Brève. La France « privatise » : et alors ?

J’habite en Espagne, plus précisément dans l’archipel des Canaries, première destination touristique dans le monde si on calcule le nombre de touristes visitant la province par rapport au nombre d’habitants résidents. Je voyage, oui ! et je participe à la pollution que provoquent les avions et je m’en moque complètement. Pour aller au Japon je voyage avec Iberia dont le hub est à l’aéroport de Madrid et pour aller en France avec la compagnie Vueling dont le hub est à Barcelone. Tous les Espagnols croient que ces deux compagnies aériennes sont hispano-espagnoles. Pas de chance elles appartiennent à British Airways via le propriétaire de BA qui est une compagnie privée contrairement à tout ce que les Espagnols croient. Les aéroports, tous les aéroports espagnols sont gérés par une société gérante appelée Aena dont l’Etat espagnol est actionnaire à hauteur de 51 %. C’est la disposition que devrait choisir l’Etat français pour les aéroports de Paris mais le Président français est tellement soumis aux requins de la finance qui l’ont porté au pouvoir qu’il a préféré jeter l’éponge et priver ainsi la France de revenus appréciables.

En Espagne les jeux de hasard sont légaux et non pas réservés aux stations balnéaires en bord de mer ou dans les montagnes. Tous les locaux où il est loisible de tenter sa chance avec des jeux qui sont toujours gagnants appartiennent à des sociétés privées. L’Etat engrange des taxes sur les bénéfices que réalisent ces sociétés. Il existait, outre BP, Shell et d’autres multinationales deux compagnies pétrolières hispano-espagnoles, Cepsa et Repsol. Tous les espagnols sont persuadés que ce sont deux sociétés espagnoles, erreur Cepsa appartient à Abu Dhabi à 100 %. Il y a probablement d’autres entreprises espagnoles emblématiques qui ne sont plus du tout espagnoles mais je n’ai pas cherché à en savoir plus. Et alors ? Que l’Etat français cesse de planifier la seule entreprise stratégique française qui fonctionne encore bien, je veux parler d’EDF, en l’amputant de surcroit d’un équipement de production (Fessenheim) qui peut encore fonctionner pendant peut-être 40 ans, mais que tout le reste soit privatisé, la France ne s’en portera que mieux car l’Etat a toujours prouvé par le passé, et encore aujourd’hui, qu’il est un très mauvais gestionnaire. Et pour quelle raison ? C’est clair : les politiciens s’en moquent, ils ne pensent qu’à leur réélection prochaine, et les fonctionnaires des administrations sont tous incompétents. Pourquoi l’Etat français n’oblige-t-il pas la SNCF à explorer des pistes pour rentabiliser son emprise foncière urbaine gigantesque ? Pourquoi ne pas prendre exemple sur le Japon où la moindre station de train (pas les plus petites, certes) comporte un centre commercial appartenant à la compagnie de train. En France, pour aller faire ses achats il faut prendre sa voiture et parcourir des kilomètres pour aller dans un centre commercial au milieu de nulle part alors que ce serait tellement plus confortable pour les usagers des trains de trouver tout ce dont ils ont besoin en sortant de leur bétaillère sale et recouverte de graffitis le soir après le travail ? N’importe quoi et donc la France fait tout à l’inverse de la logique et court à sa perte. Comme le répète inlassablement H16 ce pays est foutu !

15 réflexions au sujet de « Brève. La France « privatise » : et alors ? »

  1. Justement parce que en France les gares sont dégueulasses qu’on n’a vraiment pas envie d’y faire des courses. Pareil pour le métro: allez à Vienne pour comparer. Il faudrait un travail spécifique de plusieurs années pour que les français arrêtent de tout casser et de tout salir dans l’espace public.
    De plus, la sncf étant un des derniers refuge des cgtistes, la direction est mobilisée en permanence pour anticiper la prochaine connerie de ces demeurés.

  2. Beaucoup de politiques présentent L’État comme la solution, au contraire le problème c’est l’État, qui devrait se cantonner à son rôle régalien.

  3. Les contrepouvoirs sont, en France, totalement assujettis à l’Union, sauf, pour ce qui concerne les syndicats, SUD.
    Je suis toujours intrigué par ceux qui rejettent leur existence tout en déplorant les effets d’un pouvoir absolu, là d’un e caste oligarchique.
    Ça, c’est à l’adresse de Viohenri.

