Années 2010 : La décade scientifique prodigieuse en bien et en mal …

Les années 2010 ont été la décennie au cours de laquelle on nous a rappelé que la science n’est qu’une méthode qui peut être rigoureusement appliquée, mais aussi sabotée, surfaite, sous-estimée ou ignorée. Si vous ne le traitez pas avec respect, vous n’obtiendrez peut-être pas le résultat optimal, mais ce n’est pas la méthode scientifique qui en est la cause.

Les physiciens ont détecté des phénomènes qui avaient été prédits il y a des décennies – les ondes gravitationnelles prédites par Albert Einstein en 1915 lorsqu’il formula la théorie de la relativité générale, la particule du boson de Higgs prédite en 1964 – indiquant qu’ils étaient globalement sur la bonne voie dans leur compréhension du fonctionnement de l’univers. Les astronomes ont ajouté des détails impressionnants. Des sondes de la Nasa ont trouvé d’immenses montagnes de glace sur Pluton et des molécules organiques – l’étoffe de la vie – sur Mars et une lune de Saturne. Et qui pourrait oublier les exoplanètes – ces planètes en orbite autour d’étoiles lointaines ? Des milliers d’entre elles ont été découvertes au cours des 10 dernières années seulement. Pas étonnant que la science-fiction soit en plein essor alors que jamais, quels que soient les progrès de la science à venir, ces planètes ne pourront être atteintes et colonisées par l’homme. Enfin une image composite a fourni une idée de ce que pouvait être un trou noir puisque par nature il est impossible d’observer un tel objet cosmique car il n’émet pas de lumière.

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L’existence des trous noirs a été formulée par la théorie de la relativité générale que publia Einstein en 1915 et il fallut attendre les travaux de Georges Lemaître en 1933 pour comprendre l’existence de l’ « horizon » des trous noirs, frontière gravitationnelle au delà de laquelle aucun photon ne peut échapper. L’image du trou noir obtenue est en réalité celle des gaz attirés par le champ gravitationnel du trou noir et des émissions de photons par ces gaz chauffés par leur attraction vers le trou noir. Ce trou noir a une masse égale à 6,5 milliards de fois celle du Soleil et l’image a été obtenue par interférométrie à l’aide de 8 téléscopes répartis sur la Terre entière.

Les biologistes ne se sont pas reposé non plus. Ils ont perfectionné un mécanisme de défense découvert dans les bactéries, le CRISPR-Cas9, le transformant en un puissant outil d’édition de gènes qui fonctionne chez les plantes et les animaux, y compris les humains. Ils ont ajouté plusieurs nouveaux ancêtres à l’arbre généalogique humain – et découvert des traces fantomatiques d’autres hominidés encore inconnus et sans nom. Et le très vieil ADN a commencé à révéler ses secrets quand les chercheurs ont réussi à l’extraire d’anciens restes corporels et à le séquencer. Cela a ouvert une immense fenêtre sur le passé de notre espèce, révélant que chaque personne vivant aujourd’hui est le produit de migrations multiples et que les relations entre les différentes vagues de migration ont toujours été compliquées. Les Néandertaliens, par exemple, et les humains modernes se sont probablement rencontré à plusieurs reprises dans le passé, mais ils se sont aussi accouplé mélangeant ainsi leurs gènes dont nous sommes porteurs d’une partie aujourd’hui.

Mais cette décade passée est aussi celle au cours de laquelle la science a été réquisitionnée par toutes sortes de personnes ayant des visées politiques, sociales et économiques à promouvoir. Les anciens chercheurs spécialistes de l’ADN ont compris très tôt le potentiel de politisation de leurs découvertes récentes – la science des origines humaines l’a toujours été – mais ils n’étaient toujours pas en mesure de contrôler pleinement le message. Ainsi, nous avons appris qu’en Amérique des suprémacistes blancs se livraient à de sinistres soirées en servant à leurs convives des aliments contenant du lait, soi-disant pour détecter des personnes d’origine non européenne qui ne peuvent pas digérer le lactose. Le même type d’utilisation fallacieuse de la science a consisté pour certains nationalistes hindous à affirmer sans fondements scientifiques factuels que toutes les personnes utilisant un langage dit d’origine indo-européenne étaient originaires d’Inde Des paléoanthropologues associés à des chercheurs sur l’ADN ont été accusés de s’engager dans une «ruée vers les os» indigne et de manquer de respect aux restes indigènes.

