pour l’étude de l’hémodynamique de chaque cerveau au cours de l’interaction directe. Les sujets ont été choisi parmi des étudiants de l’Université de Turku en Finlande d’un âge moyen de 23 ans vivant une relation amoureuse, 7 couples hétérosexuels et 3 couples de femmes homosexuelles. Ce choix a permis d’étudier l’hémodynamique cérébrale directement au cours d’une interaction physique réelle.

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Au cours de l’étude l’expérimentateur donnait l’ordre au deux sujets se trouvant visage contre visage d’avoir un contact physique direct pendant 30 secondes puis de rester sans contact pendant les 30 secondes suivantes, etc, … Durant chaque séquence l’une des deux personnes était « active » mais devait minimiser ses mouvements afin de ne pas perturber le champ magnétique. Les deux sujets devaient garder les yeux ouverts le battement des cils étant autorisé.

La figure ci-dessus illustre un résultat global concernant les deux sujets à qui était donné l’ordre oral d’entrer en contact physique pendant 30 secondes puis de cesser ce contact durant les 30 secondes suivantes, etc … Les composants indépendants des réponses au niveau des cortex (IC) varient selon l’ordre vocal (IC2) ou la phase de contact autorisée par l’opérateur (IC1). Le signal normalisé de la consommation d’oxygène n’est pas superposable pour ces deux situations et les zones du cortex impliquées sont également différentes. Dans le cas du contact physique (baiser léger tel qu’aucun mouvement notoire ne puisse perturber le champ magnétique) deux zones sont particulièrement actives, l’une au niveau du cortex somato-sensoriel et l’autre au niveau du cortex moteur. Par contre la stimulation vocale de l’opérateur se répercute vers les zones bilatérales du cortex auditif. Le dispositif du casque ne permettant pas de détecter en détail les changements intervenant au niveau du cortex préfrontal ces informations ont été partiellement perdues.

L’étape suivante consistera à mettre en œuvre un casque couvrant le front mais de telle manière que les deux sujets puissent échanger leurs regards et être en contact si possible labial. Les résultats de cette étude sont déjà fascinants et ont conduit l’Union européenne à encourager ces travaux par une aide financière substantielle.

Source et illustrations : http://dx.doi.org/10.1101/861252

Une réflexion au sujet de « Imagerie fonctionnelle par résonance magnétique et interactions sociales »

  1. « Les résultats de cette étude sont déjà fascinants et … »
    Voila un mot (fascinant) qui me rend sceptique. Ne s’agit-il pas plutôt de justifier le coût de l’expérience pour des résultats attendus (l’excitation évidente des couples par rapport aux solitaires) ou espérés vainement (un sixième sens ? , une réaction physiologique inconnue par un contact ou un transfert quelconque ?).

    J’ai peur qu’on aille nous sortir à la fin des études de genre orientées et non reproductibles.

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