    Le problème des services publiques, qu’ils soient de santé, en réseau (tuyauterie, route/chemin-de-fer, fil) : énergie, communication, fourniture et évacuation/traitement des eaux c’est que tous sont onéreux à la mise en place et à l’entretien.
    Sachant de plus qu’aucune de nos sociétés modernes ne peuvent s’en passer, il leur est même vital pour leur existence que, quelque soit la richesse de chacun, tous puissent les utiliser et, ce de tous points de vues.
    Le seul réseau un petit peu souple est celui des bus, bien que la libéralisation de ceux de Londres généra une belle pagaille.
    Il n’y a pas beaucoup de choix pour les privatiser: soit en vendre par tronçons et/ou pour un temps donné, une concession.
    Une entreprise privé, par nature, doit faire des bénéfices, si ce sont des gens sérieux à leur direction, l’entretien se fera normalement mais les prix augmenteront, ce qui mènera à ce que les plus pauvres ne peuvent plus les utiliser, ce qui les mettra à la marge de la société;
    S’ils le sont moins, les prix d’usage restent à peu près les mêmes mais l’entretien se fera mal;
    S’ils ne le sont pas du tout l’entretien sera tout autant mauvais et les prix flamberont.
    Puisque le plus souvent il s’agira d’une concession, le propriétaire momentané soit délaissera cet entretien, après moi le déluge, soit il fera du trafic d’influence pour en conserver la charge lors de la nouvelle concession le temps venu, ce qui pervertira l’administration.
    Ou alors il s’agira d’un monopole qui, comme tous ceux dans son genre, deviendra un état dans l’état.
    Dès lors, quel que soit le régime légal sous lequel les-dits services publiques seront placés (la RATP était placé sous la loi associative de 1901 jusqu’en 2008), ceux-ci, surtout ceux en réseau, celui médical pouvant être mixe, doivent impérativement sortir totalement du cadre concurrentiel, tout simplement parce que sinon ils deviennent inopérants.
    Il s’agit la d’un processus purement mécanique où, normalement, l’idéologie ne devrait pas avoir sa place.
    Quand à savoir qui, du monde privé ou public, est le plus efficace et sérieux, il n’est pas sûr que, à l’exemple des banques et de celui des banques centrales, l’un comme l’autre aient montré une efficacité et une probité à toute épreuve.
    Il ne s’agit donc pas de dégoiser sur l’un ou l’autre mais, bien plutôt, de penser une époque où les fonctions de hautes responsabilités de l’un et l’autre monde voit s’y conjuguer frivolité, mépris de classe, désinvolture, esprit de lucre, irresponsabilité et béance intellectuelle.

    • Effectivement en théorie, une entreprise publique peut être très performante mais en France ce n’est pas le cas car le public travaille de plus en plus pour lui même en  » oubliant  » sa mission vs les citoyens. ainsi, on a 2 millions d’emplois bidons pour les copains et les coquins, des taux d’absentéisme considérables, des 35 heures/semaine, des retraites gonflées etc… En France la corruption gangrène le système donc les dirigeants sont les premiers à cautionner les dérives : il n’y a donc plus de limites à l’inefficacité et c’est ce qui se passe: le public coûte de plus en plus cher et en fait de moins en moins. Pour rétablir la situation il faut commencer par virer les hauts fonctionnaires et les dirigeants pour leur échec total ( c’est ce qui se fait dans le privé!!) , supprimer le statut à vie ,avoir un système de contrôle indépendant imposant d’améliorer la performance etc…

      • Je suis juste surpris, cher Prolux, que vous puissiez penser que, dans le système privé, les hauts responsables puissent être virés en raison de leur incompétence, il me semble bien que ce soit l’inverse qui soit vrai, sinon la France n’aurait pas autant de banques en banqueroute virtuelle.
        Je crains fort que vous n’ayez pas lu mon dernier paragraphe, le revoici donc:

        Quand à savoir qui, du monde privé ou public, est le plus efficace et sérieux, il n’est pas sûr que, à l’exemple des banques et de celui des banques centrales, l’un comme l’autre aient montré une efficacité et une probité à toute épreuve.
        Il ne s’agit donc pas de dégoiser sur l’un ou l’autre mais, bien plutôt, de penser une époque où les fonctions de hautes responsabilités de l’un et l’autre monde voit s’y conjuguer frivolité, mépris de classe, désinvolture, esprit de lucre, irresponsabilité et béance intellectuelle.

