Nouvelles du Japon : les plantes génétiquement modifiées

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À la demande du gouvernement japonais une commission d’experts s’est réunie pour évaluer les risques pour la santé et l’environnement des plantes modifiées par la technique dite d’ « édition de gènes » utilisant des outils d’introduction ou d’extinction de gènes tels que le CRISPR-case9. Cette commission a, en effet, considéré qu’il n’y a que peu de différences entre l’édition de gène et la longue et fastidieuse sélection traditionnelle qui peut, au contraire. appauvrir le génome de la plante. Dans un billet de ce blog mis en ligne le 19 février 2019 ce problème avait été abordé, or l’édition de gènes contourne cet inconvénient de la sélection traditionelle.

Avec la technique d’édition de gènes il n’y a pas à proprement parler d’introduction de gènes étrangers à la plante considérée mais soit une modification de l’expression d’un gène de la plante elle-même soit une modification du gène lui-même. L’administration américaine FDA avait statué en 2018 à ce sujet en considérant que les plantes (et les animaux) modifiés par édition de gène(s) ne nécessitaient pas de dossier d’homologation complexe comme cela est le cas pour les plantes transgéniques, celles dans lesquelles ont été introduits un ou plusieurs gènes étrangers. Comme ce n’est pas le cas pour l’édition de gènes il n’est donc pas nécessaire de constituer un tel dossier et ce sont les termes du rapport remis au gouvernement japonais. L’étiquettage spécial mentionnant qu’une plante quelconque a été modifiées par édition de gène n’a pas été abordé.

Comme on pouvait s’y attendre l’officine sectaire appellée Friends of Earth qui a des ramifications dans le monde entier (en France ce sont les Amis de la Terre) a immédiatement réagi en réclamant un étiquettage visible et officialisé par un organisme gouvernemental. Le gouvernement a approuvé cette demande alors qu’au Japon peu de cultures de plantes génétiquement modifiées existent bien que ce pays importe des quantités massives de nourriture pour animaux provenant de plantes génétiquement modifiées tant pour l’alimentation animale qu’humaine. Néanmoins de nombreux laboratoires japonais publics ou privés travaillent sur l’édition de gènes dans les tomates, les pommes de terre, le riz, le poulet et les poissons.

Source et illustration : Science magazine

Note à l’attention de mes lecteurs : pas de billet ce jeudi 11 avril 2019 car je pars passer quelques jours à Ishigaki Jima pour y trouver des températures plus clémentes. À l’instant où je mets en ligne ce billet la température à Tokyo avoisine deux degrés avec un vent venant directement de Khabarovsk, l’horreur !

3 réflexions au sujet de « Nouvelles du Japon : les plantes génétiquement modifiées »

  1. Il fait froid à Tokyo, dites-vous. Et l’est de l’Amérique du Nord se relève péniblement de deux grosses tempêtes de neige, l’une dimanche et l’autre lundi. Sans doute ce qu’on appelle le réchauffement climatique…

    • Il parait que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde selon la presse « réchauffiste »…vous ne devez pas avoir les mêmes thermomètres apparemment 🙂

  2. Le terme « gene editing » est un peu trompeur, il s’agit en fait de réécrire une séquence sur l’un des deux brins d’ADN avec des ciseaux moléculaires (technique CRISPR-Cas9), alors que la transgénèse consiste à introduire de nouveaux gènes dans ce même ADN. Son intérêt peut être par exemple de corriger des mutations peu intéressantes. On ne crée donc pas d’organisme nouveau, on corrige des séquences nucléotidiques dans l’ADN. On est donc dans le domaine de l’amélioration des plantes (chère aux docteurs Demarly et Sibi de l’université Paris Sud qui ont été des précurseurs dans ce domaine). Rien d’inquiétant donc. Reste évidemment à voir la précision réelle de la technique CRISPR-Cas9 dans le temps, et surtout à comprendre ce que font les séquences non codantes de l’ADN (= autres que les gènes) pour lesquelles cette technique peut apporter beaucoup de réponses.
    Evidemment, la réaction de certaines organisations écologistes comme les Amis de la Terre montre clairement leur ignorance sur ces sujets de recherche fondamentale.

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