Crise climatique : les délires de certains biologistes.

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Il existe une limite à la capture de l’oxygène par les plantes et les algues, dont le plancton photosynthétique, il s’agit du fonctionnement même de la RUBISCO. Pour rappel cet enzyme (illustration), le plus abondant sur la Terre, catalyse la fixation du CO2 sur une molécule de ribulose-1,5-bisphosphate pour former par clivage subséquent deux molécules de 3-phosphoglycérate. Il s’agit du cycle dit de Calvin. Or l’un des plus puissants inhibiteurs de cet enzyme est l’oxygène. Les maraîchers qui travaillent sous serre connaissent l’astuce pour que la RUBISCO fonctionne mieux, il suffit de pratiquer les cultures sous atmosphère enrichie en CO2 et les plantes apprécient, mais le climat – paraît-il – n’apprécie pas … De nombreux laboratoires de par le monde tentent de modifier cet enzyme pour en améliorer le fonctionnement dans le but de « décarboner » plus efficacement l’atmosphère en ces temps de crise climatique aigüe dont il est « urgent » de trouver une solution quitte à y laisser non pas notre peau mais notre porte-monnaie. Des millions de dollars sont engloutis dans diverses recherches mais pour l’instant et à ma connaissance il n’existe toujours pas de résultats significatifs au sujet de la RUBISCO.

Une autre direction pour obliger les plantes à mieux fixer le carbone atmosphérique est soit de les modifier génétiquement pour pousser plus vite, soit de modifier leur métabolisme de base pour qu’elles accumulent plus de matière carbonée. L’INRA en France avait mis au point un peuplier dont la croissance était environ 30 % plus rapide mais des commandos d’écologistes bornés ont détruit les essais plein-champ de ces arbres transgéniques sous le prétexte fallacieux que c’était mauvais pour l’environnement. Les hautes instances qui infléchissent les décideurs politiques au sujet du combat contre le CO2 ont finalement reconnu que mettre au point des arbres génétiquement modifiés était une idée lumineuse, tant pis pour les écolos irrédentistes qui ont contraint l’INRA d’abandonner ce projet financé par les impôts des contribuables français.

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Modifier sinon orienter les plantes à stocker plus de produits carbonés qu’elles en ont besoin est une autre approche qui a été choisie par le laboratoire de botanique du Salk Institute dirigé par le Docteur Joanne Chory qui s’est reconvertie à l’ingénierie végétale après avoir sévi dans la recherche sur la maladie de Parkinson. À vrai dire la biologie englobe tout le monde vivant, je suis passé moi-même sans problème des animaux aux plantes sans encombre … L’approche choisie est d’obliger les plantes à produire plus de subérine qu’elles en ont réellement besoin et de stocker ce produit dans leurs racines. Ainsi, pense le Docteur Chory, le carbone sera alors séquestré définitivement. Le laboratoire de cette éminente chercheuse vient d’être doté d’une subvention de 35 millions de dollars par le gouvernement américain et diverses associations pour développer des travaux dans cette direction. La subérine est un constituant de l’épiderme des plantes avec la cutine et les lignines. C’est une matière particulièrement abondante dans l’écorce du chêne liège (Quercus suber) d’où son nom. Il s’agit d’un assemblage complexe hautement hydrophobe qui permet à la plante de réguler dans ses racines les flux entrants et sortants de l’eau.

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L’écorce de la partie aérienne des plantes est essentiellement constituée de subérine associée de manière complexe à la lignine. La subérine forme des empilement de lamelles elles-mêmes issues d’un empilement sophistiqué d’acides gras estérifiés avec des acides caféiques, coumariques ou féruliques. Cet ensemble est enfin relié par des « ponts » de glycérol à la structure également très complexe poly-aromatique des parois cellulaires. Autant dire que tenter de modifier tout ce pan du métabolisme végétal relève de la fiction. Peut-être connait-on quelques-uns des enzymes impliqués dans cette voie de biosynthèse mais déréguler l’un ou l’autre de ces derniers pourrait tout simplement conduire à des catastrophes comme par exemple la formation de tumeurs ou encore l’asphyxie de la plante et plus particulièrement des racines puisqu’il s’agit du but ultime de ces travaux, certes ambitieux, mais totalement surréalistes.

