Les ours blancs en voie de disparition ? Pas vraiment …

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La région autonome de Chukotka se trouve aux confins nord de la Sibérie orientale. Elle fait face à l’Alaska et dans le petit village de Rirkaypie, que l’on voit ci-dessus en été, la vie est paisible, la chasse au phoque et la pêche occupant la majeure partie du temps des quelques 766 habitants, enfants compris. Du moins quand il y a des phoques … Il se trouve que ce dernier automne a été particulièrement clément et les phoques sont partis un peu trop tôt au goût des ours blancs alors que l’océan était encore libre de glaces. Ces ours blancs évoluent en temps normal quand survient l’hiver sur la banquise à l’affût des phoques qui viennent respirer en surface à la faveur de failles dans cette banquise. Des dizaines de milliers de phoques avaient profité de cet été indien le long des côtes de la péninsule du cap Kozhevnkov (illustration ci-dessus avec le village au lointain) et quand il ont vidé les lieux fin novembre à l’approche du froid des centaines de carcasses de phoques trop vieux ou malades sont vite devenues la seule nourriture pour les ours. Au milieu du mois de décembre cette banquise était trop fragile pour supporter le poids d’un ours adulte mais les oursons se faisaient un plaisir de risquer un bain forcé dans les eaux océaniques.

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Très vite la situation est devenue critique pour ces ours, 56 au total, qui n’avaient brusquement pratiquement plus aucune nourriture en dehors de ces quelques carcasses vite prises par le gel. Ils sont donc allé roder autour du village à la recherche du moindre morceau de nourriture. Cette invasion d’ours est un phénomène rare et il a surpris les habitants du village qui doivent être sur le qui-vive en permanence. De même que dans les parcs nationaux américains il ne faut pas tenter les grizzlis avec de la nourriture laissée dans le coffre de sa voiture au risque de voir celle-ci gravement endommagée par ces ours, de même les ours blancs sont tentés de trouver de quoi se nourrir dans un village qui stocke quelque part de la nourriture. Et 56 ours (il paraît qu’ils étaient en voie de disparition en raison du réchauffement du climat) constituent une sérieuse menace pour la vie quotidienne d’un petit village.

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Avant que ne s’installe la nuit polaire les équipes en charge de contrôler les mouvements des ours afin de protéger la population ont tout fait pour les repousser et les dissuader de s’approcher trop près de Rirkaypie avec des fusées éclairantes. Il faut espérer que cette stratégie sera couronnée de succès, mais les ours apprennent vite qu’ils ne risquent rien et les habitants de Rirkaypie répugnent à utiliser leur fusil d’autant plus qu’une habitante du village est mandatée par le WWF pour suivre l’évolution de la population des ours blancs de la région qui n’ont pas vraiment l’air en mauvaise santé.

Source : The Siberian Times. Prochain billet : nouvelles en provenance de la province de Chukotka.

5 réflexions au sujet de « Les ours blancs en voie de disparition ? Pas vraiment … »

  1. Détail amusant : le détroit de Béring est quasiment pris sous la glace. Quelques poches d’eau libre résistent. Les ours blancs peuvent se gaver. Qui l’aurait cru avec tout ce tabassage?

  2. « Susan Crockford tient un blog populaire, polarbearscience.com, et a écrit cinq livres sur les ours polaires. Son livre Faits et mythes sur l’ours blanc, a été traduit en quatre langues. Selon elle, contrairement à ce que prétendent les écologistes, les ours polaires prospèrent, et les changements climatiques ne les menacent pas d’extinction.
    https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2019/10/25/le-bannissement-de-susan-crockford/

    Autre article :
    https://www.laterredufutur.com/accueil/les-ours-blancs-se-portent-bien/

    Billet d’István E. Markó sur Contrepoints :
    « Considéré comme « espèce en voie de disparition », l’ours polaire est devenu le symbole écologique d’une lutte contre le réchauffement climatique. Curieux pour un animal dont la population a quintuplé en 40 ans ! »
    (avec un commentaire de JH)

  3. La théorie au départ n’était pas fausse : Sous l’hypothèse d’un océan arctique libre de glace en été, l’ours blanc spécialisé à la chasse sur la banquise se serait retrouvé à la diète durant l’été.
    Sauf que d’un conditionnel et d’une proposition à vérifier, on été passé directement à une certitude de catastrophe. en niant l’évolution des espèces, puisque le changement est si rapide que jamais la Nature ne pourrait retrouver un équilibre…
    Sauf que de 1: l’urgence d’un changement à vitesse exponentielle ne se voit pas, 2 : on constate que les ours blancs s’adaptent très bien, preuve qu’il a connu des conditions naturelles changeantes. Et 3 : les effectifs de population sont bien plus nombreux et leur survie n’est donc pas en danger.

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