Noam Chomsky affirme qu’Israël s’est immiscé dans les élections américaines et déclare que l’ingérence russe est « une blague ».

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Traduction d’un article d’Arjun Walia paru sur le site Collective Evolution

Il est tout d’abord important de comprendre pourquoi Donald Trump, depuis qu’il a décidé de se présenter à la présidence américaine, a été diabolisé par les médias traditionnels. La réponse est simple, parce qu’il est un perturbateur. De nombreux esprits auront du mal à discerner cela en raison du pouvoir que les médias traditionnels ont sur l’esprit des masses depuis des années. Ce n’est pas difficile pour eux de programmer la perception d’un évènement ou d’une personne dans l’esprit de l’être humain moyen. Ces médias ont une très grande capacité à le faire et leur positionnement découle de leurs relation avec des agences de renseignement telles que la CIA. Ces médias sont simplement un outil pour laver le cerveau des masses.

Les efforts coordonnés dans principaux organes de presse, notamment CNN, le NYT, le WaPo, le HuffPo et USA Today, ne diffèrent pas des attaques médiatiques concertées contre la Brésilienne Dilma Rousseff, qui a eu pour résultat plus tôt en 2016 sa destitution et son retrait du pouvoir. Dans le cas de Rousseff, nous voyons ce qui a été décrit à tour de rôle comme un coup d’Etat doux ou un coup d’Etat de Wall Street, à l’instar des « révolutions de couleur » survenues quelques années plus tôt (qui sont maintenant largement considérées comme ayant été orchestrées par la CIA et certaines ONGs). Dans les deux cas de faux prétextes ont été martelés sur les écrans à la maison, ce qui a attisé l’opinion publique. Au Brésil cette stratégie a fonctionné. Il semblait que ce mécanisme fonctionnerait aussi aux Etats-Unis lors de la campagne des présidentielles.

Quant à Donald Trump, sa présidence s’apparente à bien des égards aux deux piliers de l’idéologie de l’élite dirigeante américaine : le néolibéralisme et le néoconservatisme. C’est pourquoi nous le voyons constamment « démonisé » et les efforts pour le destituer sont constants. C’est pour quoi il y a eu tout de suite cette histoire de collusion russe, ce que beaucoup auraient dû être en mesure de reconnaître comme étant complètement fausse. De fait, il y a clairement eu une attaque du « Deep State » dirigée contre Trump. Que vous détestiez ou non Trump, ce qui est exposé ici, bien au delà du but, est bien plus considérable qu’on ne peut le penser.

Bienvenue en Amérique, pays où les fausses nouvelles sont considérées comme exactes et les nouvelles réelles lourdement censurées et ridiculisées.

Il n’y a pas longtemps Noam Chomsky a présenté ses idées appuyées par d’excellents arguments. Chomsky est connu pour être un critique profond, un linguiste, philosophe, un scientifique cognitif, historien, critique social et activiste politique, entre autres qualités. Je suis un fan de longue date et une grande partie de son travail résonne en moi profondément, bien que d’autres de ses oeuvres me semblent sans importance. À mon avis il est en général bien positionné pour ses analyses de la politique moderne et il a récemment rendues publiques ses réflexions sur la débacle du « Russia Gate ». Dans une interview avec « Democracy Now » il a expliqué que l’attention des médias sur le « Russia Gate » lors de l’élection américaine de 2016 était une bouffonerie. Il n’a pas confirmé ou nié sa conviction quant à savoir si cela s’était même produit ou non, mais il a expliqué ceci :

« Tout d’abord, si vous vous intéressez à une ingérence étrangère dans nos élections, quoique les Russes aient pu faire compte à peine ou très peu dans la balance en regard de ce que fait un autre État, ouvertement, effrontément et avec un énorme soutien.

L’intervention israélienne dans les élections américaines dépasse de loin tout ce que les Russes ont pu faire, à tel point que le Premier ministre israélien Netanyahu s’est lui)même rendu directement au Congrès, sans même en informer le Président, pour s’adresser aux Représentants sous un tonnerre d’applaudissements pour tenter de saper la politique du Président – c’est ce qui s’est passé sous l’administration Obama en 2015. »

Autre point. Le Docteur Ron Paul, candidat à trois reprises à la présidence et ancien membre de la Chambre des représentants des Etats-Unis, s’est exprimé sans détour sur l’ingérence des USA lors d’élections dans d’autres pays. Il a souligné que, dans un monde idéal, les USA ne devraient pas s’inquiéter des autres pays en tentant de s’ingérer dans leurs élections, et la raison est que cela n’arrive pas parce que le gouvernement américain est complètement hypocrite car il fait exactement la même chose dont il accuse la Russie d’avoir fait. Ron Paul a déclaré que le peuple américain devrait s’inquiéter de l’influence de la CIA sur les élections dans d’autres pays, probablement une centaine, c’est une constante, sans oublier les assassinats politiques auxquels la CIA a contribué. Et Ron Paul de remuer la confiture encore plus loin en révélant l’existence d’un gouvernement fantôme, reprenant les propos de RT (Russia Today), gouvernement fantôme allié à de grands médias pour faire passer un discours anti-russe auprès du public afin de semer la peur et la haine et de susciter de nouveaux débats entre Républicains et Démocrates.

