En France où passe tout ce pognon de fou ?

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J’ai noté sur un bout de papier diverses données relatives au budget de l’Etat français dont le poids représente 56 % du produit national brut, une notion contestable mais qui néanmoins donne une image de la réalité. Pendant des années, depuis le septennat de Giscard, ce sont les petits arrangements entre amis politiques qui se sont surajouté les uns après les autres pour former un système kafkaïen de passe-droit, d’avantages fiscaux, de facilités variées pour laisser circuler librement les capitaux, c’est du moins ce qu’affirmaient les politiciens. Simultanément la complexification du code du travail a figé la créativité des entrepreneurs et, ajoutant à ce code d’une complexité telle qu’aucun autre pays dans le monde oserait s’en inspirer, les mesures fiscales imposées aux entreprises découragent plus d’un citoyen de laisser libre cours à ses projets d’entrepreneur. L’ensemble de ces lois et décrets a conduit l’Etat français au bord du gouffre.

La dette de la France, toutes dettes confondues, hors dettes privées, des entreprises et des personnes physiques, mais incluant les dettes des entreprises publiques, des hôpitaux et des collectivités locales atteint 3,5 fois le montant du PIB : encore plus que celle du Japon, pays tant critiqué par de nombreux analystes économiques pour sa gestion. Peu de ces analystes dénoncent le montant monstrueux de la dette de l’Etat français. Et pourtant, tous ces petits arrangements de copinage accumulés avec les années qui devraient faire l’objet d’un audit détaillé et impartial montrent que les quelques centaines de niches fiscales organisées pour favoriser les uns ou les autres représentent un manque à gagner pour l’Etat français de 200 milliards d’euro chaque année. La corruption, le plus souvent organisée par les politiciens eux-mêmes, représente également 200 milliards perdus chaque année. Ce poste comprend les arrangements consentis par le ministère des finances pour les plus riches afin qu’ils protègent au mieux leur patrimoine considérant qu’ils sont utiles pour l’économie française, ce qui conduit tout naturellement à des évasions fiscales massives. Bref, il s’agit d’une collusion entre le monde politique et le monde financier puisque c’est ce dernier qui dirige le pays et non pas les élus.

À tous ces manques à gagner pour l’Etat il est également intéressant de se pencher sur les postes de dépense extravagants. La « politique de la famille » coûte globalement à l’Etat 300 milliards d’euros par an si on prend en compte les allocations familiales, les réductions d’impôt selon le nombre d’enfants, les allocations variées de rentrée scolaire ainsi que la prise en charge des visites prénatales et post-natales, sans oublier les congés accordés aux mères en partie à la charge de l’Etat. Le chiffre de 300 milliards est une estimation haute qui peut être contestée puisque les estimations varient entre 75 et 300 milliards. J’ai tout noté depuis plus d’un mois ! Et pourtant … le taux de natalité en France diminue régulièrement pour ne plus assurer le renouvellement de la population. Si on entre dans le détail il faut reconnaître que pour les Français « de souche » le taux de natalité est à peine de 1,4 enfant par femme féconde et le taux de natalité global de la France reste enviable pour des pays comme l’Espagne, l’Italie ou encore l’Allemagne car dans la population immigrée ancienne ou récente ce taux est très supérieur à 1,4 enfant par femme. En effet, avoir des enfants, beaucoup d’enfants, correspond en Afrique, du Maghreb au sud du Sahel à un capital, et en France à une rente : les immigrés d’Afrique ont importé leur concept de capital humain que représentait dans leur pays d’origine le fait d’avoir beaucoup d’enfants, plus de 4 par couple. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais une des sources citées en fin de billet.

Et pour ne pas être en reste il faut ajouter deux postes à ce manque à gagner qui se monte déjà à plus de 200 milliards par an (on ne peut pas tout supprimer) : le coût de fonctionnement global de ce monde politique qui s’élève à 15 milliards par an, vous avez bien lu. Deux petits détails : le seul fonctionnement du Sénat coûte aux contribuables 1 milliard d’euros par an et celui de l’Elysée, il y a moins de rentiers à l’Elysée qu’au Sénat, seulement 105 millions d’euros par an ! Pour aggraver la situation l’administration, je n’ose pas dire toute l’administration mais seulement celle de la santé, accepte les yeux fermés ou sur ordre du gouvernement de laisser passer une fraude sur les retraites ou les soins de santé, fraude qui coûte aux contribuables 15 milliards d’euros par an. Au bas mot si le gouvernement acceptait qu’un bureau d’audit privé passe en revue l’ensemble des dépenses de l’Etat, un premier jet d’une telle intervention d’audit, si elle était prise en considération, ce qu’elle ne fait jamais avec les rapports de la Cour des Comptes, permettrait instantanément d’économiser au moins 430 milliards d’euros.

