Les lettres d’amour c’est désuet, maintenant on tweete …

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Imaginons un monde sans télévision. Pour occuper nos loisirs nous aurions le choix entre la lecture, le jardinage et des travaux manuels de détente (liste non exhaustive). Par exemple la tapisserie est un excellent passe-temps comme les modèles réduits. J’ai pour ma part choisi, puisque je n’ai pas de télévision, la sculpture, en réalité le moulage. C’est relativement facile et peu coûteux. Internet a aussi envahi nos vies quotidiennes et nous n’écrivons plus : nous envoyons des messages en laissant des traces sur Facebook ou Twitter, je dis des traces car ce n’est pas vraiment de l’écriture. Je fais des efforts pour rédiger des billets sur mon blog en une prose si possible correcte sans être constellée de fautes d’orthographe ou de syntaxe déplorables. Oh ! je fais encore des fautes qui m’échappent à la relecture, j’ai toujours été brouillé par les accords de participe passé !

Pour revenir à Facebook (Fakebook) et Twitter, des inventions d’escrocs et de menteurs, ces deux outils, si on peut dire les choses ainsi, sont plus nocifs pour l’humanité que n’importe quelle autre maladie infectieuse. On n’écrit plus aujourd’hui, on tweete. Si j’envoyais une lettre d’amour dans un style très poétique à une femme aujourd’hui – et je sais que j’en suis encore capable – elle ne comprendrait pas mes propos parce qu’elle a probablement perdu l’habitude de lire plus de 150 caractères. Et pourtant quoi de plus beau qu’une belle lettre d’amour dans laquelle on entre dans la profondeur des sentiments et des émotions, écrite d’une main hésitante et un peu fébrile. Autrefois quand il y avait le feu dans une maison l’occupante sauvait d’abord les lettres d’amour que lui avaient envoyé ses amants, le reste n’avait pas d’importance …

John Keats, mondialement connu pour ses poèmes, était aussi un écrivain immense dans toutes les lettres d’amour qu’il écrivit à l’élue de son coeur, Fanny Brawne, et chacune de ses lettres était aussi un poème.

Qui aujourd’hui à l’ère des impulsions lumineuses circulant dans des fibres de verre à la vitesse de la lumière ira dans un papeterie acheter une enveloppe et du beau papier pour écrire une lettre d’amour. Et pourtant n’y a-t-il pas plus belle preuve d’amour …

Inspiré d’un article paru sur le site Takimag. Illustrations Fanny Brawne .

2 réflexions au sujet de « Les lettres d’amour c’est désuet, maintenant on tweete … »

  1. Les haïkus sont bien courts, ils sont bien adaptés à l’heure des tweets ! On comprend qu’on ait du mal à s’épancher sur l’oreiller… Le sonnet a son charme avec Ronsard, son « mignonne allons voir si la rose… », il incite à « déclore les plis de sa robe pourprée »… Les longs poèmes ont du mal à exprimer les sentiments crachés en caractères ASCI des imprimantes. Ces machines sont des mangeuse de sentiments !!!

  2. Un outil n’est que de sa nature, il en est ainsi de l’informatique sous toutes ses formes comme du marteau…
    Le danger de l’ordinateur et, lié, internet, c’est qu’ils donnent l’impression de tout pouvoir connaître et exprimer sans effort, or c’est cet effort qui permet d’aller plus loin que de ces seules impressions, ne laissant plus, sinon, que l’émotion pour seule viatique d’échange sans que la pensée n’ait grand mot à en dire.
    Le sonnet, tout comme l’aphorisme, est l’art de la concision, ce que j’apprécie au plus haut point.
    Exposer l’idée, l’émoi, le chagrin, le sentiment profond, la plus complexe des réflexions en une fulgurance de quelques lignes et phrases, c’est s’essayer d’écrire à l’essentiel, pouvant parfois manquer de rigueur en en soustrayant des détails certes nécessaires et souvent obligatoires, mais ne laissant pas au lecteur la possibilité de se laisser vagabonder en ses propres méditations.
    En fait, nous ne nous donnons plus le temps de l’ennui de notre peur de notre mort, cela nous inquiète à tel point que nous nous en cachons la trame en faisant tout pour ne pas nous pourfendre de cette morosité: il nous faut du vite, du court, de l’instantané, du distrayant, du bourratif, ce qui n’a pas grande saveur d’entendement mais donne la sensation rassurante de nous avoir rassasié l’esprit, bien que tout cela puisse, le plus communément, rester vide de sens.
    Nos machines et notre longévité de vie troublent les Hommes et leurs sociétés, aucun peuple, aucun humain n’était prêt à un tel bouleversement anthropologique, même les occidentaux, qui en furent fondateurs, s’égarent et s’y perdent.
    Ainsi se dit-il qu’un couteau n’est en soit ni bon ni mauvais, mais que de le prendre par la lame est une absurdité.

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