Il y a d’autres problèmes plus importants.

La présentation de l’interview de Chomsky et ce qu’elle soulève, c’est qu’il y a des problèmes beaucoup plus urgents. Le soi-disant piratage des élections américaines par la Russie n’est pas vraiment important, il est simplement utilisé à des fins politiques et pour justifier des assassinats. La politique moderne est extrêmement corrompue et à « Collective Evolution » (note en fin de billet) nous présentons depuis des années la preuve que nombre de nos dirigeants politiques sont activement impliqués dans un comportement immoral et sans éthique. Cela ne devrait pas vraiment surprendre de constater que si on regarde ce qui se passe sur notre planète, c’est le résultat de leaders politiques psychopathes à qui nous permettons de contrôler toutes nos ressources et des prendre des décisions à notre place. En outre Chomsky met également en évidence d’autres interférences dans les processus électoraux que les médias ne prennent pas en compte.

Qui a vraiment le pouvoir ? Vivons-nous dans une démocratie ?

L’une des nombreuses citations que nous utilisons ici à Collective Evolution est celle de John F. Hylan, le maire de New-York : « Telle une pieuvre géante qui étend ses tentacules sur les villes, les Etats et la Nation toute entière, une petite coterie de puissants banquiers internationaux dirige le gouvernement des Etats-Unis pour ses propres intérêts égoïstes. Ils contrôlent les deux partis (Républicains et Démocrates) et contrôlent la majorité des journaux et magazines de ce pays« . Cela soulève la question suivante : vivons-nous vraiment dans un système démocratique ? Les gens ont-ils vraiment une voix ? Il semble que les entreprises et les autres puissances supérieures contrôlent totalement la politique et la volonté du peuple n’est jamais prise en compte. Pour la plupart, en particulier aux Etats-Unis, les élections se résument à deux personnes qui n’ont pas vraiment à coeur les meilleurs intérêts du peuple ou de l’humanité. Malgré cela, nous continuons à voter ce qui nous donne l’illusion de vivre dans une démocratie. Voter ne fait absolument rien pour le changement, et pourtant beaucoup d’Américains accordent encore une grande importance au vote. Il semble que le parti démocrate et le parti républicain ne sont que les deux ailes du même oiseau.

« Et c’est ainsi que fonctionne le système, c’est un système pourri, et je vois les élections comme une sorte de mascarade. Il y a tellement de duperies en tous genres, qu’il s’agisse d’un président démocrate ou d’un président républicain, ceux qui veulent maintenir un certain statut quo font semblant d’être aux manettes et de contrôler la situation. Ils deviennent un peu trop nerveux quand un indépendant comme Bernie Sanders, ou Ron Paul ou même Trump veulent changer les choses. Il y a tellement de gens qui pensent que le système est truqué et que voter est là seulement pour calmer les électeurs alors que ça n’a aucune importance » selon Ron Paul.

Il y a des dizaines et des dizaines de politiciens qui ont mentionné le « Deep State » et pas seulement Donald Trump. Malgré le fait que les médias traditionnels aient qualifié Trump de « complôtiste » il fait partie de ces politiciens qui ont exprimé les mêmes idées. Un autre excellent exemple vient de Theodore Roosevelt :

« Les partis politiques existent pour s’assurer d’un gouvernement responsable et pour exécuter la volonté du peuple. De ce personnel supérieur les deux grands partis politiques se sont séparé. Au lieu d’être les instruments de promotion du bien-être général, ils sont devenus les outils des intérêts corrompus qui les utilisent comme des armes au service de leurs objectifs. Derrière le gouvernement visible se trouve le siège du gouvernement invisible qui ne doit aucune allégeance ni aucune responsabilité envers le peuple. Détruire ce gouvernement invisible, contrecarrer l’alliance impie des entreprises corrompues et de la politique corrompue est la première tâche de l’homme politique » . Le fait est que la politique n’est pas ce que nous pensons. Tout ce qui nous est présenté n’est pas la réalité et nous sommes loin ici de la théorie du complot. Nous ne pouvons pas continuer à suivre le même processus tous les quatre ans en pensant qu’une différence sera apportée via le système politique moderne. Quelque chose doit changer car l’homme a beaucoup de potentiel et malheureusement il est gaspillé.

