La dette de la France : une entourloupe arithmétique

Si j’étais maître d’école (à l’ancienne) j’écrirais au tableau noir l’énoncé d’un petit exercice d’arithmétique à mes élèves, en blouse grise comme moi, de cours moyen première année pour avoir l’occasion de leur enseigner un rudiment d’économie qui serait le suivant, c’est de la fiction car quand j’étais en cours moyen il y avait l’ « ancien franc » et le prix d’une baguette de pain était 45 francs.

Aujourd’hui on fonctionne avec l’euro et une baguette coûte, je crois, un euro, soit 6,5 francs, soit 650 « anciens francs » de mon enfance : si je raisonne encore avec ces anciens francs le prix de la baguette de pain a été multiplié par 14,5 en francs constants et immuables, une monnaie qui a malheureusement disparu. Ce calcul est sans valeur, il ne signifie rien, me diraient mes élèves qui comme moi n’y comprendraient rien du tout. Alors à court d’argument j’écris donc le petit problème d’arithmétique au tableau noir pour mes élèves en blouse grise d’aujourd’hui, c’est de la fiction puisque les élèves ne sont plus en blouse grise mais portent tous des T-shirts de marque fabriqués en Chine. Mais le problème en question n’est pas du tout une fiction et il fait froid dans le dos.

Énoncé du problème. Avec les données ci-dessous calculez combien a coûté aux contribuables français d’assurer un point de PIB de croissance durant l’année 2019 ? Attention il y a un piège dans les données ci-après.

PIB : 2585 milliards d’euros

Croissance officielle : 1,2 %

Dette de l’Etat (officielle) : 96 % du PIB, c’est-à-dire 2450 Md d’euros

Augmentation nette de la dette en 2019 : 95 Md d’euros (donnée datant d’octobre) donc pour l’année 2019 au bas mot 100 Md, la grandeur qui sera retenue pour le problème. Toutes ces données sont disponibles sur internet pour qui sait les trouver.

Ces 100 milliards ont servi en partie à payer les coupons des titres de dette en cours et les titres arrivant à échéance durant l’année 2019 puisque la charge de la dette de la France est d’environ 50 Md par an et a tendance, grâce aux taux d’intérêts nuls, à diminuer, mais cette remarque n’a rien à voir avec l’énoncé du problème, encore que …

Solutions. Le piège consiste à savoir si on englobe ou non les 100 Md d’euros de dette supplémentaire dans le PIB. Premier calcul. Le supplément de dette est incorporé au calcul du PIB comme le sont les revenus du trafic de drogue et la prostitution selon des directives européennes. Je me demande toujours comment les fonctionnaires du Ministère des finances calculent ce « surplus » de PIB, bref … Donc la France a emprunté 100 milliards pour « fonctionner » et éventuellement investir soit 3,86 % du PIB, donc pour réaliser 1,2 % de croissance il a fallu emprunter 3,3 euros pour réaliser 1 euro d’augmentation du PIB.

Deuxième solution. Maintenant, en considérant que l’augmentation de 100 Md de la dette n’a pas été incorporée au PIB comme les revenus de la prostitution et le trafic de substances illicites alors le PIB réel n’a été en réalité que de 2485 milliards d’euros et si on est honnête ces 100 Md empruntés sur les marchés représentent alors 4 % du PIB. Il a donc fallu emprunter 3,35 euros pour réaliser 1 euro d’augmentation du PIB.

