L’autisme : une mutation génétique et non pas un effet secondaire des vaccinations

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Au moins aux USA, une enfant sur 60 est concerné par des troubles psychiques classés dans la catégorie autisme (source CDC) sans différence « raciale », un terme typiquement américain pour distinguer les blancs, les noirs et les hispaniques. Ce désordre est plus souvent diagnostiqué qu’il y a 20 ans car il fait l’objet d’un débat public initié par une campagne anti-vaccins qui a focalisé ses arguments sur le fait que les vaccins seraient un élément prépondérant dans l’apparition de ce trouble. Or, selon une étude parue dans la revue Neuron et dirigée par le Docteur Eva Anton de l’Université de Caroline du Nord, ces allégations sont infondées : l’autisme a des origines génétiques.

Il s’agit d’une mutation affectant le gène codant pour une protéine qui est essentielle pour en quelque sorte guider la mise en place de l’architecture adéquate rassemblant les cellules gliales dites radiales et les neurones lors des tout premiers stades de développement du cortex au cours de la vie embryonnaire.

Le cortex est la plus importante structure du cerveau en masse et en superficie, une caractéristique unique de l’espèce humaine (espèce qui ne comporte pas de subdivisions de caractère racial), et il est spatialement organisé selon un déroulement temporel précis au cours des premiers mois de la vie embryonnaire, processus encore mal compris. Rappelons ici que le cortex est le siège des fonctions cérébrales uniques à l’homme telles que l’intégration fonctionnelle des 5 sens, la parole, la mémoire sur le long terme, la conscience ou encore l’agilité des mouvements des doigts et leur coordination.

J’insère ici une anecdote. Il m’arrive souvent, très souvent d’écouter de la musique dite classique quand je rédige un billet sur mon blog. Nonobstant le fait que ma discothèque électronique est très riche je m’offre parfois quelques hors-d’oeuvres avec Youtube et justement, pour étayer mon propos je visionnais le concerto n°4 pour piano de Beethoven dirigé et interprété par Bareinboim. Il joue sans partition, dirige l’orchestre. Ses doigts se déplacent sur le clavier en quelque sorte asservis par sa mémoire. Tous les sens sont réunis pour cette exécution, peut-être pas l’olfaction ni le goût, mais tous les exécutants sont à l’écoute du jeu en solo du piano, des regards de Bareinboim, et leurs doigts, leurs mains, leurs oreilles sont directement sous la direction du cortex qui a mémorisé l’ensemble de la partition. Il est vrai que beaucoup d’autistes sont des prodiges en informatique ou dans une discipline artistique et cette constatation est une preuve que le cerveau continue durant la vie à se restructurer, à créer de nouvelles connexions neuronales, c’est prouvé, et malgré leur handicap génétique les autistes à accomplir des tâches tout à fait normales.

Au cours des premiers stades du développement les cellules gliales radiales apparaissent dans les premières couches profondes du cortex selon un schéma spatial régulier. Chacune de ces cellules comporte une protrusion qui va favoriser l’apparition d’une nouvelle couche de cellules, l’ensemble constituant alors une architecturale favorisant la prolifération ordonnée des neurones provenant d’une différenciation de ces cellules gliales. ces jeunes neurones trouvent dans cet échaffaudage une structure favorable pour leur croissance axonale afin d’y trouver une configuration également favorable.

Ce processus complexe d’empilements successifs de neurones est contrôlé par une protéine que ces biologistes ont appelé – ce n’est pas un hasard – Memo1, acronyme de MEdiator of cell MOtility 1, codée par un gène se trouvant sur le chromosome 2. Une mutation a été détectée sur ce gène chez de nombreux sujets affectés par des troubles psychiques classés dans la catégorie de l’autisme. Elle a alors été l’objet de soupçons de cause à effet mais pour connaître les effets d’une telle mutation sur le développement du cortex les biologistes ont créé une délétion du gène homologue chez des souris. Ils ont constaté que l’échaffaudage des cellules gliales radiales dans les couches profondes du cortex était désorganisé. Une étude histologique détaillée a aussi montré que les interconnexions neuronales étaient elles aussi désorganisées. Ces observations ont confirmé les observations post mortem réalisées sur les cerveaux de certains enfants ayant souffert d’autisme. Les mêmes désorganisations structurales et neuronales ont été observées. Un programme d’identification génétique a alors été entrepris chez des sujets présentant des troubles autistiques et il a été effectivement identifié une mutation sur le gène codant pour la protéine Memo1 devenu incapable de coder pour une protéine normale mais de seulement coder pour une forme tronquée de celle-ci.

L’autisme doit donc être dorénavant classé parmi les maladies génétiques et il n’y a aucune relation avec la vaccination contrairement à ce que certains activistes prétendent faussement. Il reste beaucoup d’investigations à réaliser pour mieux connaître les mécanismes du développement de l’autisme, justement au cours du développement du cortex cérébral. L’une des approches privilégiées sera de créer des organoïdes cérébraux à partir de cellules souches provenant de sujets souffrant d’autisme et d’étudier in vitro le processus de mise en place des différentes couches cellulaires du cortex.

Source et illustration : University of North Carolina Health Care Newsroom

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