À ces économies l’audit des comptes publics qui est réclamé par un nombre croissant de citoyens pourrait se pencher sur les subventions accordées généreusement par l’Etat aux « associations à but non lucratif type loi de 1901 ». La grande majorité de ces associations est inutile voire néfaste. Mais encore une fois les lois sont ainsi faites pour encourager une autre forme de corruption légale car un grand nombre de ces associations représente un levier pour l’action des politiciens. Les estimations du montant des aides de l’Etat aux associations sont très vagues puisque certains analystes mentionnent seulement 10 milliards d’euros et d’autres jusqu’à 50 milliards par an. Quel est le montant exact des aides de l’Etat aux partis politiques et aux syndicats ? Nul ne le sait car il s’agit pour les premières de copinages sordides décidés depuis longtemps par ce même monde politique et pour les syndicats il s’agit d’acheter la paix sociale, on peut légitimement s’étonner.

Il y a donc des « mines » d’économies parfaitement exploitables pour équilibrer le budget de l’Etat qui ainsi pourra commencer à rembourser ses dettes plutôt que de léguer ce fardeau à nos petits-enfants. De plus toutes les « économies » réalisables – demain matin – permettraient de réduire substantiellement les impôts et autres taxes ou contributions car l’Etat français dans sa frénésie de taxations diverses ne fait qu’accélérer la paupérisation du petit peuple. Enfin, comme une cerise sur ce gâteau fiscal et tout ce pognon fou dépensé outrageusement, il ne faut pas oublier les taxes sur les carburants, l’électricité et le gaz qui ne servent qu’à défigurer la campagne française profonde avec d’énormes moulins à vent qui ne servent à rien. Ce sont des impôts déguisés en « contribution pour le sauvetage du climat ». On ne peut qu’être admiratif devant cette créativité à double sens des services financiers français. Mais si cette situation perdure il est certain que ça ne pourra que très mal se terminer …

Sources : par ordre alphabétique Patrick Artus, Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Charles Gave, Jacques Sapir, Eric Zemmour, et bien d’autres analystes qui, raisonnablement, ne peuvent être taxés ni d’extrême gauche ni d’extrême droite.

Illustration. Fondation d’une éolienne dans la campagne française, voilà où passe par exemple tout de pognon fou …

12 réflexions au sujet de « En France où passe tout ce pognon de fou ? »

  1. L’herbe n’est pas plus verte chez le voisin.
    Dans tous les pays on retrouve le même genre d’inepties, incohérences, stupidités, inepties, copinages et autres billevesées qu’en France. Chaque pays a ses forces et ses faiblesses.
    La France fut grande et fut un modèle. Ce n’est hélas plus le cas !

    • La fRance est le pays de l’OCDE a la fiscalité la plus lourde. Nous sommes aussi dans le peloton de dette pour la dette publique. Le tout dans une ambiance de guerre civile larvée.
      Il y a de fortes chances de trouver l’herbe plus verte ailleurs, à moins bien sûr d’aller se comparer à des pays sous développés.

  2. « l’Etat français dans sa frénésie de taxations diverses »
    Un inventaire « à la Prévert » (en plus douloureux pour les contribuables) :
    https://www.contrepoints.org/2019/10/06/331489-combien-de-taxes-en-france
    Une remarque… sauf erreur de ma part :
    La CSPE (Contribution au Service Public d’Électricité) est elle-même soumise une TVA à 20 % !
    Taxer une taxe !
    Z’ont même pas honte aux Finances publiques françaises… 😈

    • Au Canada et aux États-Unis aussi il y a des taxes sur les taxes à cause des sempiternels chevauchements entre juridiction de l’état fédéral (ou confédéral) et juridiction des états (ou provinces).

  3. Que signifie le manque à gagner de 200 milliards baptisé « fraude fiscale » par JL Mélanchon et les gauchistes ?
    Plus la pression fiscale est forte et complexe, plus il y a des dérogations, niches fiscales et optimisations.
    Mais si ces 200 Mds rentraient dans les caisses de l’état nous en serions à quel pourcentage de prélèvement ?
    Cela n’a aucun sens, autant décréter tout de suite un régime communiste et comme cela la chute sera beaucoup plus raide.

    • Si Jean-Luc Mélenchon est communiste alors moi je suis curé.
      Je dirais même mieux, si Louise Michelle revenait à la vie elle le traiterait de versaillais.
      Il vocifère, ce cher homme, mais c’est tout ce qu’il sait faire, sauf de voter oui à chaque loi quand il était député européen.
      Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas, le parti communisme d’aujourd’hui n’est qu’évanescence et en rien un parti révolutionnaire, quand à la France insoumise elle ne l’est que de nom.
      A chaque fois que j’entends parler de gauche à leur sujet, je rigole, quand à la droite et son pseudo-extrémisme du RN, c’est la même chose.
      Il s’agit d’un effondrement politique et idéologique et de vous lire ne fait que me le confirmer.
      Je vous conseillerais de compulser quelques manuels d’histoire, cela vous ferait du bien.
      J’aime bien réveiller les gens de leurs rêveries.