Respecter les morts est une chose, respecter les vivants en est une autre. Le monde a été choqué quand, en 2018, le biophysicien chinois He Jiankui a annoncé qu’il avait utilisé l’outil CRISPR-Cas9 pour éditer les génomes de deux fillettes jumelles, les premiers humains nés avec un ADN édité qu’ils peuvent transmettre à leur descendance sans que ces biologistes aient obtenu l’autorisation formelle du comité d’éthique en charge de ce type d’expérimentation. Des préoccupations également d’ordre éthique ont été soulevées quant à savoir qui a le droit de savoir quoi sur les dossiers de santé privés alors que les tests génétiques deviennent courants, et sur le prix prohibitif des thérapies géniques après l’approbation de la première d’entre elles en 2012 – puis retirée du marché. Par exemple le traitement contre la thalassémie découvert et mis au point au cours de ces années 2010 et commercialisé par la firme Bluebird Bio’s Zynteglo, une maladie génétique relativement courante, revient à 1,7 millions d’euros alors que ce sont des institutions publiques qui ont largement financé la recherche et le développement de ces « start-up » biomédicales. Des organismes accrédités par la Commission européenne ont évalué les aides européennes à ce genre de développement scientifique à un milliard d’euros. Pourquoi la science a-t-elle pu ainsi être déviée à des fins mercantiles aussi évidentes et choquantes ?

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Le premier vaccin contre le virus Ebola a été approuvé au cours de cette décennie (illustration). En République démocratique du Congo, où Ebola continue de faire des ravages, les agents de santé luttent non seulement contre la maladie, mais hésitent également à se faire vacciner. C’est maintenant un problème mondial, et bien que les raisons soient compliquées – et varient selon les personnes qui hésitent – au Royaume-Uni et aux États-Unis, Andrew Wakefield a beaucoup à se reprocher. Il a abusé de la méthode scientifique au cours d’une décennie précédente, lorsqu’il a fait de fausses allégations au sujet d’un lien entre le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) et l’autisme. La peur des vaccins s’est retournée contre ses détracteurs, le plus visiblement, sous la forme d’une résurgence mondiale de la rougeole. Mais ce n’est pas entièrement à cause des « fake-news » de Wakefield. En effet nous avons été si bien protégés par les vaccins par le passé que relativement peu de personnes en vie aujourd’hui se souviennent de ce qu’était la vie avant eux – comment, par exemple, les gens ont pleuré de joie lorsque le vaccin contre la polio de Jonas Salk a été annoncé en 1955 alors que des milliers d’enfants étaient paralysés pour la vie ou encore comment on vivait dans un monde au sein duquel on était menacé par la variole. La mémoire collective ne se souvient que de la peste ou du choléra que l’on peut encore combattre avec des antibiotiques mais elle a oublié les ravages provoqués par les maladies du passé d’origine virale pourtant incroyablement dévastatrices.

Dans le même registre d’une appréhension négative de la science ou de la déformation de faits scientifiques pourtant avérés la diabolisation du glyphosate qui a occupé une grande partie de cette décade des années 2010 est à classer parmi les impostures pseudo-scientifiques les plus significatives de cette décennie. Niant tous les avantages que peut présenter cette molécule très simple, peu coûteuse et non toxique, des organismes officiels ont, sous la pression d’organisations non gouvernementales, déclaré que ce produit phytosanitaire, pourtant mondialement utilisé depuis plus de trente années sans que jamais aucun effet sanitaire adverse ait pu être constaté, devienne par un effet quasi magique potentiellement cancérigène puis cancérigène avéré et enfin interdit par certains pays alors qu’aucune étude n’a été entreprise en profondeur pour apporter des éléments scientifiques incontestables affirmant ou infirmant les allégations qui vont provoquer des désastres dans le monde agricole. Pourtant de nombreux organismes officiels avaient reconnu et certifié que cette molécule était totalement sans risques ni pour la faune ni pour l’homme et que seuls les végétaux étaient affectés. La fausse science a pour le pire remporté le combat.

Au cours de cette décennie, nous avons beaucoup entendu parler de la diminution, dans le public, de la confiance dans les experts, mais il est difficile de savoir dans quelle mesure cette perception est réelle et dans quelle mesure elle se résume aux opinions minoritaires ressassées par les réseaux sociaux. En 2019, l’organisation américaine Scholars at Risk a rapporté que les attaques contre les communautés de l’enseignement supérieur avaient plus que doublé dans le monde au cours des trois dernières années, allant des restrictions de l’expression académique à l’emprisonnement injustifié et même à la violence. D’autre part, les enquêtes suggèrent que la confiance dans les scientifiques est assez stable à long terme, et le financement de la science a lentement augmenté dans les pays les plus riches du monde.

Pris dans leur ensemble, peut-être que ces indicateurs reflètent que la méthode scientifique est celle que nous devrions être heureux d’avoir dans notre arsenal.