Mes élèves en blouse grise diraient alors : « mais Maître 5 centimes d’euro de différence ce n’est rien, le pays peut continuer à emprunter » … Quand on raisonne avec des grands nombres personne ne comprend plus rien, y compris, et surtout, le Ministre des finances qui ignore combien il y a de mètres carrés dans un hectare … Comme le disait François Fillon : « la France est en faillite » et c’est surtout pour avoir prononcé cette phrase que la mafia financière, chapeautée par le fond KKR et la banque Rothschild, qui gouverne aujourd’hui la France a tout fait pour le mettre hors-jeu. Les bons vieux petits problèmes d’arithmétique, qui font tout de même appel à la règle de trois, éclairent parfois les esprits enfumés par la propagande permanente du genre : « Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien » … Ça ne peut que très mal se terminer surtout si le flacon de perfusion que tient à bout de bras la Banque de France venait à se vider puisque les titres de dette de la France représentent déjà (c’est officiel) 30 % du bilan de la BdF, mais il ne faut pas le dire … Et si la charge de la dette de la France diminue c’est aussi parce que la BdF reverse au Trésor une partie des intérêts qu’elle perçoit sur les titres de dette qu’elle racheté, donc tout va pour le mieux dans un monde totalement financiarisé.

Note. Je ne suis pas économiste et j’ai peut-être écrit des énormités, dans ce cas je m’en excuse vivement. Les données numériques citées ici sont les plus récentes disponibles sur divers sites internet. Je n’ai rien inventé. Les « hors-bilan » n’ont pas été pris en compte car comme leur nom l’indique ils ne sont pas intégrés dans le calcul de la dette telle qu’elle est présentée aux investisseurs et aux bureaucrates de Bruxelles. Si la France intégrait ces hors-bilan, un concept qui a été inventé par je ne sais plus quel ministre des finances français, il me semble que c’était Juppé, la situation serait bien pire que celle qui est vendue à l’opinion, du genre de celle de l’Italie, le mouton noir à 5 pattes de l’Europe.

4 réflexions au sujet de « La dette de la France : une entourloupe arithmétique »

  1. La situation de la dette française deviendra encore plus désastreuse, lorsque sera mis en place la transition dite énergétique.
    Certes, c’est sur des prélèvements futurs (taxe carbone, CSPE), que sera financé cette stupide transition. Mais en appauvrissant les citoyens par des impôts, pour financer des éoliennes par exemple — donc, sans retour sur investissement(°) –, on va droit vers la décroissance, on va augmenter davantage la dette, et ce sera l’effondrement inévitable : qui voudra investir dans un pays qui va s’effondrer ? Car, nous sommes les seuls à vouloir « sauver la planète » !
    Pourriez-vous imaginer — et écrire — la situation de la dette française à l’avenir, en prenant en compte les conséquences des mesures prises pour contrer cette fumeuse Urgence climatique, écologique ou autres délires écolos ?

    (°) Inutile de revenir sur cette aberrante industrie du vent ( voir le livre, entre autre, de Fabien Bouglé : « la face noire de la transition écologique »)
    Climatiquement vôtre. JEAN