      • Hé bien oui consultons l’histoire, le vrai communisme c’est 130 millions de morts et la ruine sociale,économique et culturelle de tous les pays qui ont tenté cette idéologie désastreuse, où seules les élites dirigeantes tirent honteusement leur épingle du jeu. Ouvrez les yeux et regardez, il reste encore quelques spécimen sur la planète.

    • Vous m’avez visiblement mal lu, cher Guy, je ne parlais pas de ça mais du fait que ce que vous racontez n’a rien à voir avec la réalité.
      Cessez de butter en touche s’il vous plait!
      Acceptez le fait que le monde à changé.

  4. Le problème qui se pose réellement c’est qu’est allègrement confondu le fait que ce n’est pas l’économie qui déterminerait la politique mais que c’est bien la politique qui devrait déterminer l’économie.
    L’autre problème auquel nous nous confrontons c’est que la notion d’industrie, d’agriculture et minière n’est que peu évoqué au profit du monétaire.
    Or ,ce n’est pas la monnaie qui fonde une richesse, que ce soit celle d’une nation ou de la population,, qui ne reste que seulement potentielle tant qu’elle pas utilisée pour un achat quelconque, mais bien la création de biens manufacturés et de nourriture puis de leur vente.
    Vous remarquerez que les personnalités que vous nommez, que j’apprécie également, ne font que rarement cas de ces faits qui, à mon sens, sont majeur et se devraient d’être au cœur de nos débats.
    Le troisième sujet qu’il nous faudrait aborder pour compléter votre récit, lui aussi souffrant d’un omerta plus ou moins importante, c’est l’appartenance de la France à l’Union-Européenne et nos liens indéfectibles avec ses traités qui stipulent, entre-autre, la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux et dès lors de leur fuite, mais aussi à l’euro avec tous ses effets néfastes.
    Enfin en cette liste rapide des causes premières de la faillite des états de l’union et, donc, de notre pays, notons aussi une idéologie dite néolibérale spécifiant des béances frontalières qui mènent à ce que le statut des plus pauvres des pays les plus riches rejoint celui des plus pauvre des pays les plus pauvres, ceci par un ensemble de mécanisme conduisant à la concurrence entre la France et la Slovaquie par exemple.
    De ces questions hautement politiques, viennent s’y rajouter d’autres, historiques celles-là, qui sont, il est vrai,souvent dénaturés pour des motifs oiseux.
    La loi de 1901 avait à son début de but d’autoriser les syndicats qui, jusqu’à là, étaient de fait interdits.
    Il est aisé de constater qu’autant la majorité des partis politiques et les idéologies qui les accompagnaient ne reflètent plus en rien quoi que ce soit, j’oserais dire que du PCF au RN il n’y a plus grande différence entre-eux à l’Assemblée Nationale.
    Autant les syndicats étaient, jusqu’à présent, dans une situation similaire, c’est pourquoi ce qu’il se passe actuellement est des plus surprenant, signalons que hormis SUD et.la CNT, le syndicat anarchiste, tous les autres sont payés par la CES par le biais de l’UE et qui paie commende..
    Par contre, c’était les allocations familiales, inventées dès l’après guerre de 1870, qui permettaient, jusqu’à présent, à ce que la France ait un renouvellement des générations satisfaisant, ce qui avait donné le mini babyboum des années 2 000, qui a progressivement pris fin dès lors que ces allocations baissèrent sous Sarkozy, baisse qui perdure aujourd’hui.

    En fait, nos problèmes proviennent autant de la décrépitude politique du pays, des traités unionistes, de l’idéologie néolibérale, tous trois empêchant le pays de rendre nos frontières semi-poreuses comme en Suisse, ce qui nous permettrait, déjà, de protéger nos productions et d’en réaliser d’autres.
    A ceci que l’on peut considérer comme rédhibitoire, il faut y rajouter la faillite bancaire quasi générale cachée, la perte quasiment absolue de valeur des monnaies composant l’euro, des dettes d’état dont il faudrait, pour commencer, à en étudier les raisons d’être avant tout autre audit, la privatisation de nos services publics qui nous coûte un fric de dingue, une oligarchie ploutocratique multimilliardaires aux tous pouvoirs faisant élire du n’importe qui, voire du n’importe quoi grâce à leur contrôle des médiats…
    Sachant de plus que ceux papiers leur appartiennent et qu’ils sont, eux aussi, subventionnés par l’état.

    Que je vous dise, cher Jacqueshenry, la question même des audits est maintenant dépassée puisque dès que cet ensemble décrit ci-dessus sera forclos il n’y aura plus d’autre choix que de reconstruire en notre beau pays, tout le tissus industriel, agricole ( la France ne peut même nourrir sa population) et minier, de revenir au franc et de recomposer un ensemble politique cohérent.
    Je vais vous dire un secret, mais ne le répétez à personne, l’Union-européenne est la pire saloperie politique qu’il puisse exister, peut-être égal au pacte de Varsovie.

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