L’illustration ci-dessus issue du Salk Institute est un concentré de mauvaise foi, un pamphlet pour obtenir le maximum de subventions pour des travaux de recherche qui n’aboutiront jamais. Il serait plus approprié de revenir aux travaux de l’INRA maintenant abandonnés, la direction de cet organisme étant complètement caviardée par un escouade de gauchistes écologistes qui ne veulent plus entendre parler de modifications génétiques des plantes. Et pourtant un jour prochain, si on veut efficacement infléchir le métabolisme des plantes de manière raisonnée afin que ces dernières captent encore plus de CO2, seule l’ingénierie génétique constituera l’approche incontournable pour satisfaire les instances dirigeantes mondiales qui veulent combattre le CO2.

Source et illustrations : Salk Institute via Foreign Policy

4 réflexions au sujet de « Crise climatique : les délires de certains biologistes. »

  1. J’aime quand vous écrivez « pour rappel » au néophyte que je suis, mais je sais que ce ne sont que des habitudes langagières.
    Moi-même avec mon CAP de jardinage n’en avais appris que le B.A. ba basique et de ce qu’il me reste…
    Quoi qu’il en soit nous nous dirigeons vers un refroidissement climatique et il est possible que l’Europe se retrouve à être réchauffé par l’agrandissement du canal de Suez via la méditerranée, peut-être que momentanément.
    Ce ne sont juste que la concomitance des temps chauds actuels ouest-eurasiatique suivant de peu cet élargissement que de l’étendue de la couverture neigeuse du reste de l’hémisphère nord ces deux derniers hivers qui me le susurrent.
    Il est intéressant de noter que le soleil ne tâche plus, signe sûrement que le cycle 24 s’achève, dès le début de celui 25 nous en saurons plus sur la dynamique solaire.
    Suivant la loi de Murphy dite de l’emmerdement maximum, à la crise économique et politique, entre-autre, qui vient, nous devrions faire face aussi à ce refroidissement.
    Les vingt ans qui viennent seront passionnantes et dangereuses, mais d’un autre coté il y aura l’émergence d’une nouvelle renaissance: ah! de pouvoir contempler les anneaux de Saturne de visu……

  2. Vouloir réduire le CO2 atmosphérique en faisant de l’amélioration des plantes est en effet une idée stupide doublée d’une usine à gaz (cela procède comme dans toutes les usines à gaz bureaucratiques de la confusion des moyens et des objectifs : on fait de la réduction du CO2 un objectif agronomique alors que c’est un moyen local d’assainissement de l’air dans les grandes villes polluées).
    Par contre, trouver des méthodes pour augmenter les rendements en minimisant les intrants agricoles (pesticides, engrais) est une excellente idée.
    La photosynthèse est un mécanisme qui a mis des millions d’années d’évolution pour s’optimiser aux petits oignons. Il reste alors à jouer sur d’autres voies métaboliques comme par exemple celle des nitrates pour produire plus de biomasse à ensoleillement constant.
    Dans la même veine, je serais à l’INRA, je travaillerais sur des plantes qui résistent au froid et stress hydrique…car il n’est franchement pas certain que le climat se réchauffe à l’avenir.
    Les kangourous australiens qui gambadent en ce moment dans la neige sont là pour nous le rappeler…

  3. A mon , humble, avis, l’avantage des PGM réside(rait) dans une meilleure adaptation à des conditions « dégradées », sécheresse, sols salins etc, ou à des bienfaits du type « riz doré », bienfaits reconnus par une flopée de prix Nobel, mais pas par des ??? stupides bornés et fanatiques, donc encore bloqué, à ma connaissance.
    Nous vivons un monde formidable (quoique promise à une fin atroce très prochaine) 🙂

    • Surtout si le climat se refroidit ! Je viens de terminer la rédaction d’un billet relatif à l’effet du « petit âge glaciaire » sur la mousson d’Asie. Par manque de pluie la population était décimée par la famine. Dans quelques dizaines d’années l’humanité se battra non pas pour le pétrole mais pour se nourrir.

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