L’Allemagne au bord du gouffre, l’Europe menacée de toutes parts

L’hebdomadaire en ligne allemand Focus écrit que l’Allemagne est en train de devenir le « malade économique européen » en majeure partie à cause des prix élevés de l’énergie et du radicalisme environnemental. L’hebdomadaire explique la baisse de la production industrielle allemande, citant des chiffres provenant des secteurs de l’automobile, de la chimie et de la pharmacie, qui ont tous besoin de grandes quantités d’énergie.

La production industrielle allemande est en chute libre.

La production économique allemande, au bord de la récession, ralentit nettement depuis le début de l’année 2018 et se situe maintenant sous la moyenne européenne. Focus cite un graphique de Commerzbank Research qui montre la moyenne mobile sur 3 mois de la production industrielle allemande, l’indice 100 datant de 2015 :

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Prix élevés de l’énergie, environnementalisme hostile.

Focus mentionne que les atouts de l’Allemagne en tant que pays favorable à l’industrie se dégradent et qu’elle fait tout pour délocaliser ses productions non conformes aux réglementations de protection de l’environnement au-delà de ses frontières. Focus note aussi que les entreprises allemandes paient lourdement les prix de l’électricité les plus élevés d’Europe et ce paramètre pèse considérablement sur l’industrie chimique en particulier.

Sous l’attaque de l’environnementalisme radical.

Au cours d’une campagne récente et concertée menée par des groupes de défense de l’environnement l’Allemagne a été vivement attaquée pour ne pas prendre au sérieux la lutte contre le changement climatique et pour ne pas prendre des mesures rapides pour transformer son approvisionnement en énergie en approvisionnement écologique. Maintenant la pression de la part de ces groupes radicaux (Fridays for Future et Extinction-Rebellion) s’oriente contre les moteurs à combustion interne et contre ce qui reste des centrales nucléaires allemandes en réclamant aussi la sortie du charbon. Les analystes de Commerzbank insistent pourtant sur le fait que de telles revendications ne feront qu’augmenter encore plus le prix de l’électricité ce qui rendra le pays encore moins attractif pour l’industrie.

Ces même écologistes ont fait pression sur le gouvernement allemand pour rendre encore plus dures les régulations sur les émissions de gaz à effet de serre et de polluants – par exemple les produits azotés tels que les nitrates – par l’agriculture. Comme aux Pays-Bas, en Espagne, en Belgique et en France les agriculteurs ont bloqué de nombreuses grandes voies de circulation automobile et invité les ministres fédéraux Klöckner et Schulze à discuter avec eux des plans en matière d’agriculture et de lutte contre le changement climatique afin qu’ils puissent s’exprimer, il en va de leur survie.

Les troubles et les manifestations populaires se répandent dans de nombreux pays européens. Pour aggraver la situation la Grande-Bretagne pourrait quitter l’Europe sans accord tandis que des millions de réfugiés attendent d’entrer massivement en Europe depuis le Moyen-Orient, la Turquie et l’Afrique du nord. La situation des camps de réfugiés en Grèce et en Italie est devenue intenable et ne pourra conduire qu’à des déferlements de réfugiés dans toute l’Union européenne.

La dernière chose dont l’Europe a besoin aujourd’hui ce sont ces politiques énergétiques insensées, destructrices de l’industrie et de l’emploi. Une période économiquement difficile, une précarité énergétique et des millions de réfugiés : voilà les paramètres conduisant à une situation extrêmement explosive en Europe. Le moment est venu pour les dirigeants européens de se calmer et d’admettre que leurs politiques environnementalistes ne sont qu’un rêve naïf et destructeur.