En conclusion la science doit être conduite en respectant les lois mais elle doit également être respectée par les politiciens et les organisations non gouvernementales. Il reste cependant l’abcès que constitue l’application du principe de précaution. Si à l’évidence des biologistes chinois ont transgressé les lois éthiques fondamentales ils ont également passé outre ce principe de précaution. Ce principe reste encore trop strictement appliqué et il pourrait tuer toute initiative scientifique dans un proche avenir. Ce principe de précaution doit certainement être aussi appliqué aux fausses nouvelles scientifiques, c’est-à-dire à une déformation de l’information scientifique à des fins mercantiles ou idéologiques. Cette attitude est devenue trop courante pour ne pas être mentionnée ici.

Inspiré d’un article de Laura Spinney, journaliste scientifique correspondante de The Guardian à Paris

14 réflexions au sujet de « Années 2010 : La décade scientifique prodigieuse en bien et en mal … »

  1. Dans cette  » déformation de l’information scientifique à des fins mercantiles ou idéologiques « , vous ne mentionnez pas le  » changement, réchauffement ou dérèglement climatique « . Est-ce à dessein ?
    Climatiquement vôtre. JEAN

    • Bonjour Jean,
      vous me l’avez sorti de la bouche, ou plutôt de mon clavier 🙂
      Je crois que la réponse est simple : « Le Climat », et même osons la « climatologie » n’est pas une science !
      Une idéologie, une religion, un consensus et autres affirmations soit « molles » soit complètement « rigides » (même pas peur de me contredire), mais une science ? et « exacte » ou « dure », n’en parlons même pas !

      • Si je n’ai pas mentionné la supercherie du réchauffement climatique d’origine humaine c’est tout simplement qu’elle n’est pas apparue au cours de la dernière décennie. Cette théorie a seulement pris de l’ampleur au cours de ces dernières années : mon petit doigt me dit que tout va s’écrouler que les peuples comprendront qu’ils ont été floués.

  2. Simple signalement (sans prétention), en rapport avec les expressions Mais cette décade passée etune grande partie de cette décade présentes dans le texte :
    Decade (anglais) = décennie (français)
    Décade = dix jours en français.
    Perfide Albion… ! 🙂

  3. @Jacques Henry
    la supercherie du réchauffement climatique d’origine humaine prendra bien sûr fin quand se pointera la pénurie énergétique que connaîtra la future génération

    • Nul ne connait exactement les réserves mondiales connues en hydrocarbures car il s’agit de secrets bien gardés. Les estimations de l’USGS mentionnent 70 à 80 ans de consommation au rythme actuel. Pour le charbon le même organisme (qui n’est pas plus fiable qu’un autre) estime que les réserves sont de l’ordre de 200 ans en prenant en considération des techniques d’exploitation profondes qui ne sont pas encore connues. Quant à l’uranium et au thorium les ressources sont pratiquement assurées pour plusieurs milliers d’années puisque la technique d’extraction de l’uranium de l’eau de mer est maintenant connue. Je suis un fervent partisan de l’énergie nucléaire et cette technologie permettrait de sauvegarder les réserves d’hydrocarbures pour plusieurs centaines d’années supplémentaires si les gouvernements passent outre la psychose du danger du nucléaire qui n’est pas justifiée. Donc je suis résolument optimiste pour mes petits-enfants en ce qui concerne l’énergie électrique. Maintenant si le climat venait à se refroidir jusqu’en 2100 – ce que prévoient les géophysiciens et les spécialistes du Soleil – la situation sera infiniment pire qu’un petit réchauffement de 1 ou 2 degrés … mais je serai probablement mort avant cette catastrophe !

      • Pour les réserves d’uranium, vous oubliez le « réemploi » (d’une grande partie des) des déchets des centrales actuelles, avec la technologie des réacteurs à neutrons rapides qui peuvent recycler du plutonium et, me semble t il un des isotopes de l’uranium, également déchet.
        Le quasi cercle vertueux… Et c’est sans doute pour cela que l’on ne continue pas dans le programme Astrid… va comprendre Charles !

  4. Traduire des articles écrits par des journalistes vous a déjà joué des tours et vous en jouera encore. La théorie des trous noirs est bien plus ancienne que ça :

    http://www.astrosurf.com/luxorion/trounoir.htm

    C’est ennuyeux parce que je n’ai pas les connaissances nécessaires pour détecter les erreurs dans d’autres domaines …
    Par exemple , j’en suis encore à me demander si le glyphosate est si anodin que ça. Il y a des nuances entre être totalement inoffensif et violemment toxique !!

