Être climato-réaliste est une vraie mission (épisode 4). Température et CO2 : zoom sur les derniers milliers d’années.

Les données satellitaires et celles relevées par les stations météo à terre en ce qui concerne l’évolution des températures de l’atmosphère terrestre et au sol font l’objet de tellement de manipulations, d’ajustements sans prétexte, de « lissages » et corrections variées dans la plupart des cas injustifiés, ou plutôt réalisés pour servir la cause de la propagande de l’IPCC, que pour un climato-réaliste comme votre serviteur et pour n’importe quel scientifique digne de cette qualification, il n’y a que les carottages glaciaires pour fournir des données fiables, brutes et non trafiquées par de soi-disant experts sans qualifications catapultés comme membres éminents de « panels », de groupes ou de comités. Un vrai scientifique comme je prétends l’avoir été durant ma carrière de chimiste des protéines imagine des expérimentations parfois complexes à mettre en oeuvre pour tenter de prouver une hypothèse de travail. Cette hypothèse peut s’avérer fausse si l’expérience ne peut pas la confirmer. Mais pour la confirmer une seule expérience avec un seul ensemble de résultats n’est pas suffisante. Celle-ci doit être répétée au moins trois fois pour être alors certain qu’il ne s’agit plus de hasard. Ce facteur hasard étant éliminé il faut, quand un scientifique publie ses travaux – le seul moyen dont il dispose pour prouver qu’il travaille et qu’il puisse obtenir des financements pour ses travaux futurs -, que ses expérimentations puissent être reproduites par n’importe quel autre spécialiste, dans n’importe quel autre pays. Pour atteindre ce but, requis pour tout scientifique, il faut donc décrire dans ses moindres détails le protocole expérimental utilisé.

Depuis une vingtaine d’années l’IPCC publie dans ses rapports des modèles d’évolution future du climat qui varient sans cesse. Ces fonctionnaires onusiens seraient-ils de moins en moins certains de la validité de leurs conjectures ? On peut dire ça !

Dans un précédent billet de ce blog je décrivais la réapparition de la courbe en crosse de hockey, cette fameuse « fake-news » de Michael Mann que je croyais comme beaucoup de climato-réalistes jetée à tout jamais dans les poubelles de la science. Je serais curieux de connaître le protocole de calcul utilisé par les 19 signataires de l’article paru dans la revue Nature pour obtenir une telle courbe de variation des températures au cours des 2000 dernières années et quelles sont les sources exactes des données utilisées. Je ne suis pas un « modélisateur » et chaque fois que j’ai été amené à étudier le fonctionnement d’un enzyme il fallait faire appel à des calculs algébriques simples pour interpréter les résultats expérimentaux et déterminer les constantes cinétiques de l’enzyme. Tout le travail était strictement basé sur les données expérimentales documentées dans le détail.

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Pour ce qui concerne l’évolution des températures terrestres des quelques milliers d’années passées, ce qui fait l’objet de ce billet, deux projets ont été menés à leur terme : le projet GISP2 (Greenland Ice Sheet Project) qui a permis de retirer un carottage sur une profondeur de 3053 mètres et les projets, européen EPICA et russe Vostok, dans l’Antarctique, jusqu’à 3300 mètres de profondeur utilisable pour des études détaillées bien que le forage Vostok ait atteint une profondeur de 3770 mètres. De nombreuses expérimentations ont été nécessaires pour être absolument certain que la datation des carottes retirées était en harmonie que l’on ait à se reporter aux sondages groenlandais ou antarctiques. Contrairement à ce qui se passe d’une manière générale pour les relevés de température au sol ou à l’aide de satellites, relevés confiés à des organismes tels que la NASA ou la NOAA, l’étude des carottes glaciaires a été confiée à des physiciens répartis dans une multitude de laboratoires et non pas à des climatologues de pacotille. Pour reconstruire l’évolution des températures, la teneur en divers gaz atmosphériques ainsi que l’activité solaire, l’approche a fait essentiellement appel à des études isotopiques, oxygènes -16 et -18, carbones -12 et -13, béryllium-10, etc …

Les résultats illustrés par la figure ci-dessus sont formels : il n’y a pas de corrélation entre le refroidissement général continu depuis la fin du Dryas récent (la « grande déglaciation ») et la teneur en CO2 atmosphérique. Ce serait plutôt l’inverse ! L’influence du CO2 sur l’évolution des températures à la surface de la Terre étant éliminée et l’activité humaine étant il y a encore 150 ans négligeable si on reprend les hypothèses de l’IPCC relatives à l’influence sur le climat des gaz émis par cette activité humaine mais aussi celle des aérosols, alors la question cruciale qui émerge naturellement est la cause de ces variations climatiques discrètes en comparaison des fluctuations considérables au cours du Dryas. Il ne reste plus que deux candidats pour expliquer ces variations du climat : l’activité solaire et les cycles océaniques qui peuvent s’étaler sur plusieurs milliers d’années.

Les géophysiciens commencent à se faire un idée de plus en plus précise de ce qui se passe à l’intérieur du Soleil mais la relation entre les variations de l’activité solaire et les variations du climat restent à préciser, si elles peuvent l’être un jour, car le système océans-atmosphère-Soleil est d’une complexité telle que de simples équations mathématiques sont inopérantes pour l’évaluer, on entre en effet dans le domaine des phénomènes chaotiques.