Adapté d’un billet de Pierre Gosselin (notrickszone.com)

Note. Une interview très récente du journaliste Pierre Jovanovic indique clairement l’état alarmant de l’industrie automobile allemande. Voici quelques chiffres. Fabricants de pneus allemands. Good Year + Michelin Allemagne + Continental Allemagne : 3900 licenciements. Mercedes : 10000 licenciements en préparation, Ford Allemagne, 6 usines fermées : 12000 licenciements, VW : 7000 licenciements en 2018 + 3000 prévus avant la fin de l’année 2019. Robots Kuka + Fujitsu : 1850 licenciements, BMW : 4000 licenciements, Audi : 10000 licenciements à l’étude, etc. Jovanovic ajoute que l’économie allemande plonge et que dans quelques mois ce seront les économies française, italienne et espagnole qui suivront. Rien de réjouissant.

Dernière minute. Selon ZeroHedge la Bundesbank vient d’acheter 90000 onces d’or sur les marchés internationaux, une première depuis 21 ans. C’est très peu par rapport aux achats chinois ou russes mais il faut agréger cette information avec celles provenant d’autres canaux d’information. Il faut reconnaître que la situation de l’Allemagne n’est pas encore désespérée mais tout de même très inquiétante : merci aux mouvements écologistes allemands !

11 réflexions au sujet de « L’Allemagne au bord du gouffre, l’Europe menacée de toutes parts »

  1. Certes l’Allemagne est en récession mais elle part de haut et conserve ses atouts industriels ( contrairement à la France qui n’a presque plus d’industries et de moins en moins de savoir faire). Elle aussi engrangé des centaines de milliards$ . Même si elle chute de 30% ( en 4 ou 5 ans) il y aura de très beaux restes et elle pourra repartir … si elle le veut! Cette récession est même très bénéfique car elle fait percevoir les erreurs de la politique allemande ( énergie, immigration en particulier). Le grand risque (pour la France), à mon avis, est que pour compenser cette chute l’Allemagne se tourne vers la Russie et là il y a un potentiel gigantesque de croissance pour les deux ( l’Allemagne cesserait d’être le bras armé des USA en Europe, ce qui serait une rupture).En effet ces deux pays ( Russie, Allemagne) se complètent très bien. Le soi- disant moteur franco allemand ( qui déjà toussote) n’aurait plus aucun intérêt et la France se retrouverait toute seule avec ses millions d’immigrés peu formés mais sans industries et sans travail. La France aura raté cette opportunité de collaborer avec la Russie car la Russie non plus n’aura plus besoin de la France. La France n’intéressera plus personne ( à part les musulmans militants qui veulent islamiser le pays) .Donc, ce qui est un problème pour l’Allemagne à court terme est peut être leur change à moyen terme.La clef pour l’Allemagne est de savoir si leur jeunesse souhaite s’auto détruire ( repentance, préférence étrangère, négation de la civilisation occidentale,honte d’être blanc ..) ou si elle veut maintenir l’idée d’une grande Allemagne.Auront ils une attitude de fort ou de faible face à cette crise??

    • @Prolux,
      « La clef pour l’Allemagne est de savoir si leur jeunesse souhaite s’auto détruire ( repentance, préférence étrangère, négation de la civilisation occidentale,honte d’être blanc ..)  »
      une bonne petite crise par dessus et il ne restera plus rien de ces préoccupations. Manger, s’habiller, avoir un toit, se chauffer passent bien avant ces considérations d’occidental gavé.
      Sinon, entièrement d’accord, l’Allemagne part de très haut et il leur en restera toujours plus que chez nous.

      • « Elle aussi engrangé des centaines de milliards$ »
        Des dollars, mais aussi beaucoup d’euros, … qui sont sous la forme de prêts au reste des pays européens, donc très risqués.