Au final la politique a clairement été présentée par Chomsky comme une sorte de jeu dans lequel un groupe tente de calomnier un autre groupe pour défendre ses propres intérêts. Il est rare que des décisions soient prises dans l’intérêt des peuples ou de la planète. La politique ne concerne pas la volonté du peuple, mais c’est plutôt un moyen d’inciter la population à penser d’une certaine manière tout en profitant à un petit groupe de l’élite financière. C’est devenu complètement inutile et participer à la vie politique devrait être déconseillé.

Notes. Traduction d’un article d’Arjun Walia paru sur le site Collective Evolution (collective-evolution.com) relative à une interview de Noam Chomsky : https://www.youtube.com/watch?v=x6qk01yq-dY ou encore https://www.youtube.com/watch?v=P2lsEVlqts0 et sur le site Democracy Now ! ( https://democracynow.org ). Les amateurs de Noam Chomsky peuvent aussi voir cette lecture donnée à l’Université d’Heidelberg en 2016 :

https://www.youtube.com/watch?v=OEoVvOh1qbw

Noam Chomsky est né en 1928

3 réflexions au sujet de « Noam Chomsky affirme qu’Israël s’est immiscé dans les élections américaines et déclare que l’ingérence russe est « une blague ». »

  1. Quelques remarques en vrac :
    – Comme en France où les médias sont possédés par une poignée de gens très fortunés, la presse américaine est totalement sous influence et sous contrôle.
    – Chomsky a de la chance : du temps du sénateur Mac Carthy, il aurait été arrêté, envoyé en prison et jugé pour haute trahison pour penser que les états socialistes méritent qu’on s’y intéresse (Charlie Chaplin a été bien inspiré de fuir les USA et de s’installer en Suisse).
    – La NSA espionnant le monde entier, il est cocasse que les partis politiques et la presse américaine s’offusquent de ce que des services de renseignements étrangers les espionnent à leur tour…ça me fait penser à l’histoire du nazi spécialiste de la torture au scalpel qui hurle de honte et de dégoût parce qu’un prisonnier en fuite lui a fait un toucher rectal pendant son sommeil, histoire de se marrer.
    – Israël est le 51ème état américain (ou le premier, c’est selon ses opinions), et l’UE une colonie qui fait partie du « Commonwealth américain ».
    – La différence entre la Russie et les USA sur le plan du pouvoir des présidents, c’est qu’en Russie, quand le président claque des doigts, tout le monde s’exécute, idem pour la Chine…aux USA, il faut attendre aujourd’hui deux ans pour voir les choses commencer à bouger, du fait des jeux complexes des contre-pouvoirs.
    – Il est à noter que sur une échelle arbitraire comptant une cinquantaine de niveaux croissants pour l’accès aux informations confidentielles (« security clearance »), le président américain n’a qu’une autorisation de niveau 17 (il est considéré qu’il n’a pas de « need to know » pour les « classified informations » importantes). Autant dire que le chef de l’état américain ne sait pas ce qu’il se passe dans son propre pays.

  2. Ce texte débusque plusieurs lièvres. Lequel serait-il préférable de suivre ?
    Les États-Unis auraient besoin d’une réforme constitutionnelle majeure : ses institutions ont été pensées au XVIIIe pour un pays de modeste dimension, peu peuplé et socialement homogène. Aujourd’hui, ce pays a la taille d’un continent, a des responsabilités internationales et son immense population est spectaculairement hétérogène. C’est une expérience intéressante à suivre…
    Les États-Unis auront-ils la volonté et le courage de procéder à une réforme constitutionnelle ? Seules une catastrophe naturelle majeure, une guerre civile ou une nouvelle guerre mondiale aux conséquences désastreuses pour eux pourraient les y forcer.

  3. « Au final la politique a clairement été présentée par Chomsky comme une sorte de jeu dans lequel un groupe tente de calomnier un autre groupe pour défendre ses propres intérêts. Il est rare que des décisions soient prises dans l’intérêt des peuples ou de la planète. La politique ne concerne pas la volonté du peuple, mais c’est plutôt un moyen d’inciter la population à penser d’une certaine manière tout en profitant à un petit groupe de l’élite financière. C’est devenu complètement inutile et participer à la vie politique devrait être déconseillé. »
    Et pourquoi cela ne serait-il vrai qu’aux USA ?
    Même au niveau local (municipales), les candidats, sortants ou non, ont quand même tendance à favoriser leurs « clients », je pense à Balkany entre autres auprès des seniors à Levallois-P, mais il n’est pas le seul, loin de là.
    A la différence tout de même, c’est que localement (villes ou départements, voire régions), le citoyen électeur « voit » plus facilement les résultats concrets de l’action des élus.

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