    • La première formulation mathématique de la théorie de la relativité générale est ce qui doit être pris en compte et non pas des hypothèses datant de 200 ans auparavant qu’il aurait été vain de formuler avec des équations. De même les grands savants de la Grèce antique savaient que la Terre n’est pas plate. Pourtant cette idée perdura pendant près de 2000 ans … Je rappelle ici que lorsque Einstein a formulé la théorie de la relativité restreinte on ignorait l’existence de l’atome et la mécanique quantique a débuté alors que l’on ne connaissait pas de quoi était constitué l’atome d’hydrogène.
      Je peux vous avouer que lorsque je travaillais sur le mécanisme d’une molécule d’enzyme de masse de supérieure à 300000 Dalton c’est-à-dire constituée de 200000 atomes avec une configuration spatiale unique j’avais de la peine à imaginer quel était le fonctionnement au niveau atomique ou moléculaire de chacun des composants de cette énorme protéine.

      • Kepler et Newton ne faisaient pas de mathématique , donc …

        Ce n’est pas parce que le monde autour d’eux ne comprenait pas (ou ne voulait pas comprendre) ce que disaient ces gens que leur travail ne valait rien. Il a fallut attendre les années 50 pour que la RG d’Einstein devienne autre chose qu’une curiosité théorique qui n’intéressait que quelques physiciens !!

        Il y en a beaucoup , mais je propose cette présentation qui relativise l’idolâtrie autour d’Einstein , qui était certes un génie mais seulement un parmi d’autres et non pas LE génie :

        https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-relativite-restreinte-naissance-espace-temps-509/

      • @amike
        Il y a de très nombreuses formulations à base de la matière active « glyphosate. »( différents sels tel que sel d’isopropylamine etc…) et de différents surfactants ( sans eux moins de 10% de la matière active pénètre la cuticule des herbes à détruire) et de tensio actifs. Les surfactants permettent à la matière active d’être la plus efficace possible mais cela a aussi des conséquences sur la toxicité de la formulation. Donc,oui, dans le « Roundup « ( il y en a plusieurs!) il n’y a pas que la matière active glyphosate car sinon l’efficacité serait beaucoup plus faible. C’est d’ailleurs une erreur commune que de raisonner que sur la matière active ( pour acheter le moins cher parmi des génériques) en négligeant le savoir faire des chimistes formulateurs. C’est la même chose pour les médicaments.

    • @Ricquet
      concernant le glyphosate ( ou d’autres pesticides d’ailleurs) l’erreur majeure est de confondre danger et risque. Une molécule peut être dangereuse sans pour autant générer des risques pour le consommateur car , bien sûr, il faut prendre en compte l’exposition au danger. Dans le cas du glyphosate l’exposition pour les consommateurs est nulle ou quasi nulle et la molécule n’est pas très dangereuse: il n’y a donc pas de risque consommateur. Les produits vaisselle ( même type de chimie que le glyphosate: phosphonates + tensio actifs) sont, à cet égard plus risqués car l’exposition est très importante ( résidus sur les assiettes..).
      L’interdiction du glyphosate aura pour conséquence l’utilisation énorme de carburants fossiles cancérigènes certains!!! ( car il faudra labourer des terres qui ne l’étaient plus et , ce, sur des millions d’hectares) et émettra dans l’air des quantités de particules cancérigènes ( conséquences du labour).Il est donc totalement stupide de remplacer un produit sans risque par des techniques à fort risque cancérigène. Mais cela témoigne de l’incapacité actuelle des médias, des politiques à avoir raisonner. Où est donc parti l’héritage des Grecs qui nous ont appris la logique et le raisonnement. Est ce un signe de l’écroulement à venir d ela civilisation occidentale ? ( gréco latine chrétienne)

      • « Les produits vaisselle ( même type de chimie que le glyphosate: phosphonates + tensio actifs) »

        Vouliez vous dire « que le Roundup », soit le produit actif et l’excipient ?

  5. @Ricquet
     » Einstein n’était pas LE génie « ..
    On peut aussi mentionner que Einstein n’était pas mathématicien et que sans mathématique la théorie de la relativité n’existe tout simplement pas!! Les mathématiciens qui ont permis d’avancer sont Poincaré ( pour la relativité restreinte) et Hilbert ( pour la relativité générale) + un autre mathématicien qui a travaillé avec Einstein.
    Einstein a réussi à s’approprier toute la gloire ( les Américains l’ont aidé car il y avait une compétition USA-Europe en termes d’image) , ce qui prouve que c’était un sale type, bien que physicien de génie. D’ailleurs, le prix Nobel n’a jamais été attribué pour la théorie de la relativité!!!! ( car il aurait fallu l’attribuer à 4 ou 5 personnes et cela aurait mis fin au mythe bâti autour d’Eistein).
    Dans tous les domaines il y a des gens qui sont prêts à tout pour avoir la gloire : tous les hommes ne sont pas  » bons  » et ce n’est pas la société qui les a corrompu ( cf Rousseau).

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