Sclérose amyotrophique et bactéries intestinales … un espoir inattendu

Capture d’écran 2019-09-10 à 19.22.09.png

Le Docteur Eran Elinav du Weizmann Institute of Sciences étudie des souris modèles de la sclérose amyotrophique latérale (ALS), la maladie dont souffrait le cosmologiste Stephen Hawking. Ces souris ont été modifiées génétiquement sur le gène SOD1 codant pour un enzyme appelé superoxyde dismutase dont la fonction est normalement de « nettoyer » les cellules lorsque des superoxydes O2 apparaissent. Cette forme de peroxyde est particulièrement destructrice pour la cellule et les patients souffrant d’ALS ont, pour au moins 20 % d’entre eux, des mutations sur le gène concerné. Le Docteur Elinav s’est d’abord rendu compte que si il traitait ses souris avec des antibiotiques pour appauvrir la flore intestinale les symptômes et leur évolution s’aggravaient. Il en a donc tout de suite conclu qu’il pouvait exister une relation entre cette flore intestinale et la maladie. Mais quelles bactéries étaient bénéfiques ? En examinant les populations de bactéries intestinales des souris il a observé que très souvent une espèce manquait ou que d’autres espèces étaient anormalement abondantes.

Celle qui a attiré son attention est la bactérie Akkermansia muciniphila très commune dans le « microbiome » intestinal humain et dont certaines propriétés ont déjà été reconnues pour pallier au syndrome métabolique, en d’autres termes l’obésité. Ce qu’Elinav a trouvé est tout à fait surprenant. Cette bactérie présente la propriété de sécréter des quantités importantes de nicotinamide, un précurseur d’un coenzyme clé dans le métabolisme, le NAD. Ce produit, aussi appelé niacine ou encore vitamine B3, semble, selon des résultats très préliminaires, retarder l’évolution de l’ALS sans toutefois présenter d’effets curatifs.

Fort de cette observation Elinav a donc franchi une autre étape en analysant le taux de nicotinamide dans le sang de 37 patients souffrant d’ALS. Tous présentaient un déficit en nicotinamide y compris dans le liquide cérébro-spinal.

Source : Nature, doi : 10.1038/s41586-019-1443-5

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s