    • @prolux : merci pour votre argumentation qui me parait assez solide 🙂 .
      J’ai quelques bémols, pas très méchants :
      1- On peut chuter comme la France d’un mètre de haut, mais l’Allemagne va chuter de 5 mètres…je ne sais pas qui va se faire le plus mal, mais il me semble que nos amis teutons sans genouillères vont morfler.
      2 – L’Allemagne a compris que les USA sont finis et que le business mondial est aujourd’hui du côté de l’Asie, la Russie et la Chine. Ils ont découverts comme la France qu’ils sont du mauvais côté du couteau. L’Allemagne est d’abord allemande, et avant tout américaine car elle est une base coloniale des USA. Va-telle se sortir de ses accords avec l’Oncle Sam aussi facilement que cela en accueillant un trentaine de bases militaires américaines (souvent équipées de missiles nucléaires Minuteman) ? J’en doute, l’Allemagne roule pour elle, point barre. Le reste n’est que de la littérature façon « Berlaymont » à Bruxelles.
      3 – L’Afrique est une bombe démographique, et on a en Europe des millions d’immigrés qui franchissent les frontières au péril de leur vie. Cela est inutile pour l’Allemagne car leurs immigrés sont déjà en Europe de l’Est et en Turquie. Les noirs africains en Allemagne vivent un enfer de non intégration. Ils feraient mieux de rester chez eux.
      4 – Le couple franco-allemand est une plaisanterie, l’accord d’Aix-La-Chapelle le montre clairement, les teutons se moquent des « Franzosen », sauf quand il s’agit de leur piquer leur défense nationale.
      5 – L’Allemagne est un pays foutu, pour des raisons bancaires qui tiennent au futur éclatement de leurs banques internationales qui ont été trop au contact du milieu bancaire américain et qui vont finir comme la « Lehman Brothers » en 2008.

      PS ; votre analyse de l’Allemagne est assez réaliste mais je constate que vous avez un biais cognitif trop amplifié avec l’immigration musulmane. Cela dit, on ne peut qu’être d’accord avec le fait que nous avons trop de zones de non-droit en France liées à une concentration d’africains qui ne veulent pas être français mais répliquer leur culture d’origine chez nous. Les africains qui voudraient continuer à reproduire l’Afrique en France en seront pour leurs frais (voir comment dans une ville comme Saint-Denis, dans le 93, on a du mal à repérer dans la foule juste une personne de couleur blanche).
      Cette histoire ne marche pas et les français n’en veulent pas. C’est très clair.
      Et ma foi, c’est normal 🙂

  2. Si la ( trop ) grande majorité des européens sont climato-réchauffistes, et ne se rendent pas compte de l’impact sur l’économie qui provient de la transition dite écologique, censée résoudre le prétendu problême de l’hypothétique dérèglement climatique ; ils réviseront leur position, lorsque l’Europe entrera en récession !
    Que n’ont-ils pas perçus plus tôt cette impasse ? Que de temps perdu, qui aurait pu être nécessaire pour régler et anticiper les VRAIS problêmes économiques, voire environnementaux !
    Il est peut-être trop tard ! Nos gouvernants ne se rendent même pas compte de leur irresponsabilité ! Désolant !
    Climatiquement vôtre. JEAN