      • On ne va quand même pas embaucher des dirigeants incompétents dans une société privée soumise à la concurrence, non ❓
        Cela ne peut se produire qu’en absence de concurrence.

      • @theuric
        les grandes banques sont de connivence avec l’état et elles fonctionnent donc comme le public. D’ailleurs, en France, les patrons sont souvent d’anciens fonctionnaires inspecteurs des finances et nommés par l’état et n’ayant aucune connaissance du métier , ni légitimité ( n’ayant pas gravis les échelons en réussissant à passer les différentes étapes).
        Je peux vous dire que dans le privé soumis à la concurrence il y a , certes, des mauvais mais ceux-ci ne polluent pas l’entreprise jusqu’à leur retraite!

  4. Le rôle de l’État n’est pas de posséder et d’exploiter des entreprises, mais de créer le cadre juridique et réglementaire dans lequel entreprises et commerces doivent opérer. Et il appartient au corps législatif de définir ce cadre juridique et réglementaire. C’est tout. Mais c’est sans doute trop simple…

    • Bien d’accord, cela doit être « trop simple » !
      Si au moins les domaines régaliens avaient suffisamment de moyens humains logistiques et financiers.
      Pour moi, il s’agit de l’Armée, de la Justice, de la Police, de la Diplomatie, de la Législation et de la Solidarité nationales (« Fraternité »)

  5. Il y a une limite à la privatisation: c’est qu’elle est bien souvent déloyale. Lorsque des joyaux Francais sont achetés par des sociétés étrangères en faillite et avec de la fausse monnaie on ne peut considérer que c’est une bonne chose ( ex: GE a acheté Alstom ,à bas prix grâce à Macron,alors qu’elle avait déjà 170 milliards $ de dettes!!) . Les milliards de milliards de fausse monnaie dans le monde ( quantitative easing) permettent d’acheter des vrais biens en les payant en monnaie de singe: ceci est il acceptable ? Le système financier mondial permet d’enrichir une toute petite caste de voyous ( et c’est les plus voyous qui gagnent) car iln’y a plus aucune régulation sérieuse à haut niveau ( moi, pour emprunter je dois montrer patte banche mais Mr Drahi, copain de la finance mondiale, peut emprunter des dizaines de milliards pour ensuite voir la valeur de sa holding, Altice, perdre 95% de sa valeur!!) .
    La concurrence est essentielle pour progresser mais à condition qu’elle soit loyale, ce qui n’est plus le cas: les Chinois pratiquent le dumping à très grande échelle et les technocrates de l’europe acceptent tout sans broncher. Les financiers achètent pour piller et ensuite cherchent par tous les moyens à ne pas payer ce qu’ils doivent. Les  » élites  » mondiales font une erreur car en organisant l’absence de justice et de loyauté au niveau mondial les peuples vont finir par mettre un terme à la mondialisation folle des dernières années.

  6. Je reprends une phrase extraite d’un article de Contrpoints à propos des pèlerins du Mayflower :
     » Le socialisme ne fonctionne pas. Même pas un peu. Même pas une fois. Même pas par hasard. Pas du tout. Jamais ».
    Que l’Etat assure correctement ses fonctions régaliennes, ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui en ce qui concerne la justice et la sécurité.
    Pourquoi l’Etat devrait gérer des secteurs entiers d’activités au nom des services publics ?
    Si cela correspond aux besoins essentiels des hommes, alors il faudrait déjà nationaliser l’agriculture, mais on a vu ce que cela donnait en URSS ou en Israël.

    • Il est évident que les mêmes termes puissent être employer pour apprécier le néolibéralisme.
      Il est amusant de constater que nous puissions encore parler d’un communisme aujourd’hui disparu, ou alors de le confondre avec le capitalisme vrai tel qu’il a existé en Europe de l’ouest lors des trente glorieuses.
      L’effondrement idéologique ne s’observe pas seulement au regard de celui des partis politiques mais aussi dans les esprits où il se perçoit que la structure même des idéologies passées ne sont même plus comprises.

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