L’érotisme au Moyen-Age : surtout de la poésie.

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La pièce de théâtre écrite par Eve Ensler, créée en 1996 au Westside Theater à New-York intitulée « Monologues avec mon Vagin », remporta un vif succès outre-Atlantique. Elle fut inspirée par un poème supposé dater de la Renaissance, aux alentours des années 1500 intitulé « Der Rosendorn » dont deux copies furent retrouvées, l’une à Karlsruhe et l’autre à Dresde. En réalité ce poème date du Moyen-Age puisqu’un fragment servant à consolider la reliure d’un livre de théologie a été retrouvé dans la bibliothèque de l’abbaye de Melk en Autriche au bord du Danube et daté des années 1300. Cette découverte réécrit donc l’histoire de la sexualité de cette époque.

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Le poème, considéré comme le premier texte érotique connu, relate le dialogue entre une jeune femme vierge et son sexe. L’argument de la jeune fille est de considérer que son aspect extérieur est suffisant pour séduire un homme alors que sa vulve n’est pas de cet avis, soutenant que c’est elle, avec son vagin, qui attire l’homme et lui procure le vrai plaisir et non pas ses parures, ses vêtements ou sa coiffure. Finalement le dialogue arrive à la conclusion que la femme et son sexe forment un tout indissociable.

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Nul ne sait si c’est une femme ou un homme qui est l’auteur de ces lignes. Ce thème du dialogue entre un personnage et son sexe semblait popularisé dans les fabliaux que récitaient des ribauds lors des foires provinciales en particulier dans le nord de la France. L’un de ceux-ci est « Le Chevalier qui faisait parler les cons et les culs » écrit par un certain Garin au XIIIe siècle. Ce thème a été repris par Diderot dans son premier roman (anonyme) « Les Bijoux Indiscrets » datant de 1748 mettant en scène un monarque et sa favorite. Le monarque est muni d’un anneau magique qui permet de faire parler la vulve de sa favorite (on suppose qu’il s’agissait de la Pompadour) afin de tout lui avouer sur sa vie intime. Contrairement au « Der Rosendorn » il y a alors dichotomie entre la femme et son sexe en usant d’un artifice. L’érotisme médiéval était aussi imprégné de poésie figurative comme on peut le constater avec cette broche en or fin datant du Moyen-Age qui décrit la vénération du pénis pour la vulve, trois pénis portant en procession une vulve, une broche probablement exhibée seulement de privé. Des représentations érotiques ne datent pas du Moyen-Age puisqu’il y a plus de 35000 ans nos ancêtres représentaient déjà des sexes féminins sur des parois de grottes comme ici dans la grotte Chauvet près de Vallon-Pont-d’Arc en France.

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Inspiré d’un article paru sur le Guardian

Une réflexion au sujet de « L’érotisme au Moyen-Age : surtout de la poésie. »

  1. Et « de même », si l’on peut dire la littérature persane est riche d’écrits érotiques, alors que la religion islamique était établie.
    Mais ne le dites surtout pas aux ayatollahs ! (Qui doivent pourtant bien être au courant…)

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