  3. L’Allemagne a bénéficié de l’Euro comme d’un mark dévalué dans les faits, ce qui a stimulé ses exportations de spécialités chimiques, de machines outils et de voitures de luxe vers les pays ayant une clientèle très solvable comme en UE, aux USA, et en Chine. Histoire de faire baisser leurs charges, ils utilisent les pays de l’est comme zone de préfabrication à bas coûts, et utilisent les travailleurs de l’ex-Allemagne de l’Est et l’immigration turc comme variable d’ajustement (emplois déclassés, précaires et emplois partiels à 1 euro de l’heure).
    Dans ces conditions, ce pays a pu faire de la croissance sans emprunter et avoir une balance commerciale excédentaire. Malheureusement, toute médaille a son revers.
    L’Allemagne a basé toute sa stratégie sur l’exportation. Il suffit que ses clients toussent pour qu’elle s’enrhume. C’est ce qui est en train de se passer avec une récession mondiale à bas bruit depuis 2010 qui prend de l’ampleur avec les annonces de faillites d’entreprises de taille moyenne (voir le secteur aérien low cost) et des grosses sociétés de taille internationale qui licencient à tour de bras. (voir les chiffres de Jova).
    Les consommateurs ont donc de moins en moins d’argent à dépenser, ils diffèrent leurs gros achats, provoquant des tourments chez les exportateurs allemands qui regardent désespérément leur trésorerie s’enfoncer inexorablement dans le rouge.
    Second problème de taille : l’Allemagne a pour des raisons purement électoralistes sacrifié son industrie nucléaire, pour le plus grand bonheur du russe Gasprom qui va leur vendre son gaz pour au moins une trentaine d’année. Ce faisant, le coût de l’énergie a flambé, et cela coince encore plus les entreprises allemandes dans l’étau infernal de la rentabilité. Du coté de l’industrie lourde, quand on voit les alertes sur les résultats de sociétés comme Bayer ou BASF, on comprend mieux les charrettes de futurs licenciés qui se préparent.
    Troisième souci tout germanique : les deux plus grosses banques allemandes sont des entreprises zombies, et sont dans les faits en faillite : la Deutsche Bank et la Commerzbank. Les dettes de ces deux poids lourds bancaires font plusieurs fois le PIB allemand. Leur faillite entraînera le pays avec elles.
    Il y aura une très belle carte à jouer pour la Chine qui pourrait racheter ce qu’il restera des fleurons industriels allemands qui n’auront pas été délocalisés dans quelques années. Mercedes a d’ailleurs annoncé qu’elle allait construire une usine en Russie, une première dans ce pays qui a toujours été considéré par les allemands comme indigne d’accueillir la « Deutsche Qualität ».
    Les temps changent. Les rats commencent à quitter le navire. Si l’Allemagne s’effondre, toute l’UE s’effondrera avec elle tel un château de cartes.
    Alors, le temps est-il venu de dire : « Bienvenue dans la nouvelle république de Weimar » ?

      • Vous avez raté votre vocation, vous êtes un excellent jésuite mon cher Monsieur Fessou…à défaut de discuter du fond, vous parlez de la forme et des intentions. Vous savez, la casuistique n’a jamais contribué à établir la moindre prévision économique et géopolitique…. 🙂 LOL.

    • Il est de la géopolitique comme de la chimie : certains catalyseurs peuvent orienter les réactions vers d’autres produits. Les plateaux de la balance ne sont pas dans un équilibre duel voire binaire comme l’homme aime à penser, souvent pour facilité un exposé (quand ce n’est pas une paresse ou un manquement intellectuel). Les forces Est-Ouest, le monde Nord-Sud de la richesse, Le progrès de l’Occident qui montre soi-disant l’avenir par rapport à un Orient rétrograde, toutes ces figures à deux lobes sont contrecarrées par d’autres pôles en latence et en potentialité d’expression sur un axe dont le fléau n’est plus un simple droite/gauche : comment faire peser l’Inde dans les problèmes démographiques que l’on pourrait associer à ceux de l’Afrique ; que dire de l’Australie et de la zone pacifique dans les expansions chinoises dans un rapport extensif avec un appui intensif sur l’Europe dans les flux financiers et commerciaux (cf. nouvelle route de la soie par l’Italie « open ») ?
      Dans le jeu des prévisions dont l’homme se régale, comme pour exorciser son ignorance donc sa peur, il peut essayer non plus de se rassurer mais d’en faire sortir des principes de fonctionnement lié à son rapport au monde, un peu comme ont réussi les sciences dites de la nature dans un rapport sujet/objet jusqu’à ce jour (que la théorie quantique bouleverse un peu …;-) ).
      Pour faire cet exercice de prévision climatique en sociologie et des forces en état, l’article qui suit de Thierry Messian apporte une belle stimulation pour les réflexions tétrapolaires (ou n-polaires) dans l’espace et dans le temps :
      https://www.voltairenet.org/article208007.html

      Encore merci à notre hôte JH d’être apporteur et catalyseur d’idées au sein de chacun de nous qui traitons ces données par notre cerveau – structure dissipative s’il en est – qui pourra accroître souplesse à notre constitution physique depuis que ces transformations de données en informations seront jaugées sur l’aspect sanitaire des équilibres psycho-somatiques. C’est pas du Achille Talon, j’en ai pas le talent, mais un clin d’oeil à Greg !

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