Mais revenons brièvement pour conclure ce billet à ce graphique décrivant la variation de la température à la surface du centre de l’immense glacier du Groenland. Les trois derniers optima climatiques retrouvés par les recherches archéologiques puis les chroniques historiques ont été parfaitement bien retrouvés. Certains esprits chagrins diront que le Groenland n’est pas le centre du monde et qu’il n’y a pas lieu de s’attarder sur ce GRIP2. Pourtant on ne peut que remarquer que ce supposé réchauffement catastrophique contemporain dont on nous martèle les tympans n’est qu’un petit soubresaut totalement négligeable en regard de l’optimum climatique médiéval. Il n’aura duré qu’à peine 50 ans, de la fin des années 1930 à la fin des années 1990 avec une amplitude inférieure à un demi-degré alors que celle de l’optimum médiéval était de plus de 1,5 degrés.

Prochain billet : zoom final sur l’évolution du climat.

6 réflexions au sujet de « Être climato-réaliste est une vraie mission (épisode 4). Température et CO2 : zoom sur les derniers milliers d’années. »

  1. Cher Jacqueshenry,
    Une question purement intuitive me taraude de laquelle je ne sais, par ailleurs, s’il vous serait possible d’y répondre, la voici:
    Serait-ce une parfaite supputation de ma part que de se demander si, justement, les périodes d’optimums climatiques ne serait pas en phase de diminution temporelle?

    • Je ne sais pas trop quoi vous répondre mais il y a des évidences multiples pour affirmer que les optimums climatiques étaient favorables à l’humanité. Celui qui eut lieu il y a 8000 ans et dura près de 1000 ans favorisa l’apparition de l’empire assyrien. Dans le même temps le Sahara se transforma en savane peuplée d’animaux variés. Depuis lors, effectivement les périodes plus chaudes sont devenues de moins en moins longues. Personne ne peut expliquer ce phénomène, en tous les cas on ne peut pas le mettre en équation ni le « modéliser ». La Terre est un système très complexe dont on ne fait encore qu’effleurer les mystères.

  2. Vous écrivez, et je suis absolument d’accord avec vous :
    « Il ne reste plus que deux candidats pour expliquer ces variations du climat : l’activité solaire et les cycles océaniques qui peuvent s’étaler sur plusieurs milliers d’années. »
    J’irai plus loin, car je pense que ces deux candidats sont intimement liés. Il y a pour moi une seule cause (évidemment, le thermostat de la planète n’est pas le CO2 – je le précise-). La cause unique sont les variations du champ de gravité dans notre système solaire.
    C’est un avis personnel et c’est dommage que des investigations scientifiques ne sont pas menées (à ma connaissance) dans ce domaine. Je ne suis plus actif, mais je suis toujours intéressé par les « vraies » avancées de la science. Je ne pense pas qu’actuellement la science climatique avance dans la vérité.

    Voici pourquoi je pense cela :
    1) Des forces importantes sont en mouvement aussi bien à l’intérieur du soleil, mais aussi à l’intérieur de notre terre qui est constitué de masse pâteuse à haute température de roches de densités différentes.
    2) Ces forces en mouvement (d’intensité et de direction) induisent un travail, c’est de la physique élémentaire.
    -En ce qui concerne le soleil : celui-ci tient sont énergie des réactions thermonucléaires qui ont lieu au centre. Mais il faut ajouter une énergie supplémentaire liée au travail des forces de marée à l’intérieur de notre étoile ce qui (pour moi) induit les cycles de l’activité solaire.
    -En ce qui concerne notre planète, cette énergie de marée existe aussi et s’ajoute, comme pour le soleil, à l’énergie résiduelle de désintégration des radio-éléments lourds au centre de notre astre. Cette énergie doit d’évacuer et elle le fait via les dorsales océanique où des myriades de sources hydrothermales propulse de l’eau à très haute température vers la surface des océans.
    Ainsi, deux événements concomitants dont l’origine est une variation du barycentre gravitaire de notre système solaire impliquent une action directe sur le climat. ET CES DEUX ÉVÉNEMENTS VONT DANS LE MÊME SENS :
    -Le soleil actif implique une diminution des rayons cosmiques.
    -Une activité tellurique sismique active implique une augmentation de la température de surface des océans.

    Il n’est pas étonnant alors de déceler des cycles dans les variations du climat.

    Je ne sais pas si des études de micro-gravité sont menées et encore moins s’il y a une tentative de corrélation avec le climat, mais ce serait intéressant d’autant plus que l’action de la gravité est capable de se faire sentir sur des distances « astronomiques. »

  3. 1/ Excellente remarque de Bernnard, y a t il effectivement un « pilote » sur cette piste ?
    2/ Concernant les mesures de T° par satellites, je ne pense pas que les mesures UAH de Roy Spencer et John Christy soient « bidouillées » !
    3/ La fiabilité ou la « non dégradation » (désolé du mot) des carottes glaciaires pour en déduire les variations de T°, je prends acte, mais j’ai aussi un doute… ne serait-ce que parce qu’un des spécialistes français s’appelle Jean Jouzel… oui, je sais, je n’aime pas plus que cela ce genre d’attaque sournoise « ad hominem », mais ça « m’interpelle quelque part au niveau du vécu » !

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