  2. Salut tout le monde,
    Si vous avez raison mathématiquement, cher Jacqueshenry, du-moins pour la forme, pour le fond, la question essentielle est de savoir ce que peut être que la valeur d’une monnaie, relative, à mon sens, à celle de la richesse du pays émetteur, les surproductions de quasiment toutes à l’internationale fait qu’en réalité cette-dites valeur de celles-ci, euro-franc compris, ne fait que diminuer gravement.
    En effet, puisque la richesse d’un pays émetteur d’une monnaie quelconque est directement proportionnelle à ses productions agricoles, minières et manufacturières de toutes natures, et de leurs échanges marchands, si vous lui augmentez la quantité monétaire, cette valeur ne pourra que diminuer sous la forme d’inflation, ici surtout centrée sur les opérations boursières et spéculatives, plus, d’une moindre mensure, pour la population.
    Mais si, s’y surajoutant, vous avez une désindustrialisation touchant ces trois postes majeurs d’une économie pérenne, cette valeur monétaire décroitra d’autant.
    Or, bien qu’il soit visible pour nous que l’Europe de l’union se désindustrialise, ce phénomène touche aussi depuis deux décennies à l’international en un processus allant s’accroissant de jour en jour, la raison en étant de l’appauvrissement continuelle des classes-moyennes, quand à la preuve, elle en devient évidente par l’industrialisation à marche forcée de nombre de pays africains, le bout du bout de la médiocrité salariale, ceux, du-moins, ayant une production électrique satisfaisante.
    Tout cela pour vous montrer qu’en fait ces dettes ne représentent rien parce que zéro plus zéro égale la tête à toto, sans même les poux en prime.
    Ce qu’il se passe, donc c’est que, comme rapidement dit plus haut, cette hyper-production monétaire étant généralisée, ce sont toutes qui perdent de leur valeur en même temps en venant gonfler au même rythme les bulles spéculatives et en en menant à en générer d’autres.
    C’est pourquoi tout est fait pour cacher cela en limitant le plus possible le prix de l’or, la seule monnaie représentative du cours réel de celles papiers.
    Pour l’instant le système est bloqué par divers mécanismes, je sais qu’ils sont là mais je ne saurais vous les décrire exactement (Charles Sannat en parle mais il faut chercher sur son site:  » https://insolentiae.com/ « , mais aussi des vidéos de Delamarche sur Russia Today), ce qui fait que cela accrois d’autant ses instabilités internes, ce qui veut dire qu’à un moment ou à un autre quasiment toutes les monnaies retrouveront leur vrai valeur, soit le néant, hormis peut-être le rouble et la couronne islandaise.
    Bien que les taux négatifs des emprunts d’état et à taux zéro des prêts des banques centrales en soient les signes saillants.
    Au milieu de tout ce bazar le dollar en est l’acteur principal, le second rôle étant dévolu à l’euro, il serait donc logique de penser que l’élément déclencheur se passerait soit aux USA, soit dans l’UE, avec une multitude de scenarii possibles, sûrement politiques dans tous les sens du terme.
    Des effets maléfiques du retour de la valeur nominale réelle des monnaies, soit le zéro pointé, il me semble, ce serait l’arrêt plus ou moins rapide des échanges commerciaux internationaux avec tout ce que cela sous-entend.
    J’ai, pour ma part, perçu des cycles de quatre ans depuis 2008, qui voient à chaque fois, en début de cycle, une grande accélération de l’accroissement de l’appauvrissement des classes-moyennes et, ce, à l’échelle mondiale, ce qui est visible avec ce qu’il se passe aujourd’hui en une France gouverné par les macroniaiseux, suivit par une dégradation industrielle des trois ans suivants.
    De 2008, 2012, 2016, 2020 devrait voir cette paupérisation de cette large classe sociale s’étendre encore rapidement, ce qui va, là aussi, mener à une désindustrialisation internationale accru si, à cette date, le-dit système tient toujours, ce qui voudrait dire que nous serions repartis pour 4 autres années de dégradation économique généralisée, si tant est que l’ensemble de mes hypothèses soient valides, cela va de soi.

    • J’oubliais de préciser qu’une désindustrialisation est, elle, mécaniquement déflationniste, ce qui minimaliste un petit peu l’inflation qui se déverse à l’endroit les populations, due aux hyper-productions monétaires, rendant ce phénomène de perte de valeur plus ardu à percevoir.

  3. Et ce qu’on oublie toujours, c’est qu’à l’intérieur d’une zone monétaire il ne peut y avoir de plus value, les gains des uns étant les dépenses des autres, et la encore 1 – 1 fait toujours zéro (sauf en faisant la belle arnaque d’imprimer de la monnaie, qui perd sa valeur d’autant). Toute plus value ne peut venir que d’un gain vis à vis de l’extérieur de la zone, vendre plus cher que la valeur réelle, acheter moins cher que la valeur réelle. Toutes les guerres de toutes sortes, soft ou pas, servent à cela, gratter quelque chose sur le dos des autres, et tous les moyens sont bons. Quant au pib c’est l’ensemble des dépenses, et les trafics doivent y être incorporés, et on les calculs simplement en faisant une soustraction de l’ensemble des revenus , moins l’ensemble des dépenses